Le Forum Catholique
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( 929952 )
Saint Pie X à l’origine de la nouvelle messe? par Jean Kinzler (2021-09-22 18:51:50)
Une tentative de placer saint Pie X à l’origine de la nouvelle messe
16 SEPTEMBRE, 2021
PROVENANCE: FSSPX.NEWS
Le site
cath.ch a publié une étude en deux parties intitulée
« La messe ‘moderne’ face à la messe ‘de toujours’ » qui s’efforce de montrer que la messe de Paul VI serait tout aussi traditionnelle que la messe tridentine. Les arguments qui viennent étayer cette tentative de démonstration méritent un nouvel éclairage pour montrer leur faiblesse.
Le premier argument apporté est celui de « participation active », qui apparaît onze fois dans la constitution sur la liturgie du concile Vatican II, Sacrosanctum concilium. L’article essaie d’en faire porter la paternité au pape saint Pie X.
Mais cette tentative est fondée sur une grossière méprise. FSSPX.Actualités en a déjà apporté la preuve. Il y a équivoque – c’est-à-dire un sens notablement différent – entre ce qu’exprime saint Pie X, mais également le pape Pie XII, et la constitution conciliaire.
La notion de participation active selon saint Pie X reprise par Pie XII
Il faut remarquer d’abord que le pape du serment antimoderniste emploie le terme dans le motu proprio Tra le sollecitudini – “parmi les sollicitudes”, de 1903 – qui porte sur la musique sacrée. Le saint pape fait de « la participation active aux mystères sacro-saints », « la source première et indispensable du véritable esprit chrétien ».
Mais pour savoir ce qu’il entendait par cette expression, il faut considérer comment saint Pie X va réaliser ce programme.
Quant aux fidèles, de deux manières : en encourageant la restauration du chant grégorien pour le rendre accessible aux fidèles ; et en promulguant deux décrets : sur la communion des enfants dès l’âge de raison, et sur la communion fréquente. Chant et union au Christ par la sainte communion, voilà ce que saint Pie X entend par « participation active ».
Le pape Pie XII s’est aussi exprimé sur le sujet dans sa magistrale encyclique consacrée à la liturgie, Mediator Dei, datée de 1947. Le texte se trouve dans l’article cité plus haut. Devant les déviations qui se font jour, le pape prend soin à son tour de caractériser cette participation « active ».
Le pasteur angélique encourage « tous les chrétiens » de « participer au sacrifice eucharistique (…) non d’une manière passive et négligente (…) mais avec une attention et une ferveur qui les unissent étroitement au Souverain Prêtre ».
Pie XII poursuit en montrant que cette participation consiste essentiellement dans l’identification avec le Christ, citant notamment saint Paul : « Ayez en vous les sentiments qui étaient dans le Christ Jésus ». Ce qui réclame « que nous mourions mystiquement sur la croix, (…) que nous devenions, avec l’Hostie immaculée, une seule victime agréable au Père éternel ».
C’est pourquoi il encourage la publication de missels romains pour les fidèles, afin qu’« unis au prêtre, [ils] prient avec lui à l’aide des mêmes paroles et avec les sentiments même de l’Eglise ».
Et le pape Pie XII donne une explication remplie de bon sens et sollicitude pastorale qui fixe bien l’intention de l’Eglise. Il affirme d’abord que « bon nombre de chrétiens ne peuvent se servir du Missel romain, même s’il est écrit en langue vulgaire ; et tous ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques ».
En ce cas, la participation consistera à « méditer pieusement les mystère de Jésus-Christ, accomplir d’autres exercices de piété et de faire d’autres prières qui, bien qu’elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s’accordent cependant avec eux par leur nature ». Rien de plus évident.
La déviation conciliaire
Dans le texte conciliaire, le terme de participation « active » a un double sens. Pour nombre d’évêques, il signifie ce que les papes saint Pie X et Pie XII ont décrit et expliqué.
Mais pour les novateurs, il signifie une participation « agissante », par laquelle les fidèles sont chargés d’une partie plus ou moins importante de la réalisation matérielle de la cérémonie : lectures, acclamations, présentation des dons, voire distribution de la sainte communion.
Ainsi, il y a une rupture entre la conception de saint Pie X et de Pie XII et la conception conciliaire. Une preuve directe peut être donnée de ce fait. Un texte de Paul VI de 1974 affirme : « C’est cependant une erreur, qui subsiste encore malheureusement en certains endroits, de réciter le rosaire au cours de l’action liturgique », Marialis cultus, n° 48, 2 février 1974.
Ce que Pie XII louait comme une attitude en tous points conforme à l’esprit de la liturgie, Paul VI le condamne comme une erreur. Il ne s’est pas écoulé trente ans entre les deux textes…
A suivre...
https://fsspx.news/fr/news-events/news/une-tentative-de-placer-saint-pie-x-a-lorigine-de-la-nouvelle-messe-68670

( 929960 )
Et Pie IX inspirateur de Nostra Ætate... par vistemboir2 (2021-09-22 19:24:37)
[en réponse à 929952]
sans doute avec le Syllabus... Décidément, les conciliaristes sont aux abois en tentant de faire flèche de tout bois, même le plus vermoulu...

( 929963 )
L'article de cath.ch par Eti Lène (2021-09-22 19:31:23)
[en réponse à 929952]
est un signe que les catholiques qui voient l'auto-destruction de l'Église auto-entretenue, s'intéressent de plus en plus aux arguments traditionnels contre le Concile et contre la nouvelle messe. Péril en la demeure si on peut dire. Il y a de quoi se réjouir.

( 929965 )
Je suis dubitatif sur cette phrase par Athanase (2021-09-22 19:45:27)
[en réponse à 929952]
Ainsi, il y a une rupture entre la conception de saint Pie X et de Pie XII et la conception conciliaire. Une preuve directe peut être donnée de ce fait. Un texte de Paul VI de 1974 affirme : « C’est cependant une erreur, qui subsiste encore malheureusement en certains endroits, de réciter le rosaire au cours de l’action liturgique », Marialis cultus, n° 48, 2 février 1974.
En quoi la récitation du rosaire était admise par Pie XII ou par ses prédécesseurs ? Il y a quelque chose qui m’échappe. Que Paul VI ait déploré cet usage ne signifie pas, sur ce point, une rupture. Ni saint Pie X, ni Pie XII ne semble avoir voulu encourager les dévotions pendant la messe. À moins que quelque chose m’échappe.

( 930004 )
Pie XII par Luc de Montalte (2021-09-23 02:04:37)
[en réponse à 929965]
Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs. En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun. Qui osera donc dire sur la foi d’un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits ? Mais ces gens là peuvent assurément grâce à une méthode, qui se trouve être pour certains plus facile, comme par exemple, de méditer pieusement les mystères de Jésus Christ, d’accomplir d’autres exercices de piété et de faire d’autres prières qui, bien qu’elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s’accordent cependant avec eux par leur nature
Pie XII, Mediator Dei

( 930005 )
Mais cela ne vise-t-il pas les dévotions en général ? par Athanase (2021-09-23 02:11:14)
[en réponse à 930004]
Et non la pratique du rosaire à la messe ? Pie XII ne vise-t-il pas ce qui est d’ordre paraliturgique et ce qui est pratiqué dans les églises en-dehors de ce qui a lieu pendant la messe ?

( 930006 )
Bah non par Luc de Montalte (2021-09-23 02:22:39)
[en réponse à 930005]
Le texte me semble clair.
participer au sacrifice eucharistique
méditer pieusement les mystères de Jésus Christ
etc.

( 930007 )
Cela vise plutôt les prières recommandées par Athanase (2021-09-23 02:31:30)
[en réponse à 930006]
qui permettent aux fidèles de s’unir au sacrifice du prêtre ? Tout ce qui peut relever de « « l’accompagnement ». Paul VI estime que le rosaire n’a pas sa place pendant la messe, mais il ne prohibe pas le fait que le fidèle puisse dire une prière ou que sa prière dans le sacrifice puisse être guidée par une prière.
Je pense que la notion de « participation active » a été dénaturée et mal comprise. Au passage, Vatican II ne l’a pas créée. Mais la formule remonte au Pape Pie XI. Il me semble que les Pères conciliaires l’ont invoqué sans la comprendre. La participation active est une participation qui est d’abord spirituelle.

( 930008 )
Je ne comprends pas votre distinction entre Rosaire et prière par Candidus (2021-09-23 07:23:44)
[en réponse à 930007]
Toute prière qui permet de s'associer aux 4 fins du Sacrifice (latreutique, eucharistique, propitiatoire et impétratoire) convient, et cette association peut se faire pour chaque mystère du Rosaire.
Par exemple, dans le 1er mystère glorieux, en union avec l'action liturgique, j'offre au Père Éternel dans la communion du St Esprit, Dieu le Fils dans la gloire de Sa résurection afin d'honorer la Ste Trinité, La remercier de toutes les grâces que nous avons reçues, l'apaiser pour l'abondance de nos iniquités et de nos ingratitudes, et L'implorer en faveur de toutes nos espérances et nos craintes.
Si ce n'est pas participer pleinement au Sacrifice de la messe, qu'est-ce que c'est ?

( 930011 )
Aussi bonne soit cette participation, ... par Athanasios D. (2021-09-23 08:58:47)
[en réponse à 930008]
... l'Eglise a estimé, par la voix du Concile, qu'il ne fallait pas s'en contenter.
Cette restauration doit consister à organiser les textes et les rites de telle façon qu’ils expriment avec plus de clarté les réalités saintes qu’ils signifient, et que le peuple chrétien, autant qu’il est possible, puisse facilement les saisir et y participer par une célébration pleine, active et communautaire.
Pour promouvoir la participation active, on favorisera les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. On observera aussi en son temps un silence sacré.
Dans la révision des livres liturgiques, on veillera attentivement à ce que les rubriques prévoient aussi le rôle des fidèles.
Les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; ils seront adaptés à la capacité de compréhension des fidèles et, en général, il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre.
Aussi l’Église se soucie-t-elle d’obtenir que les fidèles n’assistent pas à ce mystère de la foi comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, le comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon consciente, pieuse et active à l’action sacrée, soient formés par la Parole de Dieu, se restaurent à la table du Corps du Seigneur, rendent grâces à Dieu ; qu’offrant la victime sans tache, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi en union avec lui, ils apprennent à s’offrir eux-mêmes et, de jour en jour, soient consommés, par la médiation du Christ [38], dans l’unité avec Dieu et entre eux pour que, finalement, Dieu soit tout en tous.
Le rituel de la messe sera révisé de telle sorte que se manifestent plus clairement le rôle propre ainsi que la connexion mutuelle de chacune de ses parties, et que soit facilitée la participation pieuse et active des fidèles.
Ath

( 930046 )
Vous demandiez l'opinion de Pie XII sur le sujet par Luc de Montalte (2021-09-23 14:19:58)
[en réponse à 930011]
Vous l'avez maintenant. Par ailleurs, cette expression "le concile", comme s'il n'y en avait qu'un seul, est assez exaspérante.

( 930065 )
Plaît-il ? par Athanasios D. (2021-09-23 16:44:15)
[en réponse à 930046]
Y a-t-il plusieurs conciles à enseigner les citations reproduites dans mon post ? Si c'est univoque, il ne devrait pas y avoir de problème.
Athanasios (et non pas Athanase)

( 930066 )
Ressemblance des pseudonymes par Luc de Montalte (2021-09-23 16:56:11)
[en réponse à 930065]
... qui m'a en effet induit en erreur, mea culpa. Sinon ma réponse portait sur l'opinion de Pie XII sur le sujet, à la demande d'Athanase. Votre citation de Vatican II est tout à fait hors sujet, voire absurde en relisant le fil (ce que je vous invite à faire).

( 930068 )
Tout à fait hors sujet ? par Athanasios D. (2021-09-23 17:05:38)
[en réponse à 930066]
Je vois le lien avec le post de Candidus, mais s'il vous échappe...
Ath

( 930244 )
Oui. par Luc de Montalte (2021-09-26 16:33:49)
[en réponse à 930068]
Tout est dans le titre.

( 930248 )
Merci à vous... par Athanasios D. (2021-09-26 16:55:39)
[en réponse à 930244]
... de l'admettre.
Ath

( 930020 )
Le rosaire n'est pas conçu pour accompagner la messe par Athanase (2021-09-23 10:29:35)
[en réponse à 930008]
Ce n'est pas une dévotion d'"accompagnement", à la différence des oraisons jaculatoires qui ont pu être prescrites ou recommandées, notamment pendant la consécration. Il me semble que le rosaire ait été conçu pour être récité indépendamment d'un contexte liturgique.

( 930026 )
Allez le dire à Léon XIII... par Candidus (2021-09-23 11:02:25)
[en réponse à 930020]
... qui a enrichi d'indulgences la participation à la messe par le biais de la récitation du chapelet.

( 930028 )
Parce que Léon XIII est à encenser ? par Athanase (2021-09-23 11:16:39)
[en réponse à 930026]
... sans jeu de mots de ma part... Dois-je vous rappeler, cher Candidus, que saint Pie X avait commencé à sabrer la liturgie en revenant sur des choses que son prédécesseur avait admises. Par ailleurs, il ne me semble que sur ce Forum, on soit privé de critiquer Léon XIII sur un plan politique, dont les initiatives furent certainement maladroites pour la situation des catholiques de France...
Mais rassurez-vous, je ne flétris point ce pontife. Son encyclique Satis cognitum est aussi intéressante sur le plan de l'ecclésiologie.

( 930010 )
Contexte: par Athanasios D. (2021-09-23 08:44:01)
[en réponse à 930004]
C'est seulement après avoir loué ceux qui
"s’efforcent opportunément de mettre entre les mains du peuple le Missel romain, de manière que les fidèles, unis au prêtre, prient avec lui à l’aide des mêmes paroles et avec les sentiments mêmes de l’Église", que Pie XII souligne néanmoins que ceux qui
"ne peuvent se servir du Missel romain, même s’il est écrit en langue vulgaire ; et tous (ceux qui) ne sont pas aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques" ne sont pas laissés pour compte et
"peuvent participer au sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits" selon leurs possibilités.
(C)eux-là méritent des louanges qui s’efforcent de faire de la liturgie une action sainte même extérieurement, à laquelle prennent réellement part tous les assistants, ce qui peut se réaliser de diverses manières : quand, par exemple, tout le peuple, selon les règles rituelles ou bien répond d’une façon bien réglée aux paroles du prêtre, ou se livre à des chants en rapport avec les différentes parties du sacrifice, ou bien fait l’un et l’autre, ou enfin lorsque dans les messes solennelles il répond aux prières des ministres de Jésus-Christ et s’associe au chant liturgique.
Ath

( 930012 )
La pensée de Pie XII est plus complexe par Candidus (2021-09-23 09:19:04)
[en réponse à 930010]
Cette citation semble laisser entendre que les autres modes de participation à la messe (Rosaire, méditation, etc.) seraient réservés à ceux qui ne sont pas "aptes à comprendre correctement, comme il convient, les rites et les formules liturgiques". Cela ne reflète pas l'intégralité de la pensée de Pie XII.
Pie XII envisage plusieurs situations qui justifient le recours à ces autres méthodes. Je reprends la citation donnée par Luc de Montalte dans laquelle le pape ne mentionne ni l'intelligence ni la capacité intellectuelle :
"Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs. En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun. Qui osera donc dire sur la foi d’un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits ? Mais ces gens là peuvent assurément grâce à une méthode, qui se trouve être pour certains plus facile, comme par exemple, de méditer pieusement les mystères de Jésus Christ, d’accomplir d’autres exercices de piété et de faire d’autres prières qui, bien qu’elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s’accordent cependant avec eux par leur nature"

( 930014 )
Je reçois volontiers... par Athanasios D. (2021-09-23 09:32:57)
[en réponse à 930012]
... cette distinction. Cependant :
La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien, « race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté » (1 P 2, 9 ; cf. 2, 4-5).
Ath

( 930017 )
Vous aurait-il échappé... par Candidus (2021-09-23 10:05:20)
[en réponse à 930014]
... que certains passages du Concile Vatican II ne sont pas sans poser des difficultés à la conscience de beaucoup de ceux qui fréquentent ce forum ?
Ce passage de Sacrosanctum Concilium qui adopte un point de vue étranger voire opposé à la pensée de Pie XII dans Mediator Dei en est un exemple.
Par ailleurs, on peut aussi constater que les fruits produits par la mise en application (pas toujours fidèle d'ailleurs) de Sacrosanctum Concilium, ne plaident pas en faveur de cette conception exclusiviste de la participation aux Saints Mystères.
SC suggère qu'il n'existe qu'une seule manière d'approcher le mystère. Cela manifeste une totale ignorance de la psychologie humaine.

( 930052 )
Non, bien entendu. par Athanasios D. (2021-09-23 15:09:15)
[en réponse à 930017]
a) Mais quand l'Eglise nous ordonne quelque chose, ne faut-il pas essayer de dépasser ou résoudre les difficultés qui se présentent à nous ?
b) Je ne garderai d'opposer le magistère avec lui-même. Pie XII disait aussi qu'
"au seul Souverain Pontife appartient le droit de reconnaître et établir tout usage concernant le culte divin, d’introduire et approuver de nouveaux rites, de modifier ceux mêmes qu’il aurait jugés immuables."
Du reste, il a peut-être involontairement prophétisé sur la tension entre fidèles attachés au VOM et au NOM:
Il faut juger de même des efforts de certains pour remettre en usage d’anciens rites et cérémonies. Sans doute, la liturgie de l’antiquité est-elle digne de vénération ; pourtant, un usage ancien ne doit pas être considéré, à raison de son seul parfum d’antiquité, comme plus convenable et meilleur, soit en lui-même, soit quant à ses effets et aux conditions nouvelles des temps et des choses. Les rites liturgiques plus récents eux aussi, sont dignes d’être honorés et observés, puisqu’ils sont nés sous l’inspiration de l’Esprit-Saint, qui assiste l’Église à toutes les époques jusqu’à la consommation des siècles ; et ils font partie du trésor dont se sert l’insigne Épouse du Christ pour provoquer et procurer la sainteté des hommes.
c) Certes, les fruits peuvent sembler dérisoires, mais il est loin le temps des prêtres qui consacraient avec du lait et du miel. Le Concile a bien mis en garde sur l'absence de résultat
"si d’abord les pasteurs eux-mêmes ne sont pas profondément imprégnés de l’esprit et de la vertu de la liturgie, et ne deviennent pas capables de l’enseigner."
Trente aura mis beaucoup de temps à être observé en France en ce qui concerne les décisions prises en matières liturgiques. Il aura fallu attendre Dom Guéranger pour y parvenir. J'espère que le NOM connaîtra pareille figure pour rendre aux célébrations liturgiques la dignité qu'elles devraient manifester.
d) L'Eglise est experte en humanité. Elle ne suggère pas qu'il n'y a qu'une manière d'approcher le mystère - et de fait ce n'était pas le cas jusque-là - mais elle a voulu privilégier celle-là et désire que nous la visions et cherchions. Cela vaut évidemment pour le NOM, pas pour le VOM. Ce qui me fait penser que je dois vous re
mercier d'avoir mis fin à ma frustration lorsque je suis amené à assister à des célébrations selon le VOM.
Ath

( 930027 )
D'accord, mais Pie X ou son entourage partisans de la "nef chantante" par Athanase (2021-09-23 11:12:39)
[en réponse à 929952]
... ont entretenu des conceptions qui ont pu ensuite servir de terreau à des réformes contestables. Cette idée de participation - si elle doit être spirituelle - a aussi été entendue sous un angle très profane.
Sous Pie X, on assiste à des attaques contre le canon romain, jugé peu authentique au profit déjà de l'anaphore d'Hyppolite. De même, Mgr Battifol est favorable à la messe en vernaculaire dite face au peuple.
Tout cela n'empêche de dire que sous Vatican II - et en partie à cause de lui -, on est arrivé à quelque chose de différent par rapport à ce qui est envisagé sous les pontifes, y compris jusqu'au début du pontificat de Paul VI.

( 930033 )
Sur la participation des fidèles à la messe par Jean-Paul PARFU (2021-09-23 12:05:46)
[en réponse à 930027]
Le fond du problème :
1) Ce que l'Eglise voulait éviter, c'est que l'on prétende que les fidèles doivent obligatoirement être présents et répondent au prêtre pour que la messe ait lieu ou soit valide ;
- ou que seule la participation active des fidèles à la messe leur faisait remplir leur devoir d'assister à la messe. C'est le sens de la condamnation, par la bulle Unigenitus en 1713, de la proposition 86 de Quesnel et des Néo-jansénistes. La proposition condamnée est la suivante : "Lui ravir, au simple peuple, cette consolation d'unir sa voix à celle de toute l'Eglise, c'est un usage contraire à la pratique et au dessein de Dieu, 1 Corinthiens 14-16)".
La messe peut être dite avec un servant, mais sans fidèles, ou les fidèles peuvent assister validement à la messe sans participation active !
2) A contrario, cela ne signifie pas que les fidèles ne peuvent pas, voire ne doivent pas assister à la messe "activement", même si c'est "à leur place de fidèles". Pourquoi ne pas nous dire non plus que la meilleure façon de participer à la messe est de ne pas y aller du tout ou que l'on peut faire un barbecue et manger des saucisses-frites à l'église pendant la messe, à partir du moment où c'est la meilleure façon, pour certains, de les amener à la messe et de leur faire comprendre ce que fait l'Eglise lorsque le prêtre dit la messe. Il y a des limites à l'absurde !
Ces usages de faire autre chose pendant la messe, y compris réciter le chapelet, (et on parle ici des fidèles censés assister à la messe, et non pas de ceux qui entrent dans l'église pour y réciter le chapelet alors qu'il y a une messe au même moment dans l'édifice) fut, en partie, à l'origine du désintérêt et de l'incompréhension de beaucoup de fidèles pour ce qui se passait à la messe, dans la mesure où certains n'entendaient plus, lorsqu'ils étaient à la messe, qu'un vague charabia marmonné par le prêtre. Pour eux la messe, c'était ça !
3) Conclusion. On comprend que l'Eglise hésite sur ce point. D'une part, il faut éviter que les fidèles soient distraits à la messe et d'autre part, il faut éviter qu'ils pensent être eux-mêmes des prêtres, au sens du ministère ordonné, ce qui est l'erreur moderniste. Car si tout le monde est prêtre, plus personne n'est prêtre, et il n'y a plus non plus de sacrements. Il n'y a plus de messe, mais une assemblée qui fait "mémoire" et s'auto-célèbre. C'est le Protestantisme !
Mais si la participation n'est pas active, elle est quoi ? Existe-t-elle même encore vraiment ? On sait ce qui se passe dans beaucoup d'églises orientales où l'iconostase interdit toute participation, même passive aux fidèles, lesquelles déambulent simplement dans l'église pendant le Saint-Sacrifice, allument des cierges, cherchent leurs enfants qui courent partout dans l'édifice. Est-ce cela que veut l'Eglise et que nous souhaitons ?

( 930036 )
Encore une fois... par Candidus (2021-09-23 13:08:12)
[en réponse à 930033]
Je voudrais qu'on m'explique en quoi la participation à la messe par le biais de la méditation des mystères de la vie du Seigneur que L'on offre à Son Divin Père dans la communion du St Esprit dans une offrande latreutique, eucharistique, propitiatoire et impétratoire, serait une une participation moins "active" et pertinente que les autres ?
Par ailleurs, je suis toujours étonné que lorsqu'on discute du sujet de la participation des fidèles à l'action liturgique, on ne mentionne que rarement un élément historique qui a eu un impact fondamental, que nous avons du mal à mesurer aujourd'hui, sur la participation des fidèles. Je vise la sonorisation des églises.
Avant que celle-ci n'advienne, le mode de participation qui est devenu le plus commun aujourd'hui, était IMPOSSIBLE. D'ailleurs, on n'essayait même pas de le promouvoir, il suffit de regarder la disposition des choeurs de nos cathédrales. On n'hésitait pas à placer l'autel à une distance considérable des fidèles. Même lorsque le prêtre chantait, les fidèles ne percevaient qu'une vague mélodie, un murmure, et les concepteurs de nos cathédrales ne faisaient aucun effort pour améliorer l'audition des fidèles (l'autel aurait pu être placé plus près de la nef). La seule exception étant pour la prédication, d'où les chaires.
A partir de cette réalité, permettez-moi de relativiser l'absolutisation que l'on fait aujourd'hui de ce mode de "participation active" (puisque c'est ainsi qu'on le décrit, abusivement selon moi). S'il était si fondamental que cela, cela voudrait dire que les fidèles auraient été dans l'incapacité de participer à la liturgie avec fruits pendant plus de 19 siècles.

( 930082 )
Cathédrales par Peregrinus (2021-09-23 18:46:24)
[en réponse à 930036]
Même si je souscris largement à ce que vous écrivez sur ce sujet, il me semble que l'argument des cathédrales n'est pas entièrement pertinent.
Tout d'abord, jusqu'à une date récente, la majorité des églises cathédrales n'étaient pas paroissiales. Lorsqu'une paroisse était établie dans une cathédrale, elle possédait souvent son autel, par exemple dans une chapelle latérale. La cathédrale était avant tout l'église du chapitre : elle était donc conçue de manière à ce que les chanoines puissent, de leurs stalles, entendre le célébrant à l'autel.
Je sais par exemple qu'à Clermont, sous l'Ancien Régime, à l'occasion des cérémonies où l'on conviait le peuple, on dressait un autel provisoire à l'entrée du jubé. Cela s'est pratiqué, je pense, dans de nombreuses autres cathédrales.
Peregrinus

( 930043 )
Logique de la célébration ad orientem sotto voce par Candidus (2021-09-23 14:07:26)
[en réponse à 930033]
La célébration ad orientem avec des parties récitées à voix base par le célébrant, sont aussi des réalités qui devraient nous conduire à relativiser la prétention à faire de la participation dite active, l'alpha et l'omega de l'assistance à la messe.
Vous conviendrez avec moi que si ce mode de participation est le meilleur, la célébration ad orientem ne contribue pas à le favoriser, de même que les prières du prêtre récitées à voix basse.
Nous avons tous fait l'expérience de la difficulté à suivre dans nos missels l'action liturgique du prêtre. Certains célèbrent plus rapidement que d'autres. Durant le canon, s'il n'y avait pas les sonneries, vu que l'on ne voit pas ce que fait le prêtre, on serait vite perdu. C'est aussi valable pour l'offertoire, il n'est pas toujours facile de se synchroniser avec le prêtre et cela conduit, à certains moments, quand nous constatons que nous avons pris du retard, à ce que nous nous précipitions en survolant le texte liturgique pour rattraper le célébrant. Est-ce forcément l'idéal ?
Par ailleurs, vous noterez que toutes les justifications de la messe face au peuple avec canon à voix audible, se font au nom de cette participation dite active que l'on a voulu favoriser, et il faut bien admettre qu'il existe une certaine logique à cela.

( 930048 )
Assister ou participer et participer à quoi ? par Jean-Paul PARFU (2021-09-23 14:38:11)
[en réponse à 930043]
Quelques objections, si vous le permettez.
1) Dans les temps anciens, le plus souvent, les fidèles connaissaient la messe "par coeur" et y assistaient dans de petits édifices en bois ou dans de petites chapelles romanes ;
2) La messe est dite par le prêtre, mais elle n'est pas un acte ésotérique ;
3) Le prêtre ne tourne pas le dos aux fidèles, mais entraîne à sa suite tous les fidèles vers Dieu. A certains moments de la messe, il se tourne d'ailleurs vers les fidèles pour prêcher, pour leur demander de prier avec lui ou, juste avant, et pour leur donner, la communion ;
4) Enfin, il y a bien entendu, participer et participer et surtout participer à quoi ? Participer pour s'associer au sacrifice du Christ, participer pour jouer au prêtre ou participer à une assemblée qui s'auto-célèbre et partage le pain ?
5) En tout état de cause, les fidèles sont-ils ou non autorisés à assister à la messe ?
Vous pouvez lire
ici

( 930051 )
N'oubliez pas... par Candidus (2021-09-23 14:57:59)
[en réponse à 930048]
... que la cathédrale est l'archétype de l'église paroissiale. La liturgie qu'elle promeut par son architecture doit être considérée comme un idéal que, matériellement, les autres églises ne peuvent certes pas reproduire, mais vers lequel elles doivent s'efforcer de tendre.
Manifestement, cet idéal n'est pas celui d'une participation dite active, mais plutôt celui d'une participation PAS MOINS ACTIVE, mais intérieure, intuitive, contemplative, qui peut se réaliser de multiples façons.
Maintenant, loin de moi l'intention de condamner ceux qui s'épanouissent spirituellement par l'appréhension discursive du texte liturgique, je leur demande seulement d'admettre que pour certains qui ne sont pas tous des tarés, leur modèle ne fonctionne pas.

( 930053 )
Comme souvent par Jean-Paul PARFU (2021-09-23 15:10:54)
[en réponse à 930051]
On ne se comprend pas, parce qu'on ne met pas la même réalité derrière les mots. Cette fois, vous avez senti le besoin de mieux les préciser.
Pour vous, participer ou participer activement, c'est soit prendre la place du prêtre, soit s'éparpiller et finalement ne pas prier.
Pour nous, participer dans le Vom, c'est être présent, suivre la messe et répondre au prêtre quand les rubriques le prévoient. Point !

( 930055 )
"comme les rubriques le prévoient" ? par Candidus (2021-09-23 15:23:00)
[en réponse à 930053]
Les rubriques prévoient que les servants de messe répondent au prêtre, c'est une innovation qui n'a pas plus de 70 ans que de faire répondre les fidèles.
Essayez de promouvoir la messe dialoguée chez les Anglo-saxons, y compris - et surtout - chez les fidèles de la FSSPX, ils vous expliqueront que la cacophonie que cette pratique entraîne les distrait et les empêche de prier, autrement dit les empêche de "participer activement" à la liturgie.

( 930063 )
Héhé ! par Jean-Paul PARFU (2021-09-23 16:16:09)
[en réponse à 930055]
Mais les fidèles peuvent-ils, malgré tout, simplement assister à la messe, ou vaguement apercevoir de très loin ce qui s'y passe ? Les rubriques le prévoient-elles ou la messe est-elle un rite ésotérique réservé au prêtre et au servant derrière l'iconostase ?
En un mot, dois-je me contenter de lire chez moi mon missel ou de dire mon chapelet, d'allumer des cierges, voire de courir après les enfants dans l'église pendant la messe ?

( 930067 )
L'iconostase du rite romain... par Candidus (2021-09-23 17:01:12)
[en réponse à 930063]
Ce sont le latin et les prières silencieuses du célébrant qui installent une distance entre les fidèles et la célébration.
Les Orientaux n'ont jamais fait de difficultés à célébrer en vernaculaire, même si les Russes et les Grecs continuent d'utiliser un état archaïque de leur langue, mais sans développer une "mystique" autour de cela comme dans le rite latin.
Et les rites Orientaux n'ont pratiquement pas de prières silencieuses du célébrant.
Et il fut un temps, nous avions aussi le jubet.

( 930077 )
Bonne analyse. Mais à nuancer sur les prières silencieuses par Athanase (2021-09-23 18:04:41)
[en réponse à 930067]
Sous l'effet de développements liturgiques, mais aussi d'une certaine imitation à l'égard des latins, il existe des prières silencieuses. Je parle par rapport à ce que je connais chez les syriaques-catholiques. Les prières sont dites à voix basse et ne sont pas indiquées dans le rituel.
Effectivement, c'est l'iconostase qui a tenu lieu de silence chez les orientaux. Et je suis d'accord pour dire qu'il n'y a pas eu de "mystique" de la langue non-vernaculaire (le terme de "langue sacrée" me paraît plus suspect en raison du fait que le catholicisme n'a pas de langue sacrée en tant que telle, même s'il a des convenances avec certaines langues mortes).
Certains orientaux se sont mis assez tôt au vernaculaire: les melkites assez tôt, peu après les invasions arabes en Orient, les roumains au 19ème siècle (le slavon suggérait une allégeance aux russes et à Moscou) et les syriaques-catholiques au début du 20ème siècle. C'est dire que la question du vernaculaire a été moins taboue et, en tout cas, moins explosive que chez les latins...

( 930110 )
Il y a beaucoup de prières silencieuses par Yves Daoudal (2021-09-24 11:40:20)
[en réponse à 930077]
du prêtre dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, et plus encore dans la liturgie de saint Basile (celle du carême dans le rite byzantin). Même la préface est silencieuse (mais la consécration est à haute voix).
Si l'on ne connaît pas le rite on peut ne pas le remarquer, ou tout au moins ne pas remarquer l'étendue de ces prières silencieuses du prêtre, pour la raison que le prêtre les dit pendant que le chœur chante: il n'y a aucun silence dans la liturgie byzantine.
Ces prières ne doivent absolument rien à une quelconque influence latine. (Il n'y a d'ailleurs aucune influence latine dans la divine liturgie byzantine, même des byzantins catholiques, et le texte de Vatican II Orientalium ecclesiarum garantit providentiellement que ça continuera...)
L'une des critiques qu'on peut faire du nouvel ordo ex-latin est qu'il supprime les prières silencieuses, ce qui est une nouveauté absolue, et contraire à toute pédagogie du sacré: il y a des prières silencieuses pour montrer que le Saint Sacrifice est un Mystère qui échappe à nos sens. (C'est l'une des principales tares de la néo-"liturgie" de faire croire qu'on va tout comprendre parce qu'on dit tout à haute voix et en langue vulgaire.)

( 930112 )
Silencieuses ? par Athanasios D. (2021-09-24 13:01:13)
[en réponse à 930110]
Voulez-vous dire purement mentales ? Parce que dans le NOM, il y a bien des prières dites à voix basse.
Le prêtre prie comme président, au nom de l’Eglise et de la communauté rassemblée ; il prie aussi parfois en son nom propre pour accomplir son ministère avec plus d’attention et de piété. Ces prières-là, proposées avant la lecture de l’Evangile, à la préparation des dons, avant et après la communion du prêtre, sont prononcées à voix basse. (PGMR 33)
Ath

( 930115 )
[réponse] par Yves Daoudal (2021-09-24 14:14:22)
[en réponse à 930112]
J'avais repris "silencieuses" parce que c'était le mot que vous utilisiez. Je veux dire "à voix basse", bien sûr: silencieuses pour l'assemblée.
Les rares prières à voix basse du NOM sont seulement des prières que le prêtre dit pour lui. C'est sans rapport avec les prières à voix basse qui expriment le Mystère.

( 930125 )
Merci... par Athanasios D. (2021-09-24 17:30:20)
[en réponse à 930115]
... mais c'est Athanas
ios.

( 930132 )
Oups. par Yves Daoudal (2021-09-24 18:38:37)
[en réponse à 930125]
C'est pour ça que je ne comprenais pas bien l'objection...
Mais ma réponse demeure, c'est le principal...

( 930129 )
Latinisations chez les grecs-catholiques par Candidus (2021-09-24 18:00:36)
[en réponse à 930110]
Si vous prenez le rite célébré par les prêtres de la Fraternité Sacerdotale St Josaphat, l'influence du rite latin est très nette. C'est d'ailleurs parce que ces prêtres veulement demeurer fidèles à cette influence, sous le tutelage de la FSSPX, qu'ils sont entrés en dissidence. On note par exemple que les fidèles reçoivent la communion à genoux, ce qui n'est pas conforme à la tradition byzantine et cela se voit aussi fréquemment chez les autres grecs-catholiques pourtant en communion avec leur "patriarche".
La liturgie célébrée par les grecs-catholiques roumains a aussi été influencée par le rite latin. Elle a sensiblement la même durée qu'une messe romaine, ce qui est loin d'être le cas des liturgies célébrées par les orthodoxes.

( 930131 )
[réponse] par Yves Daoudal (2021-09-24 18:37:11)
[en réponse à 930129]
C'est amusant de donner en exemples des dissidents pour prouver l'influence latine... Influence qui a existé dans certaines Eglises et a toujours été condamnée par Rome, depuis Benoit XIV (Allatae sunt) jusqu'à Vatican II (Orientalium Ecclesiarum et plus récemment l'"Instruction pour l’application des prescriptions liturgiques du Code des Canons des Églises Orientales" de 1996).
Il ne faut pas confondre la divine liturgie et les dévotions. Assurément les "missionnaires" latins ont imposé des dévotions latines, et plusieurs d'entre elles sont ici et là bien installées (adoration eucharistique, rosaire, saint Joseph...). Mais c'est sans rapport direct avec le rite eucharistique.
Le fait que la divine liturgie soit plus courte chez les catholiques que chez certains orthodoxes (notamment par l'omission de certaines ecténies) n'est pas un signe de latinisation. Je peux en témoigner personnellement pour ce qui est de la liturgie grecque melkite, la liturgie greco-italo-albanaise, la liturgie grecque catholique croate.

( 930050 )
Participation intuitive ou discursive par Candidus (2021-09-23 14:45:23)
[en réponse à 930033]
La nature même du VOM (célébration ad orientem avec de nombreuses parties récitées à voix basse par le prêtre) suggère un mode d'assistance intérieur, contemplatif, qui ne privilégie pas la compréhension du texte liturgique, mais qui sollicite plutôt notre intuitivité.
Pour certains fidèles parmi lesquels je me place, la meilleure forme de participation à la liturgie se fait avec le coeur ; pour eux la raison discursive que sollicite la lecture du texte liturgique qu'on voudrait leur imposer, constitue un obstacle à une véritable participation.
Le drame c'est que ces fidèles sont souvent culpabilisés, voire moqués (on parlera de "pratiques de vieilles femmes illétrées") et dissuadés de s'écarter du mode de participation dite active qui est présenté depuis les années 60 comme l'alpha et l'oméga de la participation liturgique.
Notez bien qu'il en va autrement avec le NOM qui a été élaboré avec une optique intellectualiste et rationalisante. La nature même du NOM, non seulement suggère un mode d'assistance "actif", mais rend impossible tous les autres.

( 930074 )
Très bonne remarque ! par Athanase (2021-09-23 17:52:37)
[en réponse à 930033]
Il y a beaucoup de contre-exemples, et les orientaux - que j'admire et que je respecte - ont aussi des défauts. Comme vous le dîtes sur le fil, il y a un danger, sous prétexte de lutter contre la subversion "jansénisante-archélogisante", de justifier à tout prix l'ésotérisme. Le fidèle n'est pas le prêtre, mais la messe, qui est aussi en un sens un acte du fidèle (le "sacrifice qui est aussi le vôtre"), ne doit pas lui devenir hermétique à tout prix. Sous peine de verser dans cet ésotérisme qui est certainement à l'origine des difficultés actuelles. A force de reléguer - ou de se reléguer - dans une dévotion à part, on comprend mieux pourquoi la subversion a eu lieu. Le modernisme liturgique, c'est aussi un "ésotérisme" inversé. Il faut le voir ainsi.

( 930038 )
Le père de Cochem par Eti Lène (2021-09-23 13:36:54)
[en réponse à 929952]
Dans son excellent livre datant du XVIIème siècle sur la messe recommande aux fidèles d'offrir le sacrifice. Car le sacrifice de la messe est bien celui des prêtres et des fidèles. Le fait d'offrir à Notre Père éternel son Fils est une excellente chose car cela nous confronte à nos péchés, à l'infinie bonté de Dieu qui les paye pour nous, à supporter avec patience les épreuves, puisque Lui ne le méritait pas. Et c'est une reconnaissance du rachat par Dieu de nos âmes.
Pie XII sur ce point est bien plus pastoral que Paul VI car des fidèles qui ont la foi du charbonnier ne sont pas tenus de réciter les prières sans les comprendre (quoique c'est possible de le faire puisque le salut passe par l'Église). La participation dévote et intérieure suffit pour bénéficier des grâces extraordinaires qui se déversent à chaque messe.
Paul VI a fait "déifier" le peuple de Dieu avec obligation pour les fidèles de participer activement aux prières comme si la messe ne pouvait pas s'en passer et comme si tous les fidèles étaient des théologiens. La sagesse n'est pas le nivellement par le bas et ne gère pas l'Eglise comme une caserne, puisque Dieu prend Lui-même les gens là où ils sont. Jean-Paul Parfu le décrit bien. Le Christ présent seul avec le prêtre suffisent pour que la messe ait lieu et ait sa pleine efficacité. Mais parallèlement, plus il y a de fidèles, mieux c'est pour la gloire de Dieu. Et plus il y a participation active au sacrifice mieux c'est aussi. La messe dite de St Pie V s'est construite au fil des siècles en réaction aux hérésies. Ce n'était donc pas la peine de revenir aux anciennes rubriques qui elles ne tenaient pas compte des attaques et qui ont du justement être améliorées pour préciser les dogmes. La messe est un petit chef d'œuvre de vérité et de charité.

( 930079 )
Allons plus loin... Et quelques remarques par Athanase (2021-09-23 18:16:14)
[en réponse à 930038]
Il n'est même pas requis que le fidèle soit obligé de comprendre à tout prix ce qu'il dit. Je crains qu'une explication à tout prix du rite ne soit aussi un vrai problème. Il peut comprendre le sens de l'action, mais pas nécessairement les paroles qu'il prononce ou qu'il entend.
Concernant les répons dans le Missel de Paul, il faut plutôt voir, sur ce plan, un aboutissement complet du processus commencé avec les messes dialoguées. Je dis: sur ce point, car le Missel de Paul n'est pas complètement dans une logique de développement homogène.
Néanmoins, il y a un aspect à souligner: le fait que certains fidèles (chantres, servants...) ne répondent qu'aux prêtres n'est pas un phénomène totalement absent des célébrations du Missel de Paul VI. La tendance naturelle à la monopolisation n'est pas un processus que l'on peut écarter des célébrations actuelles. En Allemagne, j'avais constaté dans une messe célébrée dans une communauté religieuse que les fidèles ne répondaient pas toujours en raison de la présence d'une "élite". S'il y a peu de fidèles et qu'il existe, par exemple, un service et une chorale de qualité, il n'est pas exclu qu'ils monopolisent des parties ouvertes aux fidèles.
Même dans les rites orientaux, il existe quelques prières que les seuls servants disent alors qu'elles sont ouvertes aux fidèles. Inversement, des prières dites par le diacre ont été étendues aux servants.
Il faut donc être conscient de ce phénomène de chassé-croisé. Et l'argument que j'aimerais opposer aux partisans de la nouvelle messe est qu'ils n'échapperont pas aux travers qu'ils dénoncent dans le rite tridentin. Il paraît même que le chapelet est dit à la messe par certains fidèles du NOM...

( 930154 )
au risque de provoquer.... par erminig (2021-09-24 23:23:22)
[en réponse à 930079]
On notera tout de même que bien souvent, en dehors des grandes concélébrations paroissiales avec garçons et même filles de choeur, on nous parle de participation des fidèles quand il est parfaitement ordinaire qu'un prêtre en NOM ne soit jamais accompagné d'un servant de messe quand il célèbre et qu'il n'y aura pas un homme à se lever en vitesse pour le faire.
Une amie qu assistait pour la première fois au Vom déclarait en sortant que c'était la messe des bien-portants: debouts, à genoux, assis debout assis , à genoux.... Bef, dans le NOM, la participation soi-disant plus active des fidèles est , d'un point de vue liturgique, bien plus passive en fait que dans le VOM.
Et ce qui n'est pas du tout envisagé, dans tous les posts, c'est le line qui existe intimement en liturgie entre le geste et la parole, au point que des enfants à qui l'ont a expliqué peu de choses, mais l'essenteil de la préparation de la Messe et de ses différentes parties, en captent tout petits l'essence même sans avoir eu un grand théologien à leur expliquer.
Enfin, en ce qui concern la récitation du Rosaire etc, je pense qu'il y a eu une telle volonté d'écarter tout ce qui semblait vieux, populaire, superflu, que l'on est arrivé à des conceptions liturgiques aberrantes de desséchement. Benoît XVI a bien heureusement rappeler que l'Esprit se déployait aussi dans la dévotion populaire; Le Rosaire est uen haute école de spiritualité; Et avant de dire que cela déttourne de la Messe, même si personnellement je l'aurais pensé il y a des décennies, et bie j'en reviens..... Il peut au contraire permettre une attention en canalisant les distractions. Par exemple. Et il faut noter quand même l'importance du Missel vespéral , du type Dom Lefebvre, spécialement conçu à l'époque pour une meilleure participation des fidèles, c'est à dire une meilleure compréhension de la liturgique eucharistique, avec des textes et des invariants repères liturgiques pour les fidèles. Ces publications étaient faites pour une meilleure participation. Aujourd'hui, les gens n'ont plus de missel en NOM parce qu'avec les 3 années A/B/C, c'est compliqué. C'est donc la feuille de Messe qui fait office de livre liturgique. Ce qui est bien dommage.

( 930163 )
Le père Martin ! par Pétrarque (2021-09-25 06:38:15)
[en réponse à 930038]
Cochem est la ville où il a été baptisé, et qui, selon la coutume de l'ordre franciscain, s'intègre au nom que porte le religieux après sa vêture, comme saints Laurent de Brindes, François-Marie de Camporosso ou Pio de Pietrelcina, ou encore le père Eugène de Villeurbanne.
Excellent ouvrage que ses Explications sur le saint sacrifice de la Messe, en effet.