Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=929367
images/icones/neutre.gif  ( 929367 )Traditionis custodes : les dernières cartouches conciliaires ? par Abbé Claude Barthe (2021-09-17 09:12:36) 

Res Novae

La non-réception du concile Vatican II s’est concentrée de manière concrète sur le refus de la réforme liturgique, même si un certain nombre de pratiquants de la messe ancienne affirment leur adhésion aux intuitions conciliaires « bien interprétées ». En tout cas, l’existence de la liturgie traditionnelle est un phénomène persistant et même croissant de non-réception. Marginal ? Le pape Bergoglio, qui veut être le pape de la pleine réalisation de Vatican II, a fini par être convaincu que le phénomène était suffisamment important pour qu’il faille s’employer à l’éradiquer. Avec cette conséquence que le possiblement marginal est devenu certainement central : la messe tridentine est consacrée comme le mal à abattre ; les séminaires formant des prêtres pour la dire, comme des chancres à éliminer. Et ce, toutes affaires cessantes.

Un retour à la violence originelle de la réforme liturgique

Elle est donc de nouveau proscrite, comme sous Paul VI. La Lettre qui accompagne Traditionis custodes explique sans ambiguïté le but ultime du texte pontifical : faire en sorte « qu’on revienne à une forme de célébration unitaire », la liturgie nouvelle. La décision est brutale et péremptoire : le pape décide tant la fin de la messe traditionnelle que celle du monde traditionnel, qu’il accuse – et lui seul ! – d’attenter à l’unité de l’Église.

Vatican II, dont le grand dessein – une ouverture au monde moderne en sa modernité pour être mieux entendu des hommes de ce temps – est une sorte d’entre-deux entre orthodoxie traditionnelle et hétérodoxie (en l’espèce, un relativisme néo-moderniste). L’adoption de quelques propositions ambiguës permet, par exemple, d’affirmer qu’un chrétien séparé peut comme tel, comme séparé, être cependant en une certaine communion avec l’Église : selon Unitatis redintegratio, Luther, qui pensait avoir rompu avec l’Église du pape restait en réalité un catholique « imparfait » (UR 3).

Le pape François, depuis son élection, avance sur cette apparente ligne de crête aussi loin que possible : il transmue la collégialité en synodalité, dépasse Nostra ætate et la Journée d’Assise par la déclaration d’Abou Dhabi, mais il se garde de passer le seuil au-delà duquel on tomberait – ou on tomberait plus vite – dans ce néant où basculent déjà les plus audacieuses des théologies progressistes. Comme Paul VI, il reste fidèle au célibat ecclésiastique et au sacerdoce masculin, mais en contournant la discipline traditionnelle par la voie des ministères laïcs qu’avait ouverte le pape Montini (institution de ministres qui tiennent des rôles cléricaux sans être des clercs, pour arriver probablement au ministère de diaconesse voire de présidente d’eucharistie non formelle), et en confiant à des laïcs, hommes et femmes, des charges quasi-juridictionnelles (postes toujours plus élevés dans les dicastères romains).

Autrement dit, François conserve suffisamment d’institution, mais en continuant à la vider de sa substance doctrinale. Selon son expression, il abat les murs :

Humanæ vitæ et un ensemble de textes dans la suite de cette encyclique avaient préservé la morale conjugale de la libéralisation que le Concile avait fait subir à l’ecclésiologie. Amoris lætitia a renversé cette digue : des personnes vivant dans l’adultère public peuvent y demeurer sans commettre de péché grave (AL 301).
Summorum Pontificum avait reconnu un droit à ce conservatoire de l’Église d’avant qu’est la liturgie ancienne avec la catéchèse et le personnel clérical qui y sont attachés. Traditionis custodes a balayé cette tentative de « retour » : les nouveaux livres liturgiques sont la seule expression de la lex orandi du rite romain (TC, art. 1).
Il reste que le pape et ses conseillers ont pris de gros risques en prenant ces dispositions aussi violentes que hâtivement rédigées. Les commentateurs stupéfaits parlent de méconnaissance du terrain ecclésial occidental par le pape latino-américain ; ils soulignent le désaveu cinglant de l’œuvre majeure de Benoît XVI ; ils pointent du doigt les contradictions d’un gouvernement chaotique, qui écrase les traditionnels « de l’intérieur » alors qu’il accorde des facultés revenant à une semi-reconnaissance aux traditionnels « de l’extérieur », ceux de la FSSPX ; ils s’étonnent enfin, alors que le feu du schisme est en Allemagne et la tranquille hérésie partout, qu’on s’en prenne à une pratique liturgique innocente de l’un et de l’autre.

Mais on imagine que le pape et son entourage n’ont qu’un haussement d’épaule à l’énoncé de ces critiques. La justification de l’assaut répressif qu’ils ont déclenché est pour eux déterminante : la messe tridentine cristallise ainsi l’existence d’une Église dans l’Église car elle représente une lex orandi anté et donc anti-conciliaire. On peut transiger avec les dérives de l’Église Allemande qui sont au pire trop conciliaires, on ne saurait tolérer la liturgie ancienne qui est anti-conciliaire.

Vatican II avec ce qui en relève ne se discute pas ! De manière très caractéristique, la Lettre qui accompagne Traditionis custodes infaillibilise le Concile : la réforme liturgique découle de Vatican II ; or, ce concile a été un « exercice du pouvoir collégial de façon solennelle » ; douter que le Concile est inséré dans le dynamisme de la Tradition c’est donc « douter de l’Esprit-Saint lui-même qui guide l’Église ».

Une répression qui vient trop tard

Sauf qu’en 2021, on n’est plus en 1969, lors de la promulgation fraîche et joyeuse du nouveau missel, ni en 1985, lors de L’Entretien sur la foi et de l’assemblée du Synode qui faisait un bilan déjà inquiet des fruits de Vatican II, ni même en 2005, où l’apparition de l’expression d’« herméneutique de réforme dans la continuité » ressemblait fort à une tentative de recomposition laborieuse d’une réalité qui échappait de plus en plus. Aujourd’hui, il est trop tard.

L’institution ecclésiale est comme énervée, la mission éteinte et, en Occident au moins, la visibilité en prêtres et fidèles évanouie. Andrea Riccardi, personnage principal de la Communauté de Sant‘Egidio, tout le contraire d’un conservateur, dans son dernier livre, La Chiesa brucia. Crise e futuro del cristianesimo, L’Église brûle. Crise et futur du christianisme[1], considère l’incendie de Notre-Dame de Paris comme une parabole de la situation du catholicisme, et analyse pays par pays, en Europe, son effondrement. Son discours est caractéristique de celui des bergogliens déçus, qui deviennent des conciliaires déçus.

Comment s’étonner que des auteurs, bien plus dégagés que lui de l’appareil ecclésiastique, lancent des cris d’alarmes et n’hésitent pas à dire d’où vient le mal. Ainsi l’académicien Jean-Marie Rouart dans Ce pays des hommes sans Dieu[2], qui pense que la bataille de la société occidentale devant l’islam est perdue d’avance, alors que seul pourrait nous sauver un « sursaut chrétien », c’est-à-dire une radicale marche arrière : l’Église, écrit-il, « doit procéder à l’équivalent d’une Contre-Réforme, revenir à cette réforme chrétienne qui lui a permis au XVIIe siècle d’affronter victorieusement un protestantisme qui la mettait en cause »[3]. Ou encore Patrick Buisson dans La fin d’un monde[4], qui consacre deux parties de son gros ouvrage à la situation du catholicisme : « Le krach de la foi » et « Le sacré massacré ». « De façon à la fois déconcertante et brutale, écrit-il, le rite tridentin, qui avait été le rite officiel de l’Église latine depuis quatre siècles, fut, du jour au lendemain, décrété indésirable, sa célébration proscrite et ses fidèles pourchassés[5] ». On est sorti du catholicisme pour aller « à la religion conciliaire ».

Qui plus est, en 2021, le rapport de force est très différent de celui des années 1970 entre ceux qui avaient « fait le Concile » et ceux qui le subissaient. Andrea Riccardi fait comme tout un chacun ce constat réaliste : « Le traditionalisme est une réalité de quelque importance dans l’Église, aussi bien dans l’organisation que dans les moyens ». Le monde traditionnel pour être minoritaire (en France, 8 à 10% des pratiquants) est partout en croissance, notamment aux États-Unis. Il est jeune, fécond en vocations – au moins par rapport à la fécondité du catholicisme des paroisses –, capable d’assurer la transmission catéchétique, attirant pour le jeune clergé et pour les séminaristes diocésains.

C’est d’ailleurs ce que le pape Bergoglio, arrivant d’Argentine, a mis du temps à comprendre, jusqu’à ce que les évêques italiens et les prélats de la Curie lui aient mis sous les yeux l’accroissement insupportable du monde traditionnel, d’autant plus visible qu’il se produit au sein de l’effondrement général. Il fallait donc appliquer les « remèdes » adéquats, les mêmes qu’on a administré au séminaire florissant de San Rafael, en Argentine, à la congrégation des Franciscains de l’Immaculée, au diocèse d’Albenga en Italie, au diocèse de San Luis en Argentine, etc.

Pour une sortie « en avant » de la crise

Pour autant, l’Église conciliaire n’est pas revitalisée et la mission n’a cessé de s’étioler. Une batterie de documents ont traité de la mission : Ad Gentes, le décret conciliaire de 1965, l’exhortation Evangelii nuntiandi de 1975, l’encyclique Redemptoris missio de 1990, le document Dialogue et Annonce de 1991, les exhortations apostoliques qui reprennent inlassablement le thème de la nouvelle évangélisation, Ecclesia in Africa, 1995, Ecclesia in America, 1999, Ecclesia in Asia, 1999, Ecclesia in Oceania, 2001, Ecclesia in Europa, 2003. Un Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle Évangélisation a été créé. Les colloques se sont multipliés parlant de la mission qui doit s’articuler au dialogue, de l’évangélisation qui ne doit pas être prosélytisme, etc. Jamais on n’a autant parlé de mission. Jamais on n’a aussi peu converti.

François Mitterrand disait à propos de la résorption du chômage, « on a tout essayé ». De même pour sauver l’Église d’après Vatican II : la tentative qu’a représentée l’élection du pape Bergoglio, celle d’une maximalisation du Concile, a fait long feu ; comme avait finalement échoué, il faut le reconnaître, la tentative qu’avait représentée l’élection du pape Ratzinger, celle d’un assagissement du Concile. Alors, un retour en arrière ? Oui, mais à la manière d’une sortie « en avant ».

Nombreux sont ceux, y compris parmi les soutiens d’hier au pape Bergoglio, qui jugent indéfendable la répression brutale du monde traditionnel, pour la seule raison, en définitive, qu’il est trop vivant. Peut-on imaginer, avec un prochain pontificat, une mise entre parenthèses de Traditionis custodes ?Assurément, et même mieux, nous semble-t-il : une liberté donnée à ce qu’il est convenu d’appeler les « forces vives » dans l’Église. Concernant cette force essentielle, puisqu’elle représente la tradition multiséculaire, on peut raisonnablement envisager la négociation d’un compromis qui serait plus favorable pour l’Église que n’a été le compromis de Summorum Pontificum. Il faut viser désormais une levée de tout encadrement, autrement dit une franche liberté pour la liturgie ancienne et pour tout ce qui va avec elle. Et ceci, au nom du bon sens. De même qu’un certain nombre d’évêques dans le monde ont laissé se développer dans leurs diocèses toutes ces « forces vives », les communautés, fondations, œuvres, qui portent des fruits missionnaires, de même, au niveau de l’Église universelle, doit venir le temps de la liberté laissée à tout « ce qui marche ».

Summorum Pontificum peut s’analyser comme une tentative de coexistence des catholiques qui ne reçoivent pas la liturgie de Vatican II avec un monde conciliaire modéré. Une nouvelle tentative pourrait s’établir avec un monde conciliaire apparemment plus « libéral » que celui de Benoît XVI, mais qui prend désormais conscience de l’échec irrémédiable de l’utopie embrassée il y a cinquante ans.

Abbé Claude Barthe

Voir aussi : P.Serafino Lanzetta, "Vatican II et le calvaire de l'Eglise", Res Novae
images/icones/5b.gif  ( 929376 )Oui, mais le souci par Adso (2021-09-17 10:16:46) 
[en réponse à 929367]

c'est que ces cartouches elle mettent un temps bien long à bruler ... et beaucoup d'entre nous sont épuisés...
images/icones/bravo.gif  ( 929377 )Bien vu par AVV-VVK (2021-09-17 10:20:39) 
[en réponse à 929367]

Le pape François, depuis son élection, avance sur cette apparente ligne de crête aussi loin que possible : il transmue la collégialité en synodalité, dépasse Nostra ætate et la Journée d’Assise par la déclaration d’Abou Dhabi, mais il se garde de passer le seuil au-delà duquel on tomberait – ou on tomberait plus vite – dans ce néant où basculent déjà les plus audacieuses des théologies progressistes. Comme Paul VI, il reste fidèle au célibat ecclésiastique et au sacerdoce masculin, mais en contournant la discipline traditionnelle par la voie des ministères laïcs qu’avait ouverte le pape Montini (institution de ministres qui tiennent des rôles cléricaux sans être des clercs, pour arriver probablement au ministère de diaconesse voire de présidente d’eucharistie non formelle), et en confiant à des laïcs, hommes et femmes, des charges quasi-juridictionnelles (postes toujours plus élevés dans les dicastères romains).

Source: l' envoi de l' Abbé Claude Barthe (Res Novae)
Un pontificat au double visage
images/icones/bravo.gif  ( 929382 )Très bon texte Monsieur l'abbé ! par Jean-Paul PARFU (2021-09-17 11:25:47) 
[en réponse à 929367]

Votre texte et celui vers lequel vous nous renvoyez sont excellents et très éclairants. Ils méritent une véritable discussion et en tout cas mieux que des commentaires du style : "Ah très bien, mais moi, j'en ai assez de cette situation, etc ..."
images/icones/hein.gif  ( 929388 )"Religion conciliaire" : quel sens ? par Cristo (2021-09-17 13:30:56) 
[en réponse à 929367]

"Religion issue du concile" ou "concile érigé en religion" ?
images/icones/neutre.gif  ( 929396 )Le sens catholique par Gaius (2021-09-17 15:06:59) 
[en réponse à 929388]

à savoir celui d'une religion où les questions disputées sont tranchées par un Concile réunissant les successeurs des apôtres, assistés de l'Esprit Saint, selon le modèle donné par l'Eglise primitive (Ac 15). Ceux qui y adhèrent sont appelés catholiques, les autres schismatiques et/ou hérétiques.
images/icones/1d.gif  ( 929399 )Le problème par Jean-Paul PARFU (2021-09-17 16:22:20) 
[en réponse à 929396]

C'est que ce concile n'a rien tranché du tout, parce que les papes Jean XXIII et Paul VI ont expressément voulu et affirmé qu'il était un concile purement pastoral.

L'arnaque consiste précisément à en faire, aujourd'hui, un super-dogme à partir duquel on jugerait du monde et de l'Eglise.

Le Seigneur nous a mis en garde contre des gens comme vous : "Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs." (St Matthieu 7-15)
images/icones/neutre.gif  ( 929407 )C'est toujours étonnant par Gaius (2021-09-17 18:12:28) 
[en réponse à 929399]

de voir à quel point l'attaque personnelle et l'invective peuvent tenir lieu d'argumentation dans un certain courant catholique héritier des ligues et de l'action française. Mais c'est évidemment en toute charité que vous me traitez de loup ravisseur.

Cela fait 50 ans qu'on nous répète en boucle le fameux "Concile pastoral" qui ne serait donc pas doctrinal. Si vous lisez les textes du concile (de même pour les précédents) vous voyez bien qu'ils sont à la fois pastoraux et doctrinaux. Il n'y a certes pas à proprement parler de nouveau dogme. Mais rien de "purement pastoral" (expression jamais utilisée ni par Jean XXIII ni par Paul VI) dans les enseignements sur "l’Esprit du Christ, qui ne refuse pas de se servir des communautés séparées comme de moyens de salut", ni dans le droit à l'absence de contrainte du pouvoir civil en matière religieuse.

Le Concile a défini ces enseignements comme (au-moins) compatibles avec la doctrine chrétienne. On peut légitimement discuter de certains enseignement comme l'ont toujours fait les théologiens. Mais nul ne peut s'autoriser de quelques encycliques antérieures apparemment contraires à un enseignement conciliaire pour se soustraire à l'autorité légitime des successeurs des apôtres. Tous ceux qui l'on fait par le passé (en forgeant des distinctions aussi oiseuses que celle du pastoral/doctrinal) ont irrémédiablement fini dans le schisme.
images/icones/1i.gif  ( 929412 )"Autorité légitime", dites-vous... par vistemboir2 (2021-09-17 19:33:13) 
[en réponse à 929407]

Désapprouver les "unions civiles d'homosexuels" ou refuser de vénérer Pachamama en opposant des enseignements antérieurs de l'Église "apparemment (sic!) contraires", ne serait-ce pas "s'autoriser à se soustraire à l'autorité légitime de François" ?...
images/icones/neutre.gif  ( 929415 )Réponse du cardinal Ratzinger par lumineux (2021-09-17 19:54:09) 
[en réponse à 929407]

En 1988, le cardinal Ratzinger déclarait déjà, devant les évêques du Chili : « Le concile lui-même n’a défini aucun dogme et veut consciemment s’exprimer à un niveau inférieur, comme concile purement pastoral »
images/icones/fleche2.gif  ( 929419 )Il ne faut pas interprêter le mot "pastorale par AVV-VVK (2021-09-17 20:20:35) 
[en réponse à 929415]

superficiellement. On trouve dans les documents conciliaires deux Constitutions dogmatiques . Et ensuite p. ex. une note relative à l' introduction de la Constitution pastorale '"Gaudium et Spes" dit:
La Constitution pastorale « L’Église dans le monde de ce temps », si elle comprend deux parties, constitue cependant un tout. On l’appelle Constitution « pastorale » parce que, s’appuyant sur des principes doctrinaux, elle entend exprimer les rapports de l’Église et du monde, de l’Église et des hommes d’aujourd’hui. Aussi l’intention pastorale n’est pas absente de la première partie, ni l’intention doctrinale de la seconde
.
Source: Le Saint-Siège, documents fondamentaux
images/icones/radioactif.gif  ( 929433 )Ce qui est terrible avec vous par Jean-Paul PARFU (2021-09-17 21:53:21) 
[en réponse à 929419]

C'est qu'on vous poste un peu plus bas, et avant votre envoi, ce qu'il en est du caractère dogmatique du concile Vatican II et des constitutions dites dogmatiques et vous ne les lisez pas.

Notification faite par le secrétaire général du Concile
au cours de la 123e congrégation générale, le 16 novembre 1964 [195]. Note annexée à "Lumen Gentium"

"On a demandé quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans le schéma sur l’Église et soumise au vote. À cette question la commission doctrinale a donné la réponse suivante : « Comme il est évident de soi, un texte de Concile doit toujours être interprété suivant les règles générales que tous connaissent. À ce propos la commission doctrinale renvoie à sa déclaration du 6 mars 1964, dont nous transcrivons ici le texte. «Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls points concernant la foi et les mœurs qu’il aura clairement déclarés tels. «Quant aux autres points proposés par le Concile, en tant qu’ils sont l’enseignement du magistère suprême de l’Église, tous et chacun des fidèles doivent les recevoir et les entendre selon l’esprit du Concile lui-même qui ressort soit de la matière traitée, soit de la manière dont il s’exprime, selon les normes de l’interprétation théologique."

Mgr Felici, secrétaire général du Concile Vatican II
images/icones/neutre.gif  ( 929420 )Son successeur par Gaius (2021-09-17 20:21:23) 
[en réponse à 929415]

le cardinal Müller, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi a résumé ainsi la position romaine (voir ici)

Le problème ici est l’interprétation du mot « pastoral ». Tous les Conciles sont pastoraux, en ce sens qu’ils sont concernés par le travail de l’Église – mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont que « poétiques » et donc pas contraignants. Vatican II est un concile œcuménique officiel, et tout ce qui a été dit au Concile est donc contraignant pour tout le monde, mais à des niveaux différents. Nous avons des constitutions dogmatiques, et vous êtes bien sûr obligés de les accepter si vous êtes catholiques. Dei Verbum parle de la Révélation divine ; il parle du Dieu trinitaire se révélant lui-même, et de l’Incarnation, comme enseignement fondamental. Ce ne sont pas seulement des enseignements pastoraux – ce sont des éléments fondamentaux de notre foi catholique.

Certains éléments pratiques contenus dans les différents documents pourraient être modifiés, mais le corps de la doctrine du Concile est contraignant pour tout le monde



Il n'y a rien à ajouter.
images/icones/nounours.gif  ( 929418 )Ssur le caractère pastoral du Concile par Jean-Paul PARFU (2021-09-17 20:08:54) 
[en réponse à 929407]

1) « Le but principal de ce Concile n’est pas la discussion de tel ou tel thème de la doctrine fondamentale de l’Église… Pour cela, il n’y a pas besoin de Concile… Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée de sorte qu’elle réponde aux exigences de notre temps… On devra recourir à une manière de présenter les choses qui correspondent le mieux au magistère, dont le caractère prioritairement pastoral » (Jean XIII, discours d’ouverture du Concile, 11 octobre 1962).

2) "Non, l’Église n’a pas dévié, mais elle s’est tournée vers l’homme. Et celui qui considère avec attention cet intérêt prépondérant porté par le Concile aux valeurs humaines et temporelles ne peut nier d’une part que le motif de cet intérêt se trouve dans le caractère pastoral que le Concile a voulu et dont il a fait en quelque sorte son programme et, d’autre part, il devra reconnaître que cette préoccupation elle-même n’est jamais dissociée des préoccupations religieuses les plus authentiques, qu’il s’agisse de la charité qui seule suscite ces préoccupations (et là où se trouve la charité là se trouve Dieu), ou du lien – constamment affirmé et mis en valeur par le Concile – existant entre les valeurs humaines et temporelles et les valeurs proprement spirituelles, religieuses et éternelles. L’Église se penche sur l’homme et sur la terre ..." (Paul VI, discours de clôture du Concile du 8 décembre 1965).



3) Notifications
Faites par le secrétaire général du Concile
au cours de la 123e congrégation générale, le 16 novembre 1964 [195]. Note annexée à "Lumen Gentium"

On a demandé quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans le schéma sur l’Église et soumise au vote. À cette question la commission doctrinale a donné la réponse suivante : « Comme il est évident de soi, un texte de Concile doit toujours être interprété suivant les règles générales que tous connaissent. À ce propos la commission doctrinale renvoie à sa déclaration du 6 mars 1964, dont nous transcrivons ici le texte. «Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls points concernant la foi et les mœurs qu’il aura clairement déclarés tels. «Quant aux autres points proposés par le Concile, en tant qu’ils sont l’enseignement du magistère suprême de l’Église, tous et chacun des fidèles doivent les recevoir et les entendre selon l’esprit du Concile lui-même qui ressort soit de la matière traitée, soit de la manière dont il s’exprime, selon les normes de l’interprétation théologique. »

De par l’autorité supérieure est communiquée aux Pères une note explicative préliminaire au sujet des « modi » concernant le chapitre 3 du schéma sur l’Église. La doctrine exposée dans ce chapitre 3 doit être expliquée et comprise selon l’esprit et le libellé de cette note.

Note explicative préliminaire

La commission a décidé de faire précéder l’examen des « modi [196] » par les observations générales qui suivent :

1. Collège n’est pas pris au sens strictement juridique, c’est-à-dire d’un groupe d’égaux qui délégueraient leur pouvoir à leur président, mais d’un groupe stable, dont la structure et l’autorité doivent être déduites de la Révélation.

C’est pourquoi la réponse au modus 12 dit explicitement des Douze que le Seigneur les a établis à la manière d’un collège ou groupe stable [197] . Voir aussi le modus 53 c.

Pour la même raison on emploie aussi çà et là au sujet du collège épiscopal les termes d’ordre et de corps. Le parallélisme entre Pierre et les autres Apôtres d’une part, et le Souverain Pontife et les évêques d’autre part, n’implique pas la transmission du pouvoir extraordinaire des Apôtres à leurs successeurs, ni – c’est évident – l’égalité entre le chef et les membres du collège, mais seulement une proportionnalité entre le premier rapport (Pierre-Apôtres) et le second (pape-évêques). Aussi la commission a-telle décidé d’écrire au n° 22, non pas de la même manière mais d’une manière semblable (cf. modus 57) [198].

2. On devient membre du collège en vertu de la consécration épiscopale et par la communion hiérarchique avec le chef du collège et ses membres (cf. n° 22, § 2 à la fin) [199].

Dans la consécration est donnée la participation ontologique aux fonctions (munera) sacrées comme il ressort de façon indubitable de la Tradition et aussi de la tradition liturgique. De propos délibéré on emploie le terme de fonctions (munera) et non pas celui de pouvoir (potestas), parce que ce dernier pourrait s’entendre d’un pouvoir apte à s’exercer en acte. Mais pour qu’un tel pouvoir apte à s’exercer existe, doit intervenir la détermination canonique ou juridique de la part de l’autorité hiérarchique. Cette détermination du pouvoir peut consister dans la concession particulière d’une fonction ou dans l’assignation de sujets, et elle est donnée selon les normes approuvées par l’autorité suprême. Une telle norme ultérieure est requise par la nature de la chose, parce qu’il s’agit de fonctions qui doivent être exercées par plusieurs sujets qui, de par la volonté du Christ, coopèrent de façon hiérarchique. Il est évident que cette « communion » a été appliquée dans la vie de l’Église suivant les circonstances des temps avant d’avoir été comme codifiée dans le droit.

C’est pourquoi on dit expressément qu’est requise la communion hiérarchique avec le chef et les membres de l’Église. La communion est une notion tenue en grand honneur dans l’ancienne Église (comme aujourd’hui encore, notamment en Orient). On ne l’entend pas de quelque vague sentiment, mais d’une réalité organique, qui exige une forme juridique et est animée en même temps par la charité. Aussi, d’un consentement presque unanime, la commission a-t-elle décidé qu’il fallait écrire : « En communion hiérarchique » (cf. modus 40 et aussi ce qui est dit de la mission canonique au n° 24) [200].

Les documents des Souverains Pontifes récents au sujet de la juridiction des évêques doivent être interprétés d’après cette détermination nécessaire des pouvoirs.

3. Du collège, qui n’existe pas sans son chef, on dit : « qu’il est aussi sujet du pouvoir suprême et plénier dans l’Église universelle ». Il faut admettre nécessairement cela pour ne pas mettre en question la plénitude du pouvoir du Pontife romain. En effet le collège s’entend nécessairement et toujours avec son chef, qui dans le collège garde intégralement sa charge de vicaire du Christ et de pasteur de l’Église universelle. En d’autres termes, la distinction n’est pas entre le Pontife romain et les évêques pris ensemble, mais entre le Pontife romain seul et le Pontife romain ensemble avec les évêques. Parce qu’il est le chef du collège, le Souverain Pontife seul peut poser certains actes qui ne reviennent d’aucune manière aux évêques, par exemple convoquer le collège et le diriger, approuver les normes d’action, etc. (cf. modus 81). Il relève du jugement du Souverain Pontife, à qui a été confié le soin de tout le troupeau du Christ, de déterminer, selon les besoins de l’Église qui varient au cours des temps, de quelle manière il convient de rendre effectif ce soin, soit de manière personnelle, soit de manière collégiale. Pour régler, promouvoir et approuver l’exercice collégial, le Souverain Pontife procède suivant sa propre discrétion, en considération du bien de l’Église.

4. En tant que Pasteur suprême de l’Église, le Souverain Pontife peut exercer à son gré son pouvoir en tout temps, comme cela est requis par sa charge même. Quant au collège, il existe bien toujours, mais il n’agit pas pour autant en permanence par une action strictement collégiale, ainsi qu’il ressort de la Tradition de l’Église. En d’autres termes, il n’est pas toujours « en plein exercice », bien plus ce n’est que par intervalle qu’il agit dans un acte strictement collégial et si ce n’est avec le consentement de son chef. On dit « avec le consentement de son chef », pour qu’on ne pense pas à une dépendance comme à l’égard de quelqu’un d’étranger ; le terme de « consentement », évoque au contraire la communion entre le chef et les membres et implique la nécessité de l’acte qui revient en propre au chef. La chose est affirmée explicitement au n° 22, § 2 et expliquée à la fin du même numéro [201]. La formule négative si ce n’est comprend tous les cas, d’où il est évident que les normes approuvées par l’autorité suprême doivent toujours être observées (cf. modus 84).

En tout cela il apparaît donc qu’il s’agit d’une union étroite des évêques avec leur chef et jamais d’une action des évêques indépendamment du pape. Dans ce cas, quand l’action du chef fait défaut, les évêques ne peuvent pas agir en tant que collège, ainsi qu’il ressort de la notion de « collège ». Cette communion hiérarchique de tous les évêques avec le Souverain Pontife est certainement habituelle dans la Tradition.

N. B. Sans la communion hiérarchique la fonction sacramentelle ontologique, qu’il faut distinguer de l’aspect canonique-juridique, ne peut être exercée. Mais la commission a estimé qu’il n’y avait pas lieu d’entrer dans les questions de licéité et de validité ; elles sont laissées à la discussion des théologiens, spécialement pour ce qui concerne le pouvoir qui est exercé de fait chez les Orientaux séparés, et pour l’explication duquel existent des opinions diverses.

Pericles Felici
Archevêque titulaire de Samosate,
secrétaire général du IIe Concile œcuménique du Vatican
images/icones/neutre.gif  ( 929423 )Avis des autorités conciliaires par lumineux (2021-09-17 21:19:15) 
[en réponse à 929407]

Cardinal Suenens : « Vatican II a été 1789 dans l’Église » Ce cardinal s'en réjouissait, nous nous le déplorons ...

Père Congar : « l’Église a fait sa Révolution d’octobre »

Cardinal Ratzinger « Vatican II fut un anti-Syllabus » et dans cette citation le futur pape Benoit XVI admet clairement l'opposition entre certains textes du concile et le magistère antérieur ....
Benoît XVI, Les principes de la théologie catholique, pp. 426, 427 : « Si l’on cherche un diagnostic global du texte [du document Vatican II Gaudium et Spes], on pourrait dire qu’il est (en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions du monde) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus ... "
images/icones/neutre.gif  ( 929439 )Certes mais par Roger (2021-09-17 23:22:53) 
[en réponse à 929423]

Le syllabus était il infaillible et irréformable ???
images/icones/1y.gif  ( 929441 )Quand on raisonne sainement par Jean-Paul PARFU (2021-09-17 23:35:00) 
[en réponse à 929439]

On sait que c'est le Syllabus qui dit vrai et qui représente l'enseignement de l'Eglise.

Par ailleurs, quand il y a contradiction entre deux textes, les deux ne peuvent être vrais. C'est soit l'un, soit l'autre. Or nous devons croire ce qui a d'abord et surtout toujours et partout été enseigné.

Enfin, il est lassant de toujours devoir répéter la même chose et cela au moment même où les idées fausses montrent toute leur nocivité !
images/icones/neutre.gif  ( 929455 )C'est vrai quelque fois on se lasse de répéter les m^mes chose mais par lumineux (2021-09-18 09:01:35) 
[en réponse à 929441]

Bravo Mr Parfu pour vos commentaires toujours bien argumentés.
On apprécie toute la documentation complète que vous nous fournissez. Les références sont précises, les sources mentionnées et les arguments pertinents.

mais il faut comprendre que la crise est terrible et que beaucoup de catholiques qui avaient l'habitude de ne pas se poser de questions lorsqu'un pape avait parlé, adoptant sans nuance la phrase de St Augustin "Rome a parlé, la cause est entendue" sont un peu perdus.

En cette période de confusion « Je frapperai le pasteur et les brebis du troupeau seront dispersées » (Mt 26, 31)
il nous faut être patient comme nous le demande St Paul


2ème épitre de Saint Paul apôtre à Timothée
Chapitre 4


Je t'adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, et par son apparition et par son règne:
prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, censure, exhorte, avec une entière patience et (souci d')instruction.
Car un temps viendra où (les hommes) ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donneront une foule de maîtres, l'oreille leur démangeant,
et ils détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.
Pour toi, sois sobre en toutes choses, endure la souffrance, fais oeuvre de prédicateur de l'Evangile, remplis pleinement ton ministère.
Quant à moi, je suis déjà offert en sacrifice, et le moment de mon départ approche.

Encore merci et continuez sans vous lasser car vos contributions nous sont nécessaires.
images/icones/fleche2.gif  ( 929461 )Peut-être que certains ... par Ion (2021-09-18 09:16:34) 
[en réponse à 929441]

... pensent sincèrement que c'est le Syllabus qui était plus proche de la vérité, mais l'immense majorité (le sensus fidei) sait bien que non.

Et quand deux textes semblent se contredire, c'est forcément le mieux informé qui est plus juste, car il est établi en toute connaissance de cause de l'enseignement précédent, et bénéficie en plus d'une réflexion théologique forcément plus approfondie, plus complète, plus universelle. Les Pères conciliaires connaissaient parfaitement le Syllabus, alors que Pie IX ne connaissait ps l'enseignement de ... Vatican II.

Enfin, le Syllabus était un texte conjoncturel et n'avait certainement pas la portée universelle de l'enseignement du dernier Concile. Il n'est pas juste ni opportun de les opposer.

Ion
images/icones/c_nul.gif  ( 929465 )Tout, sauf convaincant ... par vistemboir2 (2021-09-18 09:48:06) 
[en réponse à 929461]

Nihi novi sub sole ! Vous tenez un raisonnement que l'on a déjà entendu maintes fois il y a 50 ans dans les homélies de curés progressistes, surtout tendance Témoignage Chrétien (mais pas que), pour qui Vatican II était une "nouvelle Pentecôte" (sic!) et qui estimaient légitime "l'option socialiste"...

Merci, mais on a déjà donné, si je puis dire ...
images/icones/idee.gif  ( 929470 )C'est donc ça ! Jésus ne connaissait pas Amoris Laetitia par Gaspard (2021-09-18 10:48:48) 
[en réponse à 929461]

ce qui explique donc sa rigidité.

Il me semble que vous mettez systématiquement vos capacités intellectuelles au service d'une justification perinde ac cadaver de n'importe quelle idée dès lors qu'elle a été émise par l'autorité la plus récente.

Libérez-vous ! Avec la fin de la phrase d'Íñigo : in omnibus ubi peccatum non cerneretur : en tout où une erreur n’est pas discernable.
images/icones/find.gif  ( 929474 )Pour Ion par Jean-Paul PARFU (2021-09-18 11:19:11) 
[en réponse à 929470]

Une voiture de 2021 est plus moderne et donc plus performante qu'une voiture de 1960. Donc un texte de 1965, sur un sujet comme la liberté religieuse, est plus moderne et donc forcément mieux pensé qu'un texte de 1864 sur le même sujet. C'est aussi simple et bête que cela !

Bien entendu, le raisonnement est faux, car nous sommes dans le domaine de la foi et des moeurs et de ce qui va avec et non dans celui du progrès technique. Si l'on suivait son raisonnement, on pourrait dire, d'ailleurs comme le font les Musulmans, que l'islam c'est mieux que le christianisme, car plus récent. Les chrétiens ne connaissaient pas l'islam lorsqu'ils naquirent, tandis que les Musulmans avaient au moins entendu parler du christianisme lorsqu'apparut Mohammed.

De même, Ion devrait relire St Paul, pour qui la dernière version prêchée et entendue par les fidèles n'est pas forcément la meilleure :

"Non pas qu'il y ait un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l'Evangile de Christ. Mais, quand nous-mêmes, quand un ange du ciel annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons prêché, qu'il soit anathème! Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure: si quelqu'un vous annonce un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!… (St Paul, épître aux Galates 1-8).
images/icones/neutre.gif  ( 929472 )Il n'y a pas plus conjoncturel par Donapaleu (2021-09-18 11:09:10) 
[en réponse à 929461]

qu'un enseignement qui se définit comme pastoral, même universel !
images/icones/neutre.gif  ( 929476 )orgueil et aveuglement devant un champ de ruines par lumineux (2021-09-18 11:29:48) 
[en réponse à 929461]

Face au désastre engendré par le concile Vatican 2 (Eglises vides, perte de la foi, chute des vocations...) il fallait une attitude pleine d'humilité reconnaissant l'échec cuisant d'avoir voulu pactiser avec le monde en étouffant dans l'enseignement constant de l'Eglise tout ce qui pouvait heurter la conscience moderne.

Quand les effets son délétères, il faut remonter à la cause .... Et qu'on le veuille ou non la date de la dégringolade de l'Eglise correspond exactement à la date du fin du concile. Coïncidence ?
images/icones/livre.gif  ( 929479 )Le Catéchisme de l'Eglise Catholique par Jean-Paul PARFU (2021-09-18 11:58:17) 
[en réponse à 929476]

Il est tellement vrai que "Dignitatis humanae" pose un problème que le Catéchisme de l'Eglise catholique (1992-1998) a quelque peu limité ou/et rectifié ou précisé la portée du texte, en le rapprochant de la définition traditionnelle, citant même "Quanta cura", en écrivant notamment :

2108 Le droit à la liberté religieuse n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur (cf. Léon XIII, enc. " Libertas præstantissimum "), ni un droit supposé à l’erreur (cf. Pie XII, discours 6 décembre 1953), mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil (cf. DH 2).

2109 Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité (cf. Pie VI, bref " Quod aliquantum "), ni limité seulement par un " ordre public " conçu de manière positiviste ou naturaliste (cf. Pie IX, enc. " Quanta cura "). Les " justes limites " qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des " règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif " (DH 7).
images/icones/nounours.gif  ( 929481 )En un mot par Jean-Paul PARFU (2021-09-18 12:12:05) 
[en réponse à 929479]

L'explication de la liberté religieuse par le Catéchisme de l'Eglise catholique tient compte de l'enseignement passé, est beaucoup plus restrictive, en revient quasiment à la position originelle de l'Eglise, mais, par un tour de passe-passe, nous explique que :

- l'immunité de contrainte extérieure équivaut à la proclamation et à l'institution d'un droit civil à la liberté religieuse qui serait un droit naturel. C'est là, bien entendu, que le bât blesse, que ça cloche et que nous ne sommes plus d'accord. Pour le reste, les conditions d'application expliquées dans le Catéchisme sont telles que l'on revient quasiment à la position traditionnelle de l'Eglise sur la tolérance en matière religieuse.

En un mot, le Catéchisme tente, en s'accrochant un peu aux branches, de faire coller la nouvelle avec l'ancienne définition !
images/icones/pelerouin1.gif  ( 929484 )Last but not least par Jean-Paul PARFU (2021-09-18 12:50:40) 
[en réponse à 929481]

L'Eglise catholique n'a pas à faire de déclaration comme celle sur la liberté religieuse ("Dignitatis Humanae", 1965) ! Et d'ailleurs, si elle a attendu 1965 pour le faire, plus de 1900 ans après sa création, c'est que cela n'allait pas de soi. Ou alors, cela signifierait que l'Eglise n'a pas eu la bonne position, sur ce sujet, pendant plus de 1900 ans ? Cela n'est pas crédible !

Pourquoi l'Eglise ne doit-elle pas faire ce type de déclaration ?

Elle n'a pas à faire de telle déclaration, qui proclame la liberté religieuse, de manière générale s'entend, donc pour toutes les religions, voire pour toutes les croyances, parce qu'elle n'est pas le syndicat des religions dans le monde ou la présidente dans le monde de l'organisation des religions. Elle n'est pas à la tête de l'ONU des religions ! Personne ne lui a donné ce mandat : ni les religions ni surtout Son fondateur !

Son fondateur lui a donné pour mission d'enseigner et de baptiser les nations au nom du Père, du Fils et du St Esprit ! Point barre ! Et pour ce faire, elle doit s'occuper de défendre sa liberté à elle et de chasser les fausses croyances et religions ! Ce que font, pensent les autres religions ou ce qu'elles vivent, n'est pas son problème ! Il n' y a pas de solidarité des religions et de syndicat des religions présidé par l'Eglise ! Elle n'est pas la protectrice du "sentiment religieux" ! Défendre la vertu naturelle de religion est une chose, défendre la liberté religieuse pour toutes les croyances ou religions dans l'espace public en est une autre !

Le fait d'ailleurs qu'elle soit seule à faire ce type de déclaration, toujours à sens unique, devrait nous alerter.

Enfin il faut se rappeler que la liberté de conscience et la liberté religieuse ont été inventées par les Maçons pour faire perdre au christianisme et à l'Eglise catholique son monopole sur les esprits et la culture en Occident.

Et de fait, la liberté religieuse, c'est la construction de mosquées dans nos pays et la persécutions des chrétiens ailleurs !
images/icones/op2.gif  ( 929592 )Pour info par Gereo (2021-09-19 18:26:03) 
[en réponse à 929479]

Ces articles du CEC sur la liberté religieuse reposent en grande partie sur le travail des dominicains de Chéméré (FSVF) si j'en crois cette source bien informée :

https://youtu.be/OXmPQSreAmg?t=505 (à 8:25)
images/icones/1h.gif  ( 929602 )Vous utilisez les armes de l'ordre des frères prêcheurs, pas par JVJ (2021-09-19 19:27:19) 
[en réponse à 929592]

de la FSVF.

Je sais qu'il est de bon ton chez certains catholiques d'user d'armoiries factices et usurpées...
images/icones/1a.gif  ( 929610 )Ben oui par Gereo (2021-09-19 20:15:01) 
[en réponse à 929602]

puisque la vidéo dont je donne le lien est prise sur la chaîne des dominicains de Toulouse qui arbore ces mêmes armes...
images/icones/fleche2.gif  ( 929626 )Vous avez raison par JVJ (2021-09-19 21:35:19) 
[en réponse à 929592]

Mea culpa.

Mais la FSVF n'est en rien dominicaine, avec le respect que je lui dois.
images/icones/fleche2.gif  ( 929468 )L 'Eglise et la modernité par AVV-VVK (2021-09-18 10:39:51) 
[en réponse à 929441]

Un article érudit ici
images/icones/neutre.gif  ( 929457 )Merci l'Abbé par FGVJ (2021-09-18 09:02:06) 
[en réponse à 929367]

de cet excellent et juste développement.
images/icones/5b.gif  ( 929471 ) « L’Abbé » : ?... par Père M. Mallet (2021-09-18 10:55:43) 
[en réponse à 929457]

Mon ressenti personnel, c'est qu'appeler un prêtre « L’Abbé », ça évoque plutôt les Trois Mousquetaires, et même dans ce contexte, c'est quand même un peu cavalier.

Qu'en pensent mes confrères ?...


Mr. l'Abbé Michel Mallet
images/icones/abbe1.gif  ( 929477 )L’Abbé par Nemo (2021-09-18 11:44:44) 
[en réponse à 929471]

Je ne suis pas votre confrère mais j’estime qu’appeler l’abbé l’abbé Barthe suppose une grande familiarité avec lui. J’ai la chance d’avoir cette grande familiarité avec certains prêtres voire évêques, généralement parce que je les ai connus comme amis avant leur ordination et préfère de beaucoup les appeler par leur prénom et les tutoyer, ce qui est tout de même plus respectueux.
Je sais que dans certains instituts, tels la communauté Saint-Martin, on nous suggérait de cesser ce tutoiement à l’ordination. Pour ma part, je me suis rarement plié à cette préconisation.
images/icones/neutre.gif  ( 929499 )Orwell dans le texte par Eti Lène (2021-09-18 14:30:43) 
[en réponse à 929367]

Ou l'inversion permanente :

Jamais on n’a autant parlé de mission. Jamais on n’a aussi peu converti.

Le communisme qui ne marchait pas, c'est qu'on n'en avait pas fait assez dans l'idéologie. Ce système conciliaire va à sa ruine. Merci Monsieur l'abbé.