Le Forum Catholique
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( 929325 )
Ca veut dire quoi aimer? par Métronome (2021-09-16 20:23:33)
Petite question ingénue.
Mais je me pose la question.
Comment définir ce verbe, ce mot tellement dévoyé de nos jours?
Vos réflexions me seraient d'un grand secours.
Merci d'avance.

( 929327 )
Deux aspects, nécessaires, sinon il n'y a pas "aimer" par Glycéra (2021-09-16 20:41:44)
[en réponse à 929325]
Désirer être en présence, être avec, être relié, vu, reconnu, touché.
ET
Vouloir faire du bien à celui qu'on regarde, selon son mode à lui.
Enlever un seul des deux, et l'amour s'effondre :
ou bien parce que ce serait jouissance égoïste et rien d'autre,
ou bien parce parce que ce serait acte d'auto-admiration, et rien d'autre.
Pour aimer, il faut être deux à agir en échange.
Comme Le Père et Le Fils en Dieu.
L'Amour est leur fruit, leur enfant, le tiers naissant de la Spiration.

( 929330 )
Sujet très intéressant par XA (2021-09-16 21:55:51)
[en réponse à 929325]
Ne vous étonnez pas de ne pas avoir encore de réponse (hormis Glycera). On ne peut traiter ce thème en deux mots. Ce ne serait pas réponse sérieuse ni utile.
XA

( 929331 )
j'ai le temps par Métronome (2021-09-16 22:20:08)
[en réponse à 929330]
Je comprends que ce sujet demande de la réflexion. C'est pourquoi je l'ai posté. Pour sortir des sujets actuels plus passionnels...
Et même s'il n'y avait aucune réponse je comprendrais. N'ayant pas vraiment de réponse claire et précise malgré mes intuitions.
Peut-être que nos dévoués prêtres du FC auraient une définition éclairante?

( 929332 )
Ce n'est pas un sentiment, c'est un acte de la volonté par Candidus (2021-09-16 22:22:13)
[en réponse à 929325]
C'est vouloir le bien de quelqu'un, et c'est pour cela que nous pouvons aimer notre pire ennemi. Si l'amour était un sentiment, cela serait impossible, et Dieu ne nous l'aurait pas ordonné ; un sentiment, par définition, ça ne se contrôle pas.
Et c'est pour cela que l'on a pu dire : "l'amour n'existe pas, il n'y a que des preuves d'amour" : des actes posés par la volonté.
Si le mariage est en crise aujourd'hui, c'est parce que l'homme moderne (et surtout la femme qui est de loin en Occident la principale initiatrice du divorce) confond l'amour avec le sentiment amoureux. Plus de sentiment, plus d'amour, et on se sépare pour essayer de retrouver ailleurs le sentiment.
Evidemment cela ne signifie pas que le sentiment soit superflu lorsqu'on envisage d'épouser quelqu'un, mais ce n'est pas l'essentiel de l'amour.

( 929334 )
"la femme est de loin en Occident la responsable..." par JVJ (2021-09-16 22:48:51)
[en réponse à 929332]
Eh bien c'est bien parti pour ne pas aller vers les simplifications...
Vous pourriez ajouter aussi le fait qu'elles font aussi des études et ont une activité salariée.
Elever dix enfants comme autrefois au Québec et en Irlande, avant de préparer les chaussons de Monsieur le soir, c'était tout de même plus enviable. Les grossesses doivent être les plus rapprochées possibles, car Dieu etc. Et ce système permettra de donner à l'Eglise comme encore dans les années 50 deux religieuses et un prêtre.
Ma grand-mère n'avait pas de machine à laver, cassait la glace au lavoir pour laver les affaires de ses bien trop nombreux enfants et n'a jamais eu de voiture. Et elle sera enterrée par des laïcs, car elle n'est pas député ou ministre.
La dimanche, le mari paysan jouait aux cartes pendant que la femme, seule, s'occupait de sa propre mère paralysée, des sept enfants, du repas, du linge et du jardin. Il se trouvait parfois un curé qui fréquentait trop les châteaux et les salons bourgeois pour dire à ces femmes épuisées, qu'elles devaient honorer le Jour du Seigneur. D'autres prêtres comprenaient qu'il valait mieux se la fermer et de ne pas accabler ces pauvres femmes qui marchent de nos jours le dos très courbé et qui n'ont jamais eu le temps d'ouvrir des livres le soir. Elles étaient trop fatiguées. Et quand on a des vaches, il faut traire chaque jour, matin et soir (je dis cela pour ceux qui connaissent la campagne par leur résidence secondaire et par "Martine à la ferme").
L'amour est un doux concept après 60 ans de mariage. L'interdit du divorce par la pression sociale et par l'interdit appris au catéchisme.
Les mâles, évidemment, sont toujours patients et d'une droiture parfaite, ils ont toujours le souhait de soulager leur épouse dans les taches matérielles même si le concile de Trente a dit que la femme devait tout faire... et qu'elle devait accoucher dans la douleur sans en tirer de plaisir.
Il n'y a qu'un Jésuite pour dire que l'amour est un acte de volonté.
Les mariages d'amour sont une invention récente. Comme le mariage avant le XIIe s. est une chose assez étrange, au sens où on l'entend comme le sacrement que l'on connaît aujourd'hui.
Je me suis longtemps interrogé sur les veufs qui se remariaient, et je continue.
J'ai connu un couple de deux veufs, remariés, parfaitement admirable et très chrétien.
Je ne juge pas, je m'interroge. Quand on aime quelqu'un aux sens CHARNEL et CORDIAL, on l'aime encore par-delà la mort. Je voyais/vois quelque bigamie dans le remariage d'un veuf ou d'une veuve.
Et à la résurrection des corps glorieux, je préfère ne pas m'interroger sur les carambolages.
Je m'interroge tout haut et je ne demande pas qu'on soit admiratif de ma prose, loin de là.
Comme Balzac, Barbey d'Aurevilly, Green et Greene sont sur ma table de chevet, je suis prêt à comprendre toutes les formes amoureuses (ou presque) qui puissent exister entre deux personnes, pas seulement de sexe opposé...
Les romans de prêtres déchus tombant amoureux ou devenus père ne sont pas les moins beaux, quand l'auteur est à la hauteur.
Je sais qu'ici certains demandent, avant de daigner aimer, le carnet de famille avec vaccins et appréciation de Monsieur le curé, certificats de baptême dans la bonne chapelle...
D'autres jureront qu'ils n'aiment pas avec passion, car la passion est diabolique et éphémère.
Je plains, sincèrement, les laïcs endurcis qui n'ont jamais aimé et qui n'ont jamais été aimés. Par pitié, qu'on ne sorte pas que Marie au Ciel m'aime comme son enfant etc. Je connais, merci, mais j'aime plus le clavecin que le pipeau.

( 929341 )
Il suffit de regarder autour de soi par Candidus (2021-09-16 23:09:36)
[en réponse à 929334]
C'est un fait qu'en Occident, dans la majorité des cas, l'initiative du divorce est prise par la femme. Regardez autour de vous.
J'ai bien précisé "en Occident", parce que dans d'autres contrées du monde, il en va autrement. En terre d'Islam, évidemment, pour des raisons juridiques et culturelles, mais aussi dans l'aire géographique slave.
Les femmes russes, par exemple, sont bien moins exigeantes que les Occidentales. Pour elles, si leur mari travaille, ne les bat pas trop et ne les trompe pas trop, la plupart du temps, elles s'en contentent (j'exagère à peine) ; d'autant plus qu'il y a beaucoup plus de femmes que d'hommes en Russie en raison des ravages de l'alcoolisme, par conséquent les femmes savent que si elles perdent leur mari, en trouver un autre sera bien difficile, surtout si elles ont des enfants sur les bras et qu'elles ne sont plus de première fraîcheure (les femmes russes à la beauté proverbiale déclinent très vite après la quarantaine pour des raisons diététiques je pense, si vous connaissez le plat russe appelé salo, vous comprendrez).

( 929361 )
Phallocratie bas du front... par JVJ (2021-09-17 08:42:14)
[en réponse à 929341]
Il est très commode de genrer les raisons d'un divorce.
"Regardez autour de vous" : ah, ah, ah.
Je peux vous citer à la pelle, sans aucune valeur statistique, des mâles qui ont trompé leur femme dès le début et tout au long du mariage, qui ont bu et qui les tapaient le dimanche soir, qui n'ont jamais aidé les enfants aux devoirs, qui n'avaient que mépris pour le corps vieillissant de leur femme, qui ont exigé de coucher bien avant le mariage... Des femmes qui ont subi toute leur vie de sales bonhommes, tyranniques, bêtes, fainéants, indignes.
Tout mari peut se reprocher en conscience de faillir à certaines promesses et les tempéraments changent au cours d'une vie.
En Islam, la femme est mineure, c'est sans doute le rêve caché de certains mâles en peine de domination, sans parler de la polygamie qui peut avoir certains attraits. En ce moment, les pays occidentaux accueillent sans piper de vieux afghans avec leurs femmes de 12 ans. Où sont les féministes et le pape bon sang !!!!
J'espère que vous êtes marié pour énoncer d'aussi grandes platitudes bourrées de testostérone. Les célibataires seraient bien inspirés de ne pas donner de leçons de vie aux couples, même chrétiens, de 2021. Il s'en trouve pour grommeler contre les enfants, à la messe et ailleurs, contre la démographie allogène en France... Mais ils sont comme Merkel, Macron, May, Juncker et tant de politiques sans enfant. Ils s'attaquent au mariage et à l'adoption, mais ils préfèrent avoir un chien et favoriser les naissances de l'Autre.

( 929378 )
JVJ ! par Luc de Montalte (2021-09-17 10:25:07)
[en réponse à 929361]
Il s'en trouve pour grommeler contre les enfants
C'est un autoportrait ?
Plus sérieusement, 75% ce n'est pas anodin, vous ne pouvez balayer ça du revers de la main, fût-ce en faisant semblant de ne pas lire mes messages.

( 929342 )
Je n'ai jamais écrit que les femmes étaients "responsables" des divorces par Candidus (2021-09-16 23:15:40)
[en réponse à 929334]
Seulement que dans la plupart des cas, en Occident, elles en prenaient l'"initiative", ce n'est pas du tout la même chose. Relisez mon message.

( 929363 )
L'initiative pour se libérer à cause par JVJ (2021-09-17 08:49:03)
[en réponse à 929342]
du mâle ou parce que leur vie n'a plus d'attrait.
L'homme qui n'aime plus sa femme et qui va voir ailleurs, ou qui la considère comme une domestique, peut continuer de vivre marié. Il s'en moque !
Vous devez avoir 20 ans pour écrire des choses aussi définitives...
J'ai croisé en salle d'archives un baron qui sentait très mauvais et qui draguait toutes les étudiants en leur proposant des ballades. J'ai failli lui mettre mon poing sur la tête, ce qui lui a permis de quitter les lieux pour plusieurs mois. Il fréquentait une chapelle FSSPX et avait une floppée d'enfants. Le prêtre a conseillé à la femme de se séparer de corps tant le bonhomme était frappé et dangereux, moralement.
Mais c'est certainement la faute de la pauvre maman qui n'avait plus l'heur d'attirer comme une russe de vingt ans...
Les gras occidentaux qui choisissent des russes ou des africaines sur catalogue, il est certain que la faute morale en revient... à la femme. Si la mariée divorce après quelques années, on peut considérer qu'elle a rempli ce qui n'était qu'un contrat...
Les derniers curés qui confessent encore, savent que l'Humanité n'est pas partagée entre les purs (les mâles) et les tentatrices perverses. Tout cela est joyeusement partagé.
Les séparations de corps sont une version hypocrite du refus catholique du divorce. On pourrait citer les prétendants des deux branches royales de France... et leurs royaux prédécesseurs, même le cher Charles X. Le couple monégasque fait un beau couple catholique, comme Juan Carlos ou l'ancien roi des Belges... Le poisson pourrit par la tête et de partout. Je ne me donne pas en exemple non plus.

( 929368 )
Grotesque par Regnum Galliae (2021-09-17 09:16:08)
[en réponse à 929363]
vous faîtes semblant de ne pas comprendre ce qu'écrit Candidus ?

( 929370 )
Vous renversez la faute à la femme qui n'en peut plus par JVJ (2021-09-17 09:27:50)
[en réponse à 929368]
dans bien des couples.
Dans les années 80, la pression sociale faisait que personne ne divorçait et la femme devait souffrir en silence, sans que l'homme ne change.
Ne transformez pas toutes les femmes en personne changeante et variante, capricieuse.
Le mâle craint aussi de devoir se servir d'un fer à repasser et de n'avoir personne pour ses repas du soir, parfois.
Une femme qui ne travaille pas et qui demande le divorce, sait ce qu'elle fait. Elle ne veut pas continuer toute sa vie à n'être pas heureuse.
Combien de mâles abandonnent l'éducation des enfants !
Nos frères musulmans sont caricaturaux en retournant au bled en interdisant à la femme de divorcer, mais c'est elle qui doit se farcir la smala. Les pères ont disparu dans bien des "familles". Ils ont déserté pour leur confort.
Si les femmes portent plainte majoritairement pour des viols, ce n'est en aucun cas leur faute.
Mais on trouvera ici des gens qui diront qu'une femme ou une fille le cherche bien par sa tenue et ses sorties nocturnes. La burqa pour tous.

( 929371 )
[réponse] par Regnum Galliae (2021-09-17 09:32:26)
[en réponse à 929370]
C'est le plus souvent la femme qui a le courage de prendre l'initiative de la séparation. L'homme, lâche et casanier, s'accommode mieux d'une situation foireuse.
Il n'y a aucune allusion à une responsabilité de la femme.

( 929343 )
Simple statistique par Luc de Montalte (2021-09-16 23:17:35)
[en réponse à 929334]
D'après le sociologue F. de Singly, 75% des divorces sont demandés par les femmes.
In
Séparée, Vivre l'expérience de la rupture, 2011
Cité
ici.
Me suis arrêté là à la lecture de votre message du coup.

( 929389 )
exact et pas qu'en France par Luc Perrin (2021-09-17 13:35:07)
[en réponse à 929343]
en Amérique du Nord le phénomène est très marqué suivant les catégories sociales, il se double aussi de gros problèmes d'argent, sordides souvent conduisant à emprisonner des pères et à priver, le plus souvent, les enfants de leurs pères.
C'est tellement répandu qu'il est désormais très fortement conseillé pour un homme ayant "une situation" - désolé de ne pas suivre nos amis "schiappistes" ou admirateurs de Muriel Robin je ne sais - de signer une "pre-nup" contrat de mariage pré-nuptial pour se protéger juridiquement des requins de sexe féminin qui nagent dans les eaux américaines.
C'est ce qui arrive dans une société devenue "féministe" - au sens de l'idéologie féministe - avec des conséquences épouvantables socialement. Eric Zemmour avait écrit des livres à ce sujet il y a déjà de nombreuses années.
Dans la "communauté" noire américaine en particulier, les mères célibataires ayant 2 à 3 enfants tous de pères différents ne sont pas rares. A juger par les conséquences sur cette "communauté" aux USA, la dislocation de la famille et la polyandrie sont carrément désastreuses en termes d'incarcération, de revenu moyen, de niveau scolaire, de qualité du logement. Ces deux facteurs ont fortement contribué à plomber les progrès économiques et sociaux de ladite communauté depuis 50 ans.
La dislocation du mariage traditionnel tient à de très nombreux facteurs mais le féminisme est un de ces facteurs. Endosser les abus d'aujourd'hui, manifestes en Occident, au nom des abus inverses d'autrefois ne me paraît pas sage ni correspondre, en rien, à la vision chrétienne du mariage.
La question initiale quant à l'amour est bien entendu infiniment plus vaste que ce point du mariage et de l'amour conjugal dans sa durabilité, facilitée ou à l'inverse découragée par le type de société, la législation et la jurisprudence.

( 929444 )
Simple expérience par Paterculus (2021-09-18 00:38:15)
[en réponse à 929343]
Un de mes paroissiens, il y a une vingtaine d'années, me disait aussi sa tristesse de ce que sa femme demandait le divorce. Dans l'antichambre du juriste, il y avait quatre couples, les femmes tout sourires, les hommes complètement abattus.
Le fait que beaucoup de juges et d'avocats sont des féministes au sens courant du terme n'arrange rien.
Votre dévoué Paterculus

( 929357 )
D'ailleurs l'amour n'est pas nécessaire à la validité du mariage par Regnum Galliae (2021-09-17 07:48:52)
[en réponse à 929332]
mais les actes, ou plutôt l'intention de les assurer (fidélité, assistance mutuelle, fécondité, indissolubilité) le sont.

( 929360 )
Oddio! par XA (2021-09-17 08:33:44)
[en réponse à 929357]
Ça envoie du rêve…
XA

( 929364 )
Ou encore... par Athanasios D. (2021-09-17 08:57:30)
[en réponse à 929360]
... le martyre sec ?
Ath
- J'ai bon ?

( 929365 )
Désolé de vous avoir réveillé au milieu d'un si beau rêve par Regnum Galliae (2021-09-17 09:03:28)
[en réponse à 929360]
Ce que j'écris est pourtant vrai. Un mariage arrangé, sans sentiment amoureux, est canoniquement valide (restant sauves les autres dispositions bien sûr). Heureusement, sinon la plupart des mariages contractés avant les années 70 seraient invalides ! On ne se mariait pas par amour à l'époque.

( 929381 )
Formidable ! par Adso (2021-09-17 11:21:16)
[en réponse à 929365]
"On ne se mariait pas par amour à l'époque."
J'ai un paquet de cas contraires, tant dans ma famille et belle famille, que dans les familles d'amis ...
Ne faites par une généralité de quelques expériences malheureuses

( 929384 )
et pourtant par Regnum Galliae (2021-09-17 11:47:43)
[en réponse à 929381]
Chez moi aussi c'était comme vous décrivez, j'ai un peu exagéré en parlant des années 70 mais le mariage d'amour a surtout progressé au XXè siècle. Avant, vous avez des siècles de mariages qui sont plus de raison que d'amour. L'un n'empêchant pas l'autre mais ce n'était pas la majorité des cas.

( 929555 )
Ca pouvait être vrai par Rothomagus (2021-09-18 23:31:21)
[en réponse à 929365]
dans les familles à l'esprit rentier, où il y a du patrimoine à défendre de la dissolution, soit du fait d'une progéniture nombreuse réduisant la part de gâteau de chacun, soit par les droits de succession qui viennent le ronger.
Cela ne donne pas toujours des vies très heureuses.
Mieux vaut parfois ne pas avoir grand chose. Et après tout, cela n'a pas d'importance, puisque des pauvres ont Dieu, alors que des riches le rejette. Ces riches là sont pourtant plus pauvres que le dernier clochard venu.
Quand à l'amour, s'il n'est préexistant, il peut s'épanouir avec le temps. Ne dit-on pas que l'appétit vient en mangeant ?
Il est difficile de bien aimer une personne que l'on ne connait pas encore très bien.

( 929435 )
C'est pourtant bien possible... par Mboo (2021-09-17 22:01:14)
[en réponse à 929332]
Vouloir le bien de son prochain c'est la bienveillance et non l'amour. Selon St Thomas, l'amour ajoute à la bienveillance de l'affection.
On peut très bien exciter des sentiments d'affection pour son ennemi même si naturellement on ne l'a pas. il suffit de ne plus le voir comme un ennemi, mais comme un enfant du Père ou comme un membre du Christ qui a son âme malade.

( 929440 )
Volonté par Candidus (2021-09-17 23:29:33)
[en réponse à 929435]
"Exciter des sentiments d'affection... ne plus le voir comme un ennemi...", ce que vous décrivez me paraît bien du ressort de la volonté.
Qui dit sentiment, dit état affectif lié à des émotions qui, par définition, ne se contrôlent pas, seule leur manifestation extérieure peut l'être.
Dans le cas d'un ennemi, ces émotions positives sont non seulement absentes, mais ce sont des émotions négatives qui nous animent... jusqu'à ce que la volonté secourue par la grâce nous permette d'agir à l'encontre de ces émotions. Puis, avec le temps, en exerçant notre volonté à agir extérieurement comme si une émotion affective existait, cela peut et doit aboutir à l'apparition du sentiment.
C'est en posant des actes de bienveillance que l'amour-sentiment peut naître. L'appétit vient en mangeant, l'amour vient en aimant.

( 929456 )
La volonté peut très bien provoquer des sentiments par Mboo (2021-09-18 09:01:53)
[en réponse à 929440]
Les sentiments en général sont directement provoqués par notre sensibilité sans que la volonté n'intervienne, mais la volonté elle même peut très bien exciter et faire naître certains sentiment comme des affections d'amour, la haine, la tristesse.
On considérant par notre intelligence certains bien ou certains maux accessibles essentiellement par la raison ou par la Foi, cela parfois excite des passions sensibles.
Ainsi la tristesse à cause de certains péché commis ou la haine de certains de nos péchés, les affections d'amour pour Dieu, sont provoquées par la volonté.

( 929335 )
[réponse] par Meneau (2021-09-16 22:49:45)
[en réponse à 929325]
Aimer, c’est vouloir le bien de l’autre de façon désintéressée
Jean Guitton

( 929338 )
Simple et efficace ! par Cath...o (2021-09-16 23:00:48)
[en réponse à 929335]
Du coup je visualise mieux ce qui m'a dérangée dans la définition de Glycéra
Pour aimer, il faut être deux à agir en échange.
Faut-il vraiment une réciprocité à l'amour ? Peut-être n'ai-je pas compris ce qu'elle voulait dire ...

( 929432 )
il ne faut pas nécessairement de la réciprocité en Amour par Mboo (2021-09-17 21:52:48)
[en réponse à 929338]
Sinon le commandement de l'amour ne serait pas un commandement adressé à chaque personne individuellement, ou encore le commandement d'aimer son ennemi serait absurde puisque l'ennemi par définition ne t'aime pas.
Lorsqu'il y a réciprocité en amour on parle plutôt d'amitié

( 929344 )
J'avais lu quelque part par Vox clamantis (2021-09-16 23:22:43)
[en réponse à 929335]
Qu'aimer c'était vouloir que l'autre ne meure jamais, ce qui n'est pleinement réalisable que dans la foi chrétienne dans la résurrection et la vision béatifique.

( 929425 )
c'est de la bienveillance et non l'amour par Mboo (2021-09-17 21:28:06)
[en réponse à 929335]
Ce que vous venez de définir. L'amour implique la bienveillance. Mais on peut être bienveillant sans amour

( 929336 )
[réponse] par jejomau (2021-09-16 22:56:37)
[en réponse à 929325]
« Ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, puisqu’elle a montré beaucoup d’amour » (Lc 7, 36-50)

( 929339 )
Ben, dites donc par XA (2021-09-16 23:00:53)
[en réponse à 929336]
Vous êtes certain d’avoir lu la question ?

( 929340 )
Aimer par Jean-Paul PARFU (2021-09-16 23:06:17)
[en réponse à 929325]
est une vertu théologale surnaturelle. C'est aimer Dieu, les choses et les êtres, comme Dieu les connaît et les aime et pour l'amour de Dieu qui est amour. Car il n'y a que l'amour qui est, qui crée, c'est-à-dire qui est diffusif de soi, et qui sauve.
"L'amour dont parle le christianisme se nomme parfois charité (du latin "caritas"), terme qui le distingue de l'amour érotique ou de l'amitié, et qui comporte, dans son sens religieux initial, une dimension transcendante. Il ne dépend pas du sentiment, mais de la volonté en lien avec l'intelligence." (Wikipédia)

( 929346 )
Aimer... par Athanasios D. (2021-09-17 00:00:29)
[en réponse à 929325]
... c'est tout donner et se donner soi-même. Sans rien attendre en retour et jusqu'à sa propre vie, même pour ses ennemis. Parce que Dieu, à qui nous ne pouvons rien donner qu'Il ne possède déjà, a voulu ainsi considérer comme fait à Lui-même tout le bien (et malheureusement aussi le mal) que nous faisons aux autres.
Ath

( 929429 )
si même je livre mon corps aux flammes, ... par Mboo (2021-09-17 21:42:24)
[en réponse à 929346]
mais que je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien. (1 Cor 13.4)
On peut très bien tout donner et se donner soit même sans rien attendre en retour sans être motivé par l'amour...

( 929348 )
Traditionnellement, on distingue 2... par Sacerdos simplex (2021-09-17 00:08:37)
[en réponse à 929325]
...types d'amour :
1) l'amour de bienveillance : on veut le bien de la personne qu'on aime ;
et 2) l'amour de complaisance : on éprouve du plaisir à être avec l'être qu'on aime. Cf. : Eros
L'idéal dans le mariage est de combiner les deux.
L'Eglise utilise volontiers le terme charité pour désigner l'amour de bienveillance de nature spirituelle.
C'est évidemment très important de nos jours, où le mot amour a, pour beaucoup de gens, un sens très "charnel" comme dirait St Paul.
Bon, allez, je vais faire une petite sieste...

( 929426 )
Traditionnellement les deux types d'amour sont plutôt par Mboo (2021-09-17 21:34:03)
[en réponse à 929348]
- L'amour de bienveillance
- L'amour de concupiscence
L'amour de bienveillance se complaît du bonheur de la personne aimée
L'amour de concupiscence trouve sa joie dans le bonheur que lui procure la chose ou la personne aimée.
.

( 929352 )
Ceskya d'plubo par Gary Hoswald (2021-09-17 01:12:53)
[en réponse à 929325]
Pas pu m'empêcher, désolé. C'est la définition de Presgurvic, l'homme qui a réécrit Shakespeare en moins de deux cents mots. Si ce n'est pas un gage de qualité.
Blague à part, pour une fois que je reprends la plume ici (Bonjour et amitiés, cher Maître, au passage ! Ne vous inquiétez pas, je n'en ferai probablement pas une habitude, mais je ne vous oublie pas !), je vais tâcher de faire un peu mieux.
Trois "définitions" me viennent à l'esprit.
D'abord, la distinction entre les différentes "façons d'aimer". Eros (l'amour passion), Agape (l'amour amitié), Philia (l'amour profond), divers degrés de proximité et d'implication. Je ne vais pas creuser cette manière de voir les choses, ce n'est pas spécialement anti-biblique (au contraire), mais c'est un peu trop grec à mon goût ,et des bouquins entiers ont été écrits là-dessus. Il faut simplement en retenir (en première approche) que l'un n'exclut pas l'autre.
Ensuite, la définition qu'on en trouve dans Saint Paul: l'amour prend patience, etc, l'amour ne passera jamais. On la lit à la moitié des mariages (et je suis gentil), mais au-delà des apparences, il faut noter un point essentiel : aimer, ce n'est pas subir, c'est agir. Ce ne sont que des verbes d'action.
Donc je vais essentiellement m'attarder sur le contexte qui m'intéresse, celui du mariage chrétien.
Car curieusement, dans cet engagement profond où tout tient en une phrase, "Je te promets de t'aimer fidèlement dans le bonheur et dans les épreuves tout au long de notre vie", le mot "aimer" est, d'expérience, le plus mal compris. C'est ballot, c'est un peu le coeur du truc.
Pour beaucoup de mariés (en général, de futurs divorcés), aimer, c'est comme les tremblements de terre : on n'y peut rien. Un jour on aime, un jour on n'aime plus. C'est assez ahurissant de constater combien de jeunes sont prêts à promettre une chose sur laquelle ils admettent n'avoir aucun contrôle.
Heureusement, l'Eglise ne nous proposant pas de faire des choses stupides (non, non, baissez la main, là, tous ceux qui veulent me contredire sur ce point, siouplé, ce n'est pas le sujet), aimer, dans le mariage chrétien, n'est certainement pas une chose qu'on SUBIT, c'est une chose qu'on DECIDE.
Bien sûr, le sentiment amoureux, l'envie d'aimer, ça aide : c'est toujours plus facile d'aimer quelqu'un si on en a envie. Mais ça n'est pas indispensable.
Et hors du mariage ? C'est la même chose : Dieu nous commande "d'aimer notre prochain comme nous-mêmes", le même raisonnement s'applique. Dieu n'exigerait pas de nous quelque chose qui n'est pas à notre portée.
Là je n'ai pas ajouté grand chose à ce que dit Candidus (que je remercie donc au passage), alors je vais me mouiller un peu plus. Aimer, c'est :
- DONNER : de son temps (service, écoute), de son argent (pourquoi pas ?), de sa personne (...non, je vous vois venir : je pense ici à la notion de sacrifice, qui pour les chrétiens est la transcendance de l'amour, mais ça nous emmène un peu loin), de la joie. Servir, en somme.
- ACCEPTER : accepter l'autre comme il est, sans vouloir le corriger (même fraternellement) à tout crin, mais aussi, accepter simplement d'être aimé en retour. Curieusement, ce n'est pas toujours bien vécu : certains, sous le prétexte de donner "sans rien attendre en retour", voudraient donner "sans rien accepter en retour". C'est très différent, et un profond manque de charité qui dénature complètement cet amour jusqu'à l'annihiler : l'amour n'est pas une compétition, et la réciprocité, si elle ne doit pas être exigée, est inhérente à l'amour. Accueillir, en somme.
- LIBREMENT : sans y être contraint, ni par des règles, ni par des gens, ni par des intérêts, mais par le seul engagement librement consenti.
- GRATUITEMENT : on l'a vu, cette gratuité n'est pas dans le refus obstiné de toute compensation reçue. En pratique, elle consiste principalement à ne pas compter : "donner sans compter", comme dit la prière scoute, et sans compter ni ce qu'on donne, ni ce qu'on reçoit.
Voilà aimer en quatre mots.
...et Dieu, dans tout ça ?
Il nous aime, bien sûr, et comme souvent, Jésus nous le définit par des paraboles et des signes. J'en retiens deux, absolument essentiels à la compréhension de la mystique de l'Amour divin, et donc de l'amour humain, qui en est la prolongation.
- La Samaritaine : bien sûr que l'eau vive, c'est l'amour que Dieu nous donne. Il ne nous demande rien en retour, que d'accepter de la boire.
- La multiplication des pains, qui illustre ces réalités toutes concrètes : l'amour se partage aussi concrètement que le pain, il se donne et se reçoit.
Ces deux passages nous instruisent sur un point capital : l'amour n'obéit pas aux lois de la physique. En particulier, plus on en donne, plus il nous en reste.
C'est en ayant compris cela qu'on peut commencer à aimer, sans retenue.
Yapuka !
Gary
PS Je constate que, pendant que dans ma prose je cite Presgurvic, d'autres, peut-être malgré eux, citent Florent Pagny. Sic transit...

( 929356 )
(Aparté) par XA (2021-09-17 07:40:43)
[en réponse à 929352]
Heureux de vous relire, Gary. Bonne journée!

( 929379 )
Heureusement par Vincent F (2021-09-17 10:55:13)
[en réponse à 929352]
que je ne buvais pas de café quand j’ai lu votre titre. Sans quoi je l’aurais recraché. D’autant que j’ai pensé à la même blague.
Merci pour votre analyse.

( 929353 )
Agapè, Eros, Philia, Storgê par Rothomagus (2021-09-17 01:25:47)
[en réponse à 929325]
Choisissez !
Tout dépend envers qui il se conçoit.
Mais aussi d'où vient l'amour.
Nous sommes plus ou moins consciemment ancrés dans le système philosophique d'une civilisation.
Notre amour est celui des Romains et des Grecs.
Et, par la Bible, nous devons avoir aussi l'influence de conceptions qui existaient dans les langues sémitiques d'alors.
Ailleurs dans le vaste monde, les choses peuvent prendre des contours différents.
Aimer ne s'écrit pas aimer.
Et hélas, notre verbe Français est bien imprécis.
Tout ce qu'il contient ne tient pas en cinq lettres.
Suggestion de lecture (courte) sur le site
l'Agora.

( 929366 )
une définition pour des consacrés aussi bien que dans le sacrement de mariage par Cléopas (2021-09-17 09:12:27)
[en réponse à 929325]

( 929372 )
Aimer, c'est vouloir aider l'autre à être un saint par Fenestri (2021-09-17 09:41:39)
[en réponse à 929325]
J'aime beaucoup cette définition, car elle s'applique à tous les états de vie. Si à ma mort, le Bon Dieu me dit que j'aurais été un appui pour ma femme et mes enfants et que mes maigres efforts auront un peu aidé sa grâce à s'y enraciner et y fructifier, alors j'aurais aimé "comme il se doit".
Cette exigence s'applique aussi pour ses amis ou des inconnus, même si l'effort peut paraître immense.

( 929373 )
Merci à tous pour vos déclinaisons mais... par Métronome (2021-09-17 09:46:55)
[en réponse à 929325]
En fait je ne pense pas que quelqu'un ait répondu vraiment à ma question.
Sauf erreur de ma part, tout le monde a répondu par une déclinaison de l'amour mais moi je ne cherche pas comment aimer mais ce que c'est que aimer.
Je cherche la racine de l'amour, sa définition qui me permettra ensuite de décliner l'amour en eros, philia et agapè .

( 929374 )
"L'important, c'est d'aimer"... par Hildebrand (2021-09-17 09:57:56)
[en réponse à 929373]

( 929375 )
L'amour selon Jésus-Christ par Fenestri (2021-09-17 10:13:39)
[en réponse à 929373]
"Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout." (Jn 13 ,1)
Aimer, c'est donner sa vie.
Saint Jean vous répond aussi :
"Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu.
Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.
Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.
Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés.
Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres.
Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection." (1Jn 4, 7-12)

( 929383 )
Dieu par Marc B. (2021-09-17 11:30:41)
[en réponse à 929373]
Dieu est l'Amour et sa source.
Vous nous demandez finalement la définition de Dieu.
Il nous est impossible d'y répondre de manière exhaustive, nous, êtres finis.
L'Amour est trine: sujet objet et fruit
L'Amour est infini
L'Amour est contemplation, volonté et action.
Aimer, c'est imiter Dieu
Aimer quelqu'un c'est le regarder avec les yeux de Dieu (ou plutôt le regarder comme Dieu le regarde)
Aimer, c'est faire à l'autre ce que Dieu veut.
Oulala, je ne sais pas aimer.

( 929386 )
Dans ce cas c'est plus simple par Gary Hoswald (2021-09-17 12:39:05)
[en réponse à 929373]
Aimer quelqu'un, c'est chercher Dieu en lui.
A peu près tout ce qui a été dit ici (Candidus, Marc) en découle assez directement :
- définir aimer renvoie donc à définir Dieu, à la foi source et finalité de l'amour,
- clarifier cette définition revient à expliquer comment aimer, puisque aimer est une action, et non un état d'esprit. On n'en a pas fait le tour, mais tout de même, vous avez pas mal d'éléments, là !
Cheers
Gary

( 929387 )
La meilleure réponse par Jean-Paul PARFU (2021-09-17 13:23:41)
[en réponse à 929386]
est celle donnée par l'abbé Roseau !

( 929411 )
En effet ! par Métronome (2021-09-17 19:29:20)
[en réponse à 929387]
Cette réponse me satisfait! Ce texte difficile est tout de même éclairant.
Merci Monsieur l'abbé.
Et merci à tous pour vos réponses riches de réflexion.

( 929385 )
Réponse du père Sineux par Abbé Frédéric Roseau (FSSP) (2021-09-17 12:08:08)
[en réponse à 929325]
Dans son INITIATION A LA THÉOLOGIE DE SAINT THOMAS
page 23
L’inclination même de la volonté vers le Bien, s’appelle l’Amour.
L’amour se mesure à la valeur de l’objet vers lequel il se porte, et à la véhémence de son mouvement. Or, la perfection divine offre un objet sans prix : et l’action divine ne connaît point d’entrave. L’Amour de Dieu est donc infini comme tout ce qui est en Lui. C’est un acte éternel qui constitue la vie intime de Dieu et lui procure son Bonheur infini.
L’Amour de Dieu se manifeste, en dehors de Lui, dans la Création par l’action conservatrice et providentielle qui, sans cesse, maintient et gouverne les êtres.
Mais avant tout, Dieu s’aime nécessairement Lui-même. Cet amour est toute justice, toute sainteté, sans trace aucune d’égoïsme, car l’égoïsme consiste à se préférer au bien. Et Dieu, Bien suprême, en s’aimant Lui-même, donne la preuve qu’Il aime le Bien par-dessus tout. Il ne serait pas parfait, Il ne serait pas Dieu, s’Il ne s’aimait pas infiniment.
Cependant, non content de s’attacher au Bien qui existe, l’Amour est capable de le produire là où il n’est pas. C’est pourquoi Dieu aime ses créatures. Il les aime avant qu’elles existent. C’est son Amour qui leur procure tout le bien qu’elles détiennent. À l’inverse de nous qui aimons les êtres parce qu’ils sont aimables, Dieu, Lui, rend aimable ce qu’Il veut aimer. Il aime davantage les êtres les meilleurs, parce qu’Il leur a plus donné. Et parce qu’Il continue d’aimer ses créatures, Dieu les oriente vers Lui. Il ne peut mieux faire que de leur communiquer le Bien suprême.

( 929421 )
Père Jérôme de Sept Fons: par Diafoirus (2021-09-17 21:15:52)
[en réponse à 929385]
On trouve déjà cette idée dans un texte inédit :
« (...) Pour faire durer l’attirance qu'exerce sur nous notre Dieu, il faut apporter, pour notre part, pas mal de volonté, c'est-à-dire pas mal d'amour, Je me souviens encore de la sorte d'éblouissement éprouvé lorsque j’appris tout à coup, au hasard d'une classe de philosophie, que l'acte propre de la volonté, c'est l'amour ! J’aurais plutôt nommé l'énergie, la domination. Il est vrai que l’amour peut être éprouvé comme un attrait, parfois involontairement subi. Mais ce n'est là qu'un préliminaire de l’amour. Pour la plénitude de celui-ci il faut que rapidement la volonté ratifie l'attrait éprouvé et se meuve activement vers l'objet par des actes qui sont précisément « volontaires ».
"L'amour est enfant de Bohême, Il n'a jamais, jamais connu de loi", chante-t-on dans Carmen de Bizet. Quelle bonne blague romantique ! II ne peut en être ainsi de l'amour qui fait le commencement, le milieu et la fin d'une vie consacrée à Dieu dans la prière. Cet amour a une exigence : durer. Cette exigence détermine une loi : ne pas laisser s'affadir l'attrait ressenti aux jours heureux, efforts, sacrifices renouvelés qui constituent la générosité du cœur, de l’âme, de tout l’être aimant. »
Père Jérôme- Texte inédit. « D’où vient la différence ». 31 aout 1970
ÉCRITS MONASTIQUES p.293

( 929424 )
La seule réponse théologique par Mboo (2021-09-17 21:25:22)
[en réponse à 929385]
Merci de l'avoir rappelé.

( 929548 )
En quelques mots... par Paterculus (2021-09-18 21:35:37)
[en réponse à 929325]
J'aimerais avoir le temps de lire tout le fil, mais je ne peux qu'écrire ceci.
Aimer, c'est vouloir le bien de l'autre et s'y complaire.
Votre dévoué Paterculus