Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 926011 )Le P. Daniel-Ange sidéré et bouleversé par Traditionis Custodes par Chicoutimi (2021-08-10 13:59:41) 

Un très beau texte du P. Daniel-Ange à lire. À part sa position sur la concélébration (il regrette que certains refusent de concélébrer lors de la messe chrismale, ce qui est une position légitime mais que l'on ne peut pas imposer à tous les prêtres comme si cela était la seule avenue possible), le reste de l'article est vraiment très fort.

Un article publié par le Salon Beige:

Traditionis custodes: une piqûre de stérilisation?

10/08/2021

Du P. Daniel-Ange sur le récent motu proprio:

''Je suis sidéré, bouleversé par ce motu proprio. Le moins qu’on puisse dire : on en demeure KO! Je communie aux larmes de tant de mes amis et proches. Je prie qu’ils ne soient pas tentés d’aigreur, d’amertume, si ce n’est de révolte et de désespoir.

Pourquoi une telle dureté, sans une once de miséricorde ou de compassion? Comment ne pas en être dérouté, déstabilisé?

Bien sûr, parmi ces frères catholiques attachés à la tradition, il y en a qui – hélas ! hélas ! – ont pu se durcir, se figer, se cabrer, se replier dans un ghetto, allant jusqu’à refuser de concélébrer aux messes chrismales – ce qui est inadmissible. Mais pour cette petite minorité n’aurait-il pas suffi d’une forte exhortation, doublée d’éventuelles menaces de sanctions. En s’inspirant du livre de la Sagesse: «C’est peu à peu que tu reprends ceux qui tombent. Tu les avertis, leur rappelant en quoi ils pêchent (…) Même ceux-là qu’ ils étaient des hommes, tu les a ménagés. Peu à peu tu laissais place au repentir.» (12, 2,8,10)

Des oasis rafraichissantes dans un désert d’apostasie générale.

Mais, pour ne parler que de la France, le Pape sait-il qu’il y existe des groupes et communautés merveilleusement rayonnantes, attirant un grand nombre de jeunes, de jeunes couples et de familles. Ils y sont attirés par le sens du sacré, de la beauté liturgique, de la dimension contemplative, de la belle langue latine, de la docilité au siège de Pierre, la ferveur eucharistique, la confession fréquente ,la fidélité au rosaire, la passion des âmes à sauver, et tant d’autres éléments qu’ils ne trouvent pas – hélas! – dans nombre de nos paroisses.

Tous ces éléments ne sont-ils pas prophétiques. ? Ne devraient-ils pas nous interpeler ,nous stimuler, nous entrainer ? N’était-ce pas l’intuition de St. Jean-Paul II, dans son motu proprio « Ecclesia Dei » ?

Dans leurs assemblées, jeunes, foyers et familles dominent, dont la pratique dominicale frise les 100%. Qu’on ne dise pas qu’ils sont nostalgiques du passé, anachroniques. C’est le contraire: latin, messe ad orientem, grégorien, soutane: c’est tout nouveau pour eux. Cela a tout l’attrait de la nouveauté.

Est-il étonnant que les communautés monastiques qui gardent l’Office en latin, et parfois même la célébration eucharistique d’après le missel de S. Jean XXIII, soient florissantes, attirant beaucoup de jeunes?

Je pense en particulier à des communautés que j’ai la grâce de connaitre personnellement et que j’estime et admire, comme celles du Barroux (moines et moniales) et de ND de la Garde, ainsi que des missionnaires de la Miséricorde à Toulon. Qu’on ne dise pas qu’elles ne sont pas missionnaires! Autour du premier gravite, parmi tant d’autres, le chapitre Marie-Madeleine avec ses centaines d’ados et de jeunes, sans parler de leurs retraitants qui y affluent. Pour les seconds : on ne fait pas mieux en matière d’’évangélisation des musulmans et de nos petits païens sur les plages. Sans parler du pèlerinage de Pentecôte à Chartres, en croissance constante.

Avec le scoutisme et la communauté S. Martin, cette mouvance ecclésiale est celle qui donne le plus grand nombre de vocations sacerdotales à l’Eglise. Je suis témoin de la belle ferveur qui règne au séminaire de Witgratzbad en Bavière, établi grâce à un certain cardinal… Ratzinger.

Dans un monde tellement féroce où le combat pour la fidélité à Jésus et à son Evangile relève de l’héroïsme, où ils sont déjà marginalisés, méprisés, tournés en dérision dans leurs écoles, comme même en famille, où toutes leurs valeurs sont bafouées, sinon prostituées, où ils se retrouvent terriblement seuls et isolés, tellement insécurisés, parfois à la limite du désespoir: pourquoi, mais pourquoi donc leur refuser ces quelques places fortes qui leur donnent la force, le courage, l’audace d’entrer en résistance et de tenir? Cela en pleine zone de turbulence pour l’Eglise, en plein collapse de la foi dans le monde. La guerre contre le Christ et son Eglise est déchainée, nous sommes en plein duel homicide-Prince de la vie, les jeunes ont droit plus que jamais à être soutenus, fortifiés, armés, simplement sécurisés. Ne leur fermons pas certains de nos plus beaux refuges. Tel un refuge de haute-montagne au milieu des mortelles crevasses.

Dans l’aride désert d’une société ou gagne «l’apostasie silencieuse de l’homme qui croit être heureux sans Dieu» (JP II), ces groupes et paroisses sont de véritables et rafraichissantes oasis. Leurs plus belles fleurs: ces jeunes et même enfants parvenus aux cimes lumineuses de la sainteté. Comment ne pas évoquer une Anne-Gabrielle Caron, de la paroisse des Missionnaires de la miséricorde à Toulon, dont la cause de béatification est déjà ouverte. Et de la petite martyre Jeanne-Marie Kegelin, en Alsace, dont deux frères sont prêtres de la Fraternité S. Pierre. (Pourvu que ce ne soit pas la raison qui retarderait sa propre cause.)

Une piqure de stérilisation ?

Après tout cela, comment comprendre que le Pape semble viser tout simplement leur extinction, dissolution, liquidation pure et simple? Cela par la simple application des normes désormais imposées? Cela ressort du fait qu’on arrache leurs prêtres à leur paroisse, et interdit d’en créer de nouvelles: n’est-ce pas une forme de piqure de stérilisation? Qu’aucun nouveau prêtre de rite ordinaire ne pourra célébrer la messe dite tridentine, sans indult de son évêque qui, lui, est tenu de suivre les directives romaines.

Le pire : en déclarant que le missel (messe et autres sacrements inclus) de S.Jean XXIII ne relève plus du rite Romain, puisque la «seule expression» de celui-ci est désormais l’unique missel de Paul VI. Ce rite est donc ipso facto relégué dans le passé, périmé, dépassé, et se retrouve en apesanteur dans le vide…

N’est-ce pas là un coup de poignard dans le dos, ou plutôt en plein cœur, de notre cher Benoit XVI? Son trait de génie avait été de sauver ce rite en en faisant tout simplement la seconde variante ou forme de l’unique rite Romain. Quel courage ne lui a-t-il pas fallu! Et ce n’était absolument pas par simple diplomatie ou politique ecclésiale, comme l’insinue le motu proprio. Combien de fois n’at-t-il pas affirmé que ce rite qui avait sanctifié le peuple chrétien, irrigué toute l’Eglise, donné tant de fruits de sainteté pendant tant de siècles, avait plein droit de cité aujourd’hui et faisait partie intégrale de la liturgie latine et romaine.

C’était un scandale d’avoir essayé de l’évacuer, voici quelque 6O ans. Et tout-à-coup, brutalement, d’un trait de plume le voilà abrogé par un Pape assurément moins liturgique dans l’âme que ce Benoit XVI à l’âme toute bénédictine.

Benoit XVI en sa retraite monastique va-t-il devoir mendier à son successeur l’autorisation de célébrer encore ce rite qu’il a tant aimé et qu’il avait réussi, magistralement, à sauver ?

Un risque de schisme ou de clandestinité ?

Encore ceci : l’intention de notre Saint Père est surement belle et bonne : protéger la communion dans le peuple de Dieu. Mais l’effet risque fort d’être exactement contraire.

J’en tremble: beaucoup risquent d’être tentés tout simplement de rallier Ecône et la Fraternité S.Pie X, à laquelle Pape Francois avait tendu généreusement la main, en l’année de la Miséricorde. Voici quelques 40 ans, ils s’étaient héroïquement détachés de Mgr Lefebvre, pour retrouver l’Eglise-Mère de Rome, accueillis les bras grands ouverts par S.Jean-Paul II. (Comment oublier la lumineuse figure de Jean-Paul Hivernat d’Ecône puis Rome et Versailles, au sillage de sainteté). Et voilà qu’on les accule à dire : «Bon, vous ne voulez plus de nous: on retourne d’où on vient. Tant de sacrifices, c’était donc pour rien! Jean-Paul II et Benoit XVI nous aimaient, nous comprenaient, ainsi que bon nombre de merveilleux et courageux évêques, et nous voilé floués, du jour au lendemain.»

Bref, c’est un réel risque de «schismes qui fleuriront de toutes parts si des évêques abrupts imposent leur pouvoir à des abbés raides» (G.Privat). Ou bien, ce sera la tentation de se terrer dans la clandestinité…

La Communion Trinitaire n’implique-t-elle pas l’œcuménisme intra-catholique?

La Communion ecclésiale n’est-elle donc pas celle-là même de la Toute Sainte Trinité (Jn 17) c’est à dire celle de la beauté en sa diversité ? Plus grande sont les différences- à condition qu’elles soient vécues comme complémentaires-plus l’Eglise en est belle. L’altérité n’est-elle pas condition de la fécondité ? Pourquoi avons-nous tant de peine à recevoir, accueillir, aimer ces frères et sœurs baptisés, avec leur sensibilité, leur désirs, leurs charismes propres et spécifiques, même et surtout s’ils ne sont pas les nôtres? Pourquoi imposer aux jeunes, déjà tellement fragilisés, nos propres préférences Nous respectons bien nos frères catholiques des saintes Eglises Orientales. A Rome même une Congrégations leur est consacrée. Nous sommes émerveillés par leurs somptueuses divines liturgies, qu’elles soient coptes, éthiopiennes, arméniennes, syriaques, maronites, melchites ou byzantines russe ou grecque, et nous refusons la liturgie latine et romaine en son expression traditionnelle!

Pour être logique, il faudrait uniformiser toute la vie monastique ou religieuse ! Bénédictins, Cisterciens, Chartreux, Carmélites, Clarisses : adieu ! Il faudrait uniformiser tous les mouvements spirituels, dans leurs agaçantes diversités. Néo-catéchuménat, Focolaris, Renouveau charismatique, Oaza, Communione e liberazione : exit! Traditions et sensibilités bénédictine, carmélitaine, franciscaine, dominicaines, jésuites, vincentienne, salésienne, etc. : à la poubelle!

Non et non, l’unité n’est pas l’uniformité, mais la diversité! La communion n’est pas l’horizontalité, mais la complémentarité!

Saint Jean-Paul II l’avait bien exprimé dans son motu proprio Ecclesia Dei: «Tous les pasteurs et les autres fidèles doivent avoir une conscience nouvelle non seulement de la légitimité, mais aussi de la richesse que représente pour l’Eglise la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d’apostolat. Cette diversité constitue aussi la beauté de l’unité dans la variété : telle est la symphonie que, sous l’action de l’Esprit-Saint, l'Eglise terrestre fait monter vers le Ciel».

Entendrez-vous les cris et les larmes de vos propres enfants ?

Le Saint Père a-t-il mesuré l’impact, si ce n’est la secousse sismique, qu’une telle intransigeance risque de provoquer, dans l’Eglise et même hors de l’Eglise? Qu’une personne aussi athée, à l’incontestable aura, que Michel Onfray, ose avouer qu’il en est «consterné». Précisant : «La messe en latin est le patrimoine du temps généalogique de notre civilisation. Elle hérite historiquement et spirituellement d’un long lignage sacré de rituels, de célébrations, de prières, le tout cristallisé dans une forme qui offre un spectacle total». Et avec son sarcasme habituel qu’évidemment je ne fais pas mien : «Pour ceux qui croient en Dieu, la messe en latin est à la messe du Long Fleuve tranquille… ce qu’est la basilique romaine contemporaine de S. Augustin à une salle polyvalente dans une barre d’immeubles: on y chercherait en vain le sacré et la transcendance

A-t-il pensé à la secousse que vont éprouver nos frères des saintes Eglises Orthodoxes. Le motu proprio de Benoit XVI, très estimé par eux comme un grand théologien, les avait rassuré : que l’Eglise latine garde fidèlement et protège un rite liturgique ayant traversé des siècles. Et maintenant, de se poser la question, angoissés: ne va-t-on pas le jeter aux orties?

A-t-il pressenti le séisme probable chez tant et tant de jeunes, de jeunes couples, de familles entières qui vont en être déstabilisés, déroutés, découragés, tentés par la révolte. Jusqu’ici ils aimaient leur Pape François- aussi attachant et déroutant soit-il-, ils étaient fidèle au magistère romain, et maintenant les voici guettés par le doute, la méfiance, sinon le rejet, avec l’impression amère d’avoir été floué, reniés sinon trahis.

Comment ne pas pleurer avec eux ?

Qu’au moins une grande vague de compassion baptismale, d’affection fraternelle, et paternelle du côté de nos évêques, d’ardentes prières les entourent, les réconfortent, les consolent, les soutiennent, les encouragent, les accueillent. Ardemment. Généreusement. C’est à dire amoureusement.

Cher Saint-Père – que par ailleurs j’aime, estime et admire –, au nom d’un grand nombre de mes amis, jeunes et moins jeunes, j’ose vous partager, en toute simplicité filiale, ma profonde douleur. Mais animé d’une folle confiance, je me risque à espérer que, à l’écoute de tant de larmes sur les joues de vos propres enfants vous aurez le courage et l’humilité de revenir sur une décision d’une telle intransigeance, cela en dépit de votre finale : «malgré toute chose contraire, même si digne de mention particulière».

Contre toute espérance, j’espère !

Frère Daniel-Ange.

Ce 23 Juillet,

40e anniversaire de mon Ordination sacerdotale

au congrès Eucharistique international à Lourdes.''

Source
images/icones/bravo.gif  ( 926016 )Très bon texte hormis sur la concélébration par Semetipsum (2021-08-10 16:11:09) 
[en réponse à 926011]

qui n'est (heureusement) pas exigée par TC comme signe de communion avec l'Eglise
images/icones/neutre.gif  ( 926020 )Toutefois par romuald (2021-08-10 16:56:23) 
[en réponse à 926016]

"Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres" (Benoît XVI, "Lettre aux Évêques qui accompagne la Lettre Apostolique motu proprio data Summorum Pontificum", 7 juillet 2007).
images/icones/fleur.gif  ( 926212 )La lettre n'est pas la loi par Semetipsum (2021-08-12 19:35:52) 
[en réponse à 926020]

Le Motu proprio lui même n'en parle pas
images/icones/fleche2.gif  ( 926018 )Et à juste titre par AVV-VVK (2021-08-10 16:34:54) 
[en réponse à 926011]

Au fond T.C. soulève également et peut-être le plus le problème méconnu, caché, toléré par une hierarchie qui échoue, qui est aveugle (sauf ici et là quelques prélats lucides) de la messe de la forme ordinaire. Les responsables ne semblent pas être conscients de la question grave de la validité des célébrations qui ont lieu.
images/icones/neutre.gif  ( 926019 )Oui, justement.... par Pol (2021-08-10 16:38:24) 
[en réponse à 926011]

....cette question de concélébration est d'importance capitale.O.k.la Messe Chrismale du Jeudi-Saint, si on participe une fois, il se pourrait qu'on soit invité une autre fois, un précédent ayant été crée.
N'oublions pas Mgr.Lefebvre ( avant '88) a qui Rome disait: Celébrez une fois seulement la messe novus ordo et tout est réglé. C'eut été la fin de la Fsspx, il me semble.
Tout cela est triste à pleurer, tous les tradis pleurent,mais ils n'abandonneront pas le combat.
images/icones/bravo.gif  ( 926022 )TC : tout ce qui est excessif est insignifiant par Candidus (2021-08-10 17:10:22) 
[en réponse à 926011]

Oui un beau texte de la part d'un prêtre respectable, sans être particulièrement sensibilisé à la question liturgique. J'y vois le prémisse d'un mouvement de fond ; Traditionis Custodes finira par se retourner contre les ennemis de la messe traditionnelle.

L'oukase bergoglien censé dénoncer les dérives du traditionalisme, nous éclaire beaucoup plus sur la personnalité de celui qui le fulmine : un caudillo de république bananière sud-américaine.

Dans notre milieu, cela faisait longtemps que nous avions cessé de nous bercer d'illusions quant aux dispositions du pape François à notre égard, mais il en allait autrement pour beaucoup de catholiques qui avaient internalisé l'image d'un pape miséricordieux, attentif aux brebis des périphéries. Cette représentation prévalait notamment chez ceux qui vivent leur foi dans le no man's land de l'indifférence aux controverses de l'actualité ecclésiale. Désormais, ceux-ci peuvent difficilement ne pas voir le hiatus entre Traditionis Custodes et Fratelli Tutti, et constater que le pape de la miséricorde n'exerce cette dernière qu'avec ceux qui partagent son agenda progressiste.

Je suis convaincu que ce Motu Proprio sera plus désastreux pour l'image de son auteur qu'il ne le sera pour la cause de la messe traditionnelle.
images/icones/neutre.gif  ( 926025 )Bien d'accord avec vous.... par Pol (2021-08-10 19:15:44) 
[en réponse à 926022]

....en plus, j'ai remarqué depuis des années que (tout au moins dans ma partie du monde)les catholiques Nom que je connais ont une immense ignorance de la vie de l'Eglise et pratiquement ne connaissent pas du tout le monde traditionnel. Comme j' ai dit, dans mon milieu et cercle.
Pour terminer, votre titre du message m'a fait penser à mon père !
En effet, il nous disait souvent à nous les enfants: " toute exageration est insignifiante, comme dirait Talleyrand"...
Voila, bonne soirée au nord...Pol le tradi!
images/icones/neutre.gif  ( 926024 )un passage d'une terrible vérité par Métronome (2021-08-10 17:59:09) 
[en réponse à 926011]

On a l'impression que l'Eglise veut détruire tout ce qui combat durement pour elle...

Et ce n'est pas la première fois que pendant ce pontificat les familles catholiques se sentent désavouées, méprisées: familles de lapin par exemple...


Dans un monde tellement féroce où le combat pour la fidélité à Jésus et à son Evangile relève de l’héroïsme, où ils sont déjà marginalisés, méprisés, tournés en dérision dans leurs écoles, comme même en famille, où toutes leurs valeurs sont bafouées, sinon prostituées, où ils se retrouvent terriblement seuls et isolés, tellement insécurisés, parfois à la limite du désespoir: pourquoi, mais pourquoi donc leur refuser ces quelques places fortes qui leur donnent la force, le courage, l’audace d’entrer en résistance et de tenir? Cela en pleine zone de turbulence pour l’Eglise, en plein collapse de la foi dans le monde. La guerre contre le Christ et son Eglise est déchainée, nous sommes en plein duel homicide-Prince de la vie, les jeunes ont droit plus que jamais à être soutenus, fortifiés, armés, simplement sécurisés. Ne leur fermons pas certains de nos plus beaux refuges. Tel un refuge de haute-montagne au milieu des mortelles crevasses.

images/icones/neutre.gif  ( 926026 )Schisme de droit ou schisme de fait par Eti Lène (2021-08-10 19:16:44) 
[en réponse à 926011]

Oui il est clair qu'il va falloir choisir entre ces deux schismes. C'est au nom du droit que Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ a été mis à mort. Le jugement était "légal", puisque le sanhédrin était légitime. La suite on la connaît avec la destruction du temple la déportation etc...

Le père Daniel Ange tremble. Peut-être a-t-il raison. Cela fait des années que beaucoup de prêtres tremblent de la perte des âmes. L'idéal serait que le droit inaliénable de célébrer la messe dite de St Pie V soit partout appliqué sans que le risque de sanctions puisse l'emporter.

François va peut-être s'auto-canoniser de son vivant, mais il ne faudrait quand même pas pousser le ridicule trop loin.



J’en tremble: beaucoup risquent d’être tentés tout simplement de rallier Ecône et la Fraternité S.Pie X, à laquelle Pape Francois avait tendu généreusement la main, en l’année de la Miséricorde. Voici quelques 40 ans, ils s’étaient héroïquement détachés de Mgr Lefebvre, pour retrouver l’Eglise-Mère de Rome, accueillis les bras grands ouverts par S.Jean-Paul II. (Comment oublier la lumineuse figure de Jean-Paul Hivernat d’Ecône puis Rome et Versailles, au sillage de sainteté). Et voilà qu’on les accule à dire : «Bon, vous ne voulez plus de nous: on retourne d’où on vient. Tant de sacrifices, c’était donc pour rien! Jean-Paul II et Benoit XVI nous aimaient, nous comprenaient, ainsi que bon nombre de merveilleux et courageux évêques, et nous voilé floués, du jour au lendemain.»

images/icones/neutre.gif  ( 926044 )Le jugement du Sanhédrin était illégal par Candidus (2021-08-11 00:13:41) 
[en réponse à 926026]

Le Sanhédrin ne pouvait pas se réunir et passer un jugement de nuit.

"Qu'un crime capital soit jugé durant la journée et que la procédure soit suspendue à la tombée du jour". Mishna, Sanhédrin IV-1
images/icones/1b.gif  ( 926054 )Du coup la procédure étant illégale par Tibère (2021-08-11 08:09:50) 
[en réponse à 926044]

Jésus aurait dû se pourvoir en cassation. Que ne l'a-t-il fait ?
images/icones/pelerouin1.gif  ( 926087 )Jean 18, 11... par Sacerdos simplex (2021-08-11 10:51:34) 
[en réponse à 926054]


"La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas ?..."

La Parole (ou Verbe) de Dieu s'est fait homme précisément pour souffrir la passion la plus ignominieuse possible pour sauver le genre humain.

Et à Simon-Pierre (à Dieu ne plaise, Seigneur, ça ne t'arrivera pas !...) : Arrière Satan, tes pensées sont des pensées humaines et non pas des pensées divines.

Méfions-nous : beaucoup voudraient une religion toute d'amour du prochain, mais sans la croix.

images/icones/neutre.gif  ( 926058 )Soyons prudents par Roger (2021-08-11 08:27:55) 
[en réponse à 926044]

Cette règle s appliquait elle en 30 après JC?
qui vous dit que dans des cas exceptionnels, sous la pression du préfet romain, les autorités juives n n'étaient pas amenées à statuer hâtivement ???
images/icones/neutre.gif  ( 926065 )Ne sous-estimez pas les Juifs par Candidus (2021-08-11 09:10:10) 
[en réponse à 926058]

J'ai du mal à croire que les Juifs auraient créé APRÈS la condamnation du Christ, une loi qui non seulement nullifie la procédure du Sanhédrin contre Jésus, mais donne des membres de cette assemblée l'image de prévaricateurs aveuglés par la haine.

Si cette règle est mentionnée à plusieurs reprises dans la tradition judaïque, c'est qu'elle prédate manifestement le procès du Christ.
images/icones/2a.gif  ( 926081 )Oui soyons prudents Roger ! par Jean-Paul PARFU (2021-08-11 10:29:17) 
[en réponse à 926058]

Si le procès de Jésus a eu lieu la nuit, ce n'est certainement pas sous la pression du Préfet romain, puisque ce dernier fut bien embarrassé par le cas Jésus que le Sanhédrin lui présenta. Il dira même qu'il ne voyait rien de condamnable dans cet homme !

Le motif de la condamnation de Jésus est le blasphème, parce qu'il est un homme et prétend aussi être Dieu. Cette condamnation ne pouvait donc être prononcée que par l'autorité juive, d'après sa loi.

Jésus fut présenté au Préfet romain, parce que les juifs ne disposaient plus du "Jus gladii", le droit de mettre à mort.

En un mot, ce n'est pas le Préfet romain qui a fait pression sur le Sanhédrin, mais la plus haute autorité civile et religieuse d'Israël qui a fait pression sur le Préfet romain !
images/icones/neutre.gif  ( 926071 )Exact par Eti Lène (2021-08-11 09:38:24) 
[en réponse à 926044]

Tout comme l'interdiction de fait de la messe l'est aussi. "Légal" est un terme inadéquat. Il vaudrait mieux dire "décision soutenue par l'autorité légitime".
images/icones/neutre.gif  ( 926032 )Aaaaaah.... Un grand texte de compassion et de combat par Eudoxie (2021-08-10 21:30:25) 
[en réponse à 926011]

Qui dit enfin la vérité sur ce Motu proprio ! Et que ce soit Daniel Ange qui le dise, franchement ça fait plaisir. Merci à lui, franchement ça fait plus de bien que certains éclats de rire récents de la FSSPX: c'est clair, net, ecclésial, simple et vrai, sans fausse obéissance, sans condescendance. Vraiment ce texte est très bienvenu. Ça fait du bien aussi d'entendre parler de la sainteté qui germe dans nos communautés (Jeanne-Marie Kegelin en particulier). Enfin quelqu'un qui nous lance quelques fleurs, et qui a été un promoteur de la sainteté des jeunes.

Bref, merci!!

Et merci à Chicoutimi pour la diffusion de ce texte.
images/icones/neutre.gif  ( 926037 )Compassion et bel éloge de la tradition oui, mais... combat ? par Meneau (2021-08-10 22:33:29) 
[en réponse à 926032]

En gros, à part espérer que le pape revienne sur sa décision, il ne propose que la soumission puisqu'il ne faut selon lui ni céder à la tentation de la clandestinité ni, horresco referens, retourner à la FSSPX.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 926040 )Pardon, j'aurais dû dire par Meneau (2021-08-10 22:43:48) 
[en réponse à 926037]

"bel éloge d'une certaine tradition", parce que la tradition à la FSSPX, bouh ! pas bien !

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 926205 )le combat, c'est difficile lorsque le pape a parlé par Eudoxie (2021-08-12 18:18:21) 
[en réponse à 926037]

Le combat revient aux évêques: si on se met à désobéir à nos évêques, on va finir dans le schisme. Le but est de les rallier à notre cause. Et de fait ça marche plutôt assez bien pour l'instant.

Daniel Ange ne peut rien faire. Je ne sais pas très bien ce qu'on peut faire nous-mêmes, à part inonder la poste vaticane de nos doléances, imprimer des articles qui font état de notre consternation, et réclamer des supérieurs des instituts et fraternités divers qu'ils parlementent avec Rome.

J'ai peur qu'on finisse dans le fossé, et qu'on en revienne à avant les sacres. En tout cas, j'ai de plus en plus de mal avec certains sermons de la FSSPX: l'abbé Chautard, par exemple, dans un sermon récent, parle de "libéralisation partielle" de la Messe de Saint Pie V depuis 2007. C'est faux, elle était totale. Il prêche sur le concile, mais il est incapable de le citer, d'ailleurs je trouve que la FSSPX conspue régulièrement le concile sans jamais le citer. C'est souvent de la récitation apprise par coeur, dans les sermons de combat. Il y a des abbés de la FSSPX qui font des sermons très spirituels, mais dès qu'ils parlent de la Nouvelle Messe, on sent la récitation de cours systématique, qui confine au non-sens. Une Messe Paul VI en latin, ad orientem, surtout avec l'ancienne prière eucharistique tirée de la Messe Saint-Pie-V, ne fait de mal à personne. Elle est rarement célébrée comme ça, mais le problème est moins la Messe que sa célébration dans les paroisses.

Bref, on a bien compris que la FSSPX se contente de dire "on l'avait prévu, Benoît XVI était un illusionniste, gardons la foi". Aucun combat ne viendra d'eux. Et encore moins d'Ecclesia Dei...
images/icones/iphone.jpg  ( 926038 )Pénible par Nemo (2021-08-10 22:34:39) 
[en réponse à 926032]

Existeriez-vous si la FSSPX n’existait pas ?
images/icones/neutre.gif  ( 926059 )Effectivement par Eudoxie (2021-08-11 08:33:06) 
[en réponse à 926038]

Je ne sais pas trop, au vu de mon histoire familiale. Encore une fois je l'apprécie, mais je suis contre les sacres. On peut très bien apprécier la FSSPX, la remercier etc, et ne pas trouver les sacres acceptables, sur la base d'arguments factuels.

Donc pour moi, aller à la FSSPX, c'est une solution extrême à prendre dans des cas où l'on a rien d'autre. Je l'ai fait assez fréquemment, parce que de fait je n'avais pas grand chose. Mais à long terme ce n'est pas une solution.
images/icones/neutre.gif  ( 926069 )Opportunisme... par Meneau (2021-08-11 09:31:27) 
[en réponse à 926059]


Amis de la FSSPX, oublions un instant nos divergences, venez nous aider à combattre pour la gloire et la diffusion de la messe traditionnelle contre le Motu Proprio TC qui ne vous concerne que de loin ! Après la bataille, on vous rendra votre statut de schismatiques ou celui de pis-aller réprouvé, selon qu'on aura gagné ou perdu.



Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 926088 )Eh oui ! par Eudoxie (2021-08-11 10:58:13) 
[en réponse à 926069]

Etat de nécessité oblige.

En tout cas j'assume.
images/icones/neutre.gif  ( 926093 )Je sais bien par Meneau (2021-08-11 11:20:03) 
[en réponse à 926088]

que vous assumez. Mais ne vous attendez pas à une énorme mobilisation derrière une telle annonce....

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 926061 )Et ce n'est pas une raison par Eudoxie (2021-08-11 08:39:25) 
[en réponse à 926038]

Pour l'un ou l'autre de ses membres, de rire aux éclats sur un sujet pareil... clairement Traditionis Custodes est une mauvaise nouvelle pour tous les hommes de bonne volonté attachés au rit de Saint Pie V.
images/icones/neutre.gif  ( 926207 )Je me suis fais la même réflexion..... par Pol (2021-08-12 19:00:18) 
[en réponse à 926038]

....comment existe-t-on avec cette question des sâcres? Une obsession,
surement.Le mieux serait de ne pas réagir quand cette décision Historique est mentionnée. Ignorer simplement. Triste.
images/icones/neutre.gif  ( 926209 )ne vous inquiétez pas par Eudoxie (2021-08-12 19:15:45) 
[en réponse à 926207]

c'est juste une opinion, pas une obsession (franchement ma vie serait triste et asséchante si j'étais obsédée par une chose pareille).

Et je ne pense pas que ne pas être d'accord avec les sacres soit un empêchement pour mon salut. Donc tout va bien, détendons-nous.

Cette décision historique, comme vous dites, est contestable, et n'a rien d'absolument claire. Je pense que les prêtres ne racontent pas tout ce qui s'est passé en réalité, d'ailleurs ils ne sont pas forcément au courant. Les tractations entre Rome et Mgr Lefebvre sont trop opaques pour que je puisse croire en l'entière bonne foi de ce prélat (qui a par ailleurs mon estime).

Rester dans l'Eglise aurait pu servir à combattre les hérésies qui l'infestent de l'intérieur par exemple. Je trouve qu'au plus haut sommet de la FSSPX règne un certain orgueil, une certitude d'avoir entièrement raison. Dommage que la "ligne dure" l'ait emporté avec l'élection de l'abbé Pagliarini.
images/icones/4b.gif  ( 926048 )Pitoyable par Alanian (2021-08-11 02:24:27) 
[en réponse à 926011]

ces curés qui pleurnichent de pourquoi le méchant François les a fait ceci s' ils veulent rester tout autant 'traditionnels' que conciliaires et qu' ils avalent toutes les erreurs de la nouvelle messe, du Concile Vatican II du chéri "St" Jean XXIII et pourquoi pas du futur "St" Benoît XVI...
images/icones/heho.gif  ( 926053 )Réaction pitoyable ! par Johanis (2021-08-11 08:09:16) 
[en réponse à 926048]

Réaction pitoyable ; qelle dénote les dispositions dénoncées par François (le rejet de l'Eglise officielle d'après le concile et de la messe de Paul VI). Ces dispositions ne sont pas celles de la plupart de ceux qu'il sanctionne par TC, mais ce sont les dispositions effectives de beaucoup de soutiens de la FSSPX et autres.
images/icones/neutre.gif  ( 926055 )FSSPX par Roger (2021-08-11 08:18:56) 
[en réponse à 926053]

La FSSPX refusant par principe d appliquer les décisions romaines qui lui déplaisent...et refusant même qu un évêque diocésain vienne confirmer des enfants chez "elle", elle est peu concernée par ce débat en effet.

Ce qui ne lui interdit pas de mettre en valeur ce qui la sépare du saint-siège, dont l attachement à la Tradition doctrinale et liturgique, et de tendre la main aux prêtres et fidèles ED inquiets et désorientés...

Mais il est clair que la moquerie ne va pas avec la main tendue...
images/icones/fleche3.gif  ( 926072 )Soyons cohérents trois minutes par Pétrarque (2021-08-11 09:49:39) 
[en réponse à 926055]

Pourquoi la FSSPX irait-elle solliciter les évêques diocésains ?

Les évêques français ont été les premiers à dénigrer la FSSPX en qualifiant Écône de "séminaire sauvage", avec toutes les conséquences que tout le monde connaît et sur lesquelles il est parfaitement inutile de s'étendre.

Ceci dit, je puis témoigner que des membres de la FSSPX peuvent parfois se montrer très cordiaux avec le clergé diocésain, et avec des prêtres de communautés ED.

J'ai moi-même accompagné un prêtre diocésain à Écône il y a quelques années. Il y a été très bien reçu, a célébré sa messe dans la chapelle de Notre-Dame des Champs (dans le rite de 1962, évidemment) et il a déjeuné à la table du Supérieur, qui était, à cette époque, et si j'ai bonne mémoire, l'abbé de Jorna.

J'ai aussi assisté à un échange très fraternel entre un prieur FSSPX et un ancien supérieur de district FSSP, qui s'est prolongé jusqu'à une heure avancée, et dans lequel j'ai vu un réel moment de communion.

Je ne vois pas l'utilité d'entretenir les divisions, surtout en ce moment, où l'union est plus nécessaire que jamais.
images/icones/neutre.gif  ( 926089 )Vous avez raison par Luc de Montalte (2021-08-11 11:02:00) 
[en réponse à 926072]

J'ai l'impression que les divisions sont plus le reflet de quelques fidèles exaltés ou s'achetant un brevet de radicadité que du clergé lui-même. Un peu triste de voir qu'on discute plus de ces divisions sur ce forum que des conséquences de TC.

Entre ceux qui parlent de "ralliés" tous les trois mots ou ceux qui discutent la validité des sacres tous les trois messages, ce n'est pas très édifiant.
images/icones/neutre.gif  ( 926139 )Si par Eudoxie (2021-08-11 21:37:59) 
[en réponse à 926089]

Personnellement je trouve ce Motu proprio catastrophique, même des non-tradis le disent. J'apprends que des carmes célèbrent en privé la Messe de Saint Pie V : ils vont devoir obtenir l'autorisation de l'évêque, alors que hiérarchiquement ils relèvent de leur supérieur religieux. Tout se complique administrativement, parce que le but de cette Messe, c'est de l'empêcher avec des obstacles administratifs et procéduriers compliqués, pour rendre la vie impossible aux fidèles et aux évêques qui doivent réaliser des contrôles compliqués sur l'orthodoxie de leurs paroisses...

Espérons que l'image de ce pape en prenne un coup, de telle manière qu'on se rende compte de qui il est: un dictateur. Ce Motu proprio n'a aucun sens, aucune applicabilité, aucun intérêt spirituel, et est anti-pédagogique.

PS: je ne remets pas en cause la validité des sacres, rassurez-vous^^
images/icones/neutre.gif  ( 926142 )[réponse] par Eudoxie (2021-08-11 21:40:49) 
[en réponse à 926139]

Le but de ce Motu proprio, pardon, et non de cette Messe.
images/icones/neutre.gif  ( 926195 )C'est le syndrome constantinopolitain par Candidus (2021-08-12 15:31:04) 
[en réponse à 926089]

Le 29 mai 1453, alors que le sultan Mehmet II était sur le point de briser la résistance chrétienne et d'entrer dans la ville, les Byzantins se querellaient sur la nature angélique.