Le Forum Catholique
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( 924527 )
Levée du secte de la confession par Gereo (2021-07-25 21:55:39)
Le secret de la confession est inviolable. Un prêtre ne peut en aucun cas parler de ce qu'il a entendu en confession. C'est ce que je croyais avant de lire la correspondance Journet-Maritain à propos du père Thomas Philippe et de l'une de ses victimes.
Lettre de Maritain à Journet (25/08/1951)
Ce que vous m'écrivez du Père Thomas me consterne !, Pouvez-vous me donner un peu plus de précisions, me dire de quelle nature sont ces «directions folles » ? Il me semble qu'il faudrait que l’un de vous trois — probablement son frère — parle franchement et à fond avec lui. D'abord pour lui donner une chance de se défendre et de s'expliquer. Ensuite, au cas où l'explication ne serait pas satisfaisante, pour tout faire pour l'éclairer et l'amener à comprendre qu'il s'est trompé.
Tout le monde peut se tromper, la question est de pouvoir le reconnaître. S'il s'est trompé en matière si grave et si maintenant il ne le comprend pas, alors j'avoue que de très sérieuses questions se poseraient dans mon esprit au sujet de l'Eau Vive. C'est au nom du bien spirituel qui se fait là que nous avons passé sur cet irrationalisme dans l'organisation (absence d') qui de soi nous est si pénible.
Mais s'il y a quelque illusion latente et risque de déviation dans le spirituel lui-même, si l'Eau Vive risquait de devenir une espèce de Port-Royal quiétiste ! Alors nous tous aurions des mesures à prendre, si douloureuses qu'elles soient. C'est pourquoi je vous suis si reconnaissant d'avoir demandé l'autorisation de lever le secret de la confession pour m'en parler, et vous supplie de me tenir au courant et de m'éclairer davantage autant que possible. Connaissant les vertus et l'humilité du Père Thomas j'aurais été porté à penser que le diable et la psychologie humaine ont brouillé les cartes, mais je dois bien l'avouer: la brume au sein de laquelle notre ami aime à agir, et ce que je vous écrivais dans ma dernière lettre de sa théologie, et l'absence en lui de certaines intuitions thomistes fondamentales, tout cela m'inquiète énormément. Je comprends que le pauvre Père de Menasce «souffre mille morts».
Lettre de Journet à Maritain (2/01/1952)
Et moi, Jacques, je ne suis pas non plus Français (sinon de cœur). Je ne suis pour rien dans l'Eau Vive, et bien trop maladroit pour pouvoir vous aider. J'ai essayé de rester derrière le décor, pensant que c'était aux dominicains à régler la situation. J'aurais voulu que la normalisation vint du P. Dehau ; mais il finit par dire oui toujours au P. Thomas qui plaide coupable et s'humilie.
Et le P. Marie Dominique est aussi sans résistance devant le P Thomas.
Alors, pendant l'absence du P. de Menasce, je me trouvais entre d’une part l'Eau Vive et d'autre part le scandale de deux des victimes à qui il semblait qu'on laissait tout en place, et que le P. Thomas finirait par ensorceler tout le monde. L'une savait très bien qu'en donnant l'autorisation à un Père de Paris d'user de ce qu'elle lui avait dit en confession, elle pourrait renverser du coup le P. Thomas et sans doute en même temps l'Eau-Vive. Je ne lui ai jamais défendu de le faire. J'ai expliqué que je cherchais à sauver l'Eau Vive et tout le grand bien qui s'y faisait, en faisant obstacle à tout ce qui serait dorénavant trouble ; que je pensais qu'il valait mieux y aller progressivement que par un coup d'état ; mais que si elle désirait tout révéler, je ne pouvais le lui interdire. Elle ne l'a pas fait. La pauvre, elle était même tentée de retourner se mettre sous la direction du P. Thomas. C'est alors que j'ai écrit au P. Thomas pour lui demander de liquider la communauté féminine de l'Eau Vive.
On comprend dans cette correspondance que l'une des victimes du P. Thomas s'est confiée en confession à l'abbé Charles Journet sur les abus (sexuels) du P. Philippe et que Journet a demandé à sa pénitente l'autorisation pour en parler à son ami Maritain.
La question est : un prêtre peut-il selon le droit canon lever le secret de la confession avec l'autorisation du pénitent ?

( 924528 )
Secret de la confession, pas secte ! par Gereo (2021-07-25 21:57:08)
[en réponse à 924527]
lapsus calami !

( 924529 )
visiblement par Eudoxie (2021-07-25 22:06:14)
[en réponse à 924527]
Journet n'a pas dit clairement à Maritain de ce dont il s'agissait. Le secret de confession est donc sauf, et Journet demande effectivement aux autorités compétentes l'autorisation de lever ce secret, afin que justice se fasse.
En soi le secret de confession est strictement inviolable, en toutes circonstances.

( 924530 )
Droit canonique et droit pénal s'opposent par Ptitlu (2021-07-25 22:12:23)
[en réponse à 924529]
Mais qu'en dit le droit exactement ? Le droit canonique, celui de l'Église catholique, est très clair sur la question, rapportait La Croix en 2016 : « Le secret sacramentel est inviolable ; c'est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d'une autre manière et pour quelque cause que ce soit. » « Le secret de la confession garantit la liberté de la personne dans sa relation à Dieu. Ce n'est pas au prêtre que parle le pénitent, mais à Dieu lui-même », expliquait alors le père Xavier Lefebvre, curé de la paroisse Saint-Louis-d'Antin à Paris.
Secret professionnel et exceptions
Le droit français assimile, lui, le secret de la confession au secret professionnel des avocats ou des médecins, et sa levée est punissable. Néanmoins, le Code pénal « impose ou autorise la révélation du secret » dans certains cas, comme lors d'atteintes sur des mineurs ou des personnes vulnérables. La jurisprudence distingue aussi les conditions dans lesquelles la confession s'est déroulée pour déterminer si la notion de secret professionnel s'applique.
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En pratique je connais plusieurs prêtres qui sont passés outre le secret de confession, pour des motifs graves (meurtre, intentions suicidaires, mœurs)
Deux qui ne sont pas passés outre mais ont encouragé le confessé à aller se dénoncer
Et un, (toujours) en poste dans un institut traditionel, qui est passé outre le secret de la confession de son propre chef, en motivant cela par la nécessité de lutter contre le péché - sauf que ce n'était pas vrai et il a manqué de peu de briser une famille. Qui est heureusement restée tradi mais va dans une autre paroisse.

( 924539 )
Nous ne le saurons sans doute jamais par Gereo (2021-07-26 00:23:44)
[en réponse à 924529]
A propos de l'affirmation de Maritain :
"Ce que vous m'écrivez du Père Thomas me consterne !"
la note des éditeurs de la correspondance précise :
"Une lettre de C. Journet, manifestement confidentielle au sujet des difficultés de l'Eau Vive, n'a pas été conservée par Maritain"
Si le sujet vous intéresse, il y a cette page WKP :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_de_l%27Eau_vive

( 924535 )
Autorisation ...du pénitent !... par Sacerdos simplex (2021-07-25 23:01:52)
[en réponse à 924527]
Si le pénitent donne son accord (en toute liberté), alors il n'y a pas de problème !...
Ces lettres sont très compliquées, alors par pitié, s'agissant de questions ultra-graves, il vaudrait mieux que les laïcs ne glosent pas sur ces sujets : "Je connais des prêtres qui...".
Peut-être qu'il y a des nuances qu'ils n'ont pas compris. Ou carrément qu'ils ont compris tout autre chose !...
Moi, je n'en connais pas, après quand même avoir côtoyé bien des prêtres en mes longues années de sacerdoce !...

( 924536 )
Oui par Candidus (2021-07-25 23:05:06)
[en réponse à 924527]
Cela dépend entièrement du pénitent. Nous pouvons tous lever le secret de nos confessions en révélant ou en permettant que le prêtre rapporte ce dont nous nous sommes accusés.
D'ailleurs, à qui cela n'est-il pas arrivé de dire : je me suis confessé de tel péché et le prêtre m'a dit, etc.

( 924537 )
Il suffirait, sinon, au pénitent de répéter la chose par Vexilla Galliae (2021-07-25 23:11:09)
[en réponse à 924527]
, au même prêtre, mais cette fois en dehors de la confession... Ce serait un peu inutile et hypocrite.

( 924538 )
Ni inutile, ni hypocrite !... par Sacerdos simplex (2021-07-25 23:38:11)
[en réponse à 924537]
Il n'y a aucune raison de dire que ce serait inutile et hypocrite !...
Au passage, pour l'info des liseurs, le confesseur doit avant tout demander l'autorisation préalable générale :
"M'autorisez-vous à aborder avec vous un sujet dont avez parlé en confession ?...
- Oui. [s'il répond non, c'est terminé]
- Il s'agit de tel sujet..."
J'encourage les laïcs à éviter de parler de ce sujet, particulièrement sensible : en effet, toute expression maladroite pourrait décourager quelqu'un de se confesser d'une faute grave.

( 924546 )
Merci monsieur l'abbé par Bertrand (2021-07-26 08:37:04)
[en réponse à 924538]
Arrêtons de transformer ce forum en café du commerce où des commères et compères rapportent des ragots et des "on dit" de troisième et quatrième main!

( 924562 )
Oui, excusez-moi par Eudoxie (2021-07-26 12:32:00)
[en réponse à 924538]
je vous prie, j'ai parlé trop vite. Il vaut mieux que ce soit vous qui répondiez. Je ne pensais pas que le secret de confession pouvait être levé d'une manière quelconque.