Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 924470 )Abbé de Tanoüarn: ''C'est François qui contredit la communion'' par Chicoutimi (2021-07-25 04:40:25) 

Des propos recueillis par Aurore Leclerc publiés sur L'incorrect:

Abbé Guillaume de Tanoüarn: ''Traditionis Custodes vise l'extinction du rite traditionnel''

23/07/2021

Le motu proprio Traditionis Custodes édicté par le pape François a déclenché incompréhension, tristesse et colère chez beaucoup de fidèles attachés à la célébration de la messe en forme extraordinaire du rite romain. Pour l’abbé Guillaume de Tanoüarn, cofondateur de l’Institut du Bon-Pasteur et ancien directeur du centre Saint-Paul à Paris, il y a là une volonté manifeste de séparer ce qui tendait à la communion. Entretien.

Avez-vous été surpris par la soudaineté et la sévérité des mesures édictées dans le motu proprio Traditionis Custodes?

''Oui, je ne m’attendais pas à ce que le pape François tape aussi fort. Au fond, ce motu proprio, purement disciplinaire, n’est pas doctrinal. Disciplinaire, car il s’agit pour le pape François de détruire la fécondité des instituts Ecclesia Dei, et du mouvement traversant l’Église en ce moment, et qui mène à une communion des rites. On s’est aperçu que le rite ancien pouvait apporter le sacré, la transcendance et l’adoration, quand le rite nouveau amenait la participation et la proximité. Depuis 1988 et le motu proprio Ecclesia Dei de Jean Paul II, l’Église a progressivement pris conscience de la complémentarité des rites.

Je pense que beaucoup de jeunes prêtres en paroisse pratiquaient un mélange des deux et apportaient à leurs fidèles une part de la verticalité du rite traditionnel. Je m’inscris parmi ceux qui insistent sur la participation au sein du rite traditionnel, et je crois qu’il est très important pour l’avenir du rite traditionnel de développer cette réalité.

Nous étions dans une situation apaisée, rien à voir avec les conflits des années 70, 80 voire 90. Et brusquement, le pape François décide de déterrer la hache de guerre. Son motu proprio est clairement écrit pour réaliser l’extinction du rite traditionnel. L’exemple le plus frappant – outre le fait qu’il refuse toute nouvelle implantation – est que les prêtres ordonnés après ce motu proprio, ne pourront dire la messe traditionnelle qu’en demandant l’autorisation à leur évêque, qui lui-même demandera à Rome si c’est opportun. Autant dire que dans l’esprit du pape, cela ne sera jamais opportun. Il s’agit en fait d’une interdiction déguisée, et pas très bien déguisée d’ailleurs.''

Comprenez-vous les griefs du souverain pontife à l’égard des traditionnalistes, à savoir que la liturgie traditionnelle est utilisée pour rejeter le concile Vatican II?

''Je m’oppose fortement à un quelconque fétichisme de Vatican II. Fétichisme qui n’a rien à voir avec l’infaillibilité théologique du concile lui-même. Il s’agit d’un concile pastoral qui est intervenu dans l’histoire de l’humanité à un moment d’extraordinaire optimisme. Or aujourd’hui nous sommes dans une période extrêmement sombre, extrêmement noire. L’optimisme qui a fait Vatican II est donc bien oublié. L’Église ferait bien de s’adapter à la nouvelle donne sociale à laquelle elle a affaire, notamment l’appauvrissement des populations dites « riches », au désespoir et à la perte généralisée des repères. Sans parler de la violence entre les religions, engendrée par les revendications de l’islam radical. Le recours à la vertu universelle de Religion pour un dialogue inter-religieux apaisé (prôné par Vatican II) ne suffit plus, surtout à l’heure où l’on découvre que la religion au son d’ «Allah Akbar» peut devenir un vice meurtrier.

Nous sommes dans un temps complètement différent des années 70. Il est donc naturel que les catholiques cherchent autre chose que Vatican II pour y faire face. Cela ne constitue pas une condamnation de Vatican II en soit, mais ce concile est l’expression d’un autre temps, d’une autre époque. Et je crains que le vieux pape que nous avons, ne sache pas discerner cette vieillesse de Vatican II.''

Le pape écrit que le comportement des traditionnalistes «contredit la communion, nourrissant cette pulsion de division […] C’est pour défendre l’unité du Corps du Christ que je suis contraint de révoquer la faculté accordée par mes prédécesseurs». Que pensez-vous de cette déclaration?

''Je pense que c’est lui qui contredit la communion. Nous sommes dans un cas de figure rare, envisagé par les théologiens, où le pape détruit une communion qui est en train de se faire et à laquelle il faut évidemment du temps, mais aussi une vraie confiance des uns envers les autres. Et c’est cette confiance qu’il détruit. Qu’un pape puisse défaire ce que son prédécesseur a fait, avec une telle facilité, en deux pages, cela pose un problème sur l’institution qu’il dirige et sur sa fiabilité. D’ailleurs, le pape avait déclaré lors d’une de ses conférences dans un avion (qui lui sont familières), au journaliste de La Croix Nicolas Senèze, qu’il n’avait pas peur des schismes. Cela au mépris de sa tâche de pasteur, de rassembleur. Nous ne pouvons que constater aujourd’hui qu’il n’a effectivement pas peur des schismes, de trancher dans le vif, de couper, de séparer, plutôt que d’unir.''

Sur le plan pratique, qu’est-ce que cela va changer pour les diverses communautés?

''D’abord, les nouvelles assemblées ne pourront être le fait que de l’évêque du lieu. Les instituts de droit pontifical qui ont été créés pour guérir les blessures du combat liturgique des années 70 n’ont plus le droit de s’installer quelque part, de créer de nouvelles structures, de grandir. En un sens hallucinant, elles n’ont plus le droit d’être le « levain dans la pâte », comme le prescrit pourtant l’évangile à chaque chrétien. À terme, il s’agit donc bien de supprimer ces communautés en obtenant d’abord l’extinction du recrutement des séminaires. En effet, sans implantation nouvelle, les jeunes séminaristes n’auront pas d’autre choix que de devenir les doublures de leurs aînés.

Ce que la hiérarchie actuelle de l’Église ne comprend pas, c’est ce recrutement des prêtres au sein de la tradition, comparé aux séminaires « nouvelle manière » supposément adaptés au temps et au lieu. Alors, ne comprenant pas cette expansion, le pape joue le tout pour le tout dans ce motu proprio pour la détruire, au risque de pénaliser l’Église. Visiblement, on préfère une Église définitivement pauvre en prêtres, mais au sein de laquelle on aura méthodiquement détruit toute forme de concurrence.''

À terme, craignez-vous la non-reconnaissance de l’ordination des prêtres venant des communautés traditionnelles par le Saint Siège?

''Non car théologiquement cela n’est pas possible. Autant il y a une tentation absolutiste chez François, autant il ne peut pas faire absolument n’importe quoi avec le dogme. Un évêque qui reçoit le sacrement de l’épiscopat – comme l’a fait comprendre Vatican II qui a théorisé la sacramentalité de l’épiscopat – ne peut voir invalidées les ordinations qu’il réalise. La question de la validité des ordinations n’est donc pas en cause. Mais le but est de les empêcher, et surtout d’envoyer ce signal aux jeunes aspirants prêtres que s’ils choisissent les instituts Ecclesia Dei, ils seront promis à un cursus ecclésiastique avorté d’avance. Ils n’auront pas de mission, pas de travail. C’est déjà ce que nous vivons un peu à l’Institut du Bon-Pasteur, puisque nous sommes réputés comme étant « les plus méchants ». Les évêques ne nous « trouvent » pas de travail, ou refusent littéralement celui que l’on apporte.''

Que deviendront les prêtres qui ne seront plus autorisés à célébrer la messe sous le missel de 1962?

''Ils n’auront pas d’autre choix que de célébrer la messe sous le nouveau missel, sauf à en faire la demande au pape lui-même. C’est une absurdité doctrinale, parce que la liturgie est essentiellement tradition. C’est la loi de la prière qui détermine la loi de la foi, et pas l’inverse. Encore faut-il que cette loi de la prière ne soit pas émise par des commissions rapidement réunies de pseudos experts ou d’experts autoproclamés, comme l’avait déploré le pape Benoît. La liturgie est vraiment le lieu de la tradition, et pas le terrain d’affrontement des dernières forces chrétiennes, hâtivement rangées en Église.''

Source
images/icones/carnet.gif  ( 924471 )Clement Harrold: ''Un temps pour la colère'' par Chicoutimi (2021-07-25 05:07:31) 
[en réponse à 924470]

Traduction d'un texte de Clement Harrold, portant sur Traditionis Custodes, paru dans le Crisis Magazine:

Un temps pour la colère

20/07/2021

''Dans le onzième chapitre de l'Évangile de Jean, on nous dit que Jésus pleura la mort de son ami Lazare. On croit généralement que c'était simplement Notre-Seigneur exprimant son chagrin.

Cependant, certains érudits soutiennent que les larmes de Notre-Seigneur dans ce cas étaient une expression non seulement de chagrin mais d'une rage sainte et terrible. À deux reprises, le texte observe que Jésus était «profondément ému d'esprit et troublé» (vv. 33, 38), la même expression grecque utilisée pour décrire le cabrage des chevaux de guerre avant de se lancer dans la bataille. (...) Face à la destruction de la belle création de son Père et à la mort de son ami bien-aimé, Jésus n'était pas seulement triste. Il était furieux.

Dans son récit de la colère, saint Thomas d'Aquin note que face à l'injustice, «le manque de colère est signe que le jugement de la raison fait défaut» (ST II-II.158.8). Cette logique est quelque chose que nous trouvons illustré dans la vie de Notre-Seigneur, non seulement au tombeau de Lazare, mais aussi dans le temple avec les changeurs, dans ses échanges avec les pharisiens, et devant le roi Hérode. Avec l'avènement, lors de la fin de la semaine dernière, du motu proprio Traditionis Custodes («Gardiens de la Tradition») du Saint-Père – un titre orwellien s'il en est un – nous ferions bien de rappeler cette sainte rage que nous trouvons dans la vie de Notre-Seigneur.

Pour ceux qui sont béatement mal informés, il convient de noter que le nouveau document du Vatican sert de répression radicale contre la pratique publique de la messe latine traditionnelle, avec un souci particulier d'éliminer son utilisation parmi les futurs prêtres. Réalisé avec «la sollicitude pour toute l'Église», le fait accompli du Saint-Père a été présenté comme une tentative «d'aller toujours plus loin dans la recherche constante de la communion ecclésiale». Une recherche qui entraîne maintenant l'extirpation délibérée des dévotions liturgiques de millions de catholiques traditionalistes.

L'arrivée de Traditionis Custodes n'est rien de moins qu'une déclaration de guerre totale contre les catholiques traditionalistes en tout lieu. Bien plus que cela, cependant, c'est une attaque directe contre tous les fidèles catholiques de bonne volonté, quelles que soient nos préférences liturgiques. Il ne s'agit pas simplement d'un autre «problème tradie», c'est un ''problème catholique'' qui nous concerne tous. Agité et alarmé par la croissance explosive des milieux traditionalistes, le Saint-Père a jugé nécessaire d'intervenir d'une manière où est notoirement absente la «miséricorde», l'«accompagnement» et la «synodalité» qu'il aime prêcher. (Pour un pontife qui critique les traditionalistes comme rigides, Traditionis Custodes est un document remarquablement cruel) Je dis tout cela, d'ailleurs, non pas en tant que participant régulier à la messe traditionnelle en latin, mais simplement en tant que jeune catholique orthodoxe qui choisit actuellement d’assister au Novus Ordo célébré avec révérence.

Sous la façade de l'unité, le pape François a déterminé que les catholiques qui cherchent réellement à vivre l'enseignement de l'Église et à défendre ses traditions sont l'ennemi ecclésial n ° 1. Pendant huit ans, ses actions ont poussé les catholiques traditionalistes à la marge, et maintenant il a décidé que les marges devaient être éliminées. Dans la poursuite obstinée de l'uniformité idéologique, il a déclenché une division énorme et profondément douloureuse. La situation s'apparente à un lépreux qui coupe son seul membre sain au nom de l'unification de son corps. Pendant ce temps, bien sûr, les tendances ouvertement schismatiques de l'église allemande, la conduite honteuse des politiciens pro-avortement, et les ambiguïtés et la confusion répétées et propagées par le P. James Martin continuent d'être incontestées.

Pour mes pairs et moi-même, qui avons grandi dans l'Église du XXIe siècle, cette expérience n'est pas sans rappeler le scandale et la corruption auxquels nous nous sommes habitués. En tant que membres de la génération Y et membres de la génération Z, nous avons grandi en apprenant à respecter et à obéir à nos pères spirituels, pour assister à maintes reprises à la trahison complète et totale de cette confiance. Nous avons recherché une doctrine authentique et une belle liturgie, mais nous avons été seulement moqués et méprisés par l'Église institutionnelle pour avoir osé remettre en question le statu quo ou pour avoir ''secouer le bateau'', même lorsque le bateau coule. Nous avons été appelés rigides, extrêmes, sans compassion et pire encore; tout cela parce que nous avons eu l'audace de demander le vrai catholicisme, et non pas une alternative pseudo-religieuse à moitié cuite, complaisante.

N'oublions pas que l'Église catholique de 2021 est confrontée à une situation où deux croyants sur trois aux États-Unis expriment leur incrédulité dans le mystère central de leur foi. Nous sommes confrontés à une situation où la confusion doctrinale fait des ravages, les prédicateurs hérétiques se déchaînent et Rome reste silencieuse. Nous sommes confrontés à une situation où la hiérarchie est boursouflée, miasmique et efféminée, et où de larges pans de l'épiscopat ont abandonné leur devoir consistant à sauver les âmes parce qu'ils ont plutôt concentré leurs efforts sur la justice sociale et l'approbation mondaine. Nous sommes confrontés à une situation de vieilles églises mourantes avec des liturgies horribles et une fréquentation en chute libre. Nous sommes confrontés à une situation où, pour parler franchement, la grande majorité de nos évêques ont du sang sur les mains pour leur échec total à faire respecter le droit à la vie par les urnes. Et nous sommes également confrontés à une situation où, malgré le manque de colonne vertébrale pour confronter les politiciens à leur position pro-avortement, Rome a maintenant l'audace de s'attaquer à l'une des seules parties de l'Église qui essaie réellement de vivre pleinement l'Évangile.

Ceux d'entre nous qui assistent à la messe traditionnelle latine ou qui sont sympathiques à sa pratique en ont assez. Et nous sommes en colère. Nous sommes en colère contre notre culture cruelle, perverse et égoïste qui a paralysé des familles et réduit en esclavage des millions d'individus. Mais plus encore, nous sommes en colère contre cette idée corrompue de la religion, cette notion pervertie de l'Église qui a permis à tout cela de rester incontesté. Nous sommes en colère contre nos pères spirituels qui nous ont trahis et blessés à chaque instant. Nous sommes en colère contre leur complicité dans la crise des abus, leur lâcheté face aux élections, et leur mondanité face au COVID-19.

Oui, nous avons besoin de charité. Oui, nous avons besoin d'obéissance. Mais nous en avons fini de confondre l'obéissance avec un cléricalisme vil, obséquieux et dangereux, et nous rejetons l'hypothèse selon laquelle la vraie charité exclut une juste colère. Nous connaissons nos droits et nos devoirs en tant que laïcs, et nous n'aurons plus peur de les exercer (CEC 907 ; CCL 212 ; ST II-II 33.4). Nous ne resterons pas les bras croisés pendant que ces loups déguisés en mouton cherchent à tromper et à dévorer les membres de notre famille et nos amis.

Ce n'est pas du sensationnalisme. C'est une évaluation sobre des faits, aussi désolants soient-ils. Pourtant, nous sommes réconfortés par le fait que notre allégeance ultime ne réside pas avec un évêque en particulier ou même avec le pape, mais plutôt avec le Christ et son Corps mystique. Car cela, rappelons-le, est l'Église dans son véritable état : l'épouse du Christ, sans tache ni ride, insondable dans sa beauté, dont la bannière continue de flotter fièrement sur la cité céleste au-dessus. C'est notre allégeance, notre droit d'aînesse, et c'est pour cela que nous nous battons.

Nous pensons ici à saint Thomas More qui, dans son chef-d'œuvre Utopia, observa sèchement que les prêtres de l'île étaient très saints et donc très peu nombreux – une critique à peine voilée de l'Église de son temps. C'est pourtant cette même Église qu'il a défendue jusqu'à la mort, même après que ses bergers l'aient abandonnée. Telle est aussi notre vocation. C'est dans cet esprit que je propose les recommandations pratiques suivantes comme un appel aux armes, autant pour moi-même que pour le lecteur :

Premièrement, nous devons grandir dans la prière. La relation avec Dieu est la chose la plus importante que nous puissions faire, et sans elle tous nos efforts humains sont vains. C'est aussi la prière qui nous permettra de mieux nous attaquer aux échecs de notre propre vie avant d'être distraits par les problèmes «dehors». Un engagement quotidien sans compromis dans la prière est une nécessité primordiale pour tout chrétien – et nous devons prier pour le Saint-Père et les évêques en particulier.

Deuxièmement, nous devons nous engager dans un jeûne régulier. Les forces du mal qui assaillent la Sainte Mère l'Église aujourd'hui ne seront pas chassées par la seule prière. L'ancienne pratique ascétique du jeûne est également essentielle. S. Augustin l'a décrit ainsi : ''Le jeûne purifie l'âme, élève l'esprit, soumet sa chair à l'esprit, rend le cœur contrit et humble, disperse les nuages de la concupiscence, éteint le feu de la luxure, allume la vraie lumière de la chasteté.''

Troisièmement, nous devons pratiquer la dîme intentionnelle. Si vous vivez dans un diocèse avec un évêque infidèle, vous devriez arrêter de donner de l'argent pendant l'offertoire à la messe et commencer à faire un don directement à votre pasteur. À moins de circonstances exceptionnelles, en outre, nous devrions tous donner au moins 10 % de nos revenus pour soutenir les pauvres, le mouvement pro-vie, et en particulier les mouvements au sein de l'Église qui restent fidèles à sa mission.

Quatrièmement, nous devons agir. Partout où Dieu nous appelle à être plus radicaux dans nos vies, nous devons être prêts à répondre, que ce soit quelque chose de simple comme installer des filtres Internet pour vos enfants, ou quelque chose de plus radical comme changer de paroisse ou déménager pour rejoindre un diocèse plus sain.

Cinquièmement, nous devons prendre au sérieux notre formation. Nous avons besoin d'étudier, d'apprendre la foi, de grandir dans la discipline. Peut-être apprendre le latin. Et si vous avez des enfants souffrant d'une mauvaise formation à l'école, vous devez immédiatement les retirer de l'école et commencer à faire l'école à la maison et dire à vos amis et à votre famille de faire de même. Les enjeux sont tout simplement trop élevés pour que chacun d'entre nous soit complaisant.

Enfin, sixièmement, nous devons contre-attaquer. Que nous soyons traditionnels, charismatiques ou quelque part entre les deux, nous devons écrire à nos évêques pour exprimer notre consternation et les encourager à conserver la messe latine. Dans les diocèses où la messe latine a été maintenue, nous devons encourager les prêtres à commencer à la célébrer quotidiennement. Pour ces familles et amis dans les diocèses où l'évêque l'a réprimée, nous devons les encourager (et aider) à changer de diocèse et même à déménager si nécessaire.

Certes, nous vivons une époque troublée. Mais nos ancêtres dans la foi aussi. Et en ce sens, nous sommes en bonne compagnie. Nous pouvons en outre nous réjouir de savoir que le Christ a déjà gagné la guerre. (...) Dans notre combat contre les principautés et les puissances qui se sont installées dans notre Église bien-aimée, nous devons reconnaître que c'est maintenant le temps du courage, le temps de la colère, le temps de la sainteté.''

Source
images/icones/carnet.gif  ( 924472 )Même 'The Tablet' se porte à la défense de la messe traditionnelle par Chicoutimi (2021-07-25 06:10:50) 
[en réponse à 924470]

Traduction d'un texte de Daniel McGlone publié par The Tablet (un journal pourtant libéral) qui affirme que ''les mouvements contre la messe latine semblent typiques d'une haine cléricale envers les laïcs'':

À la défense de la messe traditionnelle latine

22/07/2021

''La lettre apostolique Traditionis Custodes récemment publiée par le pape François donne aux évêques locaux de nouveaux pouvoirs pour réglementer et restreindre l'accès des fidèles à la forme extraordinaire de la messe. La forme extraordinaire suscite souvent un degré d'incertitude et parfois d'hostilité de la part de ceux qui ne la connaissent pas. C'est l'expérience d'une personne.

Dans le film Mission de 1986, l'émissaire papal, le cardinal Altamirano, est envoyé pour rendre compte des missions jésuites du XVIIIe siècle dans la jungle paraguayenne. Il passe en revue les missions, apprend de leur travail, les nombres dont ils se soucient et comment ils ont apporté la foi aux gens. En écrivant sur les nouvelles restrictions imposées à la Forme Extraordinaire, je suis tenté de commencer de la même manière, en soulignant le nombre de centres de messe, le nombre de catholiques dont ils prennent soin, leur vaste travail social et spirituel, le bien qu'ils font. Au lieu de cela, j'écrirai sur une note plus personnelle.

Premièrement, il est important d'apprécier la vie catholique dans la partie particulière du monde où je suis. Je vis dans le diocèse de Ballarat, en Australie, un endroit dévasté par l'expérience des abus sexuels des laïcs par des prêtres et des religieux. Entre 1980 et 2015, 139 personnes ont été violées par 21 agresseurs, dont 17 prêtres, soit un peu moins de 10 % de la population de prêtres du diocèse.

Les clôtures des principales églises et institutions catholiques sont ornées de rubans, chacun symbolisant l'expérience d'un individu qui a été brisé par cette expérience d'abus sexuel soit directement, soit en tant qu'ami ou membre de la famille d'une victime. L'évêque actuel, d'une manière rituelle, a tenté de retirer les rubans sur les clôtures de la cathédrale locale, les plaçant tous dans une boîte en fer à placer dans un jardin commémoratif. Les habitants de Ballarat ne voulaient rien de tout cela. Ce sont d'anciens évêques de Ballarat qui ont permis que les abus se produisent. Ils avaient transféré des prêtres dans de nouvelles paroisses lorsque des plaintes d'abus sexuels étaient reçues. Cela faisait partie d'une stratégie visant à faire taire les choses, plaçant les intérêts du clergé concerné avant ceux des gens ordinaires. Les rubans ont donc été remis en plus grand nombre dès le lendemain. Les gens étaient fatigués du mépris des clercs et ne voulaient pas que l'évêque l'oublie.

J'ai 52 ans, je suis marié et j'ai deux filles, l'une a 13 ans et l'autre a 17 ans. Je travaille comme avocat. Ma femme a 48 ans et enseigne la littérature et le langage. Nous avons déménagé à Ballarat il y a 8 ans lorsque les filles avaient 5 et 9 ans. Ce fut une transition difficile. Nous venions d'une riche paroisse de Melbourne qui était sous la responsabilité de l'Opus Dei. Ballarat était un désert spirituel. En dehors des messes scolaires, l'assiduité à la messe semble être la réserve d'un très ancien attachement à une culture d'hymnes folkloriques que je trouvais dignes d'intérêt même lorsqu'ils ont été lancés pour la première fois il y a quarante ans. Cela semblait être une église coincée dans le temps (distorsion temporelle), coincée dans les années 1980 lorsque l'énormité du scandale sexuel ici a commencé à frapper à la maison; frappant au cœur de la foi de beaucoup et la tuant à mort. J'avais l'impression qu'ils n'avaient pas l'âge de mes enfants. Nous les élevions catholiques. Ils voulaient savoir pourquoi les choses étaient si différentes à Melbourne. Je ne voulais pas leur mentir mais comment pourrais-je leur expliquer que cette foi que j'avais dit être une source vitale d'amour et d'espoir avait été associée à un tel mal.

Il y a eu une sortie. Une petite enclave de laïcs qui organisait des messes selon les rubriques d'avant 1970. C'était une oasis. Les gens étaient ouverts et gentils. Avant la messe, il y avait la confession et le chapelet. Après il y avait des tasses de thé, des gâteaux et une conversation chaleureuse. Mes filles ont pu voir que ces personnes étaient vraiment dévotes et capables d'intégrer la foi, qu'elles ont exprimée avec tant de respect à la messe, dans leur vie quotidienne. Cela était immédiatement clair dans la gentillesse dont ces personnes ont fait preuve une fois qu'elles sont sorties de l'église pour aller vers le monde extérieur. Je me suis impliqué.

Pendant que j'assistais à la messe d'avant 1970 ici à Ballarat, je l'ai vue grandir. Elle semblait avoir un attrait pour les autres jeunes familles de la même manière qu'elle l'avait eu pour nous lors de notre arrivée. Les chiffres ont augmentés. Des gens de tous horizons : mécaniciens; employés du conseil; avocats; physiothérapeutes; agriculteurs; ouvriers; enseignants; nettoyeurs; infirmières; étudiants; sans emplois. J'ai toujours pensé qu'une paroisse n'est une paroisse que s'il y a un bébé qui pleure pendant la messe. Nous avons un petit chœur de jeunes qui font ce genre de vacarme. Le lieu est vital et vivant.

J'ai découvert que la messe latine, comme ils l'appellent ici, n'a jamais été populaire auprès du clergé. J'ai entendu toutes sortes de caricatures peu charitables décrites par des prêtres sur les cérémonies d'avant 1970 et les personnes qui les soutiennent. Ils lui semblent particulièrement hostiles, surtout les prêtres qui étaient moins engagés dans la foi en général, me semble-t-il. Mais comme beaucoup, j'en ai eu marre des aspirants (wanna-be) prêtres-célébrités il y a quelque temps. À l'université, la messe avait commencé à ressembler à une assemblée de maternelle présidée par un individu fragile que je devais mettre à l'aise plutôt que quelqu'un vers qui je pouvais me tourner avec mes propres besoins spirituels. J'avais besoin d'aller plus loin. J'ai étudié la philosophie avec mon diplôme de premier cycle. J'ai commencé à explorer différentes traditions que l'Église avait à offrir. Puis je suis tombé sur la forme tridentine. A travers elle, j'ai découvert l'extraordinaire mysticisme que la tradition catholique avait à offrir. J'ai découvert des personnages curieux comme Augustin, Roy Campbell, John Dobree Dalgairns, Huysmans et Caryll Houselander. Cette expérience de la messe est devenue un point d'ancrage spirituel lorsque mon expérience du monde séculier m'éloignait de l'Église. J'assiste aux deux formes de la messe mais je suis restée profondément attachée à la messe latine. C'est comme un vieil ami qui m'a guidé à travers une période sombre. J'y vais régulièrement et je n'ai pas été surpris dans un endroit aussi endommagé que Ballarat, qu'elle était là pour m'offrir, à moi et à ma famille, du réconfort.

Un peu sur moi. Je ne suis peut-être pas typique de ce que les gens pensent d'un participant à la messe latine. J'étais un étudiant militant avec une préoccupation particulière pour la justice sociale et l'environnement. J'ai régulièrement travaillé bénévolement avec les pauvres vivant dans la rue. J'ai pris cela dans mon travail où j'ai travaillé avec des Australiens autochtones et des personnes socialement marginalisées. Je me suis présenté au parlement pour le Parti travailliste australien, le parti social-démocrate ici. En même temps, j'ai travaillé pour l'église après avoir été consultant sur des questions juridiques et présenté des propositions de politiques aux organismes gouvernementaux au nom d'organisations catholiques. J'ai essayé de vivre ma foi aussi publiquement et pleinement que possible.
La réalité est que je ne suis pas atypique. Les participants à la messe latine viennent de tous les horizons, d'une grande variété de milieux sociaux et de professions. Pourtant, malgré nos différences, nous nous réunissons tous dans un merveilleux esprit de communion en tant que catholiques.

Je voudrais dire en tant que catholique que je me sens régulièrement abattu par l'Église. J'ai parlé de l'horreur des abus sexuels. J'ai aussi vu de terribles abus financiers. Les paroisses que les familles aident à construire et auxquelles elles ont donné de l'argent à grands frais personnels pendant de nombreuses années ont été vendues sans préavis et pour peu d'argent. Les programmes pastoraux lancés en grande pompe avec une publicité coûteuse finissent par être une perte de temps coûteuse pour peu d'avantages. Et maintenant, les scandales financiers extraordinaires qui sortent de Rome.

Mais la chose la plus déprimante de toutes est le mépris que tant de membres du clergé semblent avoir pour les dévotions tranquilles des gens ordinaires. Il est difficile de ne pas penser que vous nous détestez. Nous ne vous avons fait aucun mal, donc la seule chose à laquelle je peux penser pour expliquer cette animosité est un dégoût pour les personnes vulnérables et l'obligation de prendre soin d'elles. Beaucoup de gens détestent leur travail après un certain temps, mais c'est une expérience dévastatrice pour le catholique moyen quand c'est un prêtre qui déteste son travail.

Les mouvements contre la messe latine me semblent typiques d'une haine cléricale envers les laïcs. Je ne comprends pas. Ceux qui assistent à la messe latine aiment l'Église. Nous aimons Dieu. Nous essayons de vivre une bonne vie en tant que catholiques. En tant que personnes ordinaires assistant à la messe, nous devrions être, pour les évêques et les prêtres, rien de moins que le visage du Christ. Je ne sais pas pourquoi nous justifions un tel mépris.

A la fin du film Mission, le succès des Pères Jésuites ne signifiait rien. Les missions étaient fermées. Cela a conduit à des réponses différentes. Le personnage de Robert de Niro, Rodrigo Mendoza, tente une résistance violente. Le personnage de Jeremy Irons, le Père Gabriel, choisit plutôt de marcher vers les soldats en portant solennellement un ostensoir, le Christ au Saint-Sacrement. La réponse de Rome fut la même. Les deux personnages sont brutalement mis de côté pour des agendas très éloignés des personnes dont ils s'occupaient.''

Source
images/icones/find.gif  ( 924476 )Journal de quel pays ? par Jean-Paul PARFU (2021-07-25 07:59:56) 
[en réponse à 924472]

Parfois, vous nous parlez aussi de tel ou tel évêque sans nous en dire davantage, comme récemment où je me suis renseigné et ai compris que vous nous parliez de l'archevêque de Montréal dans les années 70.
images/icones/union-jack.png  ( 924477 )C'est un journal... par Chicoutimi (2021-07-25 08:11:12) 
[en réponse à 924476]

britannique. Je tâcherai d'être plus précis la prochaine fois.

Même chose pour mon post ICI concernant l'abbé Yves Normandin (le traditionaliste le plus connu des Canadiens-français) et sa rencontre avec Mgr Paul Grégoire (qui était alors archevêque de Montréal) en 1975. J'aurais du apporter plus de précisions. Pour info, j'en avais parlé sur mon blog, en 2009, ICI (lorsque ce blog était encore actif).




images/icones/fleche2.gif  ( 924480 )Le Professeur Perrin... par Chicoutimi (2021-07-25 08:39:22) 
[en réponse à 924476]

qualifiait The Tablet de ''feuille néo-moderniste de très longe date et calamiteuse mémoire'' (ICI).

Et sur Wikipedia on y lit que The Tablet est ''un hebdomadaire catholique britannique de tendance libérale et contestataire publié à Londres'' (ICI).

D'où la surprise de voir un article à la défense de la messe traditionnelle publié dans ce journal.
images/icones/fleche2.gif  ( 924500 )Le Concile est dépassé et le dialogue est lénifiant. par Scrutator Sapientiæ (2021-07-25 12:38:53) 
[en réponse à 924470]

Bonjour Chicoutimi,

Merci beaucoup à Monsieur l'Abbé de Tanouarn, notamment pour sa réponse à la deuxième question qui lui est posée.

Oui, le Concile Vatican II est dépassé. Au demeurant, comment donc aurait-il pu en être autrement, puisque les clercs conciliaires, dans les deux sens de cet adjectif, ont entendu imposer à l'Eglise et aux fidèles, juste après le tout début des années 1960, c'est-à-dire juste après le tout début d'une rupture "anthropologico-civilisationnelle" absolument sans précédent, un "faisceau d'intuitions" dont on peut dire qu'il a été constitué, dans ses caractères fondamentaux, au plus tard à la fin des années 1930 ?

Il est même réaliste de considérer que ce Concile est encore plus dépassé depuis le début des années 2000 que depuis celui des années 1960, ce qui pose un problème considérable pour tous ceux qui adhèrent, globalement, à la vision des choses de Jean-Paul II et à celle de Benoît XVI, pour qui le Concile continue à constituer, encore aujourd'hui, une "boussole fiable".

Il est d'ailleurs assez cocasse que l'on ne se pose jamais la question de savoir pourquoi Paul VI n'a jamais voulu s'en tenir à cette "boussole fiable" (cf. Sacrosancto concilium), dans le cadre de sa réforme de la liturgie, et pourquoi Jean-Paul II a voulu aller vraiment très au-delà de la même "boussole fiable" (cf. Unitatis redintegratio et surtout Nostra aetate), dans le cadre de sa pratique du dialogue interconfessionnel oecuméniste et surtout dans celle du dialogue interreligieux inclusiviste.

Mais après tout, qui ne voit que dès l'année 1965, Paul VI a commencé à faire en sorte que cette "boussole fiable" soit complétée, pour ne pas dire corrigée, compte tenu de bien des omissions situées à l'intérieur de la boussole, par certaines de ses lettres encycliques, fort mal ou très peu prises en compte ?

Par ailleurs, je ne sais pas si le dialogue interreligieux est effectivement apaisé, mais je sais très bien qu'il est officiellement lénifiant, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 924522 )L'Eglise de V II s'est rapprochée d'un monde qui a continué à s'éloigner. par Scrutator Sapientiæ (2021-07-25 16:56:37) 
[en réponse à 924500]

Rebonjour,

Je vous prie de bien vouloir m'excuser, mais je complète ce que j'ai déjà écrit sur le caractère "dépassé" du Concile Vatican II.

Au moment et au moyen du Concile, les hommes d'Eglise ont cru devoir se rapprocher, dans le domaine des concepts et dans celui des valeurs, de l'environnement extérieur de l'Eglise catholique.

Cette approche aurait pu être féconde

- si cette ouverture pastorale ad extra avait été subordonnée à de la fidélité doctrinale ad intra,

mais aussi et surtout, ce point étant rarement évoqué,

- si cet environnement extérieur était resté à peu près le même, sous l'angle des catégories et des comportements, qu'avant le début des années 1960.

Or, le monde chrétien non catholique en général, et protestant libéral en particulier, ainsi que le monde contemporain en général, et occidental en particulier, ont, pour ainsi dire, tiré parti des années 1960 et des décennies qui ont suivi pour continuer à s'éloigner de ce qu'ils étaient jusqu'à la fin des années 1950.

En d'autres termes,

- nous avons été, hier, en présence d'une "Eglise du Concile" qui a entendu, il faut quand même bien le dire, "rattraper son retard" sur son environnement extérieur (le moins que l'on puisse dire est que c'était alors "un peu l'idée"...),

et

- nous sommes, aujourd'hui, en présence d'une Eglise néo-catholique post-conciliaire qui se condamne elle-même à continuer à s'adapter, à évoluer, à innover et à s'ouvrir, en vue de "l'unité", au bénéfice et à destination de partenaires, dans le cadre de tel ou tel dialogue, qui auront souvent, sinon toujours, une longueur d'avance sur elle, dans le domaine de la prise en compte et la mise en oeuvre de certains concepts disruptifs et de certains valeurs inclusives.

Tout ceci peut conduire à une certaine cohérence dans l'incohérence, et à la valorisation, à durée indéterminée, du Concile Vatican II, non en tant que modèle un tant soit peu régulateur, mais en tant que processus de plus en plus libérateur.

Par exemple, le Concile Vatican II n'a ni permis, ni prescrit, ni prévu l'orientation de l'Eglise néo-catholique post-conciliaire en direction d'une ouverture pastorale "gay-friendly", mais aucun partisan de cette orientation et de cette ouverture ne dira que celle-ci et celle-là ne sont pas vraiment ou vraiment pas "conciliaires"...

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 924526 )Un projet pastoral anachronique et révolu par Candidus (2021-07-25 21:46:44) 
[en réponse à 924500]

En gros le concile était supposé rejoindre l'humanité issue des transformations de l'après-guerre. L'époque où il s'est déroulé était celle des "Trente Glorieuses", elle correspondait à l'apogée du projet des Lumières, facilité par la prospérité économique et les progrès scientifiques (antibiotiques, TV, conquête de l'espace,...) qui caractérisaient le début des années 60.

Dans le chaos politique, social, sanitaire et économique actuel, nous avons du mal à nous remémorer cette période. Nous en retrouvons le parfum en relisant les textes du concile, plein d'optimisme, d'assurance, de confiance en l'homme dont Paul VI revendiquait pour l'Eglise la qualité d'« experte », et dont il proclama le culte dans une envolée lyrique qui demeurera à jamais la synthèse du projet conciliaire.

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. La modernité agonise sous les coups de boutoir du nihilisme post-moderne. La rationalité sûre d'elle-même, prospère et triomphante des années 60, a cédé la place au doute, à la repentance, au nomadisme et au culte de la diversité.

Quelle ironie ! Au moment où l'Eglise ouvrait largement ses bras à la modernité, où elle se compromettait avec l'idéologie progressiste dans l'espoir de bénéficier de sa gratitude et de sa bienveillance, ne voilà-t-il pas que ce monde s'effondre, déstabilisant sa toute récente groupie, et l'emportant dans sa chute.

Manifestement, la pastorale de l'ouverture et du levain dans la pâte a échoué, et les signes des temps en cette année 2021 n'ont plus rien à voir avec ceux d'il y a 60 ans ; le monde n'a jamais été aussi éloigné du message chrétien et il est plus que temps de repenser une pastorale missionnaire adaptée à cette réalité.
images/icones/1b.gif  ( 924532 )L'ironie était aussi par Ptitlu (2021-07-25 22:43:07) 
[en réponse à 924526]

Au moment où le monde s'ouvrait et que le voyage à l'étranger voire l'expatriation devenait un phénomène de masse, non plus seulement réservé aux élites, diplomates, spécialistes, soldats ou marins...

De renoncer à la messe en latin, unique et universelle qui permettait à tous de suivre la messe partout pour enfermer les chrétiens du monde dans autant de cases que leurs langues vernaculaires ou d'usage respectives.

Ça, je n'ai jamais compris, pour un Concile censé aller dans le sens de l'histoire ou le devancer, ils sont allés à rebours, ont perdu toute force en nageant vite et mal et le courant les a emportés.

Et ils se sont noyés.
images/icones/fleche3.gif  ( 924503 )Les prêtres par Ptitlu (2021-07-25 12:54:28) 
[en réponse à 924470]

Ils n’auront pas d’autre choix que de célébrer la messe sous le nouveau missel, sauf à en faire la demande au pape lui-même.

Ils auront le choix d'être fidèles au Pape ou à l'Eglise éternelle.

Ah, il faudra choisir, ce n'est jamais simple.