Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=921922
images/icones/carnet.gif  ( 921922 )L’histoire agitée de Summorum Pontificum par Jean Kinzler (2021-07-01 10:18:58) 

Alors que les spéculations sur une possible révision du motu proprio "Summorum Pontificum" régissant l’usage de la célébration de la messe sous la forme extraordinaire (en latin) se multiplient, retour sur la courte – mais agitée – histoire de ce texte.
La forme extraordinaire du rite romain est-elle menacée ? Pour certains tradis c’est une certitude, surtout depuis la rupture, largement commentée, entre le diocèse de Dijon et la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP). Installée depuis une vingtaine d’années dans le diocèse, la FSSP ne sera plus présente l’année prochaine à la demande expresse de l’évêque de Dijon, Mgr Minnerath qui déplore le refus des prêtres de cette communauté « Ecclesia Dei » de célébrer la messe selon la forme ordinaire du rite, même occasionnellement. Un choix qui intervient un peu plus d’un an après que le pape a ordonné une enquête sur le rite extraordinaire auprès de tous les évêques. Il veut savoir comment est appliqué le motu proprio Summorum Pontificum de 2007 par lequel le pape Benoît XVI a facilité l’usage de la liturgie selon le Missel de saint Pie V en vigueur avant le concile Vatican II. Parmi les questions posées aux évêques, on leur demandait notamment d’évaluer si l’emploi de la forme extraordinaire dans leur diocèse correspond à un « vrai besoin pastoral » et si les normes du motu proprio sont bien respectées.

Alors que plusieurs médias se font aujourd’hui l’écho d’une possible révision par le pape François de ce décret, il faut revenir sur sa courte – et agitée – histoire. Le 7 juillet 2007, après de « longues réflexions, de multiples consultations, et de la prière », le pape Benoît XVI publie un motu proprio appelé Summorum Pontificum – d’après les deux premiers mots du décret rédigé en latin qui signifient en français : Les Souverains pontifes. La lettre apostolique du pontife allemand énonce les deux formes du rite romain : l’une « ordinaire », selon le missel romain postérieur à Vatican II, publié par le pape Paul VI en 1969. Celle-ci généralise notamment l’usage des langues vernaculaires. L’autre « extraordinaire », selon le missel de saint Pie V édité pour la dernière fois par Jean XXIII en 1962, est célébrée en latin par un prêtre qui tourne le dos au peuple.

La messe en latin : une question hautement sensible
Dans les faits, le missel de saint Pie V n’a jamais été juridiquement abrogé. Lors de l’introduction du nouveau missel, au lendemain de Vatican II, il n’a pas semblé nécessaire de publier des normes propres concernant le missel antérieur. Rapidement, commente Benoît XVI dans une « lettre aux évêques » qui accompagne le motu proprio, les catholiques qui étaient restés attachés au rite tridentin — en référence au concile de Trente qui l’établit — et qui, contrairement au « mouvement conduit par l’archevêque Mgr Lefebvre », acceptaient clairement « le caractère contraignant du Concile Vatican II », par fidélité au pape et aux évêques, ont manifesté le désir de retrouver « la forme de la sainte Liturgie qui leur était chère ».



Jean Paul II y a apporté une première réponse avec l’indult spécial Quattuor abhinc annos, publié en 1984 par la Congrégation pour le culte divin, en concédant d’abord, sous certaines conditions, la possibilité de reprendre l’usage du Missel promulgué par Jean XXIII en 1962. Quatre ans plus tard, en 1988, avec le motu proprio Ecclesia Dei, Jean Paul II donne un premier cadre normatif pour l’usage du missel de 1962 et charge une commission du même nom de veiller à l’organisation des communautés « traditionalistes » dans le monde. Sans fournir de prescriptions détaillées, le texte fait appel à la générosité des évêques envers les « justes aspirations » des fidèles qui réclament cet usage du rite romain.

Au moment de l’élection comme évêque de Rome de Joseph Ratzinger, la réconciliation souhaitée par Jean Paul II avec la fraternité Saint-Pie-X – fondée par Mgr Lefebvre en 1970 – « n’a malheureusement pas encore réussi », regrette le pontife allemand. En dehors de ces groupes, « la question de l’usage du Missel de 1962 est restée difficile », les évêques craignant que l’autorité du Concile soit remise en cause. En outre, Benoît XVI constate que le recours à la messe en latin ne se limite pas « à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui », mais concerne aussi les plus jeunes qui se sentent « attirés » par cette forme liturgique.

Jusqu’à 2007, donc, les prêtres et les fidèles qui souhaitaient célébrer la messe traditionnelle en latin devaient demander une autorisation explicite à leur évêque. Cette messe ne pouvait être proposée qu’à ceux qui en faisaient la demande, ne pouvait pas figurer au calendrier normal des messes dans les églises paroissiales, et l’évêque pouvait fixer des jours et des conditions spécifiques pour sa célébration.

L’accueil contrasté de Summorum pontificum
Soucieux de « parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Église », Benoît XVI remplace les normes de Quattuor abhinc annos par le motu proprio Summorum pontificum, qui entre en vigueur le 14 septembre 2007, en la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix. Un tel document élargit l’accès à la messe en latin, en permettant aux prêtres qui le souhaitent de célébrer la forme extraordinaire du rite, sans peuple ou avec les fidèles qui le veulent, et en encourageant les fidèles qui le désirent à assister à la messe de Pie V de s’adresser à leur évêque ou même au Vatican si leur demande n’était pas satisfaite. Le Souverain pontife insiste alors sur le fait que les deux formes de messe « n’entraîneront en aucun cas une division » dans la foi de l’Église, « car il s’agit de deux usages de l’unique rite romain ».

Dans le même temps, Benoît XVI, considérant que, dans la fracture avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, la fidélité au missel ancien était devenue un « signe distinctif extérieur », invite à rechercher les raisons de cette fracture « plus en profondeur » et ne tarde pas à rattacher la commission Ecclesia Dei à la Congrégation pour la doctrine de la foi, avec le motu proprio Ecclesiae unitatem, en juillet 2009.


Pour autant, dès la publication de Summorum pontificum, Benoît XVI fait part des craintes légitimes que pourrait susciter un tel document : le risque d’amenuiser l’autorité de Vatican II, d’une part, et notamment de la réforme liturgique ; celui de générer des désordres, voire des fractures dans les communautés paroissiales, d’autre part. Dans sa lettre aux évêques, il leur demande de lui soumettre un compte-rendu de leurs expériences, trois ans après l’entrée en vigueur du motu proprio.

Dans la foulée, en 2011, la Commission Ecclesia Dei publie une instruction d’application intitulée Universae Ecclesiae. Ce document fournit de nouvelles normes concernant le rôle de l’évêque diocésain, du groupe stable de fidèles et du prêtre célébrant selon la forme extraordinaire. Il établit la faculté de réciter les lectures de la messe en langue vernaculaire uniquement pour les messes lues, de célébrer le Triduum pascal sous une forme extraordinaire. Il prévoit également que les séminaristes devront apprendre à célébrer selon les deux formes du rite romain.

Bilan du motu proprio
Il faudra attendre une décennie pour dresser un premier bilan de Summorum pontificum. En France, où la question est particulièrement sensible, la Commission épiscopale pour la liturgie et la pastorale sacramentelle publie, en 2017, un premier chiffre. Dans l’Hexagone, le nombre de lieux de culte proposant la forme extraordinaire a presque doublé en dix ans, passant de 124 à 230, comme aux États-Unis, où le nombre est passé de 230 à 480, et ce sans compter la Fraternité Saint-Pie-X. À la même date, Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble-Vienne et président de cette Commission, confie à La Croix que, globalement, cette application « se passe bien », grâce à une démarche « de dialogue et d’écoute mutuelle ».

La publication du motu proprio manifeste une intention louable mais qui ne porte pas les fruits attendus.

Trois ans plus tard, en mars 2020, la Congrégation pour la doctrine de la foi, à la demande du pape François, lance une enquête auprès de toutes les conférences épiscopales pour évaluer l’application de Summorum pontificum. L’enquête comporte des questions sur « les aspects positifs ou négatifs de l’utilisation de la forme extraordinaire » du rite romain, son « influence sur la vie des séminaires » ou sur le fait de savoir si elle répond « à un véritable besoin pastoral » ou est « promue par un seul prêtre ».

Dans le rapport en réponse à ce questionnaire, publié en janvier 2021 par un média traditionaliste, la Conférence des évêques de France (CEF) conclut que « la publication du motu proprio manifeste une intention louable mais qui ne porte pas les fruits attendus ». Si la situation semble apaisée dans la plupart des diocèses interrogés, les évêques regrettent que le motu proprio ne fasse pas, en revanche, « grandir la communion ». En outre, le rapport de la CEF révèle que, malgré les recommandations de Summorum pontificum, la concélébration reste parfois un sujet de tension, certains prêtres célébrant selon la forme extraordinaire refusant de célébrer ou concélébrer selon la forme ordinaire. Les évêques soulignent aussi la difficile harmonie entre « anciens » et « nouveaux » calendriers liturgiques et lectionnaires, source de désunions au sein des diocèses.

Le Pape, qui voit dans cette situation le risque d’une “Église à deux vitesses” et désunie, pourrait, selon certaines voix, publier prochainement une note sur le sujet. Quatorze ans après sa publication par Benoît XVI, Summorum pontificum pose encore des difficultés dans son application.

EDIT mercredi 30 juin à 15h20 – Pour plus de clarté, la rédaction vient de préciser le contenu du rapport de la CEF et notamment les difficultés rencontrées à propos des calendriers liturgiques et des lectionnaires.
---
https://fr.aleteia.org/2021/06/29/lhistoire-agitee-de-summorum-pontificum-le-motu-proprio-qui-a-liberalise-la-messe-en-latin/

images/icones/neutre.gif  ( 921926 )Objectivement par Ptitlu (2021-07-01 11:02:46) 
[en réponse à 921922]

La situation française avec l'application du MP et la place des "tradis" est très curieuse. Dans d'autres pays, notamment à l'est l'on constate beaucoup plus d'intégration.
Cela dit, les prêtres sont souvent habitués à jongler entre deux à quatre rites, et plusieurs langues (notamment en Ukraine, Slovaquie et Biélorussie). Ça aide peut être à prendre en compte la diversité.

Merci pour ce partage.
images/icones/4b.gif  ( 921927 )Benoît XVI a réfuté "les craintes légitimes que pourrait susciter" etc. par Gaspard (2021-07-01 11:39:10) 
[en réponse à 921922]

Et non pas :

Benoît XVI fait part des craintes légitimes que pourrait susciter



Benoît XVI écrit dans sa Lettre aux évêques:

Deux craintes s’opposaient plus directement à ce document, et je voudrais les examiner d’un peu plus près dans cette lettre. En premier lieu il y a la crainte d’amenuiser ainsi l’Autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles – la réforme liturgique. Cette crainte n’est pas fondée. (...etc...)

l n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Eglise, et de leur donner leur juste place.


Lettre aux évêques de Benoit XVI sur le motu proprio Summorum pontificum 7 juillet 2007null
images/icones/neutre.gif  ( 921928 )La concélébration ne figure pas dans Summorum pontificum par Gaspard (2021-07-01 11:44:35) 
[en réponse à 921922]

Le journaliste a dû se fier aux dires d'un évêque sans vérifier. C'est pourtant simple et très rapide à vérifier : Texte du motu proprio Summorum pontificum
images/icones/neutre.gif  ( 921932 )curieux titre "agitée" (?), désagréables ton et orientation de cet article par Luc Perrin (2021-07-01 12:25:14) 
[en réponse à 921922]

Si agitation il y a eu, l'A. omet soigneusement de souligner qu'elle vient principalement de certains évêques hostiles particulièrement en Europe.

Il omet aussi de dire que S.P. ne vient pas d'un caprice de Benoît XVI en 2007 mais d'une longue insatisfaction liée à la résistance hiérarchique néo-liturgique depuis 1984, le premier texte qui reconnaissait le droit des fidèles à échelle mondiale au Vetus Ordo Missae ; insatisfaction actée en 1988 par saint Jean Paul II qui réclame précisément cette application "large et généreuse" au lieu de parcimonieuse et tatillonne.
Il n'évoque pas les pourparlers avec la FSSPX dont ce fut une condition depuis 2001-2002.

Il fait à nouveau de notre pauvre France le nombril de la catholicité, nostalgie du XVIIe et médiévale sans doute. Mais il y a belle lurette que la France "ne cuit plus le pain de la chrétienté", contente d'en avoir quelques miettes rassies à manger. Il va chercher en Europe de l'Est un autre exemple : drôle d'idée quand tout le monde sait, devrait savoir, que là comme pour beaucoup de sujets, c'est aux États-Unis que cela se passe et là-bas, l'application a été de fait large et généreuse dans la majorité des diocèses.

Les tristes récriminations de ceux qui n'ont rien oublié - l'anarchie juvénile du Renouveau prétendu des années 1965-1985 - et n'ont rien appris (la dynamique relative du traditionalisme et des courants qui étaient incarnés par Jean Paul II et Benoît XVI) ne sont pas nouvelles elles aussi. Ce sont les mêmes arguties (concélébration) et contre-vérités (division) qui sont répétées.

L'essentiel n'est pas là et n'est pas même évoqué par ce curieux bilan. Quo primum 1570 et Summorum Ponticum 2007 rappellent l'un et l'autre les limites du pouvoir pontifical sur la liturgie dans l'Église latine. La tentative d'abrogation du rit mozarabe, bien plus tard Pie IX en cherchant à éradiquer les rits non romains admis en France au XIXe et Paul VI en voulant obroger la Forme extraordinaire du rit romain (et celle des autres rits latins établis) tous ces pontifes sont allés au-delà de leur droit, c'était des abus de pouvoir. Le pape est l'intendant de la Vigne du Seigneur, il n'en est aucunement le propriétaire (idem pour les évêques dans leurs diocèses) comme l'a clairement expliqué Benoît XVI en mai 2005 dans sa forte homélie à Saint-Jean de Latran comme évêque de Rome. Il abuse de son ministère s'il prétend imposer des OGM ou carrément remplacer la Vigne par un parking.


Le libéralisme est oppressif et aspire à un régime totalitaire : on le voit partout à l'occasion de la crise covidiste. Il en va de même du catholicisme néo-libéral et néo-moderniste qui aspire à "l'unité" de type mussolinien ou stalinien ou chinois.
Alors que la Constitution de Vatican II sur la liturgie, Sacrosanctum concilium, plaide pour la légitime diversité des rits établis, le primat du latin et du grégorien, et ne prévoit rien comme la multiplication des prières eucharistiques.

Le parti néo-liturgique a toujours été très solidement à Rome et dans les cercles hiérarchiques comme dans l'enseignement : c'est très similaire à la "Critical Race Theory" et à la "Cancel culture" qui ravage l'Amérique libérale-radicale-totalitaire de Biden-Harris qui a toutes faveurs du Saint-Siège depuis longtemps.

Y-aura-t-il une soumission-trahison des clercs comme observée sur d'autres thèmes précédemment, une nouvelle après celle des années de plomb ? Y-aura-t-il résignation et avachissement moral des fidèles ? L'histoire s'écrit chaque jour.
Gageons que bien des "catholiques" resteront spirituellement "masqués/masquées" et vaxxés-vaxxées là comme ailleurs, installés dans la société libérale-totalitaire.
images/icones/fleche2.gif  ( 921936 )Sur le libéralisme totalitaire par Romanus (2021-07-01 12:37:49) 
[en réponse à 921932]

Louis Veuillot l'avait dit avant vous : "il n'y a pas plus sectaire qu'un libéral".
Apophtegme maintes fois confirmé.
images/icones/mitre4.png  ( 921945 )Avez-vous une opinion sur Mgr Minnerath ? par JVJ (2021-07-01 13:58:11) 
[en réponse à 921932]

Vous êtes ici celui qui l'avez connu le mieux, outre votre jugement qualifié sur le catholicisme contemporain.
images/icones/neutre.gif  ( 922000 )difficile sans connaître le détail du dossier mais par Luc Perrin (2021-07-02 09:44:04) 
[en réponse à 921945]

Mgr l'archevêque de Dijon n'a jamais été considéré comme très favorable au courant traditionaliste sans lui être hostile de façon acharnée comme certains évêques ou clercs et laïcs.

C'est aussi un diplomate de formation qui a été au Saint-Siège par la suite à la C.T.I. : est-ce une clef d'explication qui serait à mettre dans le contexte très actuel des rumeurs sur S.P. dont l'article ci-dessus semble se faire sinon l'avocat mais comme une manière de préparer l'opinion ? Question.
En somme joue-t-il un peu le rôle d'un cardinal Lavigerie ou d'un cardinal Andrieu ? Mystère.

Quelle est la part des interactions entre évêques au sein de la CEF qui a toujours été très hostile au rit romain traditionnel de façon idéologique, qui a constamment cherché à freiner et limiter les documents romains que ce soit en 1984, 1988 ou 2007 et 2011 ?

Il y a aussi le tempérament propre de l'homme qui est très soucieux de ce qui relève de ses prérogatives épiscopales. A-t-il été en conflit personnel avec tel ou tel prêtre de la FSSP et la chose aurait été tranchée ainsi ? Question là encore. Certaines affaires se réduisent parfois à des incompatibilités de caractère ou à l'inverse le bon contact tend à rendre les choses plus faciles.
images/icones/fleche2.gif  ( 922004 )Merci pour votre réponse, j'ai crains pendant par JVJ (2021-07-02 09:56:47) 
[en réponse à 922000]

un mois de vous savoir souffrant...

Vous êtes d'une prudence de sioux... Je peux comprendre...

La CTI, comme vous dites, brasse très large et les fournées se suivent... C'est une coterie qui honore ses membres, mais tous n'y jouent pas un rôle actif durant leur mandat. C'est l'occasion pour eux d'échanger de manière louable à l'échelle de la chrétienté et de conseiller le pape sur des dossiers précis.
Je ne crois pas que la messe traditionnelle soit un problème de théologie pour lors...

Je connais un prêtre, aujourd'hui recteur d'une université catholique d'Afrique, qui en a fait partie en même temps que votre ancien collègue.

Votre dernier paragraphe a été très vite exclu. J'avais évoqué le cursus d'un prêtre parti avec fracas de l'IBP il n'y a pas si longtemps. Un évêque a le droit d'avoir du tempérament et, venant de terre concordataire et ayant fréquenté les nonciatures, vouloir tenir son rang. On a tellement vu d'évêque en civil qui ressemblait à des représentants de commerce (André Frossard, Le parti de Dieu)...

Demeure la chronologie. Si la chose était si urgente, c'est vraiment le coup de pied de l'âne. Mgr d'Autun a dit qu'il ne fait pas de la concélébration une pierre d'achoppement. Et le canoniste sait que cela ne repose sur rien. Il aurait pu parler de ce dossier à son successeur et ne pas lui offrir cette épine dans le pied.

Comparaison drôle avec Lavigerie. Mgr M. est membre de la CDF qui a la main sur le motu proprio. Allez savoir...

Je garderai pour moi des témoignages de prêtres dijonnais qui n'ont jamais supporté le sale caractère de leur évêque. Je me suis permis de citer ce qu'en pensent des carmélites... (les Oratoriens ne sont pas plus aimables avec elles). Dans l'Eglise, j'ai souvent remarqué qu'on se f... pas mal des religieuses, surtout quand elles sont "classiques" ou conservatrices. J'y vois un reste de misogynie cléricale.
images/icones/neutre.gif  ( 922032 )Et pourquoi pas "j'écrin" pendant que vous y êtes ? par Meneau (2021-07-02 18:51:00) 
[en réponse à 922004]

Franchement, SVP faites au moins attention à vos titres !

Cordialement
Meneau
images/icones/1d.gif  ( 922005 )Il faudra attendre une décennie pour dresser un premier bilan de Summorum pontificum par Nemo (2021-07-02 09:58:05) 
[en réponse à 921922]

Il faudra attendre une décennie pour dresser un premier bilan de Summorum pontificum.

J'adore cette phrase.

Je pense qu'il faudrait beaucoup plus de temps pour faire le premier bilan, vous imaginez si on avait écrit :

Il faudra attendre une décennie pour dresser un premier bilan de Vatican II

Il faudra attendre une décennie pour dresser un premier bilan du missel de Paul VI

On a dépassé le demi siècle et ce n'est toujours pas fait...
images/icones/fleche2.gif  ( 922007 )Oui, le bilan de Vatican II n'a jamais été fait, même en France par JVJ (2021-07-02 10:20:53) 
[en réponse à 922005]

Même les historiens de l'Eglise osent à peine y toucher, sauf Guillaume Cuchet.

Le manque de lucidité et les faux constats sont une plaie dans l'Eglise de France. Un aveuglement de secte.

Certains évêques détonent. Mgr Gaidon avoue dans ses mémoires avoir manqué de courage dans les réunions entre évêques et il en pleure de honte.

J'attends les fruits du concile. Et je ne suis pas un opposant par principe à ses textes.

Ce sont les Zemmour, Buisson, Onfray, Finkielkraut, Rouart qui pointent les fruits secs et pourris. Ils écrivent que les derniers catholiques se débrouillent comme des manches et qu'ils ont honte de ce qu'ils furent et de ce qu'ils ont été pour notre pays.

Envie chronique de fuir en Ecosse ou en Islande, je ferai comme les catholiques japonais qui ont dû se passer de prêtres. Tant pis.
images/icones/rose.gif  ( 922039 )en fait il y a eu beaucoup de "bilans" faits par Luc Perrin (2021-07-02 20:02:51) 
[en réponse à 922005]

A commencer par le Synode extraordinaire de 1985 qui se voulait être un bilan 20 ans après avec l'année d'avant, 1984, le fameux livre d'entretiens avec le cardinal Ratzinger, bien mesuré avec le recul, qui avait déclenché un hourvari dont on peine aujourd'hui à voir le caractère sismique.

Les anniversaires perlés du cinquantenaire 2012 ouverture, 2013 la Constitution liturgique ...
A Strasbourg, nous avions eu un quarantenaire pour Sacrosanctum concilium.

Ce serait un sujet de thèse : les anniversaires de Vatican II ou de la Constitution sur la liturgie.

Je pense qu'il existe une abondante matière si on examine les revues, les diocèses, Rome, des conférences épiscopales, dans différentes langues, des colloques ciblés ...

Maintenant ces innombrables bilans sont-ils pertinents et convaincants, ça c'est tout autre chose.

Les lunettes roses se sont couvertes de poussière, de déjections d'oiseaux, de résidus de pluie acide mais elles sont restées le cadre interprétatif et le pontificat actuel ajoute, ce me semble, beaucoup de peinture rose et verte ce qui n'aide pas à voir le réel davantage.