
( 920749 )
Méditation du Cardinal Lépicier sur Saint Joseph, Epoux de la Très Sainte Vierge par ami de la Miséricorde (2021-06-20 22:14:32)
[en réponse à 920748]
DEUXIÈME PARTIE - PERFECTIONS DE SAINT JOSEPH
CHAPITRE PREMIER - INCOMPARABLE SAINTETÉ DE SAINT JOSEPH
Saint Joseph ne fut pas conçu sans péché originel
Qu'on ne dise pas que la ressemblance que nous excluons ici, est au contraire inculquée dans l'Ecriture, qui fait dire à Dieu : « Faisons à Adam un aide semblable à lui » ; car, comme l'explique très bien saint Thomas, la ressemblance dont il est ici question ne regarde pas l'âme, mais le corps, ou plutôt la propagation du genre humain, pour laquelle la présence du sexe féminin était nécessaire.
Saint Joseph ne fut pas sanctifié dans le sein de sa mère
Si l'opinion qui voudrait que saint Joseph ait été conçu, comme Marie, sans péché originel, ne peut se soutenir, peut-on du moins admettre qu'il ait été, comme saint Jean-Baptiste, sanctifié dans le sein de sa mère ?
Plusieurs auteurs, parmi lesquels Gerson, Isidore de Isolanis, Bernardin de Busto et saint Alphonse de Liguori, ont cru pouvoir admettre cette hypothèse, se fondant sur cette considération, que le futur Epoux de Marie et Père nourricier de Jésus dut être sanctifié d'une manière supérieure à celle des autres Saints, qui ne sont purifiés du péché originel qu'après leur naissance.
D'ailleurs, observent-ils, si ce privilège a été accordé à quelques grands Saints, comme à Jérémie et à Jean-Baptiste, il n'a pu être refusé à saint Joseph, dont la prédestination, nous l'avons dit, surpasse de beaucoup pelle de ces illustres personnages.
Mais notre réponse doit être négative : on ne peut pas affirmer que saint Joseph, quelque singulière qu'ait été sa prédestination, ait été sanctifié dans le sein de sa mère.
Saint Thomas, avec sa lucidité habituelle, nous explique pourquoi nous ne devons pas admettre l'opinion de la sanctification de saint Joseph avant sa naissance.
« Les privilèges gracieux, dit-il, accordés à quelques individus en dehors de la loi commune, ont pour raison d'être et pour objectif l'utilité des hommes, selon ce mot de saint Paul : A chacun est donnée la manifestation de l'Esprit pour l'utilité commune, Or, aucune utilité ne proviendrait aux hommes du fait de la sanctification d'un individu dans le sein de sa mère, à moins qu'elle ne soit manifestée à l'Eglise. » D'autre part, l'hypothèse de la sanctification de saint Joseph avant sa naissance n'a pour elle aucun appui, soit dans l'Ecriture, soit dans les définitions dogmatiques ; aussi manque-t-elle de fondement solide en théologie, comme s'exprime Benoît XIV.
C'est en vain qu'on voudrait faire appel au titre de juste donné par saint Matthieu au saint Epoux de Marie. Cette justice regarde, d'une manière générale, la vie ordinaire du saint Patriarche et ne s'étend pas nécessairement à la période qui a précédé sa naissance.
Il ne faudrait pas non plus insister sur la future dignité du saint Patriarche, qui demandait chez lui, il est vrai, une sainteté plus qu'ordinaire, mais seulement pour le temps où il devait remplir la mission à laquelle Dieu l'avait destiné. Le cas de la très sainte Vierge, au contraire, est bien différent. Sa sanctification dans le sein de sa mère était une conséquence nécessaire de son Immaculée Conception. Cette créature toute privilégiée jouit d'ailleurs de l'usage de la raison dès le premier moment de sa conception, chose que l'on ne peut affirmer de saint Joseph.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 920770 )
La lettre à sa mère : le bon lien (avec vouvoiement, etc...) par Sacerdos simplex (2021-06-21 10:51:20)
[en réponse à 920748]
Le bon lien - ou du moins un lien plus pratique :
https://www.aelf.org/2021-06-21/romain/lectures#office_lecture_patristique
Impressionnant !
Voici le début :
J'implore pour vous, Madame, la grâce et la consolation constantes du Saint-Esprit. Sans doute, lorsqu'on m'a remis votre lettre, j'étais encore dans cette région des morts. Mais maintenant, eh bien, il faut aspirer au ciel, pour que nous puissions louer le Dieu éternel sur la terre des vivants. J'espérais depuis longtemps que j'accomplirais ce voyage plus tôt. Si la charité consiste, comme dit saint Paul, à pleurer avec ceux qui pleurent, à être joyeux avec ceux qui sont dans la joie, il est nécessaire, ma mère, que vous puisiez une immense joie dans le fait que, par bonté et par faveur envers vous, le Seigneur m'annonce la véritable allégresse et la paix, puisque je ne crains plus de jamais le perdre.
[la région des morts : cette terre ici-bas ; la terre des vivants : le Ciel !...]
Question : l'original de cette lette est-il en français, ce qui me semble très probable ? Sinon, en quelle langue ?

( 920777 )
La lettre de saint Louis de Gonzague à sa mère: par Yves Daoudal (2021-06-21 12:49:03)
[en réponse à 920770]
Illustrissima Domina, mater in Christo observantissima. Pax Christi. Spiritus sancti gratiam & consolationem tibi, Illustrissima Domina, perpetuam precor. Versabar equidem, cum tuæ litteræ afferrentur, adhuc in hac mortuorum regione. Verum age nunc, ad cælum aliquando aspirandum est, ut in terra viventium Deum æternum laudemus. Quod quidem iter nuper sperabam ante hoc tempus a me confectum iri: sed nimirum febris, ut aliis litteris ad te scripsi, cum fervere maxime atque æstuare videretur, repente mitigata, ad diem usque, Christo in cælos ascendenti sacrum, sensim me perduxit. Ex eo, pectore magna vi destillationum oppresso, ita redintegrata est, ut jam pedetentim ad dulces carosque amplexus Patris cælestis accedam; in cujus gremio (uti spero) secura quiete fruar & sempiterna. Atque ita diversi rumores, qui de me istuc perlati sunt, uti etiam ad Marchionem scripsi, sane congruunt. Quod si caritatis est, ut ait S. Paulus, flere cum flentibus, gaudere cum gaudentibus; ingens omnino te gaudium, mater Illustrissima, ex eo haurire necesse est, quod beneficii gratiæque in te causa, [eidem valedicit,] veram mihi Deus lætitiam, atque a metu ejus umquam amittendi securitatem designat. [Rom. 12] Equidem (fatebor enim tibi, Illustrissima Domina) cum in considerationem divinæ bonitatis, quæ instar est maris, cui nec fundum sit nec littus, mentem ingurgito; ea mihi, illius amplitudine abrepta, aberrare, neque satis competere videtur: quippe cum ille me, pro tam brevi, & exiguo labore, ad æternam requiem accersat; & me de cælo ad summam felicitatem, quam adeo negligenter quæsivi, vocet; fructumque lacrymarum polliceatur, quas tam parce profudi. Vide etiam, atque etiam, Illustrissima Domina, & cave, ne hanc infinitam Dei benignitatem violes: quod profecto faceres, [seque lugeri vetat,] si eum velut mortuum lamentarere, qui in Dei conspectu vivat; longeque plus rebus tuis, quam in hac vita, sua commendatione adjumenti afferat. Non erit hæc diuturna sejunctio: in cælo revisemus inter nos; simulque cum salutis nostræ vindice copulati, tota animi contentione eum laudantes, ejusque misericordias in æternum cantantes, immortalibus lætitiis perfruemur. Neque vero ambigo, quin si iis exclusis quæ consanguinitatis ratio subjicit, animo fidei & puræ illi simplicique obedientiæ, quam Deo debemus, locum dederimus; ultro ac prolixe illi, quod suum est, oblaturi simus; idque tanto libentius, quo id quod eripitur, nobis est carius: sic enim certo existimabimus, nihil a Deo nisi sapienter & e re nostra fieri. Adimit nobis, quod ante commodaverat; non alio consilio, nisi ut immuniore & tutiore loco reponat, iisque nos bonis ornet, quæ nobis optaremus ipsi. Hæc omnia eo dumtaxat a me dicta sunt, ut morigerarer desiderio quo teneor, uti tu, Illustrissima Domina, [& benedictionem ejus petit.] ceteraque omnis familia, hunc meum discessum in jucundi beneficii loco habeatis; tuque hoc fretum trajicientem, dum littus in quo spes omnes meæ sitæ sunt, contigero, materna tua benedictione prosequare. Quod idcirco feci libentius, quod nihil mihi superfuit, quo evidentius amorem ac reverentiam, quam ut filius matri debeo, tibi significarem. Denique ita concludo, ut iterum abs te humiliter benedictionem efflagitem. Romæ, IV Idus Junii, anno Domini MDXCI, Tuæ Dominationi Illustrissimæ filius in Christo obedientissimus. Aloysius Gonzaga.