Le Forum Catholique
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( 919323 )
La Fraternité Saint-Pierre souhaite des paroisses personnelles en France par Manel (2021-06-05 18:34:17)
L’abbé Benoît Paul-Joseph, Supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pierre, répond aux questions du Salon Beige. Il revient notamment sur le développement de la Fraternité Saint-Pierre en France, la nécessité d’adapter le cadre juridique à la réalité pastorale (la paroisse personnelle, voir ci desouss), la récente synthèse sur le Motu Proprio des évêques de France, la question de la concélébration dans la forme ordianire ou encore la réception de la Communion dans la main.
Si la Fraternité Saint-Pierre est en difficiulté dans le diocèse de Dijon, elle est appelée selon nos informations, dans deux nouveaux diocèses à la rentrée.
Extrait de l’interview:
"Le Salon Beige : D’un côté les fidèles de la forme extraordinaire sont accusés de former un groupe à part, isolé, replié… et de l’autre, rare sont les évêques de France qui ont créé dans leur diocèse une paroisse personnelle pour cette forme (comme proposé dans le motu proprio). Contrairement à d’autres pays, la FSSP n’a même aucune paroisse personnelle en France, et dans certaines églises, vos prêtres disposent de créneaux limités, engendrant parfois une frustration certaine chez les fidèles. N’y a-t-il pas là une contradiction : pour que vous soyez mieux intégrés, ne faudrait-il pas vous confier des paroisses à part entière ?
Ce qui est sûr, c’est que plusieurs de nos apostolats se trouvent désormais dans une situation compliquée dans le sens où le cadre canonique ne correspond pas à la situation de fait. Je m’explique : dans plusieurs villes, la paroisse territoriale à laquelle notre apostolat est rattaché et dont il dépend, est soit de taille comparable (nombre de fidèles, activités paroissiales, ressources financières etc.) soit de taille inférieure. Dans ce dernier cas, cela crée un déséquilibre et des frictions car on veut faire rentrer de force une réalité dans un cadre impropre, car trop étroit. Immanquablement, cela génère des difficultés quasiment insolubles au plan de l’organisation, de la communication et des relations humaines. Une telle situation – a fortiori quand l’église est partagée entre deux communautés – multiplie les risques de rancœur et de ressentiment car la communauté « hébergée » a toujours le sentiment qu’elle est tolérée ou accueillie, mais en tout cas qu’elle n’est pas chez elle, alors qu’elle est plus nombreuse et plus dynamique que celle qui l’héberge. Dans un tel cas, je pense que la paroisse personnelle est la meilleure solution : la plus naturelle et la plus à même de permettre un fonctionnement apaisé (à titre de comparaison, aux Etats-Unis, la FSSP dispose de 39 paroisses personnelles).
En réalité, il s’agit bien souvent d’une forme d’anachronisme dans le sens où le statut canonique de l’apostolat (surtout dans les grandes villes), n’a pas suivi son développement. Le prêtre et les fidèles concernés donnent donc l’impression de déborder du cadre, mais parce que celui-ci n’est pas adapté ! En raison de la croissance de beaucoup de nos apostolats cette question est devenue incontournable."
Souhaitons que les évêques entendent cette réalité de terrain permettant aux fidèles d’être intégrés dans un cadre juridique plus adapté qu’est la paroisse personnelle (prévu par le Motu Proprio)
https://www.lesalonbeige.fr/la-croissance-reguliere-des-apostolats-de-la-fssp-necessite-de-revoir-leur-statut-canonique-la-paroisse-personnelle-serait-la-meilleure-solution/

( 919328 )
L' icône n' est pas exacte. par AVV-VVK (2021-06-05 19:26:40)
[en réponse à 919323]
Est celle de la FSSPX.

( 919356 )
En Belgique aussi par Non volumus ignorare (2021-06-06 11:22:15)
[en réponse à 919323]
Nous aimerions bien la voir s'étendre davantage la FSSP.
Certains endroits l'attendent avec impatience. Tout l'ouest de la Belgique est un désert en terme de présence tradi..

( 919357 )
Quel est l'avenir de Brasmenil finalement ? par Ptitlu (2021-06-06 11:42:47)
[en réponse à 919356]
Les paroissiens de sainte Rita ont-ils pu trouver une solution avec ou sans ceux qui en avaient la charge ?
(Et qui ne peuvent plus dire qu'ils manquent désormais de desservants. Il y en a un qui doit s'en aller de l'est de la France en septembre).

( 919358 )
Non aucune solution par Non volumus ignorare (2021-06-06 11:53:27)
[en réponse à 919357]
mais surtout aucune bonne volonté. et un rempart episcopal. Quant à ceux qui en avaient la charge il faut trouver la raison ailleurs que dans le nombre....

( 919393 )
On me demande de poster ces précisions. par le paon (2021-06-06 19:17:44)
[en réponse à 919357]
Cette question aurait déjà été posée plusieurs fois sur le forum sans obtenir de précisions. Une amie bien informée de la situation, car elle fréquentait ce lieu depuis longtemps, mais n’étant pas inscrite au FC, me demande par téléphone si je peux poster ce message pour elle.
L’ICRSP a progressivement abandonné cette paroisse de campagne qui rassemblait entre 30 et 55 fidèles le dimanche matin. Desservie par le prieuré d’Armentières, depuis 1999, la situation s’est dégradée progressivement à partir du moment où les chanoines purent dire la messe à l’église St Etienne à Lille.
Pour respecter le timing de Lille l’Asperges a été supprimé, le Gloria était récité à voix basse durant le Kyrie, le Credo récité, le célébrant arrivait 5 minutes avant la messe et repartait pendant le Salve. Cette communauté était probablement devenue inintéressante comparativement à la vitalité de celle de Lille. On peut comprendre me dit-elle, mais quand même.
L’église était pourtant mise gratuitement à disposition, les sacrements pouvaient y être célébrés et le presbytère, doté d’une chapelle, était lui aussi mis gracieusement à disposition.
En septembre cet apostolat a été confié au prieuré de Bruxelles. Apparemment aucune condition n’avait été imposée. Les choses se sont gâtées quand l’ICRSP a sollicité 150€ minimum par messe ainsi qu’une invitation à dîner par famille chaque samedi soir.
Un ultimatum a été envoyé à l’association qui gère cet apostolat l’avertissant que si les conditions émises n’étaient pas respectées, les chanoines ne pourraient plus desservir à partir du dimanche suivant.
Une tentative d’accord amiable a échoué et depuis octobre dernier il n’y a plus de messe.
Mon interlocutrice me dit que les fidèles se sont dispersés, dont elle qui a rejoint la FSSPX.
En entendant cela au téléphone je me disais qu’il faudrait instaurer le « Dimanche du Bon Pasteur Mercenaire ».
Voilà tout ce que je peux vous dire. Bien triste situation.

( 919394 )
L'institut en question ne l'emportera pas au paradis par Ptitlu (2021-06-06 19:32:07)
[en réponse à 919393]
J'ai vu par ailleurs qu'un autre institut était volontaire pour venir à la rescousse mais bloqué par l'évêque.
J'ignore comment c'est en Belgique, mais en France une association de fidèles qui gère une chapelle est libre de faire appel au desservant qu'elle souhaite et l'évêque n'a rien à dire (si ce sont ses diocésains il peut leur interdire, des prêtres d'autres diocèses écrire à son collègue évêque pour qu'il le fasse)
Le problème c'est que ce n'est clairement pas à l'avantage de l'institut en question car l'affaire s'est ébruitée et pèse maintenant sur leurs demandes d'apostolats. Au moins deux prélats ne comprennent pas qu'ils puissent en demander obstinément alors qu'officiellement ils n'ont pas assez de prêtres pour tout faire et doivent abandonner de petites communautés (Brasmenil mais aussi Conflans en Loiret)

( 919403 )
Que voulez-vous dire ? par MG (2021-06-06 20:44:52)
[en réponse à 919394]
J'ignore comment c'est en Belgique, mais en France une association de fidèles qui gère une chapelle est libre de faire appel au desservant qu'elle souhaite et l'évêque n'a rien à dire (si ce sont ses diocésains il peut leur interdire, des prêtres d'autres diocèses écrire à son collègue évêque pour qu'il le fasse)

( 919411 )
Je prenais des cas pratiques par Ptitlu (2021-06-06 22:04:42)
[en réponse à 919403]
Il est arrivé, dans deux cas d'organisation de messes privées :
- que l'évêque, après avoir reçu une dénonciation du prêtre qui s'est dévoué, qui était incardiné dans son diocèse, lui écrive pour l'admonester et lui demander de ne plus célébrer de messe. (Cas 1)
- que l'évêque, après avoir reçu le signalement du prêtre, qui était dans un diocèse voisin, écrive a son collègue évêque pour qu'il fasse le nécessaire, et ce dernier s'est fendu d'une lettre du même type que le cas 1 à "son" prêtre.
Il existe un cas 1bis ou 2bis quand le prêtre est Fidei Donum, en mission où tout simplement hébergé dans une structure diocésaine, cas 2 ter quand il est en année sabbatique dans le diocèse, hébergé dans une structure diocésaine.
Pour les super tatillons cas 2 quater l'évêque écrit à la structure d'origine du prêtre pour qu'ils fassent le nécessaire, et cas 1. C'est arrivé.
Après ça ne fonctionne pas toujours. Je connais des prêtres du cas 1 qui ont envoyé bouler "leur" évêque (ou qui ont fait mine d'avoir perdu le courrier) en partant du principe "on ne nous enverra pas plus loin que le front, dans les tranchées sans nous c'est la cata) et cela a même parfois marché (souvent même, ce qui en dit long sur l'autorité réelle des ordinaires).

( 919407 )
Etrange par Nemo (2021-06-06 21:27:34)
[en réponse à 919394]
J'ignore ce qui vous fait dire que l'évêque n'a rien à dire en ce qui concerne les messes dites sur son diocèse.
C'est tout le contraire.
Bien sûr au niveau de la république et des lois, la communauté fait ce qu'elle veut.
Mais la célébration de la messe dans les oratoires publics, semi-publics et même privés est soumise à l'autorisation de l'ordinaire du lieu qui peut aller jusqu'à prononcer l'interdit sur le lieu.
La FSSPX s'est affranchie de cette règle en invoquant la nécessité, ça n'empêche que ses messes sont toujours illicites (ce dont je me moque un peu).
En revanche elles sont valides, de même que ses confessions et mariages sous certaines conditions.

( 919410 )
C'est à peu près tout ça que je voulais dire (et des questions) par Ptitlu (2021-06-06 21:54:02)
[en réponse à 919407]
Du point de vue de la République les associations et les privés font ce qu'ils veulent.
Pour ce qui est du caractère illicite des messes de la FSSPX, en réalité tout le monde s'en fiche. D'autant qu'elles sont en effet valides, et les sacrements idem.
Pour ce qui est de l'interdit, il me semblait pourtant qu'il fallait autre chose, par exemple qu'on soutienne des hérésies ou que ça soit un faux prêtre qui célèbre (je tire cela de la pratique), la désobéissance seule à l'ordinaire suffirait-elle ?
Par ailleurs pour avoir fait des recherches dans des archives diocésaines du diocèse de B... sur les chapelles privées, les demandes d'autorisation à l'ordinaire se sont rarefiées dans les années 1930 et ont cessé tout à fait en 1956, alors qu'à date de mes recherches il restait une quinzaine de chapelles privées actives (au moins une messe par an) dont plusieurs avec la présence réelle.
D'où deux questions :
1 - qu'est ce que ça change vraiment si l'ordinaire est au courant ou non ?
2 - est ce que ça se fait toujours de demander l'autorisation de l'ordinaire ?
J'ajoute qu'à titre personnel s'il devait y avoir un interdit sur une chapelle privée où a lieu le culte traditionnel, pour la seule raison que l'ordinaire ne l'a pas autorisé (et que c'est tridentin), je le braverai. Au nom de l'opposition à l'ordre inique et comme je suis allé dans des messes interdites pendant les confinements, et mes ancêtres sous la Révolution.
Cela dit d'un point de vue "civil" (l'image de l'action de l'évêque, la paix liturgique, tout ça) ça ne serait guère favorable audit ordinaire, et que la justice des hommes pourrait même avoir son mot à dire, l'interdit pouvant être qualifié d'entrave a la liberté de culte - liberté fondamentale rappelée par le Conseil d'Etat - et de pressions à l'encontre du célébrant ou de celui qui organise les messes. Voire un préjudice d'image, pourquoi pas ?

( 919437 )
Témoignage par Adso (2021-06-07 12:07:18)
[en réponse à 919410]
Je connais deux cas de chapelles privées, dans deux diocèses relativement distants, à peu près à la même époque (début des années 50).
La première date de 1840, et de par l’autorisation de Lévesque, Avec le Saint-Sacrement. Entre 1840 et 1919 la permission de détenir le Saint-Sacrement a été régulièrement renouvelé, à partir de 1919 aucune autorisation demandée ou renouvelée : le curé du village voisin desservant occasionnellement la chapelle n’ayant pas jugé utile cette autorisation auprès de Mgr . Le dit évêché, contacté par le fils du propriétaire en 26, a jugé que le curé du village était suffisamment compétent pour voir si les conditions d’accueil du Saint-Sacrement était réunies. La chapelle a été désacraliser en 49, car la propriété n’était plus occupé à l’année et le propriétaire craignait qu’elle soit vandalisée ( Région particulièrement anticléricale est très marquée par le parti communiste et les anarchistes)
Autre cas de figure, dans un diocèse différent, une autre chapelle privée datant de 1894 Dans laquelle le Saint-Sacrement a été présent jusqu’à la fin des années 40 (1947 de mémoire) les propriétaires successifs n’ayant jamais requis aucune autorisation auprès de l’évêché et cette chapelle était desservie par des prêtres de passage ou par le curé du village sans que Mgr n’y ait jamais mis son grin de sel, le dit Mgr ayant même assisté une fois à la messe dans la dite chapelle , en 41, par un prêtre de passage cousin du propriétaire.

( 920661 )
(Dijon) : un petit Brasmenil chez soi ne vaut pas mieux qu'un grand Lille chez les autres par Ptitlu (2021-06-19 23:22:56)
[en réponse à 919393]
Ou un grand Bruxelles inexploitable puisque la jauge en Belgique est toujours de 15 en intérieur, quelle que soit la taille de l'église ?
A Brasmenil au moins la chapelle appartient à l'association, il me semble.
Et en définitive, s'ils trouvaient un celebrant, ils pourraient recourir à n'importe quel prêtre de leur choix, non ?

( 919419 )
Bien triste d'apprendre ce genre de situation. par Quelconque (2021-06-07 08:45:45)
[en réponse à 919357]
Je regrettais dernièrement, dans un post, le cloisonnement des forces vives de la Tradition en souhaitant un évêque fédérateur et voilà qu'on abandonne un apostolat pour une affaire d'argent et de confort. Un liseur évoquait récemment "une balle dans le pied", dans le cas présent c'est dans la tempe.
Je ne connais pas les détails de cette désertion, si ce n'est ceux donnés par le paon, mais c'est incroyable.
Ptitlu a écrit l'affaire s'est ébruitée et pèse maintenant sur leurs demandes d'apostolats. Je veux bien croire qu'un évêque mis au courant de cette façon de faire puisse avoir des réticences et après on se plaindra. Il faut savoir balayer devant sa porte aussi.
Dommage ! Bonne semaine à tous.

( 919429 )
Comme quoi par Non volumus ignorare (2021-06-07 10:12:45)
[en réponse à 919419]
recevoir de beaux livres cartonnés , des bulletins aux photos montrant parfois des banquets à la Louis XIV peuvent occulter bien des choses. Où est donc la simplicité du Saint Curé d'Ars ??