Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=918233
images/icones/3b.gif  ( 918233 )Le Motu Proprio en péril ? par Manel (2021-05-25 14:55:46) 

Paix Liturgique dans sa lettre 798 (25 mai) évoque la dernière réunion de la Conférence Épiscopale Italienne où à l’ouverture de la session le lundi de Pentecôte le Pape a évoqué un nouveau texte sur la forme extraordinaire du rite romain pour en restreindre la célébration :

"Depuis quelques temps, les signaux d’alerte à propos de Summorum Pontificum se multiplient : la majorité des évêques italiens et les poids lourds de la Curie, notamment à la Secrétairerie d’État, ont convaincu le pape que la traditionalisation liturgique du jeune clergé était « préoccupante » et que le « droit à la messe traditionnelle », institué par le motu proprio de Benoît XVI, était une atteinte à Vatican II.

Le lundi de Pentecôte, ouvrant à Rome la réunion de la Conférence des Évêques Italiens, la CEI, le pape a d’abord lavé la tête des évêques italiens, qui traînent des pieds pour mettre l’Église italienne en état généralisé de synode car ils considèrent que c’est une idée coûteuse et totalement inutile. Manie de vieillard, disent même certains.

Puis, une fois les journalistes sortis de la salle des débats, le pape a abordé un thème qui unit beaucoup d’évêques de la Péninsule : l’exécration de Summorum Pontificum. François a confirmé la parution prochaine d’un document qu’on l’a pressé de rédiger, destiné à « réinterpréter » le motu proprio de Benoît XVI. La parution a en effet tardé, car le document semble avoir provoqué des objections et freinages, spécialement de la part du cardinal Ladaria et de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui ont fait valoir qu’il allait provoquer dans le monde entier des troubles des oppositions incontrôlables. Malgré tout, la Secrétairerie d’État pousserait à la parution du texte, dont les dispositions essentielles seraient les suivantes :

– les communautés célébrant selon la forme antique pourraient continuer à le faire ;

– en revanche, les prêtres diocésains devraient désormais obtenir une permission spécifique.

Il est évident que ce document, inapplicable dans de nombreux pays dont la France, aura surtout une portée symbolique : faire que la célébration de la messe traditionnelle ne soit plus un droit, mais une exception tolérée.

Le groupe de pression anti-messe traditionnelle, à l’Université Saint-Anselme, à la Curie et à la CEI, entraîne ainsi le pape vers une erreur politique majeure : le mécontentement latent de toute une partie des catholiques devant les approximations doctrinales, les faiblesses devant les dérives allemandes, la multiplication des déclarations pour le moins déconcertantes, risque de se transformer en un véritable « ras-le-bol ». Au lieu de s’efforcer de sentir ce que pense et ce à quoi aspire toute une partie très vivante du peuple chrétien, on la pousserait au désespoir et à l’exaspération.

La paix de l’Église, spécialement la paix liturgique, à laquelle Benoît XVI avait beaucoup contribué avec son texte sage libérateur, est délibérément déchirée : un retour aux pires années de l’après-Concile s’annonce."


https://www.riposte-catholique.fr/archives/159628
images/icones/1b.gif  ( 918234 )C'est faire un immense cadeau à la FSSPX et aux NUC par Ptitlu (2021-05-25 15:08:09) 
[en réponse à 918233]

En Bretagne et dans l'Ouest, aux deux.

Quant aux diocèses, ils avaient une planche de Salut. S'ils préfèrent le vide, libres à eux.
images/icones/iphone.jpg  ( 918238 )Vous n’avez manifestement pas compris. par XA (2021-05-25 16:22:15) 
[en réponse à 918234]

Quand c’est stop, c’est stop.

Ici, on parle de catholicisme.

XA
- 8 jours
images/icones/3c.gif  ( 918236 )François veut-il la guerre dans l'Église ? par vistemboir2 (2021-05-25 15:52:40) 
[en réponse à 918233]

Je croyais benoîtement jusqu'ici qu'il avait également pour fonction de préserver la paix et la concorde dans l'Église, ce qui a été la motivation principale du pape Benoît XVI avec la publication de son motu proprio Summorum Pontificum.

Tout se passe comme si François avait été élu pour détruire l'Église catholique et la remplacer par "une structure œcuménique et mondialiste" selon les mots de Mgr Viganò : si le texte visant à retreindre la célébration de la messe en la forme extraordinaire est publié, il n'y aura plus aucun doute à ce sujet.
images/icones/iphone.jpg  ( 918237 )Manifestement par XA (2021-05-25 16:20:33) 
[en réponse à 918233]

l’article de Paix Liturgique est une traduction d’une information non sourcée.

C’est dommage. Quoique habituel.

XA

PS : à Manel, s’il vous plaît, indiquez la source d’origine. Ptilu et vous assurez exagérément la promotion de RC. Merci par avance.
images/icones/4a.gif  ( 918244 )Réaction moderniste par Jean-Paul PARFU (2021-05-25 16:58:56) 
[en réponse à 918233]

qui a trois causes selon moi (qui peuvent se recouper).

1) la cause à laquelle tout le monde pense : la détestation de l'Eglise de toujours.

Mais cette "haine", selon moi, ne suffirait pas à elle seule pour justifier des mesures de ce type. Elle peut prospérer en se mêlant à deux autres causes qui lui permettent aussi de se masquer :

2) Ces projets me font un peu penser à ce qui arriva, en France, à la fin de l'Ancien Régime, lorsque la noblesse tenta de récupérer ses pouvoirs.

"... La noblesse réimprima les notions de classe et de rang sociaux par le sang, et ... fit pression pour que les lois ... du royaume se raffermissent en sa faveur. L'accès à la noblesse par les charges fut restreint et certains petits nobles (ex : comte de Mirabeau) se retrouveront ainsi relégués et devront siéger dans le Tiers-État (en 1789, lors des Etats Généraux). Ex : l'Édit de Ségur, en 1781 : dans le contexte de la guerre d'indépendance américaine ... , la noblesse raffermit son monopole sur l'armée française, en obtenant que les charges d'officiers soient réservées aux nobles disposant de quatre quartiers de noblesse". (Wikipédia)

C'est un peu à cela que nous assistons aujourd'hui dans l'Eglise : la messe de toujours regagne du terrain, les Modernistes aux manettes tentent de resserrer les boulons.

3) Dans les pays qui n'ont pas connu la rupture révolutionnaire, qui a secoué la France jusqu'aux tréfonds, et ont conservé un clergé qui a tenu la population, en gros jusqu'à aujourd'hui ou relativement récemment : Portugal, Irlande, Pologne, Italie, voire Suisse, Allemagne, Autriche, la tradition catholique, l'attachement au rite traditionnel de la messe, ne sont pas compris.

En France, la messe de toujours a été vécue, ressentie par beaucoup de catholiques, de fidèles, comme le dernier rempart social, dans une société où sévit un laïcisme agressif, contre la Révolution en marche, car il n'y a plus de société chrétienne. Or, ce n'est pas le cas dans les pays ci-dessus évoqués où il y a encore (certes de moins en moins) une société chrétienne et un clergé influent. Le rôle central du combat pour la messe n'est donc pas compris dans ces pays. Il est seulement perçu comme un combat d'arrière-garde qui divise l'Eglise.
images/icones/salutscout.gif  ( 918260 )Je confirme ... par vistemboir2 (2021-05-25 18:15:41) 
[en réponse à 918244]


Le rôle central du combat pour la messe n'est donc pas compris dans ces pays.


... pour l'Espagne : un éminent professeur de droit espagnol, pourtant carliste et défenseur de la Tradition, comprenait mal notre attachement à la messe tridentine, me disant il y a une quinzaine d'années que cette question ne lui semblait pas primordiale. Toutefois, je sus plus tard qu'il faisait certaines années une retraite à l'Abbaye du Barroux ...
images/icones/hein.gif  ( 918307 )Dans ce cas par Regnum Galliae (2021-05-26 10:44:11) 
[en réponse à 918244]

pourquoi cette opposition à la libéralisation de la messe tridentine ? Que craignent-ils ? François se fiche de la France et la néglige. Que peut lui faire le fait que le curé d'une ville de province ait la possibilité de célébrer selon l'usus antiquior ?
images/icones/find.gif  ( 918308 )L'attachement à la messe de toujours par Jean-Paul PARFU (2021-05-26 11:21:49) 
[en réponse à 918307]

n'est pas compris, ou pas toujours compris, dans les pays qui nous entourent. Il y a, bien entendu, des exceptions.

Cependant :

1) cela ne signifie pas que le phénomène de la messe traditionnelle soit marginal au niveau mondial ;

2) il y a aussi cette haine et cette réaction dont je parlais. Surtout, les clercs qui ont les postes de direction voient le phénomène de la messe traditionnelle gagner du terrain et y voient une contestation silencieuse de leur autorité.

Pour revenir à l'explication numéro 3 de mon post précédent, il faut comprendre que le catholicisme des pays voisins n'a pas subi de la même façon que nous le choc de la Révolution de 1789. Ils ont continué à vivre, et presque jusqu'à nos jours, et malgré Vatican II et le nouveau rite de 1969-70, dans des pays où survivait, pour différentes raisons, une forte ou assez forte chrétienté sociale. A bien des égards, ils n'ont pas compris que la chrétienté subsistait encore chez eux comme un poulet ou un canard sans tête.

Il n'y a pas eu chez eux de rupture brusque, qui laisse la moitié des fidèles sur le carreau. Il y a eu un lent et long alanguissement. Ils sont devenus à moitié protestants et agnostiques sans s'en rendre compte ! Ils ne comprennent donc pas notre résistance sur ce point. Ils nous prennent pour des excités.

Dans ces pays, où de surcroît l'Eglise a un statut concordataire ou assimilé, le clergé est en phase avec l'idéologie de la puissance publique et tient encore assez bien les fidèles. C'est pourquoi les Fraternités traditionnelles ont énormément de mal à s'implanter dans des pays comme l'Irlande, le Portugal, la Pologne, l'Italie etc ...
images/icones/find.gif  ( 918310 )Malentendus par Jean-Paul PARFU (2021-05-26 11:52:15) 
[en réponse à 918308]

Ces catholiques des pays voisins nous empêchent de fait, sans s'en rendre compte, d'avoir à nouveau chez nous, ce qui a été conservé chez eux, jusqu'à maintenant en tout cas.

Ils sentent et raisonnent un peu comme des bourgeois qui reprocheraient aux pauvres leur indigence et de vouloir accéder au bien-être matériel dont eux profitent.

C'est un peu la même chose avec l'immigration. Au temps où il y avait déjà beaucoup d'immigration en France et assez peu dans les pays qui nous entourent, nos voisins ne comprenaient pas le phénomène Le Pen.

Ils pensaient que nous étions d'abominables racistes, alors que nous voulions simplement continuer à vivre comme ils le faisaient encore. Et cela est d'autant plus énervant qu'à notre place, ils auraient sans doute protesté davantage encore.

Les gens ne réfléchissent pas et ramènent tout à leur propre expérience, ce qui crée énormément de malentendus. Nous devons donc, nous aussi, faire l'effort de comprendre comment ils raisonnent pour désarmer leurs préventions vis-à-vis de nous. Il y a toujours des raisons qui tiennent à l'histoire d'un côté et à la simple psychologie humaine, à l'ignorance, de l'autre.

Je vous dis cela parce que j'ai vécu en Allemagne dans les années 80-90. Aujourd'hui encore, une femme comme Merkel ne comprend rien à l'état d'esprit en France : les gilets jaunes, l'immigration, etc ...

Dans le même ordre d'idées, les pays de l'Europe occidentale ne comprennent pas la mentalité des pays de l'Europe centrale, car on a d'un côté des pays où règnent les "valeurs" libérales libertaires de 1968 et de l'autre, des pays où ces pseudos valeurs ne sont pas acceptées.
images/icones/neutre.gif  ( 918251 )Je suis peut-être naïf ou un doux rêveur par Meneau (2021-05-25 17:46:46) 
[en réponse à 918233]

mais si c'était encore une jésuiterie ?

Dans les diocèses où l'Evêque a largement appliqué le motu proprio, "les communautés célébrant selon la forme antique pourraient continuer à le faire".

Dans les diocèses qui freinent des quatre fers, ils seront tenus de demander l'autorisation... mais si cette autorisation est accordée, ils ne pourront s'y soustraire.

Simple réflexion qui m'est passée par la tête à la lecture de RC.

Cordialement
Meneau