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( 917316 )
15 mai 2021 un anniversaire à ne pas manquer : Rerum Novarum par Diafoirus (2021-05-15 10:45:23)
Rerum Novarum
un anniversaire à ne pas manquer
Il y a cent trente ans, ce 15 mai 2021, le pape Léon XIII publiait l'en cyclique Rerum Novarum. Un texte historique, appelé à être largement commenté et qui a entraîné une forte mobilisation des catholiques dans le domaine économique et social.
Cet élan, qui a pris des accentuations diverses, à travers le temps et au gré des compréhensions du texte, n'a jamais cessé depuis. Signe de l'importance de cette encyclique pour l'Église, une grande partie des autres interventions pontificales en matière sociale sont nées à l'occasion de son anniversaire.
...
quelle place Léon XIII accordait à Rerum Novarum dans son très vaste enseignement doctrinal ? Il a apporté lui- même la réponse au soir de sa vie en publiant le 19 mars 1902 la lettre apostolique
Annum ingressi (parfois appelée
Vigesimo Quinto anno) dans laquelle il énumère les encycliques qu’il considère comme principales : celles n sur
la Philosophie chrétienne, sur
la Liberté humaine, sur l
e Mariage chrétien, sur
la Franc-Maçonnerie, sur l
es Pouvoirs publics, sur
la Constitution chrétienne des Etats, sur
le Socialisme, sur
la Question ouvrière, sur
les Devoirs des citoyens chrétiens et sur d’autres sujets analogues.
On remarque que le pape suit un ordre logique et non chronologique. Son pontificat a, en effet, voulu répondre aux maux de la modernité en reposant d'abord les principes vrais de la philosophie de saint Thomas. Le reste, et notamment Rerum Novarum, s'inscrit donc à la suite et doit se lire à cette lumière.
Rerum Novarum de Léon XII s'inscrit dans l' offensive de restauration d’une société chrétienne s'appuyant sur le thomisme.
La suite dans
Reconstruire :
https://www.hommenouveau.fr/3549/editorial/c-est-l-heure-de-reconstruire--.htm
reconstruire@hommenouveau.fr
10 , rue Rosenwald 75015 Paris
ICI

( 917326 )
Bien sur.... par Pol (2021-05-15 13:05:50)
[en réponse à 917316]
....toutes ces dates sont importantes, Rerum Novarum fut monumental dans l'Eglise: merci de partager avec nous.

( 917328 )
Dans ce contexte par AVV-VVK (2021-05-15 15:17:41)
[en réponse à 917316]
traditionellement leur fête le jour de l'
Ascension ou la veille. A noter que le discours religieux depuis des années est quasi absent.
Ici

( 917329 )
Un anniversaire à ne pas manquer ? par baudelairec2000 (2021-05-15 15:20:43)
[en réponse à 917316]
Plusieurs remarques sur le post de Diafoirus à propos de l'anniversaire de la publication de Rerum Novarum, "un texte historique, écrit-il, appelé à être largement commenté et qui a entraîné une forte mobilisation des catholiques dans le domaine économique et social".
1/Je ne suis pas sûr que les catholiques aient attendu Léon XIII pour se pencher sur la misère ouvrière: Albert de Mun, René de La Tour du Pin, Henri Lorin, Léo Harmel, les Religieux de Saint Vincent de Paul, rien que pour la France dès la fin des années 1870.
2/ Léon XIII place son encyclique Rerum Novarum parmi les principales. Ca, c'est une preuve de l'importance capitale de l'encyclique. On n'est jamais mieux servi que par soi-même !
3/ Les successeurs de Léon XIII n'ont cessé de se référer à ce texte fondateur. Ainsi Pie XI avec Quadragesimo anno. Le problème est que la question ouvrière est vite oubliée au siècle suivant pour faire place à l'économie, au développement des peuples, preuve que la doctrine sociale que Rerum Novarum est censé inaugurer a un contenu évolutif et incertain. Il faut voir où on en est arrivé en ce domaine avec le pape François.
4/ Que vient faire saint Thomas dans cette encyclique? Qu'y a-t-il de thomiste dans ce document? On pourrait même se demander si la pensée de saint Thomas illumine les documents de Léon XIII, un pape qui passe pour le restaurateur du thomisme. Une chose est sûre: Taparelli inspire de près ou de loin la pensée de Léon XIII. Taparelli, prêtre jésuite italien, fondateur en 1850 de la Civilta Cattolica, donne davantage dans le néothomisme que dans la fidélité à la pensée de saint Thomas, notamment dans les questions qui relève du droit (Essai théorique de droit naturel). C'est justement dans un important article de la Civlita cattolica (1889) que le père Matteo Liberatore, jésuite, rédacteur de la première version de l'encyclique, entreprend de "justifier la nécessité d'une entente internationale en matière de législation sociale". La seconde version fut confiée au cardinal Zigliara, dominicain certes, ce qui n'en fait pas pour autant un authentique lecteur de saint Thomas, au mieux un scolastique...
Philippe Levillain écrit à ce propos:
" Mais, au bout du compte, il n'en reste pas moins que, si une deuxième version fut confiée au cardinal Zigliara, la difficulté de conjuguer la présentation d'une pratique sociale et une théologie du droit compliqua la tâche des rédacteurs et pèse au demeurant sur l'encyclique. Le P. Liberatore faisait partie du groupe des Jésuites qui, au sein de la Civilta Cattolica, s'efforçait delutter contre le positivisme économique et son absence de relations avec la morale. Avec le père Taparelli d'Azeglio, il tenait une place d'importance au sein du Comité romain d'études sociales. il avait publié en 1889 des Principii di economia politica ( ce titre: tout un programme ! C'est nous qui le soulignons). Il offrait des vues très neuves en matière de programme pour une action des catholiques."
Et Levillain de poursuivre:
"Léon XIII coupait les ponts avec les écoles du catholicisme social - dont j'ai nommé quelques figures de proue plus haut - même avec l'Union de Fribourg. Il éloignait tout laïc de la rédaction, à commencer par Giuseppe Toniolo, professeur à l'université de Pise, sociologue, qui avait fondé en 1888 une Union d'études sociales et la Rivista internazionale di scienze sociali."
Philippe Levillain participa au colloque international qui avait pour objet l'encyclique Rerum navarum, une rencontre organisée par l'Ecole française de Rome et qui se tint à Rome les 18-20 avril 1991. Les actes du Colloque furent publiés en 1997 sous le Titre "Rerum Novarum". Ecriture, contenu et réception d'une encyclique (Ecole française de Rome, 711 pages). La contribution de P. Levillain à ce colloque a pour titre "L'écho des écoles du catholicisme social".
Une somme passionnante que la publication des actes de ce colloque, qui vient éclairer le texte de l'encyclique, un texte au demeurant conventionnel, très consensuel, puisque s'il ne renvoie pas dos à dos les ouvriers et ceux qui les exploitaient, il les appelle à l'entente dans une troisième voie dont l'Eglise sera par la suite coutumière, tout en se contentant de répéter de manière générale les mêmes anathèmes contre certaines erreurs modernes (le socialisme); un document, 130 ans après sa publication, décevant parce que sans colonne vertébrale, essentiellement parce que l'ennemi n'est pas clairement identifié, toujours évoqué de manière, encore une fois, trop générale. Si l'encyclique prétend en effet dénoncer quelques conséquences de la Révolution, issue des Lumières, il n'en reste pas moins qu'elle reste tributaire des problématiques inaugurées par les penseurs du XVIIIe siècle, que les inspirateurs de l'encyclique appartiennent le plus souvent à leur univers mental. Les réflexions des rédacteurs sur les questions du droit renvoie, répétons-le, davantage à l'école moderne du droit qu'à Aristote ou saint Thomas. Et le fait que l'encyclique soit l'oeuvre d'hommes enfermés dans Rome, après "l'entrée de la Révolution à Rome par la brêche de la Porta Pia" (Civilta Cattolica, 1890) n'arrange rien à l'affaire. Cette encyclique se trompe peut-être de combat en défendant aussi mal les ouvriers, ne serait-ce que parce que la terminologie latine à l'oeuvre dans ce document ne permet pas d'exposer de manière adéquate les problèmes dont il a à rendre compte.

( 917331 )
Point de vue très intéressant par Romanus (2021-05-15 16:09:17)
[en réponse à 917329]
...qui m'incite à approfondir ce sujet.
On trouve l'article que vous mentionnez de P. LEvillain sur Persée.fr.
Romanus

( 917333 )
Vous êtes un peu sévère, cher Baudelaire par Abbé Claude Barthe (2021-05-15 16:27:31)
[en réponse à 917329]
Que l'encyclique de Léon XIII soit un peu "fouillis", c'est vrai. Qu'elle soit diplomatiquement plus modérée que, par exemple l'Union de Fribourg, ce n'est pas douteux. Il reste que le fil conducteur, mieux qu'une "troisième voie" entre socialisme et libéralisme, comme on l'a souvent dit, est surtout une autre voie que le libéralisme. A preuve l'apologie insistante des corporations (insistante mais timide, dans la mesure où elles pourraient être formées d'ouvriers seulement) qui a dynamisé un ensemble de courants catholiques conservateurs sociaux à la recherche d'une alternative à la démocratie, dont celui de l’Estado Novo de Salazar, et du corporatisme suisse.

( 917348 )
Sévère ! non, intransigeant ! oui par baudelairec2000 (2021-05-15 20:09:02)
[en réponse à 917333]
avec une pensée que vous qualifiez de "fouillis". Cette encyclique sur la question ouvrière est hors-sujet. Que va faire le pape dans un sujet aussi technique et circonstanciel ? Sujet qui relève de la philosophie politique, de l'économie et de l'histoire. L'Eglise, à la suite de l'Ecriture, a toujours tenu un discours sur les pauvres (les Béatitudes, les Oeuvres de Miséricorde). Mais ce discours peut-il suffire à répondre à la question sociale?
Vous me dites que le discours tenu par Léon XIII est une autre voie que le libéralisme, mais en quoi consiste cette voie, même si ce n'est pas une troisième voie? Je reste ouvert à toutes les clarifications qu'on voudra bien m'apporter.
J'en viens à me demander si ceux qui défendent Léon XIII l'ont vraiment bien lu, ici avec Rerum novarum, ailleurs dans des Documents comme Libertas, Nobilissima Gallorum gens ...
Enfin, vous semblez trouver génial son recours aux corporations, le corporatisme étant une alternative à la démocratie. De qui se moque-t-on? Depuis quand le système corporatif serait-il l'alpha et l'omega d'une action politique efficace? Permettez-moi de vous faire remarquer que l'on associe toujours les corporations à l'Ancien régime et que pour lutter contre la Révolution, on lui oppose toujours l'ancien régime. Or, il y a un os dans ce discours "réactionnaire" primaire, c'est que le régime corporatif concernait en France un nombre limité de villes. Si je n'étais pas limité en temps, je pourrais vous conseiller quelques ouvrages sur ce sujet dont un de François-Olivier Martin.

( 917350 )
encyclique "un peu fouillis ", quel magistère ! par baudelairec2000 (2021-05-15 20:59:52)
[en réponse à 917333]
Votre remarque sur le côté un peu fouillis de l'encyclique m'incite à douter du degré de ce magistère "enseignant". Vous voudriez renforcer chez moi une méfiance viscérale vis a vis de ce type de magistère que vous ne vous y prendriez pas autrement...

( 917338 )
…et beaucoup trop indulgent vis-à-vis de Philippe Levillain ! par Vianney (2021-05-15 19:01:58)
[en réponse à 917329]
Je ne suis pas un inconditionnel de Léon XIII, mais il ne me viendrait pas à l’idée d’aller chercher des arguments “historiques” chez un “historien” aussi approximatif…
...si du moins vous parlez bien de l’auteur qui a pondu à propos de Mgr Lefebvre un ouvrage “historique” qui, pour reprendre les termes de l’abbé Celier, arrive à battre en nullité le journaliste Nicolas Senèze sur le même sujet¹ !
V.
__________
¹
A propos du livre de Philippe Levillain : Rome n’est plus dans Rome, Mgr Lefebvre et son Eglise

( 917345 )
En effet par Romanus (2021-05-15 19:39:10)
[en réponse à 917338]
Et il faut reconnaître que le style de Levillain est totalement abscons, comme en témoigne la seule lecture de l'article de l'intéressé (disponible sur le site persee.fr) auquel nous renvoie Baudelairec2000.
Le style, c'est l'homme. Et ce n'est pas la clarté de pensée qui semble caractériser Levillain.
Maintenant, pour sa défense, l'article sur l'origine de "Rerum novarum" semble assez étayé. C'est peut être son seul domaine de compétence. Je ne suis pas à même d'en juger.
Romanus

( 917353 )
réponse rapide à Romanus et à Vianney par baudelairec2000 (2021-05-15 21:12:36)
[en réponse à 917345]
Romanus affirme que "le style de Levillain est totalement abscons", mais après que "l'article sur l'origine de "Rerum novarum" semble assez étayé. C'est peut être son seul domaine de compétence". J'avoue ne pas comprendre, mais, à ma décharge, il se fait tard...
Quant à Viannney, il me reproche mon indulgence vis-à-vis de P. Levillain. Cet auteur a peut-être, voire sûrement, écrit un ouvrage malhonnête sur Mgr Lefebvre, pourquoi, a priori, mériterait-il d'être déconsidéré dans un article sur Léon XIII ? Un moment de lucidité au milieu d'un océan de mensonges ne peut-il pas être envisagé? Vianney, avant de vous prononcer aussi abruptement, vous gagneriez à lire l'article en question, à parcourir les actes du colloque consacré à Rerum novarum.

( 917355 )
Je ne dis pas que le corporatisme de RN est génial par Abbé Claude Barthe (2021-05-15 21:19:15)
[en réponse à 917345]
mais je dis que cet anti-liberalisme a inspiré un ensemble de courants non démocratiques, de l'entre-deux-guerres notamment, tout à fait intéressants, et qu'on ne peut pas balayer tout cela d'un revers de la main

( 917388 )
Intéressants? par Romanus (2021-05-16 09:29:28)
[en réponse à 917355]
J'aimerais savoir de quels courants non-démocratiques très intéressants de l'entre-deux guerre vous voulez parler. Car j'ai beau chercher...
J'espère que vous n'allez pas nous parler du parti de Castelnau et de son combat (totalement démocratique) sans stratégie et donc sans lendemain. Comme toutes ces ligues et autres mouvements qui souhaitaient une révolution en sens contraire et non le contraire de la révolution.
Quel magnifique héritage ces mouvements nous ont laissé!
Romanus

( 917356 )
Je me demande par Jean-Paul PARFU (2021-05-15 21:25:13)
[en réponse à 917338]
Si Levillain a réellement écrit le livre en question sur Mgr Lefebvre. Il est possible que le sujet ne l'intéressait pas, qu'il ait donné l'ordre à un étudiant de lui donner la matière et ait finalement publié le tout sans correction sous son nom.
A propos de Levillain, vous pouvez relire ce fil à travers ce post
ici

( 917366 )
on me l'a dit par Luc Perrin (2021-05-15 23:13:48)
[en réponse à 917356]
il y a tellement d'erreurs factuelles grossières de dates, d'attributions que je peine à concevoir que l'ouvrage est bien de cet auteur seul. J'ai toujours subodoré que l'ouvrage était une commande dans le contexte des négociations entre Rome et la FSSPX, l'ouvrage sort en 2010 donc après la levée des excommunications et quand le dialogue théologique démarre. Le membre du Comité pontifical des sciences historiques a-t-il été contacté par tel prélat de la CEF ou à Rome fâché de cette négociation? Le titre délibérément blessant du livre donne une indication de l'esprit qui a présidé à sa rédaction, en sachant que les éditeurs parfois choisissent en tordant la main aux auteurs.
Reste tout de même qu'on relit les épreuves avant de donner le bon à tirer.
ps. la bonne partie est celle de 1987-1988 très étayée par des documents et qui donne un récit des événements convaincant.
Levillain qui a animé une émission sur France Culture a surtout étudié les jeux de pouvoir à Vatican II et les épiscopats, la papauté. Comme nous tous, il a rencontré le catholicisme social, à travers Albert de Mun par ex., mais je n'en ferais un spécialiste de la question au même titre que Mayeur et Poulat. Il est assez étranger aux notions de catholicisme intransigeant et intégral, sauf erreur de ma part.
Les origines de RN sont très bien étudiées : la vision de l'ami baudelairec est étrange. Bien entendu qu'il existait des écoles de pensée (Angers, Cologne, Berlin etc.) telle que Fribourg CH - Léon XIII a grandement honoré Mgr Mermillod en le créant cardinal en 1890. Ajoutons cela a été prouvé sur documents, le cardinal Gibbons de Baltimore (USA) sur la question syndicale.
Rome et les jésuites ont été partie prenantes a arbitré au milieu de ces écoles comme toujours : rien de neuf, c'est le procédé banal du magistère.
Léon XIII d'ailleurs laisse ouvertes bien des questions et je ne dirais pas que le "corporatisme" est si éminent en 1891, c'est plutôt Pie XI en 1931 qui insiste là-dessus.
Le thème des corporations est une scie au long du XIXe mais il est à comprendre comme un salut au modèle médiéval de chrétienté idéalisé et aussi comme une volonté d'aggiornamento dudit concept. Reprendre à l'identique la corporation médiévale n'était pas le projet dominant.
Bien entendu la réflexion précède, en cela baudelairec dit juste, bien entendu il y a pléthore d'expériences très concrètes au niveau pastoral, mais on ne saurait pour autant minimiser le poids de l'encyclique du fait de l'engagement pontifical, le catholicisme social se trouvait encouragé et davantage pris en compte dans les diocèses.

( 917514 )
Il y a aussi Mgr Ketteler par Athanase (2021-05-17 14:29:31)
[en réponse à 917366]
Qui a joué un rôle dans la mise en place de la doctrine sociale de l'Eglise.

( 917645 )
très juste l'école rhénane par Luc Perrin (2021-05-19 10:10:13)
[en réponse à 917514]
est une des premières et en effet Mgr von Ketteler, un théoricien dès Pie IX, est un grand nom. Curieusement cet apôtre du catholicisme intransigeant et intégral n'a pas voté l'infaillibilité pontificale à Vatican I.
Avec l'abbé Kolping et ses jeunes compagnons, on a un foyer très actif et précoce.

( 917518 )
Le bouquin de Levillain sur Mgr Lefebvre est bourré d'erreurs par Athanase (2021-05-17 14:39:07)
[en réponse à 917356]
Son ouvrage est un torrent d'erreurs, comme l'avait si bien analysé l'abbé Grégoire Célier.

( 917361 )
j'allais le dire : l'ami Levillain comme boussole c'est le comique par Luc Perrin (2021-05-15 22:40:43)
[en réponse à 917338]
de baudelairec qui a déjà d'autres bonnes blagues à son actif.
Ph. Levillain est un catholique néo-libéral notoire mais aucunement un spécialiste du catholicisme social.
Pour des études solides sur Rerum Novarum, il vaut mieux aller voir vers ceux qui s'y connaissent à savoir feu mon maître Jean-Marie Mayeur ou bien sûr Émile Poulat.
Il est cocasse, au passage, est-ce de la bravache provocation ou de l'ignorance crasse ? je penche pour la blague de potache, de prétendre que Léon XIII est étranger à l'instauration de l'enseignement du néo-thomisme, lui qui y consacre une encyclique en 1879, alors que son cardinal de frère y a consacré sa vie et que pour le coup, 100% des historiens l'ont constaté.
J'ajoute que dans Fides et ratio, Jean Paul II se réfère explicitement à Aeterni Patris comme l'encyclique majeure en la matière.
Même Mgr Begnini, le premier intégriste, n'aurait jamais eu l'idée de vomir ainsi sur la base de la doctrine sociale de l'Église, et sûrement pas Mgr Lefebvre.
Que d'aucuns détournent les principes de cette doctrine est une chose, prétendre la jeter aux oubliettes est simplement insensé.

( 917371 )
Vous croyez que j'ai envie de blaguer ! par baudelairec2000 (2021-05-16 00:55:07)
[en réponse à 917361]
" Le thème des corporations est une scie au long du XIXe mais il est à comprendre comme un salut au modèle médiéval de chrétienté idéalisé" écrivez-vous. Que connaissez-vous au Moyen Age? Savez-vous seulement à quoi correspond cette notion de Moyen Age? Quand on sait que ses promoteurs la font durer 10 siècles, il y a de quoi se marrer...
Si le spécialiste du XXe siècle que vous êtes participe en 2002 à un colloque sur le pape Léon IX (1002-1054), ce n'est pas pour nous plonger dans le XIe siècle et les précurseurs de la Réforme grégorienne, c'est une fois de plus pour vous complaire dans ce stupide XIXe siècle dans une contribution intitulée L'image de Saint Léon IX aux XIXe et XXe siècles. Je repose ma question: que savez-vous de la chrétienté médiévale ? Connaissez-vous seulement les traités de Jonas d'Orléans, d'Hincmar de Reims (IXe siècle), quelques miroirs des princes, les oeuvres d'Abbon de Fleury(fin Xe s.) ou d'Hugues de Fleury (début XII s.)? Les conciles de l'église franque représentent-ils seulement quelque chose pour vous? L'ouvrage capital de Congar, L'ecclésiologie du haut Moyen age, vous parle-t-il un peu? Voilà que je parle de Congar et que je me compromets: Congar n'a pas donné que dans l'hérésie à ce que je sache. Il en est peut-être de même pour P. Levillain. Il est vrai qu'il n'arrive pas à la cheville de votre maître Jean-Marie Mayeur, conscience éclairée de l'histoire politique moderne et observateur si fin des évolutions récentes du christianisme.
Le blagueur que je suis ne supporte pas les leçons d'un maître qui est incapable de remonter jusqu'aux racines de la chrétienté médiévale. Au lieu de saint Thomas, contentez-vous du néo-thomisme inauguré par Léon XIII! Le néo-thomisme ou saint Thomas pour les nuls... Si ce n'était que ça, mais on se demande ce qui peut bien rester de saint Thomas dans cette tentative de restauration de la pensée du Docteur Commun. Quand on est plus capable de lire et de comprendre saint Thomas, on invente un thomisme édulcoré. Vous trouvez ça bon le Canada Dry? Continuez à défendre votre néo-thomisme et votre Doctrine sociale de l'Eglise, des doctrines bien éloignées des principes qui furent les piliers de notre civilisation. On n'entend plus rien à la notion de justice légale ou générale, bazardons-là et remplaçons la par la notion de justice sociale, notion intégrée dans les document spontificaux par Pie XI. "L'ordre ancien" a disparu, l'individu se retrouve seul face à l'Etat - c'est ce que voulait Rousseau : on préconise le principe de subsidiarité, principe qui ne rétablira pas la justice distributive. Je sais, je me doute, vous allez me traitez de passéiste; et après? entre les auteurs dont je vous parle et le pipi de chat que vous me proposez, mon choix est fait: je ne veux pas être à la remorque de la modernité et en subir les avatars.
Voyez-vous, je n'ai pas envie de blaguer. Vous voulez ironiser. J'ironise à mon tour. Répondez sur le fond et expliquez-nous en quoi Rerum novarum est défendable, pourquoi elle est un document inoubliable. Je crains fort qu'elle mérite justement d'être jetée aux oubliettes parce qu'il n'y a rien à en garder, ni sur le fond - parce que Léon XIII est passé à côté du sujet et que, depuis, ses successeurs sont passés à d'autres sujets, tout aussi inintéressants - ni sur la forme - la terminologie est désastreuse. Tout un enseignement appelé à disparaître par pans entiers et à être recréé au gré de l'évolution d'un monde qui échappe malheureusement à l'intelligence géniale de nous souverains pontifes atteints d'un prurit assez particulier. Jusqu'où iront-ils avec leur enseignement social? S'arrêteront-ils un jour? Usque tandem... Dans cette course à la réconciliation avec le monde moderne, il est à craindre que la dégringolade intellectuelle et spirituelle dont la plupart des papes depuis Léon XIII sont coutumiers ne connaisse pas de fin: on a commencé avec Léon XIII avec la question sociale et la réconciliation avec la Révolution française - la IIIe République poursuit bien et achève l'oeuvre entreprise un siècle auparavant; on en est actuellement avec François à des considérations écologiques et sociétales. Quel sera le prochain sujet à la mode dans ce corpus? Les transgenres? La vie sur Mars?
Assez blagué pour ce soir...

( 917383 )
Tout dépend de l'esprit dans lequel on entend reconstruire. par Scrutator Sapientiæ (2021-05-16 08:30:52)
[en réponse à 917316]
Bonjour et merci, Diafoirus.
D'une part, il me semble qu'il y a pire que la doctrine sociale de l'Eglise, notamment de Léon XIII à Pie XII, en ce sens qu'il y a pire qu'une doctrine sociale partisane et promotrice du bien commun, de la loi naturelle, de la personne humaine et des vertus cardinales ou naturelles, et en ce sens qu'il y a pire qu'une doctrine sociale propice à des positions critiques contre telle conception dominante de l'intérêt général, des droits de l'homme, de l'individu contemporain et des valeurs postmodernes ou sociétales.
D'autre part, et puisqu'il est question de reconstruire, il me semble également que tout dépend de l'esprit dans lequel on entend reconstruire : si l'on entend reconstruire dans un esprit de vigilance et de résistance, notamment
- face à telle conception erronée de l'écologie et de la fraternité,
- face à la conception de l'économie, de l'éducation, de l'émancipation et de l'unification qui est prescrite par le mondialisme progressiste,
- face à l'homosexualisme et face à l'immigrationnisme,
et
- face au multiculturalisme, en tant que religion politique,
c'est vraiment très bien ainsi, mais si l'on entend reconstruire dans un esprit de conciliation avec ces conceptions, je ne vois pas en quoi il est catholique, légitime et nécessaire de reconstruire.
Troisièmement, mais ce troisièmement découle amplement de ce qui précède, je rappelle ici quel est le problème de fond que comporte la doctrine sociale de l'Eglise, depuis Gaudium et spes : il arrive que la DSE, telle qu'elle est conçue ou, en tout cas, telle qu'elle est souvent reçue, depuis le Concile en général, et depuis Gaudium et spes en particulier, soit propice à une immanentisation et à une sécularisation du regard et du discours des catholiques sur la culture, sur l'économie et la société, et sur la politique.
Or, reconstruire, c'est faire connaître, faire comprendre, faire aimer, faire prendre en compte et faire mettre en oeuvre la doctrine sociale de l'Eglise, MAIS C'EST AUSSI remédier à cette immanentisation et à cette sécularisation du regard et du discours.
Quatrièmement, je me pose la question de savoir si cette reconstruction, aussi légitime et nécessaire soit-elle, constitue aujourd'hui la "priorité des priorités", dans la mesure où, encore plus depuis l'année 2012-2013 que depuis l'année 1962-1963, nous sommes en présence de clercs officiellement catholiques qui ne savent plus où ils habitent, avant tout dans le domaine de la doctrine de la foi, et non avant tout dans celui de la doctrine sociale.
Il me semble en effet que ce qu'il convient de construire, ou de reconstruire, au sein même de l'Eglise catholique, c'est une interrogation, elle-aussi légitime et nécessaire, sur les fondements, le contenu et les débouchés de l'esprit du Concile, de l'esprit d'Assise, de l'esprit d'Abou Dhabi et de l'esprit d'Amazonie.
Ce qui figure dans le paragraphe qui précède est écrit parce que chacun de ces esprits est porteur de conséquences non négligeables, non seulement ad extra, mais aussi ad intra, dans le domaine de la connaissance, de la compréhension, de la préservation, de la propagation, de la réception et de la transmission de la foi catholique, dans un contexte de coexistence avec les confessions chrétiennes non catholiques et avec les religions non chrétiennes.
Dans ce domaine au moins autant que dans d'autres, il est urgent et vital de "reconstruire", et de reconstruire en direction de l'intérieur du clergé catholique diocésain, voire, on peut rêver, depuis l'intérieur de ce clergé catholique diocésain...
Bon dimanche.
Scrutator.