Le Forum Catholique
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( 917262 )
Clergé salarié en RFA par Candidus (2021-05-14 09:35:22)
Quels sont les membres du clergé allemand salariés par l'Etat ? Je suppose que le clergé régulier est exclu de cette rémunération, mais qu'en est-il des religieux exerçant une activité paroissiale ou quasi paroissiale ?
Et les prêtres des la FSSP qui ne sont ni vraiment des religieux (ils ne font pas de voeux), ni vraiment des prêtres séculiers (ils vivent en communauté), sont-ils rémunérés par l'Etat allemand ?

( 917263 )
Je crois par Roger (2021-05-14 09:47:52)
[en réponse à 917262]
Qu aucun clerc n est rémunéré par l Etat.
L Eglise perçoit un impôt sur ses fidèles (équivalent me semble t il à 1% du revenu du contribuable ?) Qui constitue ses principales ressources.

( 917267 )
[réponse] par Jean-Paul PARFU (2021-05-14 10:22:25)
[en réponse à 917262]
1) Le cadre général
"À la différence de la France, les Églises en Allemagne ne sont pas des associations privées régies par le droit commun, mais des personnes morales de droit public. Leur statut particulièrement avantageux consacre la reconnaissance de leur mission d’utilité publique et sociale, manifeste à travers tout un réseau de services dans le domaine sanitaire, social et éducatif (crèches, écoles, maisons de retraite, hôpitaux, etc.). Il leur confère un certain nombre de droits et de prérogatives, comme la perception d’un impôt dit d’Église (Kirchensteuer), la garantie d’un enseignement religieux confessionnel dans les écoles publiques (article 7-3 de la Loi fondamentale pour la République fédérale d’Allemagne) ou encore l’intégration des facultés de théologie catholique et protestante aux universités publiques. Au-delà de la pleine autonomie dont disposent les Églises quant à leur administration interne, le statut de « corporation de droit public » leur garantit une coopération institutionnalisée avec l’État, ainsi qu’une position publique forte en raison de la légitimité juridique qu’il implique". ("Politique et religion en Allemagne, Publictionnaire", 2008).
2) Sur les clercs rémunérés
Ce système explique que les clercs ne sont pas rémunérés par l'Etat qui définirait avec les cultes, qui, en leur sein, a, aurait, ou aura ou non, le statut de fonctionnaire.
Une fois collecté par l'Etat dans chaque Land (et l'impôt d'Eglise n'a pas tout à fait le même taux d'un Land à l'autre), ce sont les cultes eux-mêmes qui gèrent l'impôt collecté et rémunèrent leurs membres selon leurs propres critères. L'impôt d'Eglise rapporte chaque année environ 10 milliards d'euros à l'Eglise catholique en Allemagne.
Les religieux qui assument un rôle dans une paroisse ou les clercs de la FSSP, à qui une paroisse a été confiée, doivent normalement être rémunérés par l'Eglise catholique en Allemagne, via l'évêché de rattachement.

( 917273 )
Merci pour ces précisions par Candidus (2021-05-14 13:12:40)
[en réponse à 917267]
Je pensais que le système allemand se rapprochait de celui des départements concordataires où le clergé est directement salarié par l'État.
Le salaire des prêtres commence à 1200€ net par mois pour atteindre 2200€ en fin de "carrière" plus un logement gratuit. L'archevêque de Strabourg perçoit aux alentours de 5000 € mensuel.

( 917280 )
Nous avons raison tous les deux par Jean-Paul PARFU (2021-05-14 14:07:44)
[en réponse à 917273]
Après vérification. En fait, les curés, prêtres, vicaires, chapelains ... sont directement payés par l'impôt d'Eglise (Kirchensteuer), tandis que les évêques, archevêques sont payés par l'Etat. Leurs traitements sont assimilés à celui de la haute fonction publique en Allemagne.
Ce double système existe pour des raisons historiques :
- pour les évêques, c'est un système né en 1803 et par lequel, la France napoléonienne et le Saint Empire se mettaient d'accord pour le paiement des prélats, suite aux destructions et expropriations de ses biens subies par l'Eglise, à cause de la Révolution française.
- pour le clergé ordinaire, c'est la Constitution de la République de Weimar de 1919 qui institue "l'impôt d'Eglise" en Allemagne tel que nous le connaissons encore aujourd'hui. Ce système n'a en effet jamais été remis en cause depuis, même par le Concordat de 1933.
En 2020, l'Eglise catholique a perçu 6,74 milliards d'euros, seulement au titre de l'impôt d'Eglise, sans compter le traitement des évêques versé par l'Etat et le placement de valeurs mobilières ou encore la location de ses biens immobiliers ou autres.
Un jeune prêtre gagne environ 3200 euros par mois en Allemagne ; un évêque 9000 euros. Le Cardinal-archevêque de Munich gagnait environ 11500 euros par mois, il y a quelques années.

( 917286 )
tout pretre ,eveque.. par Germanicus (2021-05-14 15:05:58)
[en réponse à 917280]
Est remunéré par l Etat allemand.
idem pour les pasteurs protestants.
Cela varie par rapport au diplomes obtenus: 4000 euros pour un pretre car bac +6; 8000 euros pour un eveque car bac + 8. environ.
Tout salaire se réfère à une grille en Allemagne. Carré ,non?

( 917288 )
C'est plus compliqué que cela par Jean-Paul PARFU (2021-05-14 15:30:43)
[en réponse à 917286]
Vous considérez sans doute que l'impôt d'Eglise, c'est l'Etat puisque c'est l'Etat qui collecte. Mais l'Etat collecte auprès des membres des Eglises et les Eglises règlent à l'Etat les frais de collecte. Et, ce sont les Eglises elles-mêmes qui versent cet argent, sous forme de salaires, à leurs salariés : prêtres ou autres.
Un résumé en allemand
"Wer zahlt Gehälter der Pfarrer oder Priester in Deutschland?" (Qui paye les salaires des prêtres en Allemagne ?)
"Anders als die Bischöfe werden einfache Kirchenbeschäftigte wie Priester und Pastoren aus den laufenden Einnahmen der Kirchen bezahlt.
Bischöfe werden tatsächlich aus der Staatskasse bezahlt."
(Contrairement aux évêques, qui sont payés par l'Etat, les prêtres et salariés des Eglises sont payés par les revenus des Eglises (dont l'impôt d'Eglise).
La page wikipédia en allemand sur le sujet
ici

( 917289 )
C est l Etat en fin de compte par Germanicus (2021-05-14 16:02:07)
[en réponse à 917288]
ou les citoyens via leurs impôts. L Eglise reverse ce qu on lui octroie.
C est compliqué car seuls les Catholiques ou Protestants officiels paient mais peuvent aussi deduire cet impot de leur impôt. Je n ai pas les détails qui sont techniques.
beaucoup de pasteurs et pretres vivent ainsi confortablement.
Les recettes venant d Allemagne etaient un revenu non negligeable pour le Vatican.

( 917303 )
C'est un bon argument contre le schisme par Ptitlu (2021-05-14 20:13:03)
[en réponse à 917267]
Il y a trop à perdre et l'indépendance... C'est aussi de vivre pauvrement.
En revanche ça ne doit pas favoriser le courage individuel... Ou contre l'Etat.

( 917294 )
En Alsace Loraine aussi par Vulpus (2021-05-14 19:38:29)
[en réponse à 917262]
Au vu des particularités concordataires de cette région, les prêtres pasteurs et rabbins sont rénumerés par l'état. En fait le code Napoléon persiste depuis le retour au sein de la mère patrie

( 917325 )
Alsace-Moselle et système concordataire par Luc Perrin (2021-05-15 12:10:19)
[en réponse à 917294]
pas "Code Napoléon" de 1804, Code civil, qui n'a rigoureusement rien à voir avec le statut des cultes.
Le régime des cultes reconnus inauguré par la loi de Germinal an X (1802) et plusieurs décrets subséquents y compris sous Louis XVIII, Louis-Philippe Ier et Napoléon III ont établi les modalités de rémunération des ministres des cultes catholique, luthérien, réformé et israélite.
Il y a eu des aménagements pour les ministres (non catholique) ayant une famille au XXe.
Les diocèses de Strasbourg et Metz apportent une contribution appréciée aux finances de la CEF comme l'avait indiqué un jour publiquement Mgr Doré, alors archevêque en fonction.
La rémunération des ministres existe en RFA selon les régimes des Länder, en Suisse selon les Cantons, au moins. Cela passe dans les Cantons suisses qui ont ce régime légal par des Corporations d'Église basées sur le modèle protestant étendu aux catholiques. Ces organismes électifs ont été conquis par la minorité néo-moderniste dans les années 1970 et depuis: les évêques suisses, même de bonne volonté, sont souvent démunis puisque celles et ceux qui minent leur autorité disposent des cordons de la bourse.
La protestantisation de facto des Églises allemande et suisse tient beaucoup à ce mécanisme. Jean Paul II puis Benoît XVI avaient en leur temps averti les évêques allemands du risque que l'argent corrupteur (impôt d'Église) faisait courir à l'intégrité de la foi chrétienne. Bien des questions internes au catholicisme doivent prendre en compte l'argent et le sexe maintenant comme on le sait.
"Follow the money" ... suivre l'argent à la trace.

( 917327 )
En effet ! par Jean-Paul PARFU (2021-05-15 13:28:36)
[en réponse à 917325]
Et merci Luc !
1) Le Concordat, en France, date de 1801. Il concerne les relations de l'Eglise et de l'Etat.
Le Code Napoléon, c'est notre Code civil actuel. C'est effectivement autre chose. Il date de 1804 !
2) Il existe un "impôt d'Eglise" en Allemagne. C'est l'Etat qui collecte, mais les sommes collectées viennent des fidèles ! Il s'agit donc de recettes propres des "Eglises" avec lesquelles elles salarient et payent les prêtres, curés, pasteurs, employés etc ...
Par ailleurs, l'Etat, via les Länder, payent les évêques et assimilés, sauf à Brême - Bremerhaven et à Hambourg !
3) Le clergé est payé par l'Etat en Alsace-Moselle, mais il n'y a pas d'impôt d'Eglise et donc de recettes propres aux "Eglises" (hormis les dons, le denier du culte, etc ...) en Alsace-Moselle !
Je regrette que certains aient cru devoir mettre la confusion dans ce fil. Je pense surtout à Germanicus, bien sûr.

( 917336 )
Pourquoi cette exception ? par Ptitlu (2021-05-15 18:54:25)
[en réponse à 917327]
à Brême et Hambourg ?

( 917343 )
En fait c'est beaucoup plus compliqué par Meneau (2021-05-15 19:22:03)
[en réponse à 917336]
Chaque land a son propre contrat avec l'Eglise locale pour ce qui est du financement de celle-ci.
Aucun évêque n'est payé
directement par l'Etat. Aucun n'est fonctionnaire d'un land ou fédéral. Ils sont fonctionnaires ou employés de leur diocèse ou de leur église locale.
Seuls les évêques diocésains de Bavière et l'évêque du diocèse de Speyer sont
indirectement rémunérés par l'état.
Pour des détails, voir
ICI si vous lisez l'allemand.
Cordialement
Meneau

( 917347 )
Intéressant et amusant ! par Jean-Paul PARFU (2021-05-15 20:04:14)
[en réponse à 917343]
Mais l'auteur de l'article joue un peu sur les mots.
Il s'agit là, je le rappelle, uniquement de la rémunération des évêques, archevêques et assimilés, en Allemagne.
En gros, l'auteur explique que les diocèses en Bavière et celui de Spire (Speyer), qui se trouve dans la Rhénanie-Palatinat mais dépend historiquement de la Bavière, les évêques étaient directement payés par l'état fédéré jusqu'au 31.12.2012 et qu'ils le sont indirectement depuis le 1er janvier 2013. Jusqu'à cette date, ils étaient en fait des fonctionnaires et depuis cette date, ils ont un nouveau statut qui les assimile seulement à la fonction publique. Ils ne sont donc plus fonctionnaires !
S'agissant des 15 autres Länder, l'auteur nous explique que Brème et Hambourg ne payent rien du tout. Il ne dit pas pourquoi. Sans doute parce que ces deux villes-états étaient à l'origine presqu'exclusivement protestantes.
Pour les 13 autres, les états fédérés versent en réalité une dotation aux diocèses et ceux-ci se débrouillent avec. C'set en fait avec cette dotation que sont payés les évêques de ces Länder.
Ce qui est à la fois amusant pour un Français et intéressant, c'est la relative complexité du système due au caractère fédéral de l'Etat allemand et au fait que de nombreux concordats existent avec les différents Länder, concordats parfois signés lorsqu'ils étaient autrefois plus ou moins indépendants.

( 917363 )
Effectivement cela tranche avec le cliché de l'Ordnung par Ptitlu (2021-05-15 22:52:49)
[en réponse à 917347]
On dirait même un désordre très... Latin.
Attrapé par les grandes oreilles !
Merci beaucoup pour ces explications, toujours.

( 917352 )
Pour Brème par Jean-Paul PARFU (2021-05-15 21:10:17)
[en réponse à 917336]
Il faut préciser qu'il n'y a pas d'évêque de Brème; ceci expliquant sans doute en partie cela.
Brème dépend du diocèse d'Osnabrück et Brème nord et Bremerhaven du diocèse de Hildesheim, le diocèse allemand le plus étendu géographiquement.
Ces deux diocèses : Osnabrück et Hildesheim sont des diocèses suffragants de l'archidiocèse de Hambourg.