Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 913194 )Torture au confessionnal: François précise sa pensée par Chicoutimi (2021-03-12 22:04:17) 

On se demandait ce qu'il entendait pas ''prêtres bourreaux'' dans le fil ICI.

Il semble plus clair maintenant que François parle des ''questions indiscrètes'' lorsqu'il parle de ''torture'' au confessionnal:


''Quand le prêtre comprend dans les paroles et l'attitude du pénitent une douleur liée à un péché, ce n’est pas nécessaire de le torturer en lui posant des «questions indiscrètes». Certains confesseurs ont des réputations de «shérifs» durs, et ceux qui connaissent les lieux préfèrent les éviter. Le devoir du confesseur n’est donc pas de créer le stress d’un examen académique mais de se comporter en «frère, père, consolateur», sans intrusion personnelle dans «l’âme des autres». (Source)



images/icones/bravo.gif  ( 913197 )Très bien ! par Ptitlu (2021-03-12 22:57:31) 
[en réponse à 913194]

J'ai connaissance d'un certain nombre de cas où la pratique s'est refroidie - voire la personne a cessé de pratiquer tout à fait parvenue à l'âge adulte par exemple - en mettant en avant les questions du prêtre; il y avait peut être d'autres raisons mais c'est celle ci qui était à la surface.

Par ailleurs un certain nombre aussi d'affaires d'abus, notamment à l'intérieur de communautés ou d'oeuvres, faisaient remonter à la surface des confessions transformées en interrogatoires, avec des questions la encore très intrusives de la part des auteurs d'abus, avec des fixations sur ce qui se rapporte à la chose.
images/icones/1a.gif  ( 913198 )Le pape ne dit pas que des bêtises... par JVJ (2021-03-12 23:00:31) 
[en réponse à 913194]

Et Il a son approche de la chose, avec son expérience, comme chaque pape a bien le droit de l'avoir.

Il y a toujours eu des prêtres indiscrets et qui jouissaient (et jouissent) de leur position, depuis que le monde est monde. Les clercs savent cela.

Il y a des témoignages littéraires ou historiques de curés qui n'ont plus revu des familles à la messe, après avoir mené des interrogatoires sur la vie sexuelle des femmes. Le mari se le tenait pour dit et la femme en revenait traumatisée. Il n'y a pas eu que des curés d'Ars au XIXe s.
Il y a des curés qui se prenaient pour des chefs de troupeaux, non des bergers.

Il y a aussi des prêtres qui ont avalé le catéchisme (de l'édition de leur choix, même quand la chose est périmée) ou le code de droit canon dans leurs multiples activités pastorales.
Un ancien vicaire général était surnommé à cet égard par les prêtres du diocèse "boom-boom". C'était avant le concile. Là où il passait, rien ne repoussait, aussi bien dans le coeur des curés que dans les paroisses où il prêchait. Un évêque en soutane dut démissionner en 1975, car il avait violenté dans son bureau un pieux curé (qui en perdit la tête). La lettre qui suit sa démission, dans le bulletin diocésain, est terrifiante, car l'évêque demande pardon en long et en large, plaidant coupable.

Tous les prêtres ne sont pas de "bons" confesseurs par grâce d'état. Il est amusant que certains curés démis pour raison d'âge... gardent leurs pouvoirs de confesser (ce qui ne va pas bien loin en raison du nombre de demandeurs).

Il y a eu aussi des centaines de prêtres pervers qui confessaient tout en menant leur débauche envers des enfants, des femmes ou des hommes, et tout en se confessant eux-mêmes. Des prêtres ont donné bien légèrement des absolutions à leurs confrères, si jamais le prêtre confessé était vraiment en état de la demander sans dissimuler. Désolé, c'est rude, mais nous ne sommes pas un peuple de petits saints et de purs.

On ne gère pas enfin une paroisse avec une multitude de profils et de parcours, comme on gère une chapelle VOM avec un public captif, initié et assez docile sinon obséquieux.
images/icones/1h.gif  ( 913492 )c'est en effet bien pire que dire des bêtises par Fran6 (2021-03-15 22:15:36) 
[en réponse à 913198]

Bonjour,

Imaginez un enfant qui a besoin d'une opération vitale pour sa survie, et qui peut refuser. Imaginez que sa mère lui dise "Ecoute c'est très important mais je vais prier pour que tu ne tombes pas sur un boucher". Qu'en déduiriez vous de cette mère ?

La formulation telle qu'elle est choisie ne rapproche personne de la confession, mais sème encore le doute sur les trésors de l'Eglise. Elle est tout sauf anodine et il y avait mille manières plus catholiques de le dire. Cette intention de prière, avec son sens caché ou au minimum le ressentiment mal digéré qu'elle traduit est très grave.

Et je n'adhère pas à ce que je viens de lire de votre part sur les prêtres qui creusent sur les péchés : je me suis confessé à un très grand nombre de prêtres, et si j'en ai rencontré un certain nombre penchant du côté "tous sauvés, y a rien à voir" , je n'ai jamais rencontrer d'intransigeance morale déplacée. Qu'ils posent si besoin des questions, c'est bien normal, le salut d'une âme demande un grand soin. Et qu'ils restent confesseurs même âgés ? : Dieu merci, ce sont souvent de très bons confesseurs et les dons de Dieu sont sans repentance :)

Prions beaucoup beaucoup beaucoup pour l'Eglise !

images/icones/fleche2.gif  ( 913493 )Même des prêtres sourds confessent... par JVJ (2021-03-15 22:22:52) 
[en réponse à 913492]

C'est plus confortable.

Mon pauvre vieux curé à qui l'évêque a retiré la cure en une journée avec obligation de quitter son presbytère, n'avait plus que le droit... de confesser.

Il y a des prêtres qui creusent et qui creusent et qui creusent. Des historiens (je pense au Plancher de Joachim par JO Boudon par ex), pour m'abriter derrière eux, ont mis en évidence des curés qui manifestement prenaient leur aise et leur pied à savoir des détails sur l'intimité de leurs paroissiennes. En général, cela ne fabriquait pas que des catholiques observants à moyen terme.

Dans les années 70, à la messe, un curé pouvait encore nommer explicitement des jeunes qui s'aimaient et les condamner devant tout le monde, dire que telle femme travaillait dans son jardin le dimanche après-midi au lieu de sanctifier ce jour (c'est le curé qui faisait le linge pour les internes, allait traire les vaches le matin et le soir, préparait le repas pendant que l'homme jouait l'apéritif au bistrot, préparait les enfants pour la messe après le petit-déjeuner ?). Des comportements tyranniques de coq de village, pas de chargé des âmes.
images/icones/neutre.gif  ( 913497 )Une remarque par Vox clamantis (2021-03-15 23:23:19) 
[en réponse à 913492]

Je ne suis pas un homme.

Mais je constate que de l'époux et de moi, c'est moi qui ai eu (plusieurs fois) des questions plus ou moins déplacées sur le "mais comment se fait-il que vous n'ayez pas encore d'enfants ?". L'époux, jamais. Pas une seule fois.

C'est bien, après cinq ans de mariage ça se calme. Parce que je n'ai plus beaucoup de patience, et que le prochain ce sera courrier à l'évêque, parce qu'après cinq ans on devrait avoir le bon sens de se dire que la situation peut nécessiter un peu de discrétion. Et avant, il aura des récits qu'il aurait probablement préféré ne pas avoir. Mais quand on pose des questions déplacées on a des réponses pénibles, et on les a cherchées.

Après Dieu merci c'est une minorité de prêtres. La plupart sont très bien.

Par ailleurs, je n'ai jamais eu de questions quasiment que sur ce sujet (avec l'usage du temps, et les réseaux sociaux, quand il s'agit de prêtres à peu près jeunes). Jamais sur, au hasard, la manière dont je me comporte au travail, dont j'encadre mes collaborateurs (situation pourtant facile à déduire de mes confessions, et Dieu sait si l'usage de l'autorité est un lieu dangereux pour l'âme), dont je gère mon argent...

J'ajoute qu'au catéchisme et aux formations diverses que j'ai eues on m'a beaucoup parlé, en termes de morale, sur les questions de fesse. Très peu justement sur l'usage de l'argent et moins encore sur les questions de pouvoir et d'autorité. À mon sens il y a donc un travail "d'affinage des consciences" à faire sur ces sujets...