Pour la deuxième étape de son voyage en terre d'Abraham, le Pape François a rencontré les évêques, prêtres et religieux d’Irak à la cathédrale syro-catholique de Bagdad, lieu d’un terrible attentat le 31 octobre 2010, en pleine messe.
''François a été accueilli par le Patriarche syriaque catholique, Sa Béatitude Ignace Joseph III Younan, qui a exprimé «l’affection filiale et la profonde gratitude» de sa communauté pour cette visite de l’évêque de Rome, qui «préside dans la charité» parmi les Églises en communion.
Il est ensuite revenu sur le souvenir douloureux de l’attentat du 31 octobre 2010, survenu en ce même lieu, qui a été depuis superbement restauré mais qui en porte encore des stigmates. «Les 48 martyrs massacrés durant la célébration de la Divine Liturgie dominicale, justement dans cette cathédrale il y a dix ans, ont mélangé leur sang avec celui de l’Agneau, pour témoigner à leurs frères oppressés, tués ou éradiqués, en Irak et dans le Proche-Orient, que Jésus lui-même, Dieu Sauveur, continuera comme il l’a promis à vivre en eux. Et nous, forts de cette foi, avec courage, nous voulons continuer à témoigner du Christ Ressuscité», a-t-il déclaré. Il a demandé au Pape de soutenir un aboutissement rapide du processus de béatification de ces martyrs.
L’accueil chaleureux du cardinal Sako
(...) Le Cardinal Sako est ensuite revenu sur les tragédies récentes. «Ces dernières années, nous avons été soumis à de nombreuses difficultés, dangers et persécutions et le meilleur témoignage est cette cathédrale des catholiques syriaques dans laquelle nous sommes réunis, qui a été soumise à un attentat criminel à la bombe le 31 octobre 2010: au cours de la sainte messe, 48 martyrs ont été tués, dont deux de nos jeunes prêtres, Tha'er et Wasim, et beaucoup ont été blessés. En août 2014, Daech a chassé les 120 000 chrétiens de la plaine de Ninive et du Mossoul. Nous remercions Dieu que ces régions aient été libérées en 2017 et que 50 % de leurs habitants soient revenus», a tenu à souligner le Patriarche chaldéen.
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L’hommage aux martyrs de 2010
Le Pape a ensuite évoqué «nos frères et sœurs morts lors de l’attentat terroriste dans cette cathédrale il y a dix ans et dont la cause de béatification est en cours. Leur mort nous rappelle avec force que l’incitation à la guerre, les attitudes de haine, la violence et l’effusion de sang sont incompatibles avec les enseignements religieux (cf. Enc. Fratelli tutti, n. 285). Et je veux rappeler toutes les victimes de violences et de persécutions, appartenant à quelque communauté religieuse que ce soit. je veux vous remercier pour votre engagement à être des artisans de paix, au sein de vos communautés et avec les croyants des autres traditions religieuses, en répandant des semences de réconciliation et de coexistence fraternelle qui peuvent porter à une renaissance d’espérance pour tous», a souligné François, en évoquant sa rencontre de samedi matin à Ur avec les responsables des autres religions. (...)
S’adressant à tous les participants, le Souverain Pontife a demandé que «leur témoignage, mûri dans les épreuves et renforcé par le sang des martyrs, soit une lumière qui resplendit en Irak et au-delà, pour annoncer la grandeur du Seigneur et faire exulter l’esprit de ce peuple en Dieu notre Sauveur» (cf. Lc 1, 46-47). (...)''
«Nous sommes réunis dans cette Cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours, bénis par le sang de nos frères et sœurs qui ont payé le prix extrême de leur fidélité au Seigneur et à son Église», a-t-il souligné en évoquant le massacre du 31 octobre 2010. «Puisse le souvenir de leur sacrifice nous inspirer à renouveler notre foi dans la force de la Croix et de son message salvifique de pardon, de réconciliation et de renaissance. Le chrétien, en effet, est appelé à témoigner de l’amour du Christ partout et en tout temps. C’est l’Évangile à proclamer et à incarner aussi dans ce bien aimé pays.»