
( 912017 )
Les 4 Antiennes mariales par Justin Petipeu (2021-02-26 13:07:36)
Des paroissiens de la forme ordinaire aimeraient bien connaître les Antiennes "Salve Regina", " Ave Regina Caelorum", "Regina Caeli" et "Alma Redemptoris"...
Pour ce qui est du chant, pas de problème. Mais j'aimerais bien leur faire un petit topo ; pourquoi chante-t-on celle-ci à ce temps liturgique, signification, leur place dans l'Office, etc...
J'en appelle aux grands liturges du forum.

( 912020 )
Sur ces magnifiques antiennes par Jean-Paul PARFU (2021-02-26 13:55:38)
[en réponse à 912017]
J'avais trouvé cela, il y a quelques années, pour expliquer, à des amis allemands protestants, le culte d'hyperdulie rendu à la Vierge au sein de l'Eglise catholique.
Mais, c'est en allemand. Cela ne sera peut-être donc pas d'une grande utilité pour la plupart des "liseurs". La page a, en effet, été mise en ligne par le choeur de la collégiale St Jean-Baptiste et Pierre de Bonn (archevêché de Cologne) en Allemagne rhénane (Rhénanie-du-Nord-Westphalie). Elle donne le texte de l'antienne en latin et en allemand, explique l'origine du chant et à quelle période liturgique il correspond.
Il cite aussi tous les musiciens qui ont composé sur l'antienne présentée. Lire
ici

( 912187 )
Ces antiennes par Montes Gelboe (2021-02-28 18:15:54)
[en réponse à 912017]
n'ont été fixées et impérées qu'au bréviaire de s. Pie V a la findu XVIe s. Les usages anciens monastiques, canoniaux, diocésains étaient extrêmement variés.
Généralement Salve regina était chanté après complies. Mais certains chapitres -et les Prémontrés juqu'à nos jours- chantaient Salve regina après prime. Les cisterciens chantaient Salve regina aux premières vêpres des fêtes de la vierge Marie a l'antienne du Magnificat.
Les autres antiennes et une foule d'autres étaient employées aux Mémoires de la vierge Marie aux laudes et aux vêpres, les jours de féries. Alma Redemptoris mater au temps de Noël et Regina celi au temps de Pâques.
On attribue Regina celi au pape s. Grégoire le Grand en action de grâces de la cessation de la peste de Rome au VIe s, après l'apparition de l'ange au-dessus du mausolée d'Hadrien.
Salve regina est attribué à l'évêque du Puy en Velay Adhémar de Monteil, a la fin du XIe siècle. On dit que s. Bernard aurait ajouté les invocations finales O clemens, O pia... Les chartreux ont conservé une version archaique ; Salve regina misericordie et O dulcis Maria.
Les autres antiennes sont anonymes.
On remarque que Ave regina celorum donne les quatre formules de salutation en latin :
AVE (forme archaïque HAVE): salutation d'arrivée, les latins ont taduit par Ave le grec Chaire, qui pourtant se traduirait plutot par GAUDE, et que s. Luc donne pour la salutation de l'Ange à Marie.
GAUDE salue en annonçant une heureuse nouvelle, ou en souhaitant la joie et le bonheur.
SALVE souhaite la santé, dans la langue de l'Eglise le salut.
VALE est l'équivalent d'AVE, mais au moment du départ ou du congé.
Au pluriel VALETE, augmenté en BENE VALETE est la formule de salutation finale dans les Brefs ou lettres apostoliques. Les diplomatistes connaissent "le Benevalete", lettres BNVLT entrelacées, qui permet de reconnaitre la chancelerie de tel ou tel pape.
Pour les mélodies de chacune des quatre antiennes, on connait à présent une forme deloppée avec mélismes, toutes anonymes (sauf Alma Redemptoris mater attribué à Gullaume Dufay) et une forme simple ou simplifiée, sans mélismes.
Salve regina présente des variantes très nombreuses : chartreux, cisterciens, dominicains, carmes...toutes assez proches de la mélodie usuelle. Il existe d'autres mélodies du Salve Regina, très éloignées de la précédente, certaines fort belles, généralement oubliées.
La mélodie usuellement chantée maintenant est récente, on la rattache au chant de l'Oratoire, ou oratorien. Elle est datable du XVIIe siècle.
Généralement chantée de mémoire ou par habitude, elle présente généralement des défauts très lourds dans l'accentuation du texte, quand elle n'est pas défigurée par les ports-de-voix.
Il serait méritoire de s'en tenir à la mélodie solennelle, ou répéter partout sérieusement la mélodie oratorienne pour la restaurer.