Le Forum Catholique

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images/icones/attention.gif  ( 911623 )La guerre scolaire est-elle rallumée ? par Goupillon (2021-02-22 18:01:27) 

La preuve (entre autres) par le bac 2021 : les lycées privés hors contrat mal traités ! Texte d'Anne Coffinier paru dans Causeur.

[...] Les écoles privées ont des résultats moyens désormais supérieurs à ceux des écoles publiques et les régions qui ont les meilleurs résultats scolaires sont aussi celles où l’école publique est stimulée par une forte concurrence privée, comme en Bretagne. L’instruction en famille et les établissements libres hors contrat se sont développés à mesure de la déception croissante des Français à l’égard de leur système scolaire mais aussi en raison de l’affirmation d’aspirations sociétales nouvelles : besoin de faire reconnaitre la singularité de son enfant, culture du « c’est mon choix », volonté d’implication des parents dans l’éducation de leurs propres enfants et de mise en cohérence de leur choix éducatif avec leurs choix de vie globaux… Bref, l’école unique autoritaire et n’offrant pas d’espace de participation aux parents n’est plus en phase avec l’époque en Occident. Elle fait figure de reliquat suranné d’une éducation massifiée.

Déçus, les Français votent avec leurs pieds : il y aujourd’hui déjà plus de 60 000 enfants instruits en famille et plus de 80 000 enfants scolarisés en écoles libres hors contrat de la maternelle au baccalauréat en France. Et dans le supérieur, l’hémorragie se traduit par le développement rapide de l’expatriation des étudiants, qui reviennent ensuite rarement travailler en France.

Face à ce mouvement d’autant plus irrésistible qu’il s’inscrit dans un développement mondial des modes alternatifs d’instruction, le gouvernement semble avoir décidé d’entrer en résistance, et fait adopter loi sur loi pour limiter l’essor de la liberté d’enseignement : loi Gatel de 2018, loi pour une école de la confiance en 2019 et maintenant loi confortant les principes républicains… La loi Gatel n’a pas même eu le temps d’être mise en œuvre que le gouvernement propose d’aller plus loin dans « l’encadrement ». Peu importe si les contrôles prévus ne sont pas diligentés : ainsi 20% des écoles hors contrat nouvellement ouvertes n’ont pas été inspectées l’année d’ouverture et 35% environ des familles pratiquant l’instruction en famille n’ont pas fait l’objet du contrôle annuel par l’Education nationale, alors que le droit en vigueur impose à l’Etat un taux de 100%.

Toutes ces lois prises dans la précipitation vont dans le même sens, même si elles progressent par étapes. Ainsi l’obligation d’instruction à trois ans, instaurée en 2019 pour la rentrée 2020, est en passe d’être transformée en scolarisation obligatoire pour tous dès trois ans. Le mot d’ordre est simplissime : remettre tout le monde à l’école publique, « quoi qu’il en coûte ». Quitte à nier la phobie scolaire, le harcèlement, l’incapacité de l’Education nationale à bien accueillir des profils atypiques. Le gouvernement cherche à dissuader les alternatives à l’école publique par quatre moyens : tout d’abord, il stigmatise les adeptes de la liberté d’enseignement en les faisant passer pour des séparatistes sociaux voulant se mettre en marge de la République, voire des radicalisés ; deuxièmement, il multiplie les « barrières à l’entrée » de type réglementaires et administratives tant pour le régime d’instruction en famille que pour la création d’écoles hors contrat (dans la continuité des efforts de Najat Vallaud-Belkacem pour soumettre la création des écoles hors contrat à un régime d’autorisation, efforts qui s’étaient heurtés à la censure du conseil constitutionnel). Troisièmement, il multiplie les contrôles et met en place un régime de sanctions pénales particulièrement draconiennes, tout en définissant peu les griefs de sorte que les enfants et leurs responsables vivent avec une angoissante épée de Damoclès au-dessus de la tête. Enfin, il prive les familles ou les écoles de la garantie du juge judiciaire en faisant basculer vers l’administration le contentieux relatif à l’éducation.

Après avoir été suspectés de faire le jeu des sectes, les tenants de la liberté d’enseignement sont désormais soupçonnés de faire le lit de l’islamisme, ou du « séparatisme social ». Le parlement ne sait pas sur quoi on lui demande de voter ; les faits et les statistiques font défaut, comme en témoigne le vide sidéral de l’étude d’impact du projet de loi confortant les principes républicains, mais qu’importe ! Triste écho à la loi des suspects de 1793 qui amputaient les libertés de ceux qu’on suspectait être des ennemis de la République.

Une chose semble assez certaine : en matière éducative, cette loi initialement dirigée contre le séparatisme islamiste préfère finalement rallumer la guerre scolaire plutôt que faire la guerre à l’islamisme, et très peu de gens sont dupes du tour de passe-passe. L’adoption par l’assemblée nationale d’un amendement sur la mixité sociale qui cache à peine la volonté de certains d’intégrer à moyen terme les écoles sous contrat dans la carte scolaire donne aussi un signal intéressant des tendances à l’œuvre. S’agissant du hors-contrat, l’hostilité de Jean-Michel Blanquer vient d’être illustrée par sa décision de refuser le bénéfice du contrôle continu aux seuls élèves des lycées hors contrat, pour remplacer les épreuves de spécialité du bac 2021 qui étaient prévues initialement pour mars et qui ont été annulées en raison de la Covid-19. Les candidats issus d’établissements hors contrat seraient-ils miraculeusement protégés de la contamination du virus pour que l’Etat ne trouve pas nécessaire de leur faire bénéficier des mêmes mesures de précaution que les autres ? En juin, ils seront condamnés à passer les épreuves de spécialité en plus des épreuves de tronc commun (lesquelles porteront sur deux ans et non pas un). Difficile de ne pas voir dans cette décision un indicateur du niveau élevé de la volonté de guerre scolaire du gouvernement dans la France en 2021 ! L’association Créer son école que je dirige a chargé ses avocats de déposer au Conseil d’État un référé suspension contre le décret (qui va être publié de manière imminente) refusant le contrôle continu aux lycéens hors contrat. Il faut défendre plus que jamais la liberté d’enseignement et le droit à la santé de tous les enfants sans discrimination.



Source.
images/icones/neutre.gif  ( 911762 )Un recours en justice est possible par Germanicus (2021-02-23 16:48:54) 
[en réponse à 911623]

Tout en sachant que dans le public et privé sous contrat les injustices sont foison.Comment accepter que de bons élèves aient une mention AB parceque notés dans un lycée haut de gamme ou meme moyen alors que les établissements poubelles distribuent de tres tres bonnes notes,je peux vous l assurer!
Pas de réequilibrage sauf sur le papier.Si vous avez 16,5 dans un lycee poubelle,pas de risque de voir la note baisser.Cela assure la paix dans le coin...
images/icones/bravo.gif  ( 911780 )Oui par Goupillon (2021-02-23 19:49:10) 
[en réponse à 911762]

L'administration ne cesse de rappeler le principe d'égalité de traitement... sauf pour les élèves du privé hors contrat.

En d'autres circonstances, les « bonnes consciences » stipendiées hurleraient à la discrimination. Et pour moins que cela, on assiste à des mobilisations disproportionnées.

Le recours en justice administrative est possible et aboutira. Le problème a été soulevé l'année dernière pour tous les candidats du privé hors contrat situé dans la zone d'influence du Rectorat de Rennes.

Qu'on se le dise : le régime est actuellement en guerre contre la liberté d'enseignement et usera de toutes les mesquineries pour tenter d'épuiser ceux qui entendent la défendre et l'appliquer.
images/icones/bravo.gif  ( 911901 )Philippe de Villiers réagit par Goupillon (2021-02-24 22:15:39) 
[en réponse à 911762]


Le Vendéen dénonce la décision du ministère de l’Éducation nationale de soumettre les élèves du privé hors contrat à un baccalauréat plus relevé que leurs homologues du public et du privé sous contrat. Le fondateur du Puy du Fou, représenté par l'avocat Gilles-William Goldnadel, va porter plainte contre plusieurs ministres.

Que reprochez-vous à la décision du ministère de l’Education nationale, qui décide de créer un bac à deux vitesses entre les établissements ?

Cette année, le gouvernement a prévu deux baccalauréats. Il y aura d’un côté ce qu’on pourrait appeler le bac du cocon, le bac protégé, le bac distanciel fondé sur le contrôle continu pour les lycées publics. De l’autre, il y a celui exposé au Covid pour les écoles indépendantes et les candidats libres. Pour ceux qui ne rentrent pas dans la bétaillère. Il se trouve que les meilleurs élèves sont aujourd’hui dans les écoles hors contrat. On pénalise les meilleurs élèves pour garantir dans la durée la médiocrité de l’éducation nationale. C’est extraordinaire. Pour le premier bac, on évite le risque sanitaire, en disant aux gens de rester à la maison et en appliquant le principe du contrôle continu. Pour les autres, on prend le risque maximum. S’il y a le moindre cas de Covid pendant les épreuves de nos enfants, le ministre de l’Éducation nationale devra payer et avoir le poids des morts sur la conscience.

Comment allez-vous lutter contre ces mesures ?

J’ai décidé, en tant que parent, de déposer une plainte à titre conservatoire contre Jean Castex, Jean-Michel Blanquer et Olivier Véran pour mise en danger de la vie d’autrui. Et j’appelle tous les parents qui veulent donner à leurs enfants une éducation fondée sur la liberté de ne pas accepter l’inacceptable. Et donc de porter plainte devant la Cour de Justice de la République. J’ai des petits-enfants et je porte plainte en leur nom pour mise en danger de la vie de mes petits-enfants. J’ai eu le ministre de l’Éducation nationale ce matin. Face à mes interrogations, il m’a répondu que « c’était comme ça ». Jean-Michel Blanquer en a marre du hors contrat car c’est là que sont les meilleurs élèves. Sous la pression des syndicats et des apparatchiks Moloch, il veut en finir avec le hors contrat. Il espère qu’en rendant l’épreuve plus difficile, il va décourager les familles d’inscrire leurs enfants dans ces établissements. Voici la manœuvre de l’Éducation nationale. Je le tiens de la bouche du cheval.

(…) Ce qui se passe est très grave. C’est une honte. Le gouvernement pactise en sous-main avec l’islam, parce qu’il en a peur. Ses membres s’acharnent sur ce qu’ils considèrent comme le vrai séparatisme : celui de notre civilisation. Il traque la vieille civilisation chrétienne qui se trouve chez elle, chez nous.



Source.