Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 908546 )Lectrices et acolytesses par Aliocha (2021-01-11 12:58:57) 

Par Lettre apostolique Spiritus Domini en forme de motu proprio, le Pape François modifie le canon 230 § 1 du CJC pour permettre l'accès de personnes de sexe féminin au ministères institués du lectorat et de l'acolytat:
Spiritus Domini
images/icones/neutre.gif  ( 908555 )Et comme d habitude par Roger (2021-01-11 13:36:21) 
[en réponse à 908546]

Dans l Eglise de François on ne sa fatigue pas à débattre

Eglise synodale ?
images/icones/fleche3.gif  ( 908683 )France, les ministères institués prêts à sortir de l’ombre par Jean Kinzler (2021-01-12 18:59:05) 
[en réponse à 908555]

Les catacombes, c'est fini, Dieu merci, après 21 siècles d'oppression machiste.
Doux Jésus féministe!
Et les conservateurs diront bientôt:
"Madame, nous essayons de limiter l'autel et la chaire aux prêtres et aux diacres, pour inciter nos garçons à envisager la prêtrise."
La lectrice répondra:
MAIS JE SUIS UNE LECTRICE INSTITUÉE !J'APPELLE VOTRE ÉVÊQUE MAINTENANT ! SEXISTE!

Wait and see...mais je crains fort que ce genre de conflit s'insinue au coeur de l'Eglise au XXIème siècle...
Il est difficile de calculer l'effet que les servantes d'autels ont eu sur le tarissement du recrutement des séminaires et chez les réguliers, mais cela a sans doute eu un rôle majeur.
Et nous risquons de voir empirer les choses...
JK


En France, les ministères institués prêts à sortir de l’ombre

Enquête Le pape François a décidé lundi 11 janvier d’ouvrir les ministères du lectorat et de l’acolytat aux femmes. La Croix a enquêté sur la réalité de ces ministères en France et sur les possibilités qui s’entrouvrent ainsi.
Héloïse de Neuville et Xavier Le Normand, le 12/01/2021 à 17:08 Modifié le 12/01/2021 à 17:09


« Enfin ! » Tel semble être le cri du cœur des catholiques français interrogés par La Croix après le motu proprio publié lundi 11 janvier par le Vatican et ouvrant aux femmes les ministères institués : pas une révolution donc, mais une « clarification » ou une « avancée ». « Cela entérine une situation existante », résume Isabelle Roy, engagée au sein du mouvement Communauté de vie chrétienne (CVX).

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En effet, nombreuses sont les paroisses qui ne se sont pas senties « ligotées » – le mot est de la théologienne Anne-Marie Pelletier – par l’institution exclusivement masculine des ministères de lecteur et d’acolyte. Partout, des femmes font des lectures à la messe ou donnent l’hostie à la communion, mais sans que cela soit établi de manière officielle. De plus, les laïcs institués ministres, donc des hommes, sont pour l’heure plus que rares. « Je n’en ai connu qu’un à Aix, aucun à Nice, pareil ici », énumère Mgr Guy de Kerimel, évêque de Grenoble (Isère). L’archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, indique avoir déjà institué pour sa part des laïcs, mais en nombre très limité.

Une certaine « frilosité » sur la question
Selon Anne-Marie Pelletier, « l’institution proprement dite d’hommes lecteurs ou acolytes est une réalité largement ignorée de nos communautés ». « Il y a une certaine frilosité sur la question », reconnaît Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers (Ariège). Notamment, explique-t-il, car ces ministères, avec leur caractère permanent, seraient souvent perçus comme trop proche du sacerdoce consacré. Une raison parfois avancée par des prêtres qui refusent aux femmes de donner la communion. « Désormais, il ne sera plus possible à des prêtres d’interdire à des femmes de le faire, seulement parce qu’elles sont des femmes », salue Marie-Jo Guichenuy, déléguée à l’œcuménisme dans le diocèse de Lyon (Rhône).


S’il est salué, le motu proprio ne satisfait cependant pas totalement. « Le Vatican reconnaît enfin que les femmes savent lire… », grince une catholique très engagée pour une plus grande place des femmes au sein de l’Église. Anne-Marie Pelletier n’est pas moins tranchante : « La seule idée que ce texte soit un événement bouleversant est symptomatique de la situation dont il nous faut sortir si l’Église veut garder un peu de crédibilité. »

Le nouveau motu proprio pourrait toutefois conduire à une évolution. « Plutôt qu’une avancée pour les femmes, c’est un appel à une plus grande participation des laïcs », analyse Isabelle Roy. « Alors que je n’ai jamais institué un laïc, j’ai abordé la question avec mon vicaire général après la parution du motu proprio, et plusieurs noms, dont des femmes, nous sont venus à l’esprit », raconte l’évêque de Pamiers. Même réflexion chez Mgr Robert Le Gall : « Nous sommes invités à aller de l’avant sur ces questions, sans qu’il faille se précipiter. »

Une brèche ouverte
Une certaine prudence reste ainsi de mise. « Il ne faudrait pas qu’instituer des laïcs empêche les autres de servir », commente Mgr de Kerimel, qui souligne toutefois que l’époque est plus « à l’esprit de service » qu’à la « lutte des pouvoirs ». « L’aspect permanent des ministères risque de créer des situations d’institutionnalisation, alors qu’il faut que les services tournent, que chacun ait sa chance au sein d’une Église où chacun se sent attendu », renchérit Nathalie Mignonat, coordinatrice nationale des « Parcours reliance », destinés aux divorcés re

Quelle place pour les femmes dans l’Église ?
Là où le motu proprio suscite véritablement de l’enthousiasme, ce n’est pas tellement au niveau des portes qu’il ouvre – le lectorat et l’acolytat pour les femmes – mais de celles qu’il laisse apparaître : la reconnaissance de nouveau ministères. « La décision du pape ouvre une brèche, pose un jalon vers d’autres possibilités », considère ainsi Isabelle Roy. Pour sa part, elle aimerait ainsi voir reconnu un ministère de « commentaire d’Évangile ». « Dans les hôpitaux, lors des cérémonies d’obsèques, en somme partout où il n’y a pas de prêtre, des laïcs commentent déjà l’Évangile. Pourquoi ne pas le reconnaître de façon institutionnelle ? »

Soulignant lui aussi cette possibilité de nouveaux ministères, Mgr Le Gall aimerait en voir de nouveau « allant dans le sens de la diaconie, c’est-à-dire pour le service des pauvres et des malades ». À Grenoble, Mgr de Kerimel imagine de confier à une mère de famille un ministère de formation des enfants de chœur. Les idées ne manquent donc pas. Et pour Anne-Marie Pelletier, il y a urgence à se mettre à l’œuvre : « Il va nous falloir envisager sérieusement l’ensemble des places et des rôles – en un mot des ministères – dont l’institution Église a besoin pour perdurer. » Et pour cela, Isabelle Roy indique la marche à poursuivre : « Avancer dans les faits, pour parvenir ensuite à la reconnaissance institutionnelle. »https://www.la-croix.com/Religion/En-France-ministeres-institues-prets-sortir-lombre-2021-01-12-1201134494

images/icones/1p.gif  ( 908686 )C'est bien ça le drame ! par Adso (2021-01-12 19:06:44) 
[en réponse à 908683]

La croix d'écrire "Les idées ne manquent donc pas."

Je ne donnerai pas les deux premières baffes... (Car Jésus a dit "tendez l'autre joue") mais après ...
images/icones/hein.gif  ( 908694 )Ça intéresse qui ? par Ptitlu (2021-01-12 20:22:57) 
[en réponse à 908683]

A part quelques vieilles conciliaires qui ont déjà emberlificoté curés et évêques et font ce qu'elles veulent. Vu l'âge moyen hein...

L'avenir c'est la Tradition sous ses formes multiples et on se doute bien que cette "avancée" ne les intéresse guère.
images/icones/carnet.gif  ( 908740 )Motu proprio: La Vie exulte ! par Jean Kinzler (2021-01-13 18:12:14) 
[en réponse à 908546]

Anne-Marie Pelletier : « Nous sortons d’une certaine phobie où les femmes devaient rester à la marge de l’institutionnel »
Sophie Lebrun

Faire une lecture pendant la messe, être servante d’autel ou donner l’eucharistie : pour toutes ces tâches, les femmes peuvent maintenant recevoir une mission spécifique et stable de l’Église. C’est ce qu’instaure la lettre apostolique sous forme de motu proprio Spiritus Domini, rendue publique par le pape François lundi 11 janvier, en ouvrant le ministère institué de lecteur et d’acolyte, jusqu’ici réservé aux hommes, à tous. Une évolution qui officialise des pratiques déjà courantes dans de nombreuses églises de par le monde.
Cette évolution s’inscrit dans un « développement doctrinal », estime le pape dans une lettre qui accompagne cette modification du droit canon, qui « a mis en évidence le fait que certains ministères institués par l’Église ont pour fondement la condition commune du baptisé et du sacerdoce royal reçu dans le sacrement du baptême ».
« Dans l’horizon de renouveau tracé par le concile Vatican II, il y a aujourd’hui un sentiment d’urgence croissant pour redécouvrir la coresponsabilité de tous les baptisés dans l’Église, et en particulier la mission des laïcs », précise François avant d’ajouter : « Le fait d’offrir aux laïcs des deux sexes la possibilité d’accéder aux ministères de l’acolytat et du lectorat, en vertu de leur participation au sacerdoce baptismal, augmentera la reconnaissance, également à travers un acte liturgique (institution), de la précieuse contribution que depuis longtemps de très nombreux laïcs, y compris des femmes, offrent à la vie et à la mission de l’Église. »
Ce changement arrive dans un contexte particulier : la question des ministères des femmes dans l’Église fait l’objet d’une étude particulière au Vatican ces dernières années, notamment avec la mise en place de la commission historique vaticane sur le diaconat en avril dernier. L’une de ses membres, la bibliste française Anne-Marie Pelletier, prix Ratzinger de théologie en 2014 et auteure du récent l’Église, des femmes avec des hommes (Cerf), analyse pour La Vie les implications de ce motu proprio.

Le pape modifie le droit canon en ouvrant la possibilité aux femmes de se voir confier un ministère de lectorat et d’acolytat. De quoi parle-t-on ?

Le ministère de lectorat concerne la proclamation de la Parole de Dieu, au cours de la célébration de l’eucharistie, hormis celle de l’Évangile qui revient au prêtre ou au diacre. Quant au ministère d’acolyte, il est en rapport avec le service de l’autel, donc aux actes qui sont nécessaires pour assister l’officiant, en particulier distribuer la communion, mais aussi porter solennellement l’évangéliaire ou le cierge.

Qu’est-ce qui change, en pratique ?

Ces gestes ne relèvent plus, depuis 1972 et le motu proprio Ministeria Quaedam de Paul VI, des ordres mineurs qui étaient des étapes vers l’ordination presbytérale. Ils sont devenus accessibles aux laïcs. À condition que ces laïcs soient des hommes, spécifiait le droit canonique ! Une disposition bien dans l’air d’une longue tradition défavorable aux femmes mais qui, heureusement, nous apparaît aujourd’hui intenable, pour ne pas dire scandaleuse. Non seulement les femmes, on le sait, sont soigneusement tenues à l’écart de la prêtrise, mais on ajoutait alors une discrimination hommes/femmes jouant à l’intérieur même du laïcat. Le bon sens anthropologique et théologique fait d’ailleurs qu'un grand nombre de communautés a adopté des pratiques où les filles et les femmes remplissent depuis longtemps ces tâches à la fois avec gravité et naturel. Loin d’une logique de revendication ou de rivalité. Une réalité que le pape François légitime.

Dans tous les lieux, nombreux, où l’on vit cette parité baptismale, sa justesse sera confirmée.

Est-ce que cela va se traduire par un bouleversement des pratiques dans les églises ?

Dans tous les lieux, nombreux, où l’on vit cette parité baptismale, sa justesse sera confirmée. Ailleurs, il devrait y avoir matière à approfondir la réflexion. Nous continuons ici ou là à être embarrassés de très anciens préjugés relatifs à une prétendue impureté des femmes qui les rendrait inaptes au service de l’autel ! Occasion d’en finir avec ces fantasmes. En fait, au niveau des pratiques, ce texte nous rend à une relation simplement normale entre les sexes, que l’Église a un besoin urgent de retrouver.

Il a cependant une valeur symbolique incontestable dans la mesure où il permet que les femmes accèdent ainsi à des ministères institués, auxquels seuls les hommes pouvaient prétendre. Là est la nouveauté. Il ne s’agit plus seulement d’envisager et de permettre une participation extraordinaire des femmes à l’action liturgique, comme cela se fait largement. C’est la réalité d’un ministère institué qui est légitimée. Canoniquement nous franchissons une frontière. Et c’est tout à fait heureux. Nous sortons d’une certaine phobie où les femmes devraient rester à la marge de l’institutionnel, de peur que soit remis en question l’ordre clérical.

Comment ce changement s’inscrit-il dans les réflexions de la commission historique vaticane sur le diaconat ?

La pandémie a compliqué les travaux de cette commission, qui n’a pas encore pu se réunir. Mais ce motu proprio relance en effet des questions à proximité des débats sur un diaconat féminin. Là aussi, la dissymétrie discriminante entre hommes et femmes n’est plus tenable. Le monde catholique se disqualifie en se cramponnant à semblable exclusion. Reste que, dans ce cas, le débat va se faire plus difficile dans la mesure où le diaconat des hommes est objet d’une ordination. Les femmes diacres pourraient-elles être ordonnées dans cette diaconie ? Il nous faudra veiller en tout cas à ne pas tomber dans le piège qui ferait du diaconat des femmes une version sous-dimensionnée de celui des hommes.https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/anne-marie-pelletier-nous-sortons-dune-certaine-phobie-ou-les-femmes-devaient-rester-a-la-marge-de-linstitutionnel-70288.php
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Une place dans le chœur
Aymeric Christensen
4-5 minutes

Décidément, la pandémie aura fourni, en 2020, un nouveau souffle au pontificat de François. Non seulement le pape y a trouvé une dimension prophétique qui manque à tant de chefs d’État – sachant redonner un horizon spirituel et des gestes incarnés à une crise par trop matérielle et dans le même temps dématérialisée –, mais même ses réformes, qui semblaient patiner, ont connu ces derniers mois un sérieux coup d’accélérateur. En témoigne l’assainissement spectaculaire du fonctionnement financier du Saint-Siège.

En parallèle, l’évêque de Rome n’oublie pas la dimension pastorale ni ne ménage ses efforts pour renouveler, pas à pas, la mission des laïcs. C’est ainsi que le motu proprio Spiritus Domini, publié ce 11 janvier, vient consacrer une petite révolution : l’ouverture aux femmes des ministères du lectorat et de l’acolytat. « Petite », voire silencieuse, car autoriser des femmes à proclamer la Parole ou s’approcher de l’autel durant la liturgie est déjà une pratique courante dans la plupart des paroisses, où l’on n’a pas attendu pour les voir exercer ces services, même discrètement.

Mais « révolution » tout de même, car si la réforme de Paul VI en 1972 ne réservait plus les anciens « ordres mineurs » à des clercs, elle les limitait encore aux hommes. De cela, on a gardé l’idée d’un lien privilégié et même d’une progression naturelle vers l’ordination au diaconat et, surtout, au sacerdoce. En déconnectant ministères institués et ordonnés, François rend ainsi difficile de justifier, comme le font certains, que le service d’autel – notamment celui exercé par les enfants de chœur – soit réservé aux garçons.

« Professionnaliser » les laïcs plutôt que les cléricaliser : on retrouve la lutte dans laquelle s’est engagé le pape depuis plusieurs années.

Mais il y a aussi dans cette clarification très symbolique une invitation pressante à redécouvrir les fonctions officielles de lecteur (donc, de lectrice) et d’acolyte, presque totalement délaissées en tant que telles dans les diocèses et les paroisses ­catholiques. Manière de repenser le rôle de tous les baptisés, de les valoriser et de les responsabiliser dans leur implication missionnaire. Car qui dit missions confiées dit engagement sur la durée et formation, et non plus service d’appoint faisant appel aux bonnes volontés au dernier moment, comme c’est souvent le cas pour les lectures de la messe.

En somme, « professionnaliser » les laïcs plutôt que les cléricaliser : on retrouve évidemment la lutte dans laquelle s’est engagé le pape depuis plusieurs années. Celle-ci en rencontre une autre, en faveur d’une féminisation de l’Église catholique. Or, il existe deux façons d’y parvenir. Promouvoir le laïcat en général permet, certes, aux femmes de trouver une place nouvelle, mais revient en parallèle à relativiser très fortement leur visibilité – pour ne pas dire, parfois, à les invisibiliser. À l’inverse, ouvrir explicitement des ministères aux femmes conduit de facto à promouvoir les laïcs, tout en reconnaissant l’apport spécifique de la moitié du peuple de Dieu. Tel semble bien être ici le choix de François, qui prend soin d’insister : il répond à une demande formulée lors de plusieurs synodes.

Demeure toutefois une question – et de taille. Alors qu’une seconde commission sur le diaconat féminin a été mise en place en avril, ce « décret » pontifical donnera-t-il une impulsion favorable à sa réflexion sur le ministère ordonné… ou vient-il, en temporisant, lui couper l’herbe sous le pied ? Difficile pour l’heure de répondre, d’autant que tout dépendra de l’accueil concret qui sera réservé à cette ouverture sur le terrain. Quant au pape, ce serait sans doute une erreur de vouloir déjà lui prêter d’autres intentions : au fil des ans, s’il nous a appris une chose, c’est à nous en tenir à ce qu’il déclare et accomplit, sans l’extrapoler, sous peine de nourrir des attentes ou des craintes excessives. Souvent, François ne dit pas plus que ce qu’il dit. À nous de nous en saisir concrètement.https://www.lavie.fr/idees/editos/une-place-dans-le-choeur-70294.php