Le Forum Catholique

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images/icones/mitre4.png  ( 908128 )Dispense de l'abstinence du vendredi : le diocèse de Quimper et Léon (1918-1965) par Alexandre (2021-01-03 18:00:35) 


Cathédrale de Quimper (Finistère)



Le récent post se demandant si l’on devait faire maigre ou pas le vendredi 1er janvier m’a donné l’idée d’une petite recherche : étant donné la faculté à l’évêque du diocèse de dispenser de la loi de l’abstinence (Code de 1917, canon 1245, § 1), quelles dispenses de l’abstinence du vendredi ont été accordées dans un diocèse français entre 1918 (entrée en vigueur du Code de Droit Canonique) et la clôture du Concile Vatican II (1965) ?


Grâce aux archives du Diocèse de Quimper et Léon, qui ont mis en ligne le bulletin officiel du Diocèse (La Semaine Religieuse) de 1886 à 1973, on peut recenser facilement ces dispenses.


Il en ressort que les dispenses touchaient les jours fériés civils :

- le Jour de l’An (1er janvier) : 1932, 1954, 1960, 1965 (pas de mention en 1926 et en 1937 ; en 1943, dispense générale du fait de la guerre [si tant est qu'on trouve alors de la viande !])

- la Fête du Travail (1er mai, instituée en 1941) : 1953, 1959, 1964.

- la Fête Nationale (14 juillet) : 1950, 1961 (Mgr Adolphe Duparc, évêque de 1908 à 1946, ne semble pas avoir dispensé de l’abstinence le 14 juillet tombant un vendredi alors que son successeur, Mgr André Fauvel, évêque de 1947 à 1968, l'a fait.)

- l’Armistice de 1918 (11 novembre, instituée en 1919) : 1927, 1932, 1938, 1949, 1955, 1960 (pas de mention en 1921).


Comme on peut le voir, au début, ces dispenses n’étaient pas systématiques, sauf pour le 11 novembre.
La dispense n’est pas accordée lorsque les 6 janvier (Épiphanie), 29 juin (Saint Pierre et Saint Paul) et 8 décembre (Immaculée Conception) tombent un vendredi.
En revanche, la dispense est régulièrement accordée localement pour les pardons locaux (Rumengol, le Folgoat) tombant un vendredi ainsi que pour la foire de Saint-Corentin, à Quimper (vendredi et samedi des quatre-temps de l'Avent).


Trois de ces dispenses ont été accordées par le Saint-Siège à tous les diocèses de France : les 11 novembre 1927, 1er janvier 1954 et 11 novembre 1960.




Mgr Adolphe Duparc
Évêque de Quimper
de 1908 à 1946



Mgr André Fauvel
Évêque de Quimper
de 1947 à 1968
images/icones/1b.gif  ( 908130 )Très intéressant, merci beaucoup ! par Ptitlu (2021-01-03 18:02:59) 
[en réponse à 908128]

Tout est dans le titre
images/icones/neutre.gif  ( 908159 )Merci beaucoup par Roger (2021-01-04 07:41:10) 
[en réponse à 908128]

Pour cette étude courte mais instructive
images/icones/3b.gif  ( 908162 )Une dispense d'abstinence le 14 juillet ! par Aliocha (2021-01-04 10:27:47) 
[en réponse à 908159]

Où l'on découvre qu'un évêque a dispensé de l'abstinence le 14 juillet, comme à l'occasion d'une grande fête religieuse ! On croit rêver.
Il serait consolant d'apprendre qu'il est arrivé que certains évêques aient décrété que le 14 juillet était, en réparation, jour de jeûne et abstinence.
images/icones/frFlag.gif  ( 908164 )Le 14 juillet rappelle un glorieux moment de l'histoire de France par Regnum Galliae (2021-01-04 11:03:12) 
[en réponse à 908162]

C'est le 14 juillet 1429 qu'Orléans fut libérée par sainte Jeanne d'Arc. C'est en effet ce jour-là que Charles VII entra triomphalement dans la ville.
images/icones/neutre.gif  ( 908174 )Et n'oublions pas le 14 juillet 1099 par Candidus (2021-01-04 11:54:18) 
[en réponse à 908164]

Prise de Jérusalem.

Parmi les croisés, la nation française était la mieux représentée.
images/icones/neutre.gif  ( 908179 )Non, le 15 juillet 1099 par Francis Dallais (2021-01-04 13:42:13) 
[en réponse à 908174]

Cher Candidus,

Contrairement à ce qui est souvent affirmé dans les miieux de tradition, la prise de Jérusalem n'a pas eu lieu le 14, mais le 15 juillet.
Cf. Jacques Heers, "Libérer Jérusalem - La première croisade (1095-1107), Perrin, 1995, p. 341.

En revanche,le généralissime de la Grande Armée Catholique et Royale des Vendéens, Jacques Cathelineau, a rendu son âme à Dieu, le 14 juillet 1793, grièvement blessé à Nantes le 29 juin de la même année, à Sain-Florent-le-Vieil.
IL est mort dans les bras de Jeanne Bussonnière, Soeur Jean-Baptiste.
IL me plaît de rappeler que depuis ce jour, on ne pavoise pas avec le drapeau bigarré ce jour là !

Bien à vous et bonne et sainte année.

FD
images/icones/neutre.gif  ( 908194 )Dans la nuit du 14 juillet par Candidus (2021-01-04 17:31:41) 
[en réponse à 908179]

Je crois que l'assaut final s'est déroulé à cheval sur le 14 et le 15, maintenant si on veut dater précisément le moment où la victoire est apparue définitivement acquise, je ne sais pas si c'est possible, surtout à une époque où les moyens de déterminer l'heure exacte, surtout la nuit, étaient incertains.
images/icones/nounours.gif  ( 908183 )Quelques remarques par Jean-Paul PARFU (2021-01-04 14:00:34) 
[en réponse à 908174]

- Oui, la prise de Jérusalem date du 15 juillet 1099 ;

- Les Français, au sens actuel, étaient effectivement les mieux représentés, mais au sens médiéval les nations occitanes ou lotharingiennes l'étaient également ;

- le 14 juillet, on fête, en réalité, la fête de la Fédération qui a eu lieu sur le champ de Mars à Paris en présence du roi, le 14 juillet 1790.
images/icones/fleche2.gif  ( 908184 )Non le 8 mai ! par Goupillon (2021-01-04 14:07:25) 
[en réponse à 908164]

Jeanne d'Arc libère la ville et y entre le 8 mai 1429 (et non le 14 juillet).

Charles VII n'est pas présent lors de l'entrée dans la ville. Jeanne d'Arc le rejoint près de Tours le 13 mai.

Le roi est sacré à Reims le 17 juillet 1429.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 908185 )Le 14 juillet 1429 le roi est à Châlons ! par Jean-Paul PARFU (2021-01-04 15:03:07) 
[en réponse à 908184]

Il y est accueilli par l'évêque de la ville, Jean de Sarrebruck. Poussé par Jeanne, le roi a quitté Troyes le 12 juillet et se rend, via Châlons, à Reims où il arrive le 16 pour être sacré dans la cathédrale le 17 juillet 1429.

Prise le 8 mai 1429 par Jeanne d'Arc, Charles VII aurait pu faire son entrée dans la ville d'Orléans un peu plus tard. Mais, ce ne fut pas le cas. Il y tiendra, par contre, des "états généraux" en octobre 1439. Il y sera discuté de la permanence des armées et des aides, et des négociations avec l'Angleterre.
images/icones/neutre.gif  ( 908188 )En effet, mea culpa par Regnum Galliae (2021-01-04 15:18:23) 
[en réponse à 908184]

mea maxima culpa. Je m'étais trompé de jour férié !

J'ai parcouru un peu vite ce texte où c'est à Châlons que le dauphine entre triomphalement un 14 juillet. Pas de quoi déroger à l'abstinence du vendredi, je vous l'accorde !
images/icones/heho.gif  ( 908186 )Et le missel de saint Pie V fut promulgué... par Fenestri (2021-01-04 15:06:47) 
[en réponse à 908164]

le 14 juillet 1570 !
images/icones/1b.gif  ( 908192 )Une date fort importante pour la Monarchie par ptk (2021-01-04 15:47:33) 
[en réponse à 908164]

C'est en effet un 14 juillet 1223 que Louis VIII fut le premier roi capétien à succéder à son prédécesseur sans avoir été sacré du vivant d'icelui.
images/icones/1i.gif  ( 908166 )On remarque même par Jean-Paul PARFU (2021-01-04 11:20:19) 
[en réponse à 908162]

Qu'il dispense de l'abstinence pour des fêtes laïques comme le 14 juillet et le 11 novembre et qu'il n'en dispense pas pour certaines fêtes religieuses, comme celle de l'Immaculée-conception, par exemple.
images/icones/1b.gif  ( 908167 )Simple à comprendre par Alexandre (2021-01-04 11:30:00) 
[en réponse à 908166]

Les dispenses ne concernent que des jours fériés, ce que n'a jamais été l'Immaculée Conception et ce que n'est plus l’Épiphanie depuis bien longtemps (1).

Les jours fériés donnent l'occasion de retrouvailles et donc de repas... festifs. Pour le vendredi 11 novembre, par exemple, la dispense épiscopale permettait aux anciens combattants et aux familles de faire un repas carné.
Idem pour les pardons de Rumengol ou du Folgoat et la foire de St-Corentin.

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(1) Pour fêter dignement l’Épiphanie, la Sainte Église en a, dans sa sagesse, rendu obligatoire la solennité extérieure au dimanche suivant, comme pour la Saint-Pierre (concordat de 1801).
La Fête-Dieu aussi, mais elle n'a jamais été concernée par l'abstinence de viande...
images/icones/pelerouin1.gif  ( 908169 )Sans doute par Jean-Paul PARFU (2021-01-04 11:42:58) 
[en réponse à 908167]

Mais, l'évêque pourrait :

- d'une part, considérer le jour férié, laïc ou religieux ;

- et de l'autre, la grande fête chrétienne, que celle-ci soit fériée ou pas, ou fêtée le dimanche suivant (ou précédent, comme le fait "le Nom" avec l'Epiphanie).