Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=908067
images/icones/fleche2.gif  ( 908067 )Rosaverdi tutti et la ruse de la raison mondialiste. par Scrutator Sapientiæ (2021-01-02 18:16:09) 

Bonjour,

Il est fait allusion ici, entre autres choses, au contenu de la dernière lettre encyclique du pape François, Fratelli tutti, dans le contexte de l'accompagnement humanisateur, par le pape François, de l'amplification ou de la pérennisation de la mondialisation.

Il serait possible de succomber à la tentation de la facilité, et de s'interroger à voix haute sur la cohérence et la pertinence d'un texte dans lequel, sauf erreur, nous sommes invités à cultiver un terrain d'entente, officiellement humanisateur, d'une part avec cet ensemble : Allah, Islam, Oumma, et, "EN MEME TEMPS", d'autre part avec cet ensemble : Liberté, Egalité, Fraternité, mais il n'est pas question ici de succomber à cette tentation.

Il est plutôt question ici de s'interroger à un autre niveau : au niveau de la solidité de la conversion écologique (cf. Laudato si) et axiologique (cf. Fratelli tutti) prônée, notamment, par le pape François, face à ce qu'il est possible d'appeler "la ruse de la raison mondialiste", puisqu'il semble vraiment que certains donneurs d'ordres, parmi les principaux bénéficiaires de la mondialisation, soient disposés à faire en sorte que tout change, peut-être pour que rien ne change.

En effet, il n'est pas impossible, et il n'est pas encore interdit de soulever le problème suivant :

- certaines composantes de la conversion écologique, dont ce que l'on appelle la transition énergétique, sont fondamentalement "pro business", sous l'angle du business industriel, ce que certains économistes et certains industriels ne manquent pas de souligner, depuis déjà quelques années, sans qu'il soit question pour les uns et les autres d'aller en direction d'une véritable remise en cause du système actuel,

et

- certaines composantes de la conversion axiologique, dont l'immigrationnisme et le LGBTQisme, sont tout aussi pleinement "pro business", sous l'angle du business éditorial, médiatique ou "culturel" comme sous celui du business électoral, politique ou "sociétal", et il faut vraiment être aveugle pour ne pas le remarquer.

Par ailleurs, le même pape François a entendu marquer l'année 2019 puis l'année 2020 à travers ceci :

Ici.

Ici..

D'où la question suivante : en quoi cette stratégie partenariale est-elle, non seulement explicitement et spécifiquement promotrice des fondamentaux du christianisme catholique, mais aussi, voire surtout, PRUDENTE, compte tenu des conceptions, de l'identité, des intérêts ou de l'orientation de ces partenaires ?

Et jusqu'où ira le "if we can't beat them, join them", ou plutôt le "because we don't want criticize them, join them", auquel nous avons droit depuis Jean XXIII ?

Au terme de ces quelques lignes, une explication s'impose, sur la déformation du titre de la dernière encyclique du pape François, Fratelli tutti, au bénéfice de cette formulation : Rosaverdi tutti ; cette formulation peut venir à l'esprit, non seulement au contact de l'ensemble formé par Laudato si et par Fratelli tutti, mais aussi, dans le contexte de la France, au contact du fait que certains analystes, essayistes, intellectuels, journalistes ou responsables politiques, nullement opposés au néo-catholicisme, en tant que fraternitaire et inclusiviste, semblent vraiment être passés, surtout depuis 2017, de Solférino à Terranova...

Chacun aura compris que ce qui précède n'est nullement inspiré par une espèce de "franciscophobie primaire", d'autant plus que, dans l'Eglise du dialogue, de l'inclusion, du renouveau et de l'unité, il n'est pas impossible de croire ni interdit d'espérer que l'on peut être à la fois "ni pour, ni contre" :

- ni pour le "bergoglionisme", si jamais il apparaît ou se confirme que ce courant tend à accentuer ou à aggraver la transformation de l'Eglise catholique en une institution suiviste, dans le sillage de la mondialisation et de la postmodernité, certains reconnaissant que cette transformation a commencé bien en amont du 13 mars 2013,

- ni contre le pape François, NOTAMMENT en tant que personne qui a droit, au demeurant comme toute personne, à la charité, à la courtoisie, au respect, etc.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 908070 )La lettre de Viganò par ChristianeD (2021-01-02 18:51:14) 
[en réponse à 908067]

Et que pensez-vous de la vive critique de Monseigneur Viganò contre le Pape à ce sujet ?
images/icones/fleche2.gif  ( 908111 )Depuis l'avant-V II l'ouverture nuit à la fidélité. par Scrutator Sapientiæ (2021-01-03 10:50:48) 
[en réponse à 908070]

Bonjour et bon dimanche, ChristianeD.

Je suppose que vous faites allusion à ceci :

Ici.

C'est peut-être une question de tempérament, mais je ne suis pas en mesure de m'exprimer comme le fait Mgr Vigano, ce qui ne veut évidemment pas dire que je suis en désaccord avec l'ensemble de ses propos, même si je ne suis pas aussi "incriminateur" que lui, en ce qui concerne le pape François ou le pontificat de François, ne serait-ce que parce que le pape François n'est nullement le premier pape néo-catholique post-conciliaire qui a une part de responsabilité dans l'état de santé actuel de l'Eglise et de la foi catholiques, la part de responsabilité des papes qui ont contré, le moins possible, "l'arrupisme", entre la fin de 1978 et le début de 2013, n'étant probablement pas négligeable.

Depuis l'avant-Concile, je pense ici à l'avant-Concile des philosophes d'inspiration chrétienne et des théologiens catholiques qui ont eu de l'importance et de l'influence, au moment et au moyen du Concile Vatican II, trop d'ouverture nuit à la fidélité, en ce que, pour le dire ainsi, trop d'ouverture érudite et sympathisante ad extra nuit à la fidélité orthodoxe et traditionnelle ad intra.

Mais ce qui est en jeu ici n'est pas uniquement une question de "dosage", de plus et de moins, comme s'il y avait seulement un "excès" d'ouverture et un "manque" de fidélité, car ce qui est en jeu ici est également une question de "portance", d'interprétation, de motivation, d'orientation, de représentation, de signification et de valorisation relatives, en l'occurrence, à l'ouverture.

Au sein de la tendance, anti-tridentiniste, du christianisme catholique contemporain qui est aux commandes de l'Eglise catholique, depuis le début du Concile Vatican II, d'une part quelle interprétation, quelle motivation et quelle orientation donne-t-on à l'ouverture, d'autre part comment (se) représente-t-on l'ouverture, et enfin quelle signification et quelle valorisation donne-t-on à l'ouverture ?

Ainsi, depuis le début des années 1960 et du Concile Vatican II, il est plus particulièrement question de s'ouvrir sur l'homme et le monde contemporain, sur leurs concepts, leurs horizons, leurs idéaux, leurs valeurs, leurs aspirations, leur orientation, etc., et pourquoi pas, dans l'absolu, mais pour leur dire quoi, et surtout pour leur taire quoi, puisque cette ouverture se manifeste souvent par de l'autocensure doctrinalo-pastorale, sur les choses de Dieu et les choses de la foi, de la part des clercs ?

Voici une autre manière de dire à peu près la même chose : il fut un temps, on parlait souvent d'Eglise enseignante, en notre temps, on parle parfois d'Eglise écoutante, mais qui ne voit que, depuis le début des années 1960 et du Concile Vatican II, nous avons surtout affaire à une Eglise évitante, en ce que nous avons affaire à une Eglise qui est dirigée par des clercs qui évitent fréquemment de s'exposer au risque de déplaire ad extra, et qui préfèrent très souvent le consensus à la vérité, au point de mettre en place des "dispositifs" doctrinaux, liturgiques, pastoraux et spirituels plus propices au dialogue, à l'inclusion, au renouveau, en vue de l'unité, qu'à l'annonce, à la conversion, à la tradition, en vue du salut ?

A mon avis, nous devrions donc re-situer le "temps court" du pontificat actuel à l'intérieur du "temps long" qui a commencé à s'écouler dès le début des années 1930, pour ne pas passer à côté d'une interrogation fondamentale sur les origines, les composantes et les conséquences de l'ouverture, et pour ne pas passer à côté de la possibilité de remédier à ces conséquences en bonne connaissance de cause sur ces origines, cet avis n'ayant rien de très original...

Enfin, si jamais vous ne voyez pas à quoi je fais allusion, quand je parle de "l'arrupisme", je vous suggère de lire ce que Luc Perrin a écrit sur cette question, sur le Forum catholique. C'est assez éclairant sur les raisons pour lesquelles les jésuites sont devenus ce qu'ils sont devenus, au point de finir par compter, dans leurs rangs, un jésuite tel que le futur pape François.

Je vous prie de bien vouloir m'excuser, car je n'ai pas vraiment répondu à votre question, ou parce que je l'ai fait à ma manière, mais aussi en raison du "schématisme" auquel il m'arrive de recourir, parce que je ne veux pas nuancer ou préciser au point d'être trop long, et je vous souhaite un bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/1n.gif  ( 908095 )le rejet du berceau de la chrétienté par jejomau (2021-01-02 23:06:17) 
[en réponse à 908067]

Avec François il me semble que la question de fond qui se pose c'est de savoir si nous avons un tournant stratégique dans la vision pontificale avec le regard qu'il pose sur le monde ou si nous avons seulement un épiphénomène qui restera circonscrit à .. François !

Je crois que François, argentin par ailleurs, a décidé de ne plus tenir compte de l'Occident, de sa civilisation.

Pour lui, l'Europe chrétienne c'est du passé. Benoît XVI paraît être le dernier pape à s'être appuyé sur elle et son rayonnement pour "éclairer les autres nations".

François développe de nouveaux thèmes, étrangers à celui que le christianisme a porté pendant deux mille ans : l'écologie, l'Amazonie. Dans son esprit, l'immigration ne doit plus être considéré comme un danger pour les nations Occidentales mais plutôt comme un mouvement irréversible de populations en marche vers d'autres peuples qu'il va falloir accueillir à bras ouverts

Bref, il ne tient plus compte du berceau de la chrétienté sur lequel il a décidé de tirer un trait

Reste à savoir si celà va être irréversible et si celà va s'ancrer avec plus de certitude encore avec les prochains pontificats ou si celà est spécifique à François...
images/icones/interdit.gif  ( 908096 )L'écologie et l'Amazonie restent des idées européennes par Ptitlu (2021-01-03 00:42:19) 
[en réponse à 908095]

L'écologie ou transition énergétique c'est le nouveau nom du capitalisme (il faut que tout change pour que rien ne change), idée européenne par excellence (et l'évolution, ou plutôt révolution, le tour complet pour revenir à la case départ...aussi)

L'Amazonie, ou plutôt le souci de l'l'Amazonie est aussi une idée européenne, les habitants de l'Amazonie au premier rang desquels les brésiliens en n'ayant rien à faire : c'est au choix un garde-manger, un défi, des embetements ou de la ressource, mais certainement pas un espace idéologique ou naturel à préserver.

On remarquera que la "fixette" européenne sur l'Amazonie ne s'étend pas à d'autres espaces tout aussi peuplés voire plus et dont l'enjeu écologique est égal sinon supérieur comme la Taïga russe ou la foret d'Afrique équatoriale - ces espaces sont absents des médias et des préoccupations politiques.

Idem avec les guerres : politiques et religieux s'occupent du Proche Orient, lieu de projection et fixation européenne depuis deux mille ans, un peu d'Afrique à cause de l'héritage colonial et missionnaire (Darfour, Sahel, Grands lacs), les autres zones de guerre sont absentes ou quasi des discours tant politiques que médiatiques ou catholiques.

Donc tirer un trait sur l'Europe et ses préoccupations, non, on en est loin.

On s'en rapprochera lorsque l'Église conciliaire (officielle) en revanche cessera de parler des droits de l'homme, de la fraternité (encore un concept européen), des enjeux écologiques ou d'oecumenisme (idem).
images/icones/neutre.gif  ( 908177 )[réponse] par ChristianeD (2021-01-04 13:16:42) 
[en réponse à 908096]

Je pensais précisément aux dénonciations de Vigano qui affirme que le Vatican est devenu mondialiste, pour le Great Reset économique annoncé par Klaus Schwab, président du Forum Economique de Davos depuis 50 ans.

Traduction en Français de sa Lettre ouverte à Trump

Et c'est sans compter toutes les autres accusations que fait Vigano depuis des années à l'endroit du Pape François qu'il accuse de protéger les pédophiles et de vénérer Satan.

Pour ma part, je demeure fidèle aux Ecritures, au Nouveau Testament. Et c'est vrai qu'il n'y a plus trop de rapport entre le fratelli tutti actuel, l'image du Christ très loin de Jesus chassant les marchands du Temple, de la catholicité forte et de l'importance de Notre Sainte-Marie.
images/icones/neutre.gif  ( 908158 )A mes yeux par Roger (2021-01-04 04:46:18) 
[en réponse à 908067]

Certes j ai conscience d etre superficiel, naïf voire mal intentionné...mais mon impression est que tout cela (Amazonie ou écologie) n a guère de valeur ni de sens profond.

Ou plutôt n en a qu un : donner aux médias et aux leaders de l opinion publique (mais pas aux hommes eux mêmes) une présentation séduisante de l Eglise. Il s'agit de seduire en disant à ces "cibles" qu elles dont chrétiennes sans le savoir.

C est une stratégie missionnaire en quelque sorte.