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images/icones/marie.gif  ( 907706 )St Etienne (26 décembre, 2ème jour dans l’Octave de la Nativité) par ami de la Miséricorde (2020-12-26 07:41:10) 



St Étienne, Protomartyr, 2ème jour dans l’Octave de la Nativité

Mémoire de St Étienne, Protomartyr, sauf aux Messes chantées

La Prière de Saint Anselme à Saint Etienne « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » :

« Étienne, et vraiment Étienne parce que vraiment couronné (Stephanos signifie « couronne » en grec), dis à Celui qui t'aime et que tu aimes : Seigneur, ne lui compte pas ces péchés (Ac 7, 60). Dis-Lui, pour le pauvre qui te supplie, ce que tu as dit pour le peuple qui t'a mis à mort. Que parle seulement ta charité, et je suis certain que Dieu très bienveillant pardonnera tous mes péchés. Car Il est Miséricordieux, mon Créateur, et moi malheureux, sa créature, et toi l'ami bien-aimé de Celui qui est béni dans les siècles (Rm 1, 25). Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Homme bienheureux, quelle espérance tu donnes aux pécheurs, tes amis, quand ils entendent dire que tu as montré pareille sollicitude pour des impies, tes ennemis ! Seigneur, ne leur compte pas ce péché. Comment répondra-t-il, quand il est invoqué, celui qui excusait ainsi, quand il était provoqué ! De quelle bienveillance couvera-t-il les humbles, lui qui est maintenant glorifié, celui qui secourait ainsi les superbes alors qu'il était humilié ! Avec quelle promptitude délivrera-t-il les affligés, celui qui, aujourd'hui libéré avec puissance, hier venait ainsi en aide à ceux qui l'affligeaient ! Eux se pressaient d'ôter ton âme, toi tu t'efforçais de rendre vie à leur âme. Amen. »

Source : site-catholique.fr

Un sermon du Père Bourdaloue pour la fête de Saint Etienne.

Catéchèse de Benoît XVI sur la prière d'Étienne, premier martyr de l’Eglise.

Chers frères et sœurs,

Dans les dernières catéchèses, nous avons vu comment, dans la prière personnelle et communautaire, la lecture et la méditation de la Sainte Ecriture nous ouvrent à l’écoute de Dieu et infusent en nous la lumière pour comprendre le présent. Aujourd’hui, je voudrais parler du témoignage et de la prière du premier martyr de l’Eglise, saint Etienne, l’un des sept choisis pour le service de la charité envers ceux qui étaient dans le besoin. Au moment de son martyre, raconté dans les Actes des apôtres, se manifeste encore une fois le rapport fécond qui existe entre la parole de Dieu et la prière.

Etienne est amené au tribunal, devant le Sanhédrin, où il est accusé d’avoir déclaré que « Jésus… détruira ce lieu [le Temple] et changera les usages que Moïse nous a légués » (Ac 6, 14). Pendant sa vie publique, Jésus avait effectivement annoncé la destruction du Temple de Jérusalem : « Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai » (Jn 2, 19). Toutefois, comme le note l’évangéliste Jean, il « parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole qu’il avait dite » (Jn 2, 21-22).

Le discours d’Etienne devant le tribunal, le plus long des Actes des apôtres, se développe justement sur cette prophétie de Jésus, qui est le nouveau sanctuaire, qui inaugure le nouveau culte et se substitue, par l’offrande qu’il fait de lui-même sur la croix, aux sacrifices antiques. Etienne veut prouver combien est infondée l’accusation qui est faite à Jésus de renverser la loi de Moïse et illustre sa vision de l’histoire du salut, de l’alliance de Dieu avec l’homme. Il relit ainsi tout le récit biblique, itinéraire contenu dans l’Ecriture sainte, pour montrer qu’il conduit au « lieu » de la présence définitive de Dieu, qui est Jésus-Christ, en particulier sa passion, sa mort et sa résurrection. C’est dans cette perspective qu’Etienne interprète aussi son identité de disciple de Jésus, en le suivant jusqu’au martyre. La méditation sur l’Ecriture sainte lui permet ainsi de comprendre sa mission, sa vie, son présent. En cela, il est guidé par la lumière de l’Esprit-Saint, par son rapport intime avec le Seigneur, au point que les membres du Sanhédrin virent son visage « semblable à celui d’un ange » (Ac 6, 15). Un tel signe de l’assistance divine rappelle le visage rayonnant de Moïse quand il descendit du Mont Sinaï après avoir rencontré Dieu (cf. Ex 34, 29-35 ; 2 Co 3, 7-8).

Dans son discours, Etienne part de l’appel d’Abraham, pèlerin vers la terre indiquée par Dieu et qu’il ne possédait qu’à l’état de promesse ; il passe ensuite à Joseph, vendu par ses frères, mais assisté et libéré par Dieu, pour arriver à Moïse, qui devient l’instrument de Dieu pour libérer son peuple, mais qui se heurte aussi, et plus d’une fois, au refus de son peuple. Dans tous ces événements, racontés dans l’Ecriture sainte, dont Etienne se montre à l’écoute, se manifeste toujours Dieu qui ne se lasse pas d’aller à la rencontre de l’homme malgré l’opposition obstinée de celui-ci. Et ceci est vrai dans le passé, dans le présent et dans le futur. Etienne voit donc, dans tout l’Ancien Testament, la préfiguration du drame de Jésus, le Fils de Dieu fait chair qui, comme les Patriarches, rencontre des obstacles, le refus, la mort. Etienne se réfère donc à Josué, à David et à Salomon, mis en rapport avec la construction du Temple de Jérusalem et il conclut par les paroles du prophète Isaïe (66, 1-2) : « Le ciel est mon trône, et la terre l’escabeau de mes pieds ; quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel sera le lieu de mon repos ? N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela ? » (Ac 7, 49-50). En méditant l’action de Dieu dans l’histoire du salut, et en mettant en évidence la tentation constante du refus de Dieu et de son action, il affirme que Jésus est le Juste annoncé par les prophètes ; en lui, Dieu s’est rendu présent de manière unique et définitive : Jésus est le « lieu » du véritable culte.

Etienne ne nie pas l’importance du Temple pendant un certain temps, mais il souligne que « Dieu n’habite pas dans des demeures faites de main d’homme » (Ac 7, 48). Le nouveau et véritable temple dans lequel habite Dieu est son Fils, qui a pris chair humaine, c’est l’humanité du Christ, le Ressuscité qui rassemble les peuples et les unit dans le sacrement de son corps et de son sang. L’expression au sujet du Temple « non fait de main d’homme » se trouve aussi dans la théologie de saint Paul et de la Lettre aux Hébreux : le corps de Jésus, qu’il a assumé afin de s’offrir comme victime sacrificielle pour expier les péchés, est le nouveau temple de Dieu, le lieu de la présence du Dieu vivant ; en lui, Dieu et l’homme, Dieu et le monde sont réellement en contact : Jésus prend sur lui tout le péché de l’humanité pour le porter dans l’amour de Dieu et pour « le brûler » dans cet amour. S’approcher de la Croix, entrer en communion avec le Christ, veut dire entrer dans cette transformation. Cela signifie entrer en contact avec Dieu, entrer dans le véritable temple.

La vie et le discours d’Etienne s’interrompent brusquement avec la lapidation mais son martyre est justement l’accomplissement de sa vie et de son message : il devient un avec le Christ. Ainsi, sa méditation sur l’action de Dieu dans l’histoire, sur la parole divine qui a trouvé en Jésus son accomplissement, devient une participation à la prière même de la Croix. Avant de mourir, en effet, il s’exclame : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Ac 7, 59), s’appropriant les paroles du psaume (31, 6) et reprenant l’ultime expression de Jésus sur le calvaire : « Père, en tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23, 46) ; et enfin, comme Jésus, il dit dans un grand cri devant ceux qui le lapident « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Ac 7, 60). Notons que si, d’un côté la prière d’Etienne reprend celle de Jésus, le destinataire est différent, parce que l’invocation est adressée au Seigneur, c’est-à-dire à Jésus qu’il contemple, glorifié, à la droite du Père : « Ah ! dit-il, je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Ac 7, 55).

Chers frères et sœurs, le témoignage de saint Etienne nous donne quelques indications pour notre prière et notre vie. Nous pouvons nous demander : d’où ce premier martyr chrétien a-t-il tiré la force d’affronter ses persécuteurs et d’arriver jusqu’au don de lui-même ? La réponse est simple : de son rapport avec Dieu, de sa communion avec le Christ, de la méditation sur l’histoire du salut, de voir l’action de Dieu qui a atteint son sommet en Jésus-Christ. Notre prière aussi doit être nourrie de l’écoute de la parole de Dieu, dans la communion avec Jésus et son Eglise.

Il y a un second élément : saint Etienne voit la figure et la mission de Jésus annoncées dans l’histoire du rapport d’amour entre Dieu et l’homme. Jésus, le Fils de Dieu, est le temple « non fait de main d’homme » dans lequel la présence de Dieu le Père s’est faite proche au point d’entrer dans notre chair humaine pour nous amener à Dieu, pour nous ouvrir les portes du ciel. Notre prière doit alors être contemplation de Jésus à la droite de Dieu, de Jésus qui est le Seigneur de notre existence, de mon existence quotidienne. En lui, sous la conduite de l’Esprit-Saint, nous pouvons, nous aussi, nous adresser à Dieu, établir un contact réel avec Dieu, dans la confiance et l’abandon des enfants qui s’adressent à un Père qui les aime infiniment. Merci.

Synthèse en français de la catéchèse :

Chers frères et soeurs, en parlant du témoignage de saint Etienne, premier martyr de l’Église, je voudrais souligner le rapport fécond entre la Parole de Dieu et la prière. Dans son discours devant le tribunal, Etienne explique que l’annonce de Jésus qu’il serait le nouveau temple s’est réalisée par son offrande sur la croix, qui remplace les sacrifices anciens. Pour Etienne, être disciple de Jésus, c’est donc le suivre jusqu’au martyre. Il comprend le présent en priant et en méditant l’Écriture à la lumière de l’Esprit Saint. À travers les évènements de l’Histoire sainte, émerge toujours Dieu qui va sans cesse à la rencontre de l’homme, même si celui-ci le refuse.


Jésus rencontrera lui-même l’opposition jusqu’à la mort. Et, depuis, le Corps du Christ est le seul lieu de la présence définitive de Dieu. En lui, Dieu et l’homme, Dieu et le monde sont en contact. Jésus a pris sur lui tout le péché de l’humanité, pour le porter dans l’amour de Dieu, et le brûler dans cet amour. Ainsi, s’approcher de la Croix, entrer en communion avec le Christ, c’est entrer dans cette transformation. Mais on peut se demander : où Etienne a-t-il puisé la force d’affronter ses persécuteurs et d’aller jusqu’au bout du don de lui-même ? Dans sa relation à Dieu, dans sa méditation de l’histoire du Salut. Comme lui, notre prière doit se nourrir de la Parole de Dieu.

Source : vatican.va
images/icones/marie.gif  ( 907707 )L'éternelle vie et la profondeur de l'âme par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-12-26 07:42:20) 
[en réponse à 907706]

TROISIÈME PARTIE

L'ENFER DANS LE NOUVEAU TESTAMENT


L'Évangile de saint Jean parle constamment de l'opposition entre la vie éternelle et la perte éternelle, qui est surtout la privation de Dieu. « Celui qui ne croit pas au Fils, n'aura pas la vie éternelle », mais la colère de Dieu demeure sur lui, » III, 36.

Aux Pharisiens qui s'obstinent : « Vous mourrez dans votre péché. Où je vais vous ne pourrez venir » VIII, 24. « Quiconque se livre au péché est esclave du péché, et l'esclave ne demeure pas toujours comme les fils dans la maison », VIII, 34. « Si quelqu'un ne demeure pas en moi il est jeté dehors, comme le sarment et il sèche ; puis on jette ces sarments au feu, et ils brûlent », XV, 6.

Les Epîtres de saint Paul annoncent de même aux justes la vie éternelle et à ceux qui s'obstinent dans le mal l'enfer éternel : ceux qui font les oeuvres de la chair n'entreront pas dans le royaume de Dieu, GAL., V, 19-21 ; EPH., V, 5 ; I COR., VI, 9, 10.

Il y en a qui périssent II COR., II, 15, 16 ; IV, 3 ; XIII, 5. Il y a deux cités irréconciliables, celle du Christ et celle de Bélial, II COR., VI, 14-18. Il y a des réprouvés à jamais, I TIM, V, 6, 11-15 ; II TIM., II, 12-20. On lit dans l'Épître aux Hébreux X, 31 : « Il est effroyable de tomber entre les mains du Dieu vivant ».

Saint Pierre annonce aux faux prophètes qu'ils vont à leur perte éternelle, II PETR., II, 1-4, 12, 14 ; III, 7. L'Épître de saint Jude, 6, 13, parle des « chaînes éternelles, d'épaisses ténèbres pour l'éternité ». L'Épître de saint Jacques, II, 13, menace d'un jugement sans Miséricorde celui qui ne fait pas Miséricorde ; les mauvais riches sans coeur à l'égard des pauvres s'amassent des trésors de colère pour le dernier jour, IV, 4-8 ; V, 3.

Enfin l'APOCALYPSE oppose la victoire éternelle du Christ, dans la Jérusalem céleste, et la damnation de tous ceux qui seront jetés dans « l'étang du feu et du soufre », XXI, 8. Cette damnation éternelle est appelée « la seconde mort » ibid. ; c'est la privation de la vie divine, de la vision de Dieu XXI, 27 ; XXI, 15, en un lieu de supplice éternel, où seront tourmentés par le feu tous ceux qui porteront le signe de la bête, et qui seront exclus du livre de vie, XIII 18 ; XIV, 10, 11 ; XX, 6, 14.

C'est ce qu'annonçaient déjà les grands prophètes en particulier ISAIE , LXVI, 15-24 ; depuis lors jusqu'à l'Apocalypse, la révélation de l'enfer éternel n'a cessé de se préciser en même temps que celle de l'éternelle vie ; on y trouve la peine du dam, celle du feu, l'inégalité des châtiments et leur éternité, à cause du péché mortel sans repentance, qui a laissé l'âme dans la révolte habituelle et perpétuelle contre Dieu infiniment bon.

Nous ne pouvons rapporter ici le témoignage de la tradition. Rappelons seulement qu'avant le III° siècle et la controverse des Origénistes, les Pères enseignent l'existence et l'éternité des peines de l'enfer ( Cf. ROUET DE JOURNEL, Enchir. patristic., Index theologicus n° 594.- Dict. theol. Cathol., art. Enfer (M. RICHARD), c. 47-56. ). Les martyrs disent souvent qu'ils ne craignent pas le feu temporel, mais le feu éternel.

Du III° siècle au V°, la plupart des Pères combattent l'erreur d'Origène et des Origénistes sur la non éternité des peines de l'enfer ; parmi eux il faut citer surtout saint Méthode, saint Cyrille de Jérus., saint Épiphane, saint Basile, saint Chrysostome, saint Ephrem, saint Cyprien, saint Jérôme, surtout saint Augustin ( Cf. R. DE JOURNEL, op. cit., ibid. - Dict. theol. cath., art. Enfer, c. 56-77.).

Pour tous ces Pères l'affirmation de la conversion finale des démons et des hommes réprouvés est contraire à la révélation, pour eux un démon converti est une impossibilité, de même un damné converti.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde