Le Forum Catholique

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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 906993 )3ème Dimanche de l’Avent par ami de la Miséricorde (2020-12-12 23:41:18) 



3ème Dimanche de l’Avent

On ne fait rien cette année de Ste Lucie, vierge et martyre
images/icones/marie.gif  ( 906994 )L'éternelle vie et la profondeur de l'âme par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-12-12 23:43:03) 
[en réponse à 906993]

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE III

DE QUELLE NATURE EST CE JUGEMENT PARTICULIER


Dans le jugement divin l'examen de la cause se fait instantanément, car il ne requiert ni la déposition de témoins pour et contre, ni la moindre discussion. Dieu connaît l'âme par une intuition immédiate, et l'âme, à l'instant où elle est séparée de son corps, se voit immédiatement et est éclairée d'une façon décisive et inévitable sur tous ses mérites et ses démé­rites.

Elle voit donc sans possibilité d'erreur son état, tout ce qu'elle a pensé, désiré, dit et fait de bien et de mal, tout le bien qu'elle a omis ; sa mémoire et sa conscience lui rappellent toute sa vie morale et spi­rituelle jusque dans les moindres détails.

C'est alors seulement que nous verrons clairement tout ce que comportait notre vocation particulière ou individuelle, celle d'une mère, d'un père, d'un apôtre.

La sentence est prononcée aussi instantanément, non pas par une voix sensible, mais d'une façon toute spirituelle, par une illumination intellectuelle, qui réveille les idées acquises et donne les idées infu­ses nécessaires pour voir tout le passé d'un seul regard, et qui surélève le jugement pour le préserver de toute erreur.

L'âme voit spirituellement alors qu'elle est jugée par Dieu, et sous la lumière divine sa conscience porte ce même jugement définitif. Cela se fait au premier instant où elle est séparée du corps, de sorte que, dès qu'il est vrai de dire d'une personne qu'elle est morte, il est vrai de dire aussi qu'elle est jugée.

L'exécution de la sentence est immédiate elle aussi ; rien en effet ne peut la retarder. Du côté de Dieu la toute puissance accomplit aussitôt l'ordre de la justice divine ; et, du côté de l'âme, le mérite et le démé­rite sont, dit saint Thomas, comme la légèreté et la gravité des corps.

Dès qu'il n'y a pas d'obstacles, les corps pesants descendent, et les corps plus légers que leur milieu s'élèvent aussitôt. Comme les corps tendent à leur lieu naturel, les âmes séparées vont, sans retard aucun, à la récompense due à leur mérite (à moins qu'elles ne doivent encore subir une peine temporaire au purgatoire), ou elles vont à la peine éternelle due à leurs démérites ;
bref, elles vont les unes et les autres vers la fin de leurs propres actes.

Les Pères de l'Église ont souvent comparé de même la charité à une vive flamme qui ne cesse de monter tandis que la haine descend toujours.

Le jugement particulier a donc lieu à l'instant de la séparation de l'âme et du corps, au premier instant où il est vrai de dire : l'âme est séparée.

Ainsi est terminé le temps du mérite et du démé­rite ; autrement une âme du purgatoire pourrait encore se perdre, et une âme réprouvée pourrait encore être sauvée.

Les âmes du purgatoire sont donc arrivées au terme du mérite, sans être encore parve­nues à la béatitude éternelle. Ces âmes en état de grâce restent libres, mais cela ne suffit pas au mérite, car une de ses conditions, selon tous les théologiens, est d'être encore viator ou dans l'état de voie.

Au moment du jugement particulier l'âme ne voit pas Dieu intuitivement ; autrement elle serait déjà béatifiée. Elle ne voit pas non plus l'humanité du Christ, sauf faveur exceptionnelle ; mais par une lumière infuse, elle connaît Dieu comme souverain juge et aussi le Rédempteur comme juge des vivants et des morts. Les prédicateurs dans l'exposé de cette doctrine se servent souvent, à l'exemple des Pères de symboles pour la rendre plus accessible à tous et plus saisissante ; mais comme doctrine elle se réduit à ce que nous venons de dire.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/neutre.gif  ( 906998 )On ne fait rien cette année... par Montes Gelboe (2020-12-13 08:20:26) 
[en réponse à 906993]

de sainte Lucie...et c'est infiniment dommage...
La priorité quasi absolue donnée au dimanche sur les principales fêtes du santoral révèle, même dans la "forme extraordinaire", un esprit systématique, qui évidemment, triomphe chez les "ordinaires" avec la kyrielle interminable des dimanches ordinaires, couleur chlorophylle..
Dans le cas de sainte Lucie,on déplorera le fait "ratione personae" : car Lucie occupe un rang éminent dans la hierarchie des martyres de l'Antiquité, elle est citée au canon de la messe, son culte est ancien et universel.
Mais aussi "ratione temporis", à l'égard du tempe de l'Avent. La sainte-Lucie termine la première partie de l'Avent. Le lendemain est un jour très important : "In crastinum sanctae Lucie". C'est le 19e des Calendes de Janvier dans le calendrier romain. Ces calendes sont particulièrement lourdes de sens, c'est la première annonce de l'année nouvelle. Chez les chrétiens c'est l'annonce de la prochaine Naissance du Christ. Le lendemain de la sainte-Lucie, dans les rits diocésains du Midi de la France on commençait la deuxième partie du temps de l'Avent, avec le chant des Grandes Antiennes ou Antiennes O, et leurs sonneries de cloches, qui commençaient le 14 et non le 17, accompagnées des antiennes propres a chaque jour aux laudes et aux heures.
Et dans ces mêmes rits, lorsque la sainte-Lucie tombait le 3e dimanche de l'Avent, elle était anticipée au samedi précédent, pour ne rien perdre, ni de son intercession, ni de la marque que sa fete imprime sur le calendrier.
Les provençaux appellent toujours la fête de Noël "Calendo". A partir du 19e jour des calendes de janviers les cultivateurs observent le temps. Un principe (suppposé, bien sûr) de météorologie populaire, fait que chaque jour à partir de l'annonce des "calendes de janvier" préfigure le temps d'un des mois de l'année suivante.
Donc, n'oublions pas sainte Lucie...