Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 906586 )Les trois conceptions du "genre" qui se font face actuellement par Candidus (2020-12-08 16:39:21) 

Dans la perspective traditionnelle occidentale, on est femme parce qu’on a hérité du chromosome XX et de tout ce que sa présence entraîne en terme de différenciations psychologiques.

Pour les féministes progressistes qui avaient semblé triompher dans les années 60-70, on est femme si on a hérité du chromosome XX. Point barre. La différenciation psychologique est rejetée. Il n’y a pas d’essence féminine, pas d’identité féminine autre que biologique. Tout le reste est construction socio-culturelle.

Pour les féministes et transgenderistes post-modernes qui ont émergé à partir des années 80, on est femme lorsque/parce qu’on s’identifie à certains stéréotypes de la féminité (ils évitent évidemment le mot connoté de stéréotype). Le genre devient performatif ; il est censé se réaliser du fait même de son énonciation. La réalité biologique n’a plus aucune pertinence, seul le ressenti importe.

Aujourd'hui, notre conception traditionnelle est devenue quasiment inaudible. Elle est apparemment décrédibilisée mais n'a pas dit son dernier mot, ne serait-ce qu'en terme démographique : nous sommes féconds, les deux autres sont stériles.

Ce à quoi nous assistons dans l'espace culturel, c'est à une attaque en règle par le mouvement postmoderniste de la conception féministe progressiste. Les féministes progressistes sont stigmatisées et désignées comme des TERF (Trans-exclusionary Radical Feminist) par les postmodernistes qui les traitent de fascistes et de réactionnaires.

Un bel exemple de justice immanente : les milléniaux postmodernes, enfants des baby boomers progressistes, appliquent à leurs parents le traitement que nous avons reçu d'eux. Les baby boomers ont ouvert la boîte de Pandore et un monstre en est sorti qui menace de les dévorer. Je m'amuse à voir de plus en plus de féministes progressistes anglo-saxons participer à des conférences organisées par des conservateurs pour dénoncer le féministe postmoderne.

Ma suggestion : laissons-les s'entretuer et fourbissons nos armes par la prière et la formation.
images/icones/neutre.gif  ( 906602 )Cher Candidus par Tibère (2020-12-08 19:34:23) 
[en réponse à 906586]

J'acquiesce à votre tri-partition mais je crois que l'un de vos arguments n'est pas si fondé que cela : l'argument démographique qui consiste à dire qu'à terme "nous allons gagner" en raison du rapport de force démographique (sous-entendu : nous faisons - dans notre camp pour simplifier - des enfants et le camp d'en face moins).

Cet argument - que j'entends souvent dans les milieux tradis - ne me paraît pas si solide que cela et est source de graves désillusions. En effet, il est servi depuis des décennies sans que le mouvement vers l'abîme n'ait été ralenti d'aucune façon.

Pire, lorsque l'on examine l'impact de l'idéologie "genriste" sur les jeunes générations, on ne peut que rester très prudent vis-à-vis de l'argument du dynamisme démographique.

Une enquête très récente de Marianne montre, à cet égard, que 22% des jeunes de 18 à 25 ans ne se reconnaissent pas dans le genre masculin ou le genre féminin.

Le paramètre démographique, sans être négligeable, n'est pas forcément décisif.

N'oubliez pas que ce ne sont pas - ou très rarement - les majorités qui font l'histoire (c'est-à-dire qui accompagnent les bouleversements historiques) mais bien plus souvent les minorités agissantes, conscientes d'elles-mêmes.

images/icones/neutre.gif  ( 906606 )Possible mais... par Candidus (2020-12-08 20:34:07) 
[en réponse à 906602]

Il est un domaine où la démographie, ou certains diront la "solution biologique", est clairement en train d'avoir un impact majeur : celui de l'Eglise catholique en Occident. La génération progressiste des années 60-70, les membres de la JOC, les lecteurs de Témoignage Chrétien, a eu peu d'enfants puisqu'elle contraceptait, et le peu qu'elle a eus ont cessé toute pratique religieuse.

Les catholiques conservateurs de cette époque sont les seuls a avoir su transmettre le flambeau de la foi à leurs enfants, même si, il ne faut pas se le cacher, il y a eu beaucoup d'exceptions à cette règle, et j'en sais quelque chose dans ma propre famille...

C'est ce phénomène qui nous donne aujourd'hui, malgré la chute des vocations, un jeune clergé "identitaire", qui n'a plus rien à voir avec celui des années 60 et 70 qui a laissé un champ de ruines derrière lui.
images/icones/neutre.gif  ( 906605 )Dans la perspective traditionnelle occidentale? par pacem tuam da nobis, Domine (2020-12-08 20:31:31) 
[en réponse à 906586]

Cher Candidus,
Dire que

[l']on est femme parce qu[e] on a hérité du chromosome XX et de tout ce que sa présence entraîne en terme de différenciations psychologiques


ne serait-ce pas là la conception rationaliste/scientiste du genre et non pas la conception traditionnelle?
Et cette conception rationaliste/scientiste du genre, en faisant dépendre d'un simple élément matériel “contingent” les traits psychologiques de l'homme ou de la femme fera très vite apparaître leur constitution psychologique comme accidentelle et adventice (=ne formant pas les profondeurs de l'être-femme ou de l'être-homme ni n'en provenant) et, si l'on fait un pas de plus, comme dès lors malléable. Ce faisant, n'ouvrait-elle pas à son insu la voie sur laquelle se sont précipitées les deux autres conceptions? En ce sens, je me risquerais à soutenir qu'elle en est l'origine et la source.
Pour définir la conception traditionnelle, la vraie, il faudrait revenir à une exégèse de fond, libérée de tout préjugé (et, surtout, de toute passion) de Genèse 1 et 2. Mais, évidemment, c'est une tout autre affaire.
Cordialement.
Pacem tuam da nobis, Domine
images/icones/neutre.gif  ( 906607 )Si je vous suis bien... par Candidus (2020-12-08 20:47:53) 
[en réponse à 906605]

... il y aurait une âme masculine et une âme féminine ? C'est intéressant comme idée.

Néanmoins, je ne suis pas sûr que l'on puisse qualifier de "contingente" la différence chromosomique entre l'homme et la femme. Nous ne croyons pas comme les gnostiques que l'homme est une âme et a un corps. Nous croyons que l'homme est à la fois homme et corps, d'où la nécessité de la résurrection des corps à la fin de l'histoire humaine.

Si nous sommes aussi notre corps, la différence chromosomique n'est pas anodine. Elle est essentielle parce qu'elle détermine notamment tout ce qui est lié aux hormones et qui joue un rôle considérable dans les différences psychologiques entre hommes et femmes.

Enlever la testostérone aux hommes, les œstrogènes et la progestérone aux femmes, je ne sais pas ce qui restera des différences entre hommes et femmes.
images/icones/neutre.gif  ( 906609 )"L'homme est à la fois âme et corps" par Candidus (2020-12-08 20:55:18) 
[en réponse à 906607]

Excusez mon erreur.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 906610 )Toutes ces déviations par Jean-Paul PARFU (2020-12-08 21:08:54) 
[en réponse à 906586]

Si vous le remarquez bien, ici l'idéologie du "Gender", le "Genre" au lieu de parler du sexe, etc..., trouvent leur origine dans le monde occidental et uniquement dans le monde occidental.

Pourquoi ? Essentiellement parce qu'elles sont des hérésies chrétiennes !

Comme son nom l'indique, cette idéologie est née dans les universités américaines, via le Protestantisme et l'idéologie de la "déconstruction" de Derrida et consorts dans les années 60, très à la mode Outre-Atlantique.

Ici aussi, nous avons à faire à un affaissement, à une horizontalisation, à une "naturalisation", à une laïcisation, de l'ordre surnaturel.

Dans l'ordre surnaturel, dans la grâce du Christ, dans le Corps mystique du Christ, il n'y a plus, nous dit St Paul : " ni juif ni Grec, ni homme ni femme, ni maître ni esclave !" (Galates 3-28).

Ce qui est vrai en vue du Ciel, parce que au Ciel, la nationalité, le fait d'être un homme ou une femme, le fait d'être de telle ou telle condition sociale, n'aura plus d'importance ou plus la même importance, n'est pas vrai évidemment ici-bas et dans l'ordre naturel où ces choses ont encore et légitimement de l'importance.

Or, on prétend appliquer ce qui sera une réalité dans l'autre monde, immédiatement dans ce monde, parce qu'on ne croit plus en l'autre monde. On conserve donc des catégories mentales et culturelles chrétiennes, mais en les appliquant là où elles n'ont pas à s'appliquer ou pas encore à s'appliquer. De fait, on nie le vrai surnaturel, auquel donc on ne croit plus et on détruit le naturel ! Ce sont ces vertus chrétiennes dont parlait Chesterton et qui sont devenues folles.

Il y a en outre confusion entre la condition humaine et la condition angélique. On pense alors à Pascal qui écrivait dans ses Pensées : "L'homme n'est ni ange ni bête et qui veut faire l'ange fait la bête !" C'est ce à quoi nous assistons aujourd'hui.