Le Forum Catholique
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( 905689 )
Après l'inerdicion de la messe, la profanation du dimanche ! par jl dAndré (2020-11-26 10:30:01)
En même temps qu'on nous annonçait la reprise du culte public (avec toutefois une restriction à 30 personnes), il nous était annoncé que tous les commerces seraient autorisés à ouvrir le dimanche, pour compenser la période de confinement où beaucoup étaient fermés.
C'est toujours le même commandement "tu sanctifiera le jour du Seigneur" qui est ainsi bafoué !
Le pire c'est que tout le monde prend cela pour une bonne nouvelle : les familles qui n'ont pu faire leurs achats de noël sont ravies de cette occasion supplémentaire de pouvoir le faire, les commerces que le confinement avait mené au bord de la faillite vont grâce à cela pouvoir se renflouer.
Et même les commerçants catholiques seront bien obligés d'ouvrir aussi le dimanche, faute de faire effectivement faillite, leurs clients se ruant vers leurs concurrents ouverts. Bon je suppose que nous sommes dans un cas de nécessité justifiant une dérogation au précepte interdisant le travail servile le dimanche, mais cela n'en souligne pas moins l'impiété de nos dirigeants.

( 905691 )
Ce titre !!! par Nemo (2020-11-26 11:08:42)
[en réponse à 905689]
Vous en faites des tonnes !
Moi je ne suis absolument pas choqué, au contraire je suis favorable.
L'Eglise n'a jamais interdit aux commerces alimentaires d'ouvrir le dimanche, ni aux médecins de travailler etc.
L'Eglise contrairement à la Synagogue est pragmatique.
A ce sujet je conseille l'évangile selon Saint-Luc 14, 1-6.
Je suis opposé par principe au travail le dimanche, dans mon métier j'ai toujours essayé de limiter les interventions informatiques qui devaient se faire le dimanche, mais j'ai été amené à de nombreuses reprises à les planifier. Je n'ai jamais culpabilisé, il y a des choses qu'on ne peut faire autrement sans dommages. Je pense qu'on a absolument intérêt à augmenter la plage pour que les gens fassent leurs courses de fin d'année sans que les gens s'entassent dans les magasins.
Profanation ! Et mettre ça au même niveau que l'interdiction d'assister à la messe !

( 905698 )
Absolument d'accord. par FilsDeMarie (2020-11-26 11:46:28)
[en réponse à 905691]
Rien d'autre a dire.

( 905702 )
L'exception confirme la règle ! par jl dAndré (2020-11-26 12:29:28)
[en réponse à 905691]
Mais lorsque l'exception est généralisée, c'est qu'il n'y a plus de règle ou plutôt que celle-ci a été allègrement piétinée.
J'ai moi-même travaillé le dimanche quand j'étais militaire et que ce m'était imposé par les nécessités du service (permanences, manœuvres, etc.), mais depuis que je suis à mon compte, je refuse les prestations qui me sont proposées le dimanche.
Quant au titre, il est parfaitement adapté : le commerce, à ce que je sache, est bien une activité profane !

( 905714 )
De toutes façons par Regnum Galliae (2020-11-26 15:09:30)
[en réponse à 905691]
cela fait déjà de nombreuses années que les commerces ouvrent le dimanche au mois de décembre il me semble

( 905781 )
Vous avez raison ! par jl dAndré (2020-11-27 08:57:26)
[en réponse à 905714]
Le gouvernement actuel n'est que le continuateur de ceux qui l'ont précédé et qui se réclament tous de la même idéologie de la Révolution et des droits de l'Homme opposés aux droits de Dieu.
Les plus importantes dérogations au repos dominicales ont été institués par Sarkozy.
Il reste que si beaucoup de commerces étaient autorisés à ouvrir le dimanche en décembre, ce n'étaient pas tous ! et la règle du repos dominical, quoique largement battue en brèche, était officiellement maintenue.

( 905716 )
Distinguer : souplesse dans l'application, mais fermeté sur les principes par Sacerdos simplex (2020-11-26 15:32:01)
[en réponse à 905691]
C'est très bien d'être un peu souple dans l'application, pour des cas un peu exceptionnels,
mais il faut être ferme sur les principes : on ne travaille pas le dimanche sans raison sérieuse.
Ici, éviter la faillite de ces commerces (qui n'étaient pas ouverts le dimanche, même en décembre : petits magasins d'habillement, coiffeurs, etc...) semble une raison sérieuse.
Les médecins travaillent le dimanche ? Dans les hôpitaux oui, parce qu'il faut bien s'occuper des malades, ou bien s'ils tombent sur un accidenté. Mais le cabinet médical est fermé.
Regardez le comportement des saints. Le Curé d'Ars par exemple ne voulait pas dire explicitement oui aux paysans qui lui demandaient une dérogation pour sauver la récolte avant un orage, il faisait juste comprendre qu'il laissait faire pour une fois.
D'autres saints vont dans le même sens.
Le démon cherche à banaliser le dimanche.

( 905732 )
la volonté de banaliser le dimanche est ancienne par Luc Perrin (2020-11-26 18:21:03)
[en réponse à 905716]
dès la Convention avec le calendrier républicain qui rabaisse le dimanche au septidi.
Je comprends "profanation" ici comme rendre profane.
Le Directoire (1795-1799) s'attache à imposer le décadi au moins pour les autorités locales et les fonctionnaires avec un culte civique décadaire. La volonté de déchristianiser est attestée.
Au long du XIXe, les libre-penseurs et athées libéraux militent pour la banalisation du dimanche.
Mais pas du côté socialiste puisqu'on soutient le dimanche comme jour de repos des travailleurs.
Au plan commercial, hors coronafolie furieuse, il est à peu près établi que les achats se déplacent mais n'augmentent pas considérablement. Le gain escompté de l'ouverture est donc minime.
Pour ce qui est de la valeur du dimanche, on peut relire ou lire Dies Domini, l'encyclique que Jean Paul II lui a consacrée en 1998.
"(...). Malheureusement, lorsque le dimanche perd son sens originel et se réduit à n'être que la « fin de la semaine », il peut arriver que l'homme, même en habits de fête, devienne incapable de faire une fête, parce qu'il reste enfermé dans un horizon si réduit qu'il ne peut plus voir le ciel.(7)
Aux disciples du Christ, en tout cas, il est demandé de ne pas confondre la célébration du dimanche, qui doit être une vraie sanctification du jour du Seigneur, avec la « fin de semaine », comprise essentiellement comme un temps de simple repos ou d'évasion. A ce sujet, il est urgent de parvenir à une maturité spirituelle authentique, qui aide les chrétiens à « être eux-mêmes », en pleine harmonie avec le don de la foi, toujours prêts à rendre compte de l'espérance qui est en eux (cf. 1 P 3,15). Cela ne peut que favoriser aussi une compréhension plus profonde du dimanche, pour qu'il soit vécu, même dans des situations difficiles, avec une docilité totale à l'Esprit Saint." (Dies Domini n° 4).

( 905733 )
septidi ? par Glycéra (2020-11-26 18:24:18)
[en réponse à 905732]
Donc, le lundi était le premier jour pour les Révolutionnaires.
Etait-ce nouveau ?
Etait-ce annoncé, pesé, voulu, pour renverser le fait que le Seigneur est premier, dans les jours de la semaine comme ailleurs ?
Je n'avais pas remarqué, avant que vous ne l'écriviez ici ...
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 905735 )
oui primidi etc. principe décimal par Luc Perrin (2020-11-26 18:35:55)
[en réponse à 905733]
La justification était à France nouvelle, mesures nouvelles, calendrier nouveau.
La volonté de déchristianisation est nette sous le Directoire du fait du culte civique alternatif imposé. A cela s'ajoute le monopole des cloches donné aux autorités : municipalités et conseils généraux en avaient l'usage exclusif.
Alain Corbin a bien décrit cela dans un superbe ouvrage : Les cloches de la terre.
Ce point s'efface sous le Consulat et jusqu'au retour officiel au calendrier grégorien en 1806 (An XIV), au début du Premier empire.
"Salut et Fraternité" .... si j'ose dire à la façon officielle de la salutation républicaine du temps.

( 905737 )
J'insiste ... primidi aurait du être le dimanche... par Glycéra (2020-11-26 19:14:26)
[en réponse à 905735]
Pourquoi primidi serait le lundi ? Et l'était-il en chassant le dimanche ?
( autre question : Pourquoi le dimanche est-il parti au bout de la semaine ? A moins qu'il n'y ait pas de correspondance et que septidi ne soit pas le nom des dimanches ...)
Des délibérations, ou des déclarations ont-elles été conservées qui actent ces débats ou ces raison de choix ?
On m'avait dit influence protestante : avec leur théorie du mérite à gagner, donc il fallait d'abord travailler.
Dieu lui commence par prendre des forces : le soir avant le matin.
Et le septième (sebba, ou sabbat) étant alors leur fin de semaine, donc le dimanche premier (et/ou huitième jour).
Autre hypothése : le septidi, le primidi, et les autres machindi étaient calés en succession depuis le Jour 1 de l'An I (22 septembre 1792). Qui d'ailleurs semble avoir été un samedi. Et calés sans aucin rapport avec les jours bibliques.
Je savais le passage à ce cycle contre-traditionnel* sur 10 jours, mais n'avait pas observé les détails de correspondances.
Les catholiques continuaient-ils à rythmer les messe sur 7 jours, quand ils le pouvaient sans se faire tuer ? Je vais regarder ce que contient le livre de Corbin de ces détails.
C'était une autre période stupide...
Nous ne sommes pas les seuls.
Avec mes vespérales salutations
Glycéra
* Les Chinois ne sont-ils pas calés en cycles de 1/3 de mois lunaires, soit des périodes de 9 ou de 10 jours selon les moments ?

( 905756 )
selon la Bible vous avez raison mais par Luc Perrin (2020-11-26 22:08:45)
[en réponse à 905737]
comme vous le savez fort bien, cela fait longtemps que dans le christianisme le sabbat a été déplacé au dimanche.
En 1792, on ne débat plus de cela et l'idée d'un retour au calendrier biblique n'a, je pense sous réserve de bien plus savant que moi, effleuré le cerveau d'aucun Conventionnel à cette date.
Peut-être quelqu'un sait-il si l'idée de rétablir le sabbat à sa juste place et de mettre le dimanche non plus septième et sabbat de substitution mais premier jour a été doctement discuté par les massacreurs de Septembre ? J'en doute beaucoup.
On a simplement passé la semaine à 10 jours en régime décimal et le mois à 30 jours. Comme cela ne colle évidemment pas, on a mis des jours complémentaires pour arriver aux 365 jours requis.
La plupart des Eglises protestantes sont restées au calendrier chrétien sans revenir au sabbat israélite du vendredi soir au samedi soir.
Quelques groupes religieux, en référence à la Bible, ont ramené le dimanche à sa place de premier jour ordinaire mais ils sont rares.
Les Adventistes du Septième Jour, comme leur nom l'indique, attendent le septième jour comme la Parousie et ont leur culte le samedi de ce fait. Mais ils n'existaient pas en 1792.

( 905779 )
Une semaine par Rothomagus (2020-11-27 00:13:44)
[en réponse à 905733]
fait un quart de cycle lunaire.
Le premier jour étant alors le jour du soleil, dit-on, suivi de celui de la lune, lundi. Notre dimanche, jour du Seigneur, est resté en Anglais jour du soleil, sunday.
Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à trouver le texte de Furetière sur le sujet, mais j'en vois un extrait chez Chéruel (XIX ème s.) qui en rapporte qu'autrefois :
Chaque dimanche avait son nom propre qui était pris de l'introït du jour ; il n'y en a plus maintenant qu'un petit nombre pour lesquels cet usage se soit conservé ; tels sont les dimanches de Reminiscere, Oculi, Laetare, Judica, Quasimodo.
Il oublie le dimanche de Gaudete, mais je dois dire n'avoir jamais entendu parler du dimanche de Reminiscere ou celui d'Oculi !
Chéruel explique aussi, de sa propre plume, que :
Une loi de Constantin, en date du 6 mars 321, ordonna qu'on célébrerait à l'avenir le jour du soleil, c'est-à-dire le dimanche, dans tout l'empire romain et que les juges et le peuple des villes en observeraient le repos. Toutefois cette loi permettait le travail de la campagne.
Cela colle bien avec les lois romaines et la distinction fréquente entre héritages rustiques (ruraux) et urbains.
On trouve ensuite de nombreux conciles abordant la question, et pour le bras séculier quelques ordonnances de nos vieux rois, ce à toute époque, mais avec une rigidité (extrême sous Dagobert) assortie généralement d'exceptions particulières, notamment à compter du XIII ème s.

( 905784 )
Merci (à tous) de vos renseignements par Glycéra (2020-11-27 10:21:28)
[en réponse à 905779]
En effet, c'est riche sujet de médiation que de penser "le temps, qu'est-ce ?" Se mesure-t-il ? Est-il donné ? Peut-on le tuer ? Comment savoir s'il est constant au fur et à mesure de son déroulement ?
Dieu sait...
Et ce sera passionnant de regarder comment Dieu nous l'a organisé, rythmé, mis en musique !
Merci à vous
qui prendra d'autres réflexions s'il en est ...

( 905762 )
Coronafolie furieuse par Nemo (2020-11-26 22:28:09)
[en réponse à 905732]
Si ça peut vous faire plaisir, j’assume la coronafolie furieuse que vous m’attribuez sans aucun doute. Vous êtes bien l’inventeur des lunettes roses ????

( 905856 )
Oui, éviter la faillite de ces commerces est une raison sérieuse ! par jl dAndré (2020-11-27 21:03:23)
[en réponse à 905716]
Et je me garderais bien de critiquer ceux qui se voient ainsi contraints d’ouvrir le dimanche.
Mais pourquoi ceux qui n'ouvrent pas le dimanche risquent la faillite sinon justement parce que l'ouverture générale autorisée de leurs concurrents leur enlèverait une bonne part de leur clientèle !