Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 904538 )"Héraldique et papauté" : sortie d'un ouvrage par JVJ (2020-11-11 10:44:21) 

Actes d'un colloque tenu à l'Ecole française de Rome.

Ayant lu ici plusieurs spécialistes du Grand schisme, de la tiare et autres auteurs de wikipedia...
J'espère bénéficier de leurs corrections et de leurs encouragements.

Les autres feront leur miel de l'emblématique ecclésiastique, qui reprend un peu de vigueur chez les nouveaux évêques et abbés français (à ceci près qu'il leur faudrait parfois blasonner de manière correcte, sans inventer de meubles ou des partitions sans queue ni tête). Les armes doivent viser la simplicité et une lecture élégante, pas des poignées de main et autres gerbes de blé. Bientôt des bateaux de "migrants" et les couleurs de l'arc-en-ciel... Je peste aussi contre les évêques qui ont évincé le chapeau et les houppes de leur écu.

Désolé de dire qu'il faut acheter cet ouvrage pour s'instruire ou l'offrir à vos amis prêtres.
Messieurs les ecclésiastiques qui me liraient se manifestent sur ma messagerie, et ils recevront l'ouvrage de grand coeur.

Sur la quatrième de couverture :

"L'héraldique, système de signes d’origine laïque, s’imposa tard dans l’Église mais la papauté l’exploita ensuite largement, en particulier à partir de Boniface VIII (1294-1303). Le présent volume étudie sa diffusion au Moyen Âge à Avignon ou à Rhodes, ainsi que dans les concessions autorisées par les pontifes, notamment celle du « chef d’Église », la tiare et les clefs. L’étude se poursuit à la Renaissance où les Archives secrètes du Vatican révèlent de nouveaux documents, parfois joliment illustrés, sur les concessions de Sixte IV (1471-1484) à Sixte-Quint (1585-1590). L’histoire du livre offre l’exemple du blason utilisé à des fins de célébration sous la forme des devises dans l’ornement des manuscrits des cardinaux et des papes Médicis ou Lorraine, il alimenta aussi la satire dans les pamphlets luthériens à gravures qui ne reculent devant aucune scatologie. L’imaginaire héraldique se prête aux traitements allégoriques: le cardinal Fausto Poli sut tirer profit sur ce point des abeilles qu’il avait reçues en concession d’Urbain VIII (1623-1644). Enfin, les armoiries constituent l’indispensable ingrédient de la fête pontificale, depuis les architectures éphémères de la procession inaugurale, le possesso, jusqu’à celles des funérailles dont le faste n’allait pas sans blason. L’image héraldique reste la concurrente ou l’auxiliaire de l’image sainte dans l’Église romaine."

J'espère que le tradi le plus raide n'ira pas dire, comme au XIIIe s. certains évêques et penseurs, que le clergé n'a aucun droit d'utiliser cette emblématique, car elle se blasonne en langue vernaculaire et provient des chants de bataille. Tous les évêques en 1400 n'usaient pas d'armoiries et encore moins les abbés et les cardinaux. Bref, quelque chose qui paraît traditionnel, ne l'a pas toujours été, loin de là. Lustiger n'avait pas d'armes. C'était une époque. Une tradition, donc, inventée au cours du XIIIe siècle et qui s'est diffusée de manière très aléatoire. Aucune discipline propre à l'Eglise par ailleurs, aucun héraut d'armes ecclésiastique. Le clergé dépendait des laïcs en ce domaine.
Si vous voulez vous tordre en deux, allez sur certaines listes épiscopales de wiki ou sur les notices de certains papes ou évêques : vous verrez des armoiries pour des individus qui n'en ont jamais eu, a fortiori quand cela concerne les XIe-XIIe s. Mais comme wiki réserve une case pour les écus, il faut ben la remplir... Méthodologie au doigt mouillé. Ils n'ont rien lu depuis le XIXe siècle (siècle qui m'est cher).

Les rigolos du savoir anonyme participatif illustrent donc leur chose d'un écu aux armes de Champagne pour Guillaume de Champagne, timbré d'un chapeau de cardinal, naturellement avec cinq rangs de houppe. Or Guillaume, mort en 1202, n'a jamais usé d'armes et personne d'autres dans son milieu épiscopal à cette époque ! A. Baudin a publié ses sceaux récemment par ailleurs. L'héraldique était vue dans le clergé comme une pratique totalement laïque et d'un milieu violent, sans aucune dignité, en Français qui plus est ! Et le chapeau de cardinal apparaît en 1245. Les rangs de houppe ne correspondent à rien, sinon à des mises en ordre du XIXe s. Il y a donc des historiens ou des héraldistes du net qui doivent être aussi pointus en liturgie.
Je prépare un article sur ce genre de cas, tant c'est affligeant. Le pire est que cela conduit le lecteur honnête ou peu familier de ces choses (comme l'auteur anonyme) dans l'erreur.
La notice raconte que le chapitre de Reims "choisit" l'archevêque de Sens pour siéger à Reims. N'importe quoi. Il postule l'archevêque auprès du pape, qui seul peut transférer un évêque d'un siège à l'autre. Une fois créé cardinal, Guillaume devient administrateur apostolique de Reims (il reste archevêque). C'est l'un des premiers cas de cardinal autorisé à rester en place, et non obligé à renoncer à son siège épiscopal. Il est question aussi de son "élection" à Chartres. Aucune élection. Les auteurs n'ont pas compris que Guillaume, trop jeune, était electus, c'est-à-dire, élu, le terme canonique (le droit canon est alors balbutiant) pour dire qu'il n'est pas encore consacré.
Et on peut être évêque légitime durant des années sans être consacré. Donc un évêque consacré n'en est pas moins évêque, ce qui en dit long sur ce qu'était un évêque, au fond...

wiki

Je vous laisse deviner où sont nées les premières armes ecclésiastiques de la chrétienté ? Pour autant qu'on sache.
Si, si. Apud Lingonis circa 1209.

J'aimerais un jour que sorte un ouvrage sur l'emblématique ecclésiale contemporaine et faire parler ceux qui ont mis au point par exemple les armes de l'ICRSP et de la FSSP. La FSSPX n'est pas allée sur le terrain de l'écu je crois. Il n'est jamais trop tard. Il serait intéressant que ces personnes racontent leur réflexion, si cela fut mis au point très vite et sur quels conseils. Les scouts d'Europe ont aussi des écus parfois amusants, qui fusionnent plusieurs écus de duché. Avant que leurs auteurs ne meurent, il faudrait témoigner de cela. Le blasonnement de la FSSP est très beau, avec ses larmes pétriniennes.

sommaire PU de Rouen et du Havre
images/icones/colombe2.png  ( 904539 )autres héralistes compétents par Cléopas (2020-11-11 11:02:29) 
[en réponse à 904538]

Je me rappelle avoir collaboré un peu avec l'actuel archiviste de Côte d'Or, lorsqu'il était commissaire d'une exposition héraldique au Louvre des antiquaires (et encore à l'école des Chartes).

Sa thèse avec Pastoureau "L'Eglise médiévale et les armoiries" est aussi intéressante, ainsi que sa réédition des "Coutumes et droit héraldique de l'Eglise"

images/icones/fleur.gif  ( 904540 )Bravo pour vos lectures par JVJ (2020-11-11 11:24:12) 
[en réponse à 904539]

Et évidemment, nous avons tous Heim sur nos rayons et la préface revigorante et espiègle d'Edouard Bouyé !

Mais le Heim a mal vieilli et n'est plus du tout du moindre intérêt en héraldique, sinon pour son historiographie.

Heureux temps où un cardinal Martin ou un... nonce comme Heim pratiquaient l'héraldique ecclésiastique !

La thèse de l'Ecole des Chartes de Bouyé est naturellement inédite, on ne peut en prendre connaissance que par les Positions des thèses, et quelques articles publiés à la suite, notamment sur l'héraldique épiscopale normande.

Lire tout ce qui traîne de Bouyé en bibliothèque, imprimer ce qu'il y a en ligne, commander son livre tout aussi drôle et instructif sur son métier d'archiviste (Un ver luisant) pour neuf euros de mémoire.

Bouyé

Quand on dirige le patrimoine et/ou les archives d'un département, on ne peut pas produire autant qu'on voudrait, hélas... Il faut diriger des équipes, parfois composées des bras cassés envoyés par les départements (pas toujours, j'en conviens, mais tout de même), répondre aux élus, superviser les tris des archives des hôpitaux, du préfet, ...

Les spécialistes français d'héraldique ecclésiastique tiennent sur les doigts de deux mains, disons, pour être optimiste. Et cela va sans dire qu'ils se connaissent tous. E. Bouyé est un précurseur et solidissime.

Le petit catalogue du Louvre était très bien.

Dire qu'ici des triples zéros avaient insulté M. Pastoureau, sans comprendre son sixième degré, journaleux de La Croix compris. S'ils connaissent et lisaient ce saint homme...

Je vous recommande sa conférence sur l'histoire du rouge à Genève, introduire par une charmante collègue médiéviste qui plus est (et qui dit en des termes très élégants combien elle admire ce Maître).

Pastoureau a écrit aussi quelques travaux sur l'Eglise et les couleurs (BEC, en ligne pour ceux qui n'auraient pas la collection depuis l'après-guerre ou une bibliothèque à portée de main), sur la couleur et mon cher st Bernard.

Rouge
images/icones/1b.gif  ( 904548 )ver luisant par Cléopas (2020-11-11 13:53:51) 
[en réponse à 904540]

J'ai connu personnellement Edouard Bouyé du temps où il étudiait à Rome les armoiries des cardinaux. Il reste une pointure dans son domaine, mais très accessible, plein d'humour, et qui sait ne pas se prendre trop au sérieux.
images/icones/neutre.gif  ( 904549 )Quelques remarques par Vox clamantis (2020-11-11 14:10:46) 
[en réponse à 904540]

Mon curé dessert plusieurs dizaines de milliers d'ouailles. Je pense qu'il a d'autres soucis, plus urgents, que l'héraldique pontificale, sujet tout à fait passionnant au demeurant, mais pas forcément nécessaire pour la prédication, le catéchisme et la célébration des sacrements.

Même moi qui suis (presque) historienne et médiéviste, qui lis avec plaisir (mais retard) la RHEF, le Bulletin monumental et d'autres revues, l'héraldique pontificale est trop éloignée de mes préoccupations pour que je voie cet ouvrage autrement que comme un outil de travail à utiliser à l'occasion, en recourant à une bibliothèque. Je suis ravie de savoir que ça existe, et que je pourrai y recourir au besoin, mais je n'aurais simplement pas le temps de le lire de bout en bout - j'ai deux BM de retard, je n'ai pas ouvert le dernier volume de la RHEF ni le dernier Art de l'enluminure, et c'est sans parler de ma pile de livres à lire... où il y a des choses bien plus prioritaires.

Bref, concevez que des sujets qui vous semblent prioritaires

Quant à Michel Pastoureau, je ne le connais pas assez pour le qualifier de "saint homme", mais je l'ai eu en cours et rencontré à plusieurs reprises et c'est un chercheur et un enseignant que j'admire. Cependant, autant j'avais été heurtée par la violence des réactions auxquelles ce grand savant a eu à faire face, autant je pense que sa tribune se "prenait les pieds dans le tapis", comme il l'a lui-même reconnu d'ailleurs, et que le ton n'en était pas adapté. Même les plus grands se trompent parfois.

Néanmoins je comprends, surtout si vous le connaissez bien, que vous ayez été peiné par le déchaînement auquel il a fait face, et par les imbécillités insultantes qui ont été écrites ici à son propos.
images/icones/fleur.gif  ( 904555 )Merci beaucoup ! par JVJ (2020-11-11 16:11:10) 
[en réponse à 904549]

Je pensais que vous étiez un homme !
Mea culpa.

Je vois que vous avez les bonnes revues.

Ce n'est pas bien de ne pas avoir encore lu l'article de G. Cuchet, passionnant et bien trop court !

Je vais devoir lire la liste des membres féminins de la RHEF qui ne sont pas très nombreuses, et comme j'en connais déjà quelques-unes...

Vous avez pu croiser mon patronyme dans les deux revues que vous citez.

Je provoque au sujet de l'héraldique et je ne vise pas les curés ! Mais les évêques qui n'ont que cela à penser entre leur entretien chez le nonce et leur installation, outre le lieu de leur retraite et l'impression de leur livret de messe...
J'ai eu la chance de recevoir sous embargo les armes de deux évêques avant leur installation. 1. j'étais flatté 2. je me disais que leur épiscopat commençait de belle façon et affichait la couleur 3. j'étais vexé qu'ils ne m'aient pas consulté ! Car ce doit être une expérience peu commune. Avis au clergé qui me lit quand il sortira de la nonciature...
J'inclus dans l'emblématique tout ce qui peut figurer l'Eglise, comme les logos de diocèse ou d'écoles catholiques. Il faut souvent chercher la croix. La tendance est aux oiseaux arc-en-ciel et aux mains multicolores. Les LGBT pourraient s'y retrouver. C'est affligeant et cela témoigne des références indigentes de ceux qui les composent et qui les acceptent.

Si je parle de tel ou tel, surtout dans ces domaines, c'est parce que je les ai beaucoup lus avant de pouvoir échanger avec eux et de toujours les respecter infiniment. Mes relations amicales, ici, ne doivent pas s'étaler au-delà des morts.

Votre curé, des dizaines de milliers d'ouailles ? Vous voulez dire, ouailles potentielles ! Non ?

Dans mon manque de charité, mais dans mon souci aussi de faire taire deux ou trois individus, je ne manque pas une occasion de faire remarquer qu'on ne peut pas se dire "spécialiste" d'héraldique pontificale et n'avoir de ce domaine qu'une connaissance wikipediesque ou digitalo-mouillée... Et puis un spécialiste qui ne publie pas et n'est pas reconnu par ses pairs ou ses "maîtres", c'est de la rigolade. Pour se faire opérer des dents ou du colon, il vaut mieux un... spécialiste qui s'y connaisse autrement que par écran interposé. Et ce domaine permet aussi d'en remettre une couche au sujet des fameuses Traditions, qui ne sont pas plus anciennes que cela : tout dépend où on met le curseur... On ne peut parler de l'héraldique-de-toujours ! Tout en sachant cela, vous ne verrez pas prendre un bidon de peinture pour cacher les armes des évêques d'aujourd'hui. Ceux qui ne veulent pas en prendre parce qu'ils sont incultes ou parce qu'ils pensent que cela fait petit bourgeois, sont exaspérants. J'ai à votre disposition le texte d'un professeur des Universités (de mes amis...) qui félicita un évêque lors de sa remise de la Légion d'honneur (ça, oui, c'est petit !). Et de féliciter l'évêque de ne plus habiter dans un hôtel, de ne plus dire la messe en latin... et de ne pas avoir d'armoiries ! Ce texte date d'il y a moins de dix ans. Ainsi, l'évêque félicité par le pouvoir socialiste (et reconnu pour sa docilité ou sa transparence ?) et qui allait mettre un fil rouge sur sa veste du dimanche, se voyait féliciter de n'avoir pas d'armes ! Comme l'auteur du texte est un ami, croyez bien que je lui ai dit ce que j'en pensais. Et cet ami d'avaler son chapeau quand le successeur dudit évêque adopta des armes ! Les vieux anté-conciliaires ont encore tous ses vieux réflexes, tandis que les prêtres qui ont moins de 60 ans, pour certain, n'ont strictement rien à faire des préventions d'antan. On peut porter la soutane à 40 ans sans se faire taxer de Lefebvriste ou de néonazi. J'avoue que certains prêtres ont du courage dans certains diocèses et dans la rue...

Je maintiens pour M. Pastoureau.
Dès la lecture de l'article, j'ai souri, car les inter-titres et l'annonce de La Croix prouvaient qu'ils n'avaient rien compris. La muleta là et ensuite ici !
J'ai fait suivre l'article aussitôt à deux amis communs, l'un des plus grands héraldistes de France et au président des amis de la cathédrale, qui ont éclaté de rire, comme moi.
Je peux dire à présent, car il y a prescription, que MP n'a pas voulu faire un correctif dans lequel il disait que le journal avait voulu se servir de son nom pour faire dire autre chose que le fond de sa pensée. MP n'avait pas relu par ailleurs l'entretien. Un journaliste vous appelle, pose des questions et envoie la sauce.
C'est aussi un administrateur des amis de Notre-Dame de Paris qui vous le dit.

Certains ne savent pas s'amuser. Des gens très conservateurs peuvent aussi être de vrais anarchistes de droite, tout en étant bien élevés et sans jamais entrer dans la violence et la saleté des anars de gauche. Un anar de droite peut être tradi, royaliste et misanthrope. L'anar de gauche est sale, violent et grégaire.
MP a voulu se payer La Croix comme les Normaliens faisaient des canulars, si je n'avais pas été assez clair et ses dispensateurs d'eau tiède. Je m'étais bien gardé de diffuser ici l'article le jour où je l'ai lu, car je savais que ce serait l'hécatombe des vierges effarouchées.
Je n'ai pas non plus relayé l'article entier de G. Cuchet du Figaro (remarquable et courageux, tombé à l'eau dans le silence, comme toujours) et son article de la RHEF. Il faut que les gens s'abonnent ou lisent la revue en bibliothèque.

L'art de l'enluminure en met souvent plein les yeux, mais je reste souvent sur ma faim. Il gagnerait à associer des historiens aux historiens de l'art. C'est souvent descriptif, pas assez mis en perspective ou didactique. Cela dit, je m'y rince l'oeil régulièrement tous les trois mois.

Je recommande à tous l'émission sur France Culture d'il y a trois semaines le samedi matin de JN Jeanneney avec le médiéviste protestant (!!!) Laurent Theis. Il s'agissait d'un siècle de canulars. C'est irrésistible.

Bien vôtre,


images/icones/neutre.gif  ( 904566 )Un très grand principe par Montes Gelboe (2020-11-11 18:20:39) 
[en réponse à 904555]

de l'héraldique, ou l'un des premiers, est en peu de mots une recommandation fort utile à beaucoup :

"Qui plus porte, moins est"...
images/icones/1a.gif  ( 904568 )Jamais entendu parlé de cela par JVJ (2020-11-11 18:31:48) 
[en réponse à 904566]

Je veux bien y réfléchir, mais cela ne sonne pas du tout médiéval et pas du tout des XIIe-XIIIe s., qui sont les premiers temps de l'héraldique que vous invoquez.
Je suis formel à 99 %. Je ne suis pas un ordinateur, mais bon...

Cela sent sa période moderne, et l'héraldique d'Ancien Régime est un autre monde...
Il n'y a pas de tels aphorismes avant la Renaissance dans ce domaine, aussi bien en sigillographie.

Je viens de trouver une occurrence qui renvoie aux armes pleines (qui porte le moins), par opposition aux brisures qui chargent celles-ci, trahissant par là qu'elles appartiennent à un cadet ou à une branche cadette.

Qui plus porte = qui porte des meubles ou des brisures en plus de l'écu "originel"
Moins est = est inférieur à celui qui porte l'écu de l'arrière-plan, sans les adjonctions des autres plans.

L'évêque de Langres ou l'archevêque de Reims portent un semé de lis (le roi de France) brisé, au second plan si l'on veut, d'une croix.
Les deux pairs de France portent plus que le roi, lui sont donc inférieurs en dignité.

A relire votre message, je n'exclus pas un message sibyllin et ironique...
images/icones/1b.gif  ( 904576 )Le principe est pourtant simple par Ptitlu (2020-11-11 21:43:55) 
[en réponse à 904568]

Plus les armes sont chargées et colorées, plus celui qui les porte "etale" le peu de noblesse qu'il a.

Ça ne marche pas qu'avec l'héraldique, comme on peut constater régulièrementsur ce forum...

A part ça j'ai lu vos grands pavés pour constater que les premieres armes ecclésiastiques ont été inventées à Langres en 1209.

Avant cela les Lingons ont creusé la mer Noire (les déblais ont été balancés entre Batumi et Bakou, formant le Caucase), conseillé Periclès, Alexandre le Grand et César,baptisé Clovis, forgé l'épée du Roi Arthur, construit les plus monumentales cathedrales, fondé de grands ordres monastiques et donné une quarantaine de papes à la chrétienté.

On se demande comment de si glorieux soldats, ecclésiastiques et diplomates avaient encore le temps de dessiner des écus ?
images/icones/idee.gif  ( 904605 )Précisions par Goupillon (2020-11-12 09:36:54) 
[en réponse à 904576]

La science héraldique a fait litière il y a longtemps de la théorie de la simplicité comme preuve d'ancienneté d'un lignage. On trouve des armes récentes peu chargées. Cependant pour le vulgum pecus la surcharge est censée faire illusion.

Il est vrai que les premières armoiries comportaient peu de pièces et de meubles. Pour éviter la multiplication d'armoiries similaires entre personnes ou familles pourtant bien différentes (l'armoirie étant un moyen d'identification, elle perd son sens si elle ne permet plus de distinguer), et les procès héraldiques subséquents (il y en eut pour cette cause en Angleterre ou en France qui sont documentés), le blasonnement s'est progressivement enrichi.

Ce n'est pas la composition de l'armoirie, simple ou complexe, qui permet de déterminer la place hiérarchique de son propriétaire, ce sont plutôt les éléments parahéraldiques tels que couronne, casque, mitre, chapeau (encore qu'aucune règle stricte n'a jamais prévalu, du moins en France, s'agissant des couronnes). La composition ne dit pas le rang mais l'identité de la personne, comme un nom patronymique.

Comme on sait, l'héraldique n'est et n'a jamais été une preuve de noblesse, n'est et n'a jamais été l'apanage de la noblesse (sauf pour l'héraldique napoléonienne, à laquelle on peut faire beaucoup de reproches). Michel Pastoureau, cité dans le fil, a démontré qu'au XIIIe siècle, de nombreux paysans normands (région qu'il a étudiée précisément de ce point de vue) portaient des armes et certains utilisaient même des sceaux ! Dans ce dernier cas, on ne peut pas évidemment généraliser, mais cela indique toutefois qu'il est spécieux de réduire les armoiries à la noblesse. Au XVe siècle existent des armoriaux de bourgeois, d'artisans, etc.

Remarquons que l'armorial de 1696 répartit les personnes par provinces et non par rangs. C'est à cette époque que les sujets de quelque importance furent obligés de prendre armes sous peine d'amende.

On se demande comment de si glorieux soldats, ecclésiastiques et diplomates avaient encore le temps de dessiner des écus ?


Les armoristes étaient au service de ces grands personnages, comme des personnes plus modestes...

images/icones/1v.gif  ( 904608 )Mais pas que par Adso (2020-11-12 10:37:34) 
[en réponse à 904605]

"(encore qu'aucune règle stricte n'a jamais prévalu, du moins en France, s'agissant des couronnes)"

En catalogne française (et bien longtemps après qu'elle soit devenue française, par exemple, pour certaines familles, armes pleines sans brisures pour tous les enfants (ce qui complique les choses), transmission égale, par les hommes ou les femmes.(Et cela ne genait pas l'administration royale, visiblement)

Ne parlons même pas des recueils "italiens" (au sens géographique) dans lesquels on voit allegrement, métal sur métal ou émail sur émail.

Adso, concerné par l'héraldiqe catalane :)