Le Forum Catholique
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( 904061 )
Choix étonnant de Mgr Cattenoz d'1 mot pour désigner Mahomet 3 X en quelques lignes par Aétilius (2020-11-05 12:03:16)
Comme beaucoup je pense, vous avez lu le message de Mgr Cattenoz, dans lequel il dit son malaise face au pseudo droit au blasphème.
Texte plutôt bien dans l'ensemble, si ce n'est qu'il y utilise trois fois le terme "prophète" pour désigner Mahomet (à la rigueur, la 1ère fois, cela peut se justifier, se plaçant dans une logique musulmane), ce qui est bien étonnant de la part d'un évêque catholique.
Cela donne en effet l'impression qu'il le considère comme un vrai prophète, ce qui logiquement n'est pas le cas, connaissant un peu Mgr Cattenoz.
Un musulman de son côté qui commencerait à parler de Jésus en disant "le fils de Dieu" serait vite rappelé à l'ordre par ses coreligionnaires, ou alors serait en voie de christianisation.
Bref, les mots que l'on emploie ne sont pas anodins, et il faut vraiment faire attention à ne pas employer le langage de l'adversaire, signe qu'intellectuellement, on est sous sa domination...
C'est moi qui ai mis en gras ci-dessous et en majuscules les 3 occurences de "prophète".
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Réflexion de Mgr Cattenoz, archevêque d’Avignon
"Une question me travaille depuis des semaines : le blasphème est-il vraiment un droit en démocratie ? Les caricatures blasphématoires sont-elles un droit en démocratie ? Malgré les affirmations du président de la République, je réponds non à cette question et je voudrais argumenter ma réponse.
En terre d’Islam radical, le blasphème contre le PROPHETE ou le Coran est passible de la peine de mort et dans certains cas par décapitation. Dans l’Église catholique, quand un tabernacle ou un ciboire contenant la présence réelle du Seigneur est profané, les chrétiens célèbrent des messes de réparations et de demande de pardon pour de tels actes de profanation.
Après les attentats de “Charlie Hebdo”, tout le monde était “Charlie” ! Personnellement, j’ai toujours affirmé : “Je ne suis pas Charlie”, tout en condamnant avec force les auteurs de cet attentat barbare et odieux. Il était fondamental de condamner l’attentat, mais il était tout aussi fondamental de me dissocier d’un journal qui fait sa une de caricatures aussi blasphématoires les unes que les autres.
Lorsque “Charlie” a pu reparaître des mois plus tard, la une était toujours scandaleuse et m’a profondément blessé. Elle représentait le pape Benoît XVI sodomisé par le PROPHETE ! Et la presse s’est réjouie de voir ce “journal” renaître de ses cendres. Quelques temps après, j’ai eu l’occasion, lors d’un repas à la préfecture d’Avignon avec le ministre de l’Intérieur de l’époque, et les représentants des cultes de poser au ministre la question suivante : le blasphème semble faire partie des gènes de “Charlie Hebdo”, mais ne pensez-vous pas que la liberté de publier blasphème et caricatures s’arrête là où je blesse gravement mes frères ? Et je lui ai dit combien j’avais été profondément bouleversé de voir ainsi bafouer le pape Benoît et même de voir bafouer le PROPHETE à travers cette caricature. Il m’avait répondu à l’époque qu’au gouvernement, il y avait eu un débat, car un certain nombre de ministres condamnaient une telle caricature au nom même d’une limite à la liberté dans un monde où nous sommes invités à vivre en frères.
Je dois avouer que j’avais pleuré devant une telle caricature qui blessait ma sensibilité de chrétien. Comment des journalistes peuvent-ils agir ainsi au nom d’un pseudo droit à une liberté totale et sans limites de caricaturer jusqu’à l’extrême et de s’en glorifier ? La démocratie ou le laïcisme n’ont rien à voir en cela.
Je croyais – naïvement peut-être – que l’homme était fait pour vivre en société et que la République avait cru bon d’emprunter aux chrétiens le symbole de la “Fraternité” comme emblème de la République ! Si nous sommes appelés à vivre ensemble en frères, la liberté de chacun s’arrête là où je blesse mon frère. Je peux certes entamer le dialogue avec un frère qui ne partage pas mon point de vue, et user de tout mon pouvoir de persuasion, mais déclarer d’emblée que le blasphème et les caricatures, quelles qu’elles soient sont un droit en démocratie, cela n’est pas juste, cela n’est pas vrai.
En même temps, cela ne justifie en aucune façon la décapitation d’un professeur d’histoire qui voulait réfléchir avec ses élèves sur la portée de telles caricatures et sur un tel blasphème remis au goût du jour dans une presse à scandale.
Je dois avouer combien je suis resté sans voix devant les déclarations du président de la République, qui plus est parlant depuis le Liban, face à un tel acte. Il a justifié au nom même de la démocratie la liberté de dire et de publier tout et n’importe quoi, la liberté au blasphème sous toutes ses formes. Je croyais rêver !
Je comprends qu’il soit de bon ton aujourd’hui de se moquer des religions et de les traîner dans la boue, mais les auteurs de tels comportements se rendent-ils compte qu’ils bafouent la liberté dans son vrai sens, son sens profond et authentique ?
Au nom même de la fraternité, base de toute vie en société, je ne peux que redire : la liberté de chacun s’arrête là où je blesse gravement mon frère ! Il s’agit là d’une vérité fondement même de toute vie en société ou alors nous allons vers une dérive totalitaire qui ne dit pas son nom. En même temps, il nous faut condamner avec force les actes de violences et de barbarie qui prétendent répondre à cette conception erronée de la liberté.
+ Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon"

( 904067 )
Entièrement d'accord par Jean-Paul PARFU (2020-11-05 12:45:03)
[en réponse à 904061]
Avec vous, cher Aétilius ! C'est ce que je dis à ce sujet depuis longtemps.

( 904157 )
Prophète alors aussi Joseph Smith, fondateur des Mormons aux USA en 1830 par Sixte (2020-11-06 21:14:11)
[en réponse à 904061]
Puisqu'après tout lui aussi, marchand de profession, a prétendu être visité par un ange, recevoir de nouvelles écritures saintes, en plus de la Bible, qu'il a voulu édifier un Etat théocratique pour les Américains, à proximité de la nouvelle Jérusalem qu'est New-York, avec polygamie, et qu'il a pratiqué une sorte d'hégire, d'émigration, en s'enfonçant, ou plutôt ses successeurs jusqu'en Utah, lui-même perdant la vie "virilement", en se battant avec une foule qui voulait le lyncher...
Quelle mouche a donc piqué Mgr Cattenoz, qu'on avait connu mieux inspiré ?
Mais c'est vrai que Luther est désormais honoré au Vatican, Arius ne l'étant pas car trop lointain dans le temps, et n'ayant pas eu de descendance nombreuse officielle encore aujourd'hui...

( 904165 )
Non par Eudoxie (2020-11-06 22:27:16)
[en réponse à 904061]
C'est juste une manière d'adopter le langage technique de l'ennemi, voire le nôtre, puisqu'en France on dit "le prophète" pour désigner Mahomet, mais sans y croire pour autant. C'est juste une maladresse de forme, dont Mgr est coutumier, mais ça n'a rien à voir avec le fond. Il est évêque d'un diocèse assez islamisé, il doit juste avoir l'habitude d'entendre dire cela. C'est l'évêque qui m'a confirmée dans le rit traditionnel, je ne crois pas qu'il soit un crypto-islamiste. C'est un évêque très bien, qui dernièrement encore, défendait le mariage chrétien et pourfendait l'idéologie LGBT, ce qui lui a occasionné pas mal de persécutions publiques, notamment dans les médias. Je suis d'accord que ce n'est pas une bonne terminologie, mais c'est simplement accidentel. Dans les faits, cet évêque devient de plus en plus favorable à la Tradition, il faut le soutenir.

( 904184 )
Bien sûr, Eudoxie, que Mgr Cattenoz n'est pas crypto-musulman, mais quel symbole de soumission... par Aétilius (2020-11-07 11:44:39)
[en réponse à 904165]
...intellectuelle involontaire que cet emploi du mot "prophète" pour désigner ce faux prophète que fut Mahomet, encore une fois répété trois fois de suite, ce qui montre que c'est ancré dans son intellect.
Encore une fois, jamais un dignitaire musulman ne parlera de Jésus en disant "le fils de Dieu", ou "l'Homme-Dieu", ou alors, il est en voie de conversion, et tant mieux.
De même, il est affligeant qu'un vrai catholique parle de "mariage homosexuel", quand il faut dire "pseudo" avant, ou se défende de toutes les "phobies" possibles, alors que ce sont des forgeries linguistiques de l'adversaire, pour tétaniser sa victime, morte de peur de passer pour quelqu'un ayant des peurs irrationnelles débouchant sur l'agressivité, quand ce sont des raisons très rationnelles inspirées par l'Amour qui font que l'on se dresse face à ces nouveaux veaux d'or des temps modernes.

( 904193 )
Marre aussi du snobisme d'utiliser "MOHAMED" pour MAHOMET par Sixte (2020-11-07 12:32:48)
[en réponse à 904184]
Dans la bouche de beaucoup, mais encore plus de catholiques pratiquants, qui vous disent que c'est la vraie forme, comme leur affirment leurs copains du dialogue interreligieux musulmans.
J'essaie de leur expliquer que tout nom voit sa forme changer au fil des siècles, se déformer et s'adapter à la langue dans laquelle il arrive.
En arabe, ce qui importe le plus, le squelette du nom, sont les consonnes, soit pour ce personnage MHMD, ou MHMT, les deux variantes existant.
Les voyelles sont moins stables, d'où les formes dans le monde musulman "MeHMeT" (turquie), MoHaND (Kabylie), MaHMouD (Palestine), MuHaMmaD (Arabie saoudite), MaGoMaD (Tchétchénie, d'où le nom de famille Magomadov), MaMaDou (Afrique noire, où le son "H" a disparu, n'existant pas, comme en français moderne, avec ajout d'un suffixe "ou").
A ce propos, le tchétchène qui est dit avoir décapité Samuel Paty aurait envoyé un message à "Marcon", où il utilise dans sa menace la forme "Muhammad", ce qui donne l'impression qu'il est sous influence wahabite saoudienne, puisque c'est la forme locale).
Au moyen-âge, les français, dans le cadre des croisades, ont entendu MaHoMeT, le "h" intermdiaire et le "t" final se prononçant alors, ce qui se rapproche fortement des formes actuelles utilisées dans le monde musulman. L'évolution de la langue française fait qu'au fil des siècles, le "h" et le "t" final ont disparu dans la pronciation, ne restant qu'à l'écrit.
Et le catho-chic qui veut absolument dire "MOHAMED", en essayant de prononcer le "h", s'il veut être logique, et ridicule jusqu'au bout, doit, pour parler de Jésus, dire Yeshoua, puisque c'était la forme du nom que le Christ portait de son vivant en hébreu...

( 904195 )
Source ? par Glycéra (2020-11-07 12:46:17)
[en réponse à 904193]
Pouvez-vous en indiquer ?
Merci à vous

( 904282 )
sur le site du diocèse d'Avignon, tout simplement par Aétilius (2020-11-08 00:11:52)
[en réponse à 904195]
https://www.mgr-cattenoz.diocese-avignon.fr/Le-blaspheme-un-droit.html
Ayant reçu cela d'un afficionado de cet évêque, sans qu'il cite sa source, j'aurai du la citer moi-même, ne l'ayant pas fait parce que j'avais déjà vu ce texte sur plusieurs sites d'inspiration catholique.
Merci de m'avoir aidé à sourcer tout cela..

( 904328 )
Non, pas ceci. Source de vos Mahomet // Mohamet, et autres versions par Glycéra (2020-11-08 13:08:42)
[en réponse à 904282]
Ce n'est pas le texte déjà donné de Mgr Cattenoz que je voulais.
Mais des sources donnant les époques et les noms ou les translittérations des noms de Mahomet.
Si vous en avez ...
Je trouve ce sujet curieux à explorer un peu.
Merci à vous

( 904405 )
Autres graphies : Mahamat, ou encore M'hamed par Aétilius (2020-11-09 11:53:40)
[en réponse à 904328]
La 1ère est celle d'un Lybien avec qui j'ai travaillé récemment, la seconde d'un Algérien, installés en France, pays le plus "immigrationnisé" du monde désormais, où vous rencontrez donc la terre entière sans avoir besoin d'aller à l'autre bout du monde.
Pour les sources demandées, en fait c'est moi-même, faisant juste une constatation sur la volatilité de ce nom dans le monde musulman, avant que les temps modernes ne tendent à une certaine harmonisation, via les médias et autres technologies, la forme saoudienne "Muhammad" ayant tendance à certains endroits islamisés récemment à s'imposer.

( 904331 )
C'est vrai par Eudoxie (2020-11-08 13:24:50)
[en réponse à 904184]
Que c'est dérangeant, voire pas très approprié. S'adapter à l'ennemi en empruntant son lexique, c'est effectivement une manière tacite de reconnaître la place qu'il prend dans notre vie (à commencer par la langue). Je ne trouve pas la terminologie très heureuse non plus, il faut être vigilant sur l'atténuation de notre vocabulaire, par rapport aux invasions idéologiques et migratoires qui défigurent notre pays, je vous rejoins pleinement là-dessus, et je dirais même plus, je vous remercie.

( 904353 )
On blasphème contre Dieu par Béotien (2020-11-08 17:21:58)
[en réponse à 904061]
Par conséquent si les musulmans parlent de blasphème, de blasphème contre leur prophète à eux, c'est qu'ils assimilent le prophète de leur religion au Dieu unique ; ce qui revient à dire que le dieu des musulmans, que ceux-ci appellent Allah, n'est autre... que Mahomet... (ce que l'on peut deviner dans certains passages du coran qui sont à cet égard assez révélateurs). Comme je ne connais pas ce livre par cœur (6386 versets quand même !) que les liseurs de ce forum ne me tiennent pas rigueur d'une absence de citations (je suis déjà incapable de réciter -ne serait-ce qu'en langue courante- le psaume 118 entièrement et d'un trait...)
Vous remerciant de votre bienveillance
Beotien