Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 904094 )Un nouveau document du magistère papal par AVV-VVK (2020-11-05 20:21:52) 

Francis Motu Proprio
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LETTRE APOSTOLIQUE
DÉLIVRÉ "MOTU PROPRIO".

PAR LE SOUVERAIN PONTIFE

FRANCIS

AUTHENTICUM CHARISMATIS,

MODIFIANT LE CANON 579 DU CODE DE DROIT CANONIQUE



"Un signe sûr de l'authenticité d'un charisme est son caractère ecclésial, sa capacité à s'intégrer harmonieusement dans la vie du peuple saint et fidèle de Dieu pour le bien de tous". (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, 130). Les fidèles ont le droit d'être avertis par les Pasteurs de l'authenticité des charismes et de la fiabilité de ceux qui se présentent comme fondateurs.

Le discernement sur la nature ecclésiale et la fiabilité des charismes est une responsabilité ecclésiale des Pasteurs des Eglises particulières. Il s'exprime par une attention particulière à toutes les formes de vie consacrée et, en particulier, par la tâche décisive d'évaluer l'opportunité de créer de nouveaux Instituts de vie consacrée et de nouvelles Sociétés de vie apostolique. Il est juste de répondre aux dons que l'Esprit éveille dans l'Église particulière, en les accueillant généreusement par l'action de grâces ; en même temps, il faut éviter de "créer inutilement des communautés inutiles ou dépourvues de ressources suffisantes" Décret du Concile œcuménique Vatican II, Perfectae caritatis, 19).

Il appartient au Siège Apostolique d'accompagner les Pasteurs dans le processus de discernement menant à la reconnaissance ecclésiale d'un nouvel Institut ou d'une nouvelle Société de droit diocésain. L'Exhortation Apostolique Vita consecrata affirme que la vitalité des nouveaux Instituts et Sociétés "doit être jugée par l'autorité de l'Eglise, qui a la responsabilité de les examiner afin de discerner l'authenticité du but de leur fondation et d'empêcher la prolifération d'institutions semblables les unes aux autres, avec le risque conséquent d'une fragmentation nuisible en groupes excessivement petits" (12). Les nouveaux Instituts de vie consacrée et les nouvelles Sociétés de vie apostolique doivent donc être officiellement reconnus par le Siège apostolique, qui est seul juge en dernier ressort.

L'acte d'érection canonique par l'évêque dépasse la seule sphère diocésaine et le rend pertinent dans l'horizon plus large de l'Église universelle. En effet, de par sa nature même, tout Institut de vie consacrée ou Société de vie apostolique, même s'il est né dans le contexte d'une Église particulière, "en tant que don à l'Église, n'est pas une réalité isolée ou marginale, mais fait profondément partie d'elle". Elle est au cœur même de l'Église, un élément décisif de sa mission" (Lettre aux personnes consacrées, III, 5).

C'est dans cet esprit que j'ai décidé de modifier la canette. 579, qui est remplacé par le texte suivant :

Episcopi dioecesani, in suo quisque territorio, instituta vitae consecratae formali decreto valide erigere possunt, praevia licentia Sedis Apostolicae scripto data.

J'ordonne que ce qui a été délibéré avec la présente lettre apostolique sous forme de Motu proprio soit mis en œuvre de manière ferme et stable, nonobstant toute disposition contraire, même si elle mérite une mention spéciale, et qu'elle soit promulguée par publication dans L'Osservatore Romano, entrant en vigueur le 10 novembre 2020, puis publiée dans le commentaire officiel des Acta Apostolicae Sedis.

Donné depuis le Palais du Latran, le 1er novembre 2020, solennité de la Toussaint, huitième de mon pontificat.


FRANCIS



Bulletin du Bureau de presse du Saint-Siège, 4 novembre 2020



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Une version officielle en français n' est pas encore disponible.
images/icones/neutre.gif  ( 904097 )Tout ça ne paraît pas très "synodal" par Abbé Claude Barthe (2020-11-05 20:55:21) 
[en réponse à 904094]

Depuis 2016, l'évêque diocésain est tenu de consulter le Siège apostolique avant d'accorder la reconnaissance canonique à un nouvel institut. Ce qui change, c'est que la permission du Saint-Siège doit désormais être donnée par écrit : praevia licentia Sedis Apostolicae scripto data.

Tout ça ne paraît pas très "synodal"
images/icones/1b.gif  ( 904099 )Vous m'avez devancé ! par Paterculus (2020-11-05 21:17:29) 
[en réponse à 904097]

Je me suis fait aussitôt la même réflexion que vous, mais ayant étayé mon idée, j'ai mis plus de temps que vous à la mettre en ligne...
VdP
images/icones/ancre2.gif  ( 904098 )Reconnaissance des communautés religieuses : centralisme romain renforcé par Paterculus (2020-11-05 21:14:48) 
[en réponse à 904094]

Le motu proprio Authenticum charismatis change de façon considérable la reconnaissance par l'Église des nouvelles fondations religieuses.
Désormais pour qu'un nouvel institut de vie consacrée soit reconnu par l'Église, l'avis de l'évêque du lieu n'est plus suffisant, seule l'autorité romaine peut se prononcer.

On peut se demander ce qui motive cette décision de renforcer le centralisme romain, spécialement en ce temps de "synodalité" !
L'argument avancé me paraît bien faible : s'il y a un nouvel institut, c'est qu'il y a un nouveau charisme ; et s'il y a un nouveau charisme, il concerne toute l'Église.
Or ce n'est pas exact, ou alors il faut bien préciser ce qu'on appelle charisme. Il existe un nombre incalculable de congrégations qui ont pour charisme par exemple l'enseignement primaire, ou encore le soin des malades : on n'a pas jugé bon de les fusionner, même lorsque le mode de vie de leurs membres est identique.
Bon, il faut donc ajouter à cette notion de charisme, fondée sur l'activité ou le mode de vie, la spiritualité propre de chaque institut : bénédictine, carmélitaine, etc.
Cependant là encore on pourrait trouver beaucoup de congrégations très semblables et par leur activité et leur mode de vie ainsi que par leur spiritualité, sans qu'on ait eu besoin de les fusionner.
Il faut conclure que jusqu'ici pour l'Église ce n'est pas l'apparition d'un nouveau charisme qui a déterminé la constitution et donc la reconnaissance d'un nouvel institut de vie consacrée.

Un institut de vie consacrée est avant tout une famille et un esprit : cela dépend essentiellement du fondateur et des personnes qui l'ont accompagné lors de la fondation.
Et de la qualité de vie et de l'esprit de ces personnes, c'est l'évêque du lieu qui est normalement le meilleur juge, vivant à proximité et connaissant le contexte ; l'autorité romaine, lointaine, ne connaît pas ces éléments pourtant déterminants.

Un premier risque est que sans doute on aura un foisonnement de groupes religieux qui renonceront à se faire reconnaître par l'autorité ecclésiastique à cause de la complexité et des frais de déplacements que l'éloignement engendrera, sans parler des délais - car le Vatican sera-t-il assez riche pour payer assez de personnel pour traiter toutes les demandes en un temps correct ? Dans la pratique, donc, l'autorité n'aura plus la possibilité de vérifier ce qui se passe dans ces groupes non reconnus, et ainsi des gens risquent d'y entrer et d'y être trompés si le groupe tourne à la secte.
Un deuxième risque est que désormais il n'y aura plus guère de distinction entre un institut de droit diocésain et un institut de droit romain. Or cette distinction est importante. Par exemple, Rome pouvait être une juridiction d'appel pour une communauté qui estimerait que le refus de son évêque de la reconnaître ou sa volonté de la supprimer est injuste. Désormais il n'y a plus qu'une seule sentence, si bien qu'une erreur ne pourra plus être corrigée.

Enfin on invoque la nécessité pour un institut de vie consacrée d'être suffisamment fort pour être reconnu. Mais l'histoire de l'Église compte certains exemples de communautés qui ont longtemps végété avant de devenir, soudain ou progressivement, très forts. Le cas le plus connu est sans doute celui de Cîteaux, mais je crois que ce fut le cas aussi des Passionnistes. Une reconnaissance diocésaine est la bienvenue dans ces cas là pour conforter la jeune pousse en attendant qu'elle prenne bien racine.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/barbu2.gif  ( 904104 )c'est la mise en forme de la politique très restrictive adoptée par la Congrégation par Luc Perrin (2020-11-05 22:10:18) 
[en réponse à 904098]

depuis ce pontificat.

Les instituts peuvent être des espaces de sauvegarde de certaines valeurs chrétiennes peu "pachamamesques" et il existe encore des évêques qui ici et là prennent très au sérieux leur ministère.

Avec ce renversement sans précédent et pour le coup d'un centralisme jacobin et soviétique, les ordres et congrégations existants largement pachamamisés sont assurés de ne point avoir de Société de Jésus bis, d'Ordre prêcheur ter ... même de droit local.

Il y a aussi un trait commun avec le temps "béni" du XVIIIe finissant celui de la Commission des Réguliers sous Louis XV, du joséphisme exterminateur de congrégations. Les Lumières catholiques, mâtinées de jansénisme tardif ce qui n'est plus l'inspiration désormais, n'aiment guère les réguliers. En réduire le nombre est une obsession, le concile de Pistoie condamné en 1794 par l'excellente bulle Auctorem fidei de Pie VI - lecture très recommandée - imaginait d'avoir un seul ordre masculin et un féminin.

Fratelli tutti ...
images/icones/neutre.gif  ( 904106 )On devine qui est visé... par Candidus (2020-11-05 22:26:30) 
[en réponse à 904098]

Qui dit nouvelles fondations dit vocations, or nous savons tous que les vocations se dirigent presque uniquement vers les fondations d'esprit traditionnel. Je pense qu'il ne faut pas chercher plus loin le sens de cette mesure. A Rome on ne voit pas d'un très bon oeil l'essort de ces communautés qui ne sont pas dans l'esprit bergoglien.
images/icones/fleche2.gif  ( 904132 )Y a-t-il un rapport avec les numéros 19 par AVV-VVK (2020-11-06 11:26:59) 
[en réponse à 904098]

et 22 du Décret " Perfectae Caritatis" ?
images/icones/ancre2.gif  ( 904158 )Réponse demain... par Paterculus (2020-11-06 21:20:48) 
[en réponse à 904132]

... du moins si j'en ai le temps, car l'étude des textes, avec la question de la validité d'une reconnaissance épiscopale sans l'approbation romaine, est intéressante mais longue.
VdP