
( 903776 )
Église catholique: Appel aux véritables élites contre la médiocrité par jejomau (2020-10-31 22:39:40)
Roberto de Mattei, dans sa dernière tribune, lance un appel à la résistance dans l'Eglise pour la formation d'authentiques âmes aristocratiques et nobles dévouées sans réserve à l'Eglise du Christ. Il dénonce tout particulièrement la médiocrité de ceux qui gouvernent l'Eglise au plus haut niveau, un médiocrité qui possible l'impossible dans des compromissions immorales et contre-nature... Extraits
Y a-t-il une relation entre le virus qui a attaqué deux milliards d’hommes au cours des dix derniers mois et la pandémie d’erreurs qui depuis de nombreuses décennies a infecté le monde?.......... à l’impénitence de l’humanité s’est ajoutée l’apostasie des dirigeants de l’Église, qui ne prêchent pas la nécessité de la prière, de la pénitence et de la conversion à l’unique Église du Christ, mais annoncent un nouvel Évangile, écologique, œcuménique et mondialiste.
Deus non irridetur ! On ne se moque pas de Dieu, répète Saint Paul dans sa Lettre aux Galates (6, 7).
Le renversement de principes exprimé par la protection juridique et sociale accordée à l’homosexualité est une expression éloquente et dramatique du processus de dégradation morale en cours. Mais encore plus grave, il y a l’approbation, ou la condescendance, que les autorités suprêmes de l’Église semblent manifester à l’égard de cette dégénérescence de la société.
Le troupeau est sans chefs religieux et politiques, mais au fond il a les pasteurs qu’il mérite. Il ne suffit pas, en effet, de protester contre les pouvoirs publics, religieux ou politiques, si l’on ne commence pas d’abord à se réformer soi-même, à réformer ses habitudes de vie, sa façon de penser, rompant tout compromis avec ce monde moderne dans lequel se trouve la cause profonde de la crise.
...... Le 30 octobre 1993, une conférence internationale s’est tenue à Rome, au Palazzo Pallavicini, à l’occasion de la publication du livre du prof. Plinio Corrêa de Oliveira, Noblesse et élites traditionnelles analogues dans les allocutions de Pie XII au patriciat et à la noblesse romaine (Albatros, Paris 1993). Le cardinal Alfonso Maria Stickler lança un appel aux élites traditionnelles pour un combat courageux dans la défense des valeurs humaines et chrétiennes (cf. Thomas Monfeli, Cattolici senza compromessi, Fiducia, Rome 2019, pp. 137-138). Peu entendirent l’appel, mais la résistance de ces quelques personnes, qui continuent à se battre, indique la voie de la renaissance morale de l’Italie et de l’Europe; former aujourd’hui les élites de demain. De véritables élites, avant tout spirituelles, mais aussi politiques et sociales, une aristocratie de l’âme, de la pensée, de l’éducation, qui brandit haut le drapeau de la contre-révolution catholique, alors que les fondements de la société sont bouleversés par le bas.
Roberto de Mattei

( 903778 )
Entretien d'hier KTO avec Mgr de Reims par JVJ (2020-10-31 23:29:26)
[en réponse à 903776]
à son retour de Nice.
kto
Contrairement à ce que toute la société pense, et jusqu'à un article en ligne de Valeurs actuelles de ce jour, lundi, la seule chose organisée par l'Education Nationale pour la décapitation de mon collègue tiendra en la seule minute de silence, dans les salles, pour respecter les règles covid.
Les cours commencent à 8 h.
Le gouvernement s'est couché et la lettre de Jaurès, sans rapport avec les faits, évitait de parler de l'islamisme, tout en faisant plaisir aux professeurs de gauche, évidemment.
Le Monde publie une tribune très courageuse à cet égard signée par Pierre Nora et quelques autres, sur le déni relatif à l'islamisme (Mgr Le Gall devrait se sentir visé et quelques-uns ici). Mais je ne parviens pas à mettre la main sur la centaine de noms d'universitaires qui ont signé. Ceux-ci sont très courageux et sont des exceptions. Une centaine sur des dizaines de milliers de chercheurs et d'universitaires.
J'ai entendu des veaux dans le magasin de mon village qui hier se plaignaient de devoir garder leurs gosses entre 8 et 10 h (alors que la garderie municipale fonctionnerait).
Je vous assure que les quatre dernières morts sont déjà oubliées.
Et demain, je ne veux voir aucun mus* devant les églises pour nous soumettre. Et cela n'aiderait pas à la police à discerner ceux qui rodent.
Et allez interdire à un jeune glabre de venir dans une nef ! La religion ne se lit pas nécessairement sur les têtes et certains savent se déguiser.

( 903797 )
Ce qui est "de gauche" bénéficie d'un parti pris de bienveillance. par Scrutator Sapientiæ (2020-11-01 15:04:38)
[en réponse à 903796]
Bonjour et merci, Gereo.
D'une part, ce qui est dit ou se dit "de gauche" bénéficie souvent d'un parti pris de bienveillance, en provenance des "clercs", notamment catholiques.
Vous-même en avez sans doute déjà fait l'expérience : des conceptions ou des convictions "de gauche" sont souvent considérées comme étant bien intentionnées par nature, donc non critiquables par principe, au contraire des conceptions ou des convictions "de droite".
D'autre part, elle vient rarement à l'esprit de certains, l'appréciation d'après laquelle, quand la mise en oeuvre d'idées "de gauche" tourne au désastre, ou à la tragédie, c'est avant tout en raison de ces idées elles-mêmes, et non seulement en raison des circonstances historiques dans lesquelles cette mise en oeuvre s'effectue.
En outre, de même que les clercs catholiques d'hier n'ont pas brillé par leur réalisme, face au communisme, notamment et surtout soviétique, des années 1950 aux années 1980, de même les clercs catholiques d'aujourd'hui ne brillent pas par leur réalisme, face à l'islam, notamment et surtout sunnite, depuis le début des années 1980.
C'est que, voyez-vous, de leur point de vue, si nous sommes réalistes, c'est que nous "manquons de charité" ; de même, si nous n'avons pas un "discours d'amour", à l'égard de l'islam, c'est que nous n'avons pas un "regard d'amour", à propos des musulmans...
Enfin, peut-être certains s'imaginent-ils que le monde musulman constitue un prolétariat de substitution, que l'islam n'est une religion asservissante que du seul point de vue "islamophobe, donc illégitime" (qui du point de vue des ex-musulmans ?), et que cette religion constitue, au contraire, une instance de libération, pour les musulmans, face à un monde occidental jugé comme étant par nature exploiteur ou oppresseur.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 903823 )
Comme vous m'y invitez par Gereo (2020-11-01 19:57:03)
[en réponse à 903797]
je veux répondre un peu longuement.
En préambule, il est évident pour moi que les "anciennes vertus chrétiennes devenues folles" qui vagabondent dans le "camp du bien" moderne de la gauche sont autant à refuser que difficiles à combattre, dans ce qu'elles ont de chrétien justement. On ne peut pas d'un côté se renier soi-même comme chrétien en les attaquant frontalement sans égard à une certaine vérité qui les habite encore, ni renier totalement sa foi en s'aveuglant sur le fait qu'elles sont détachées de leur source en Dieu, totalement tordues et subverties.
Je suis bien conscient que l'Islam est une tentation pour l'Eglise, et l'épiscopat français en particulier, au même titre que l'a été le communisme. Alain Besançon l'a exprimé magistralement dans son livre, avec force phrases vachardes que ne renierait pas un liseur du forum qui l'a sans doute lu :
"Laissons là la théologie. Qui parle de théologie ? Au diable la théologie ! Nous sommes maintenant requis par des tâches plus urgentes. Dans une Europe qui s’islamise, il faut faire bon accueil à « l'étranger », le comprendre, « être à son écoute », promouvoir avec lui les « valeurs spirituelles » et surtout maintenir ouvertes les « voies du « dialogue ». Malheureusement il arrive que sur ce chemin on passe d'une compréhension de l'islam à son apologie, et de l'apologie à la propagande. Or, s'il est demandé aux catholiques de « collaborer avec leurs frères musulmans », il n’est pas absolument nécessaire qu'ils collaborent à la conversion des chrétiens à l'islam, ce dont les musulmans peuvent très bien se charger tout seuls. Fallait-il vraiment que le dossier de quatre pages publié le 10 novembre 1995 par le quotidien La Croix porte des titres comme « Le Coran à redécouvrir », ou « Les nouveaux Jeunes Turcs ont la foi », publie sous le titre : « Une prière » la Fatiha et, après l'énumération des cinq piliers de l'islam qui définissent les devoirs individuels du musulman, oublie de signaler le devoir communautaire du djihad, un peu plus difficile à faire comprendre." (Trois Tentations dans l'Eglise, 1996, pp. 203-204)
3 écueils au moins que vous signalez.
- le syncrétisme : on a le même Dieu, Jésus, Marie, qui nous relient. Sauf que lorsque ces figures prétendument communes et révérées par les musulmans "aussi" sont salies par le torchon, il ne se trouve aucun musulman pour lever le petit doigt, évidemment. Quand je rappelle à des catholiques messalisants, "fervents", mais aux esprits faussés par une compréhension erronée de Vatican II, que le Christ est seul médiateur entre Dieu et les hommes, on me fait cette réponse désarmante "C'est exigent". Et s'il ne se trouvait que des fidèles de base pour partager ce genre d'erreurs...
- la fascination, mélange d'admiration, de peur et de lâcheté : on s'extasie devant la "ferveur" musulmane, sa dimension communautaire, l'extériorisation de son culte, son ascèse dans le jeûne, bref toutes choses que le catholicisme a en somme perdues dans sa version "conciliaire" décomposée. Une procession de rue dans un village de l'Ouest fait littéralement fuir tout le monde. Dire qu'on est catho à ses collègues de travail provoque des spasmes d'angoisse. Peur de ne pas être à la hauteur de l'idéal de sainteté attaché, crainte de déroger à la sacro-sainte laïcité, de "blesser l'autre qui ne partage pas ma foi" ? On se perd en conjectures. Habitué dès mon jeune âge à l'évangélisation de rue à Marseille et dépourvu de tout respect humain, je n'ai pas ce genre de pudeur. La nature a horreur du vide : il ne sert à rien de dénoncer les prières de rue quand des catholiques se terrent dans leurs églises, tremblant qu'on ne les ait vus y pénétrer, et tiennent la lampe sous le boisseau, j'exagère un peu, mais à peine.
- le tiers-mondisme : je pense, cela n'engage que moi, mais cela a été dit par d'autres, que l'Islam, loin d'être si conquérant qu'on le présente, est en crise depuis au moins le XIXème siècle. Pour avoir discuté un peu avec certains musulmans, il est évident que pour eux l'Islam est tout bonnement la meilleure religion, celle qui surpasse les autres en étant parfaitement adaptée à l'homme dans son orthopraxie, promesse de bénédictions et de prospérités pour le fidèle (conception très humaine qui n'est pas absente de l'Ancien Testament, et qu'on retrouve dans un certain protestantisme). Comment dès lors s'expliquer à soi-même que la civilisation inspirée par cette religion, autrefois relativement brillante, soit à la traîne par rapport aux progrès technico-scientifiques de l'Occident chrétien (même si l'argent des monarchies pétrolières vient tempérer un peu le tableau et lui conserve un pouvoir d'attrait) ? Face à cette crise, un mouvement comme celui des frères musulmans, qu'on classe comme islamiste, s'est voulu une rénovation et une modernisation de l'islam, sur le modèle de la Réforme. L’islam doit « faire ce que Martin Luther réalisa avec le christianisme, il y a 500 ans » a ainsi pu dire Gamal al-Banna, frère du fondateur. Sauf que voilà, le monde arabo-musulman a le dessous militairement aussi, de manière éclatante depuis la guerre des 6 jours et la première guerre du Golfe. Une partie sauve la mise par des attentats de plus en plus durs au nom de l'Islam, mais sans considérer la vie des musulmans eux-mêmes (on l'oublie pour les victimes de Daesh) et sans épargner l'opprobre à ceux qui pour une large part n'approuvent pas les atrocités commises.
D'où une certaine forme de compassion de la part des catholiques qui peut paraître perverse, mais qui a malgré tout ses raisons. C'est ainsi qu'a pu être expliqué le fameux baiser au Coran de Jean Paul II le 14 mai 1999 devant une délégation irakienne, qui n'est pas pour moi le prolongement d'Assise, mais l'expression, qu'on peut contester, d'une empathie eu égard à l'humiliation que connaissait ce pays sous embargo très dur de la part des Américains et à travers lui le monde musulman. Et il y a de cela aussi dans la réaction des évêques et des catholiques : à quoi bon humilier de manière arrogante les symboles et les convictions des musulmans ? Réaction raisonnable, qui n'est néanmoins pas exempte de la peur/fascination de mon 2ème point, je le concède bien volontiers.

( 903782 )
C'est censé exister par Rothomagus (2020-11-01 00:37:23)
[en réponse à 903776]
Et s'appeler la chevalerie.
Mais comme pour la légion d'honneur et les franc-maçons, il semble que ce soit désormais de la pure cooptation - revanche bourgeoise contre l'artistocratie tant enviée - avec cette particularité toutefois que nos chevaliers ont évidemment une moyenne d'âge bien plus élevée.
Avec l'âge vient la sagesse certes, mais on ne réforme pas la société avec des cannes et des dentiers.
Rien n'est proposé aux jeunes par l'Eglise en France, qui est très binaire. Mariage ou prêtrise. Cursus universitaire ou séminaire. Scoutisme ou rien. C'est toujours tout ou pas grand chose.
On ne peut pas butiner par çi par là, à la carte. Alors que pour le gros des troupes - de jeunes actifs dynamiques qui ont plein d'autres choses à faire - les choix demandant des disponibilités folles ou un ascétisme intenable pour qui vit dans le monde, ne sont pas raisonnables.