Le Forum Catholique

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images/icones/croix.gif  ( 903164 )Le poulet décapité a terminé sa course par Candidus (2020-10-25 01:50:06) 

Une métaphore m’est venue à l’esprit pour illustrer ce que le monde occidental vit actuellement : le poulet décapité.

Le modernisme au sens large, que j’identifie à l’Occident issu des Lumières, était un poulet décapité. Il avait perdu la foi comme le poulet la tête, mais il continuait à fonctionner, à produire du sens, à progresser, grâce au socle de l’héritage moral transmis par le christianisme que les "Hussards Noirs de la République" assumaient en grande partie.

La course du poulet acéphale couvre environ deux siècles, du XVIIIème à l’ère postmoderniste dont je situe l'avènement en France vers les années 1970-1980, entre la fin des “Trente Glorieuses” (1973) et le “Tournant de la rigueur” (1983). Cela coïncide avec l'effacement des deux modèles concurrents qui avaient nourri les espérances humaines : le messianisme chrétien qui s'est effondré et le messianisme marxiste qui a muté en messianisme identitaire.

La course du poulet a pris fin, il gît vidé de son sang, c’est la société postmoderniste qui a épuisé le capital moral hérité du christianisme pour sombrer dans le nihilisme, le "tout se vaut", le nomadisme, l'invalidation de tout ordre non choisi par l'individu.

Le processus de décomposition est maintenant à l’oeuvre, l’illusion de vie donnée par le poulet qui courait s’est dissipée. Tout va aller très vite à présent ; In fine velocior : lorsque la fin approche, la dynamique mortifère s’accélère. Ça commence vraiment à sentir mauvais et ce n'est que le début, accrochons-nous.
images/icones/info2.gif  ( 903171 )vocabulaire : "modernisme" et "modernité" par Luc Perrin (2020-10-25 12:29:56) 
[en réponse à 903164]

ne pas prendre le premier, un courant au sein du catholicisme à la fin du XIXe et depuis (inspiré pour partie du protestantisme libéral), avec la Modernité.

Le phénomène qu'on peut aussi nommer libéralisme que vous décrivez constitue la Modernité

Le "modernisme" savant, c'est Loisy, ses compagnons et disciples puis le courant qui vient jusqu'à nos jours relativiser constamment les Écritures et la Tradition. Je vous renvoie à Pascendi Domini gregis.
Les modernistes catholiques cherchent à faire un compromis avec la modernité, avec ses principes d'individualisme absolu. Ils ne sont qu'un petit ilot dans le grand archipel de la Modernité.

C'est ainsi du moins que les historiens et sociologues présentent la question.

Mais oui le poulet décapité est une bonne image. Avec une nuance, le libéralisme est de plus en plus totalitaire : il entend que chacun marche au même pas, il défend comme un Christophe Barbier à l'écharpe rouge la censure la plus féroce au nom de "la liberté d'expression".
Le poulet lui court sans savoir où il va et sans entraîner personne dans sa course folle.

Entièrement d'accord avec votre conclusion : la plandémie de plus en plus évidente, les familles criminelles type Clinton Biden aux USA, l'UE pigeon décapité qui aussi se décompose et exhale des odeurs méphitiques, oui cela fait penser à bien des versets bibliques et pas du sucré miséricordieux !
images/icones/neutre.gif  ( 903176 )Modernisme vs. postmodernisme par Candidus (2020-10-25 14:14:15) 
[en réponse à 903171]

Oui bien sûr, par modernisme j'entends une réalité qui va bien au-delà du courant théologique condamné par St Pie X.

Le modernisme en tant que mouvement qui englobe la vie sociale, culturelle, politique etc. c'est l'esprit des Lumières, le rationalisme, le naturalisme, la foi au progrès, l'universalisme, l'adhésion à une utopie révolutionnaire. Tout cela se situant encore (ne serait-ce qu'en s'opposant à lui) dans un cadre judéo-chrétien dont il garde certaines pudeurs et surtout dont il conserve les instruments de réflexion, les outils intellectuels. Nous pouvons discuter avec ces gens-là, nous avons en commun le socle intellectuel de la rationalité.

La génération postmoderne, c’est celles des enfants et petits-enfants des soixante-huitards. Elle rejete l’ordre naturel, la raison, la possibilité même du sens. C’est une génération ni révoltée, ni cultivée, qui n’a aucun repère religieux, qui ne sait pas argumenter, incapable de s'extraire de sa propre subjectivité, qui réagit d’une manière extrêmement affective et qui se sent blessée dès qu’on utilise un mot compliqué, ce qui rend extrêmement difficile toute discussion. Les conservateurs sont dépourvus d'une base commune permettant de discuter avec ces gens-là.

Je suis convaincu que la vie culturelle, intellectuelle et religieuse contemporaine est habitée par cette fracture modernisme/postmodernisme.

Je partage l'opinion que la guerre fratricide qui oppose ces deux camps que seule unit leur haine du conservatisme, annonce le triomphe de ce dernier.

Le postmodernisme est un avatar du modernisme, il en est l'aboutissement logique et il conduit l'Occident vers un naufrage social, politique, intellectuel, artistique et religieux de dimension biblique. Il prépare le retour triomphal du conservatisme. C'est ce que je vois pointer dans l'essort du "populisme". Nous verrons dans quelques jours si cela se confirme avec la réélection de Trump.

Pour illustrer un peu la division modernisme/postmodernisme qui s'est opérée au sein du progressisme, je citerai pêle-mêle parmi les représentants du courant moderniste que l'on a entendus récemment dans les médias : Elisabeth Badinter, Michel Onfray, Sylviane Agacinski, Alain Bauer, Jean-Pierre Chevènement, Emmanuel Valls, Caroline Fourest, Zineb el Rhazoui, Ces intellectuels, qui pour certains ont occupé l'avant-poste de la pensée progressiste il n'y a pas si longtemps, sont désormais l'objet de la haine des postmodernistes qui les accusent d'être des membres de la "fachosphère". C'est tellement ironique de voir ces anciens représentants du progressisme se retrouver les victimes de ce qu'ils ont eux-même infligé aux conservateurs...

C'est la Révolution qui à l'exemple de Saturne finit toujours par manger ses propres enfants. Une vieille tradition à laquelle ont goûté les Girondins, les mencheviques, les Sturmabteilung, etc.
images/icones/neutre.gif  ( 903200 )modernisme et modernité par jejomau (2020-10-25 23:05:23) 
[en réponse à 903171]

je ne vous rejoins pas sur le sens étroit que vous donnez au modernisme ici, nonobstant le fait que, stricto sensu, vous avez raison.

Je rejoins Candidus sur le phénomène qu'il décrit et qu'il nomme un "modernisme". Le modernisme dont il parle est par définition même une erreur donc une pustule pour le fonctionnement de la société en tant que telle. La modernité ne l'est pas forcément. Les enfants et les petit-enfants des soixante-huitards sont imprégnés de modernité mais ne sont pas tous imprégnés de modernisme. Nombreux même, vivant dans et par et de cette modernité dans laquelle ils baignent sont d'authentiques et vrais chrétiens fidèles au dépôt de la Foi catholique.. contrairement à d'authentiques modernistes cacochymes vieillards des années soixannte complètement imperméables à la modernité de notre monde contemporain car d'une autre époque.
images/icones/1a.gif  ( 903203 )Entretenir la confusion... par Luc de Montalte (2020-10-26 00:33:16) 
[en réponse à 903171]

... en jouant sur la polysémie du terme libéralisme, on est habitué mais ce n'est pas très rigoureux ni très honnête.
images/icones/rose.gif  ( 903224 )adressez vos sarcasmes à Emile Poulat et par Luc Perrin (2020-10-26 11:12:53) 
[en réponse à 903203]

à mes maîtres défunts comme aux sociologues et historiens vivants.

On est d'accord ou pas : j'ai juste repris les définitions usuelles pour le plus grand nombre.

Sans même élaborer sur votre adulation du libéralisme qui est du plus haut cocasse pour un catholique qui se dit - est-ce toujours le cas ? avec vos virevoltes façon abbé de cour du film "Ridicule" sait-on jamais - de Tradition.
En dehors des libéraux catholiques et catholiques libéraux, tous condamnés par le Magistère de Pie VII à pratiquement nos jours, la révérence envers le libéralisme est inconnue en catholicisme. Plus encore au sein des courants du traditionalisme.

Il est vrai que vous faisiez de Mario Draghi un modèle de sainteté :-) Humour montaltien sans doute ou lubie du moment, chacun jugera.


images/icones/1n.gif  ( 903239 )Sophismes comme d'habitude par Luc de Montalte (2020-10-26 12:16:33) 
[en réponse à 903224]

Ab autorictate, ad odium. Et il ne s'agit pas de moi ou de mes opinions, donc l'ad hominem est ici hors sujet. Petite calomnie pour conclure votre message, je n'ai jamais prétendu que Draghi était un saint, c'est vous qui le démonisiez par haine gratuite de l'Europe (et de tout ce que peut faire le pape, sans aucun discernement).
images/icones/1n.gif  ( 903202 )Bof par Luc de Montalte (2020-10-26 00:18:15) 
[en réponse à 903164]

Beaucoup de mots pour ne pas dire grand chose, mais passons, c'est quoi votre "messianisme identitaire" ?
images/icones/neutre.gif  ( 903212 )Messianisme identitaire / Intersectionnalité / "Identity politics" par Candidus (2020-10-26 08:55:52) 
[en réponse à 903202]

Ces termes sont censés décrire les différentes strates d'oppression qui se combinent au détriment des minorités (sexuelle, raciale, sociale, handicapée, obèse, religieuse, etc.) pour créer des modes de discrimination et permettre à la minorité mâle, blanche, hétérosexuelle, chrétienne de maintenir ses "privilèges".

On parle aussi de "marxisme culturel" et c'est en référence à ce terme que j'ai utilisé celui de "messianisme identitaire". Les marxistes ont tenté de recycler le messianisme chrétien en substituant la classe ouvrière au Messie Rédempteur. C'est par le sacrifice et l'ascension du prolétariat que la société sans classe communiste devait advenir. On sait ce que cela a donné. Une grande partie des progressistes occidentaux, devant l'échec du modèle communiste, ont substitué les "identités minoritaires opprimées" à la classe ouvrière et cela a donné cette nouvelle forme de messianisme constitué par ce que les Américains appellent aussi l'"identity politics".
images/icones/interdit.gif  ( 903219 )Confusions par Luc de Montalte (2020-10-26 10:28:16) 
[en réponse à 903212]

Les identity politics ce n'est pas du messianisme ou que sais-je, c'est du communautarisme, qu'il soit racial ou sexuel.

Et les mâles blancs hétérosexuels sont bien évidemment la majorité, et non une minorité parmi d'autres, plus encore chez nous en plus, d'où leur concept (bidon) de racisme systémique.

Enfin toujours le délire suivant lequel le communisme aurait disparu avec la chute du mur, ce qui est faux, l'actualité récente l'a bien prouvé.

Donc non.