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images/icones/find.gif  ( 902785 )Fratelli tutti : une encyclique à recevoir en catholique cohérent par Gereo (2020-10-20 16:49:33) 

Fr. Jean-Miguel Garrigues, op. - Publié le 17/10/20
https://fr.aleteia.org/2020/10/17/fratelli-tutti-une-encyclique-a-recevoir-en-catholique-coheren/

Le style abrupt de l’enseignement du pape François peut parfois heurter les sensibilités, mais c’est la nature de l’Église de contenir plusieurs approches. Quels que soient ses accents particuliers, une encyclique ne peut pas se recevoir en rupture avec l’enseignement constant du Magistère.

À lire et à entendre certaines réactions d’humeur, je constate que des catholiques sincères ont été troublés par la dernière encyclique du Pape sur la fraternité universelle. Pour aider à la recevoir en catholiques cohérents, je recommande la lecture attentive de l’article de Matthieu Detchessahar intitulé « La fraternité universelle n’est possible que si elle se construit autour d’une famille aimante et d’une nation unie ». En effet, cette manière de comprendre l’encyclique est, à mon avis, la seule possible, si on la lit non pas en rupture mais de manière homogène avec la doctrine sociale de l’Église et du Magistère antérieur.

Un catholique cohérent, ne pouvant pas soupçonner de rupture avec la Tradition, l’enseignement du successeur de Pierre qui exerce dans l’Église le magistère suprême n’a d’autre lecture possible qu’une interprétation de ce type. Laissons le reste de nos réactions sur le plan des mouvements d’humeur, ou de mauvaise humeur, que le style à l’emporte-pièce du pape François peut provoquer parfois chez des catholiques européens.

Une manière abrupte… comme le Christ !

Comme le montre le professeur Detchessahar, la doctrine qui est à la base de l’encyclique a été déjà enseignée au XXe siècle dans ses principes par la doctrine sociale du magistère pontifical antérieur, soit pour rappeler — contre le libéralisme — que la propriété privée n’est pas absolue mais est ordonnée à servir la destination universelle des biens créés par Dieu, soit pour condamner le principe de la suprématie absolue de la nation (maurrassisme) ou de la culture (tenants d’une Europe bastion). Ce qui peut choquer certains, c’est la manière de s’exprimer du Pape quand il rappelle ces exigences morales de toujours d’une manière si abrupte qu’elle peut sembler ignorer leur délicate mise en œuvre en prudence politique (cf. par exemple à propos du devoir d’accueil des migrants le n. 2241 du Catéchisme de l’Église catholique). Cela peut être ressenti comme un discours moralisateur, voire culpabilisateur, et provoquer en réaction des mouvements d’humeur.

Lui-même a admis cette limite de son approche en reconnaissant, par exemple en rentrant de Suède, pays largement ouvert aux immigrés, de possibles effets pervers comme la ghettoïsation. Mais n’est-ce pas aussi de cette manière abrupte que s’exprime parfois le Christ dans l’Évangile, auquel nous nous sommes sans doute trop habitués ? « Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent » (Mt 6, 24). « Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusque sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple » (Lc 14, 26). « Eh bien moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ; veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau » (Mt 5, 39-40).

Tous enfants du même Père

Cette encyclique est une longue exhortation sur le plan moral et théologal. On peut se demander si elle n’aurait pas été mieux comprise en étant précédée, comme les parénèses des épîtres pauliniennes, d’une catéchèse doctrinale sur les fondements de la fraternité universelle des hommes dans leur commune prédestination à la grâce d’adoption filiale et leur commun appel au salut en Jésus-Christ. Cela aurait évité que prenne chez des catholiques le contresens voulu que répand un vaticaniste connu pour son opposition systématique au pape François : « Tous frères, mais sans Dieu ». Ceci dit, en conformité avec la doctrine de la foi catholique on ne peut pas restreindre la filiation divine aux seuls baptisés. Comme le rappelle le concile Vatican II en une phrase que saint Jean Paul II a souvent reprise dans divers documents de son magistère : « Par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » (Gaudium et spes, 22, 2). Ce qui a des conséquences pour la proposition universelle du salut : « Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir (tenere debemus) que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal » (GS 22, 4).

N’est-ce pas cette même fraternité universelle que nous rappellent, en l’incarnant, des saints comme saint François et, plus près de nous, sainte Teresa de Calcutta ou le bienheureux Charles de Foucauld ?

Des accents quelque peu tiers-mondistes ?

N’est-ce pas cette même fraternité universelle que nous rappellent, en l’incarnant, des saints comme saint François et, plus près de nous, sainte Teresa de Calcutta ou le bienheureux Charles de Foucauld ? Le Pape le fait, certes, avec des accents qui sont les siens : ceux d’un chrétien quelque peu tiers-mondiste venu de l’hémisphère Sud, mais aussi d’une culture politique péroniste, qu’on dirait en France « catho de gauche ». Il ne nous oblige pas à partager ces accents, pas plus que les opinions humaines qu’ils véhiculent. Mais allons-nous à cause d’eux nous fermer à tout ce que cette encyclique a de rappel évangélique, en n’étant pas prêts à l’entendre, même en le recevant de manière homogène avec la doctrine sociale antérieure ? Pendant les deux pontificats précédents, des « cathos de gauche » ont entendu la parole de deux papes qui s’adressaient aux catholiques avec des accents qui n’étaient pas les leurs, certes sans prendre assez au sérieux le magistère. Ceux qui ne veulent pas être des « cathos de gauche », sans pour autant se reconnaître comme des « cathos de droite », ne seraient-ils pas capables de faire de même à leur tour ? Ou ne sont-ils prêts à entendre le Pape que quand il leur passe la main dans le sens du poil ?

Ce qui risque de menacer les « catholiques observants », pour reprendre une des catégories selon lesquelles le sociologue et historien Yann Raison du Cleuziou classe très finement les catholiques français, c’est de s’identifier tellement à la doctrine de qu’ils en viennent inconsciemment à faire comme si l’Église était leur chose, à la manière d’un club privé. Or leur observance doctrinale s’accompagne inévitablement de tout un ensemble d’opinions et de plis culturels et sociaux qui risquent de former pour eux un tout avec l’objet de la foi. Qu’un pape parle avec d’autres références et ils ont du mal à entendre l’Évangile qu’il leur annonce à sa manière à lui, parce qu’elle n’est pas la leur. Alors, au lieu de prêter l’oreille à l’Évangile qui leur est rappelé, ils s’irritent et s’emploient aussitôt à refaire à leur goût ce que le pape aurait dû dire.

Ce faisant, sans s’en rendre compte, bien de ces catholiques « observants » se montrent très « modernes » et même « post-modernes », en étant plus sensibles au comment qu’au quoi du message. À cause de cela, ils peuvent être victimes du sensationnalisme des médias, voire des insinuations de certains blogs et sites qui, au nom d’une doctrine dont ils sont les interprètes et les gardiens autoproclamés, instillent souvent le soupçon contre le pape François, parfois au profit d’hommes d’Église romains qui ne veulent pas des efforts de celui-ci pour nettoyer la corruption de la Curie. Au contraire, en recevant la Parole de Dieu à travers le magistère d’un pape étranger à bien des égards, nous décentrons de notre optique particulière et nous nous ouvrons à la catholicité de l’Église.
images/icones/vatican.gif  ( 902790 )en ce moment sur kto grande assemblée à Rome par JVJ (2020-10-20 18:17:30) 
[en réponse à 902785]

En présence du pape et de nombreuses religions, rencontre organisée par Sant'Egidio.
Un arabophone parle avec émotion de l'échange d'un morceau de pain entre le pape et le grand imam Al Tayeb qui n'a hélas pas pu venir.
Il a parlé juste après le président italien, le patriarche de Constantinople (que je respecte beaucoup), le grand rabbin de France, ...

Le grand imam se plaint de la grande épidémie du racisme et de la discrimination, en lien avec la covid. Je viens de transcrire ce que la traductrice vient de dire.
Il espère la recherche d'un médicament... (oui, on compte aussi sur les pays musulmans pour trouver un jour quelque chose en médecine...).

Le concept de fraternité humaine est développé par le grand imam (celui de Bordeaux usurpe le titre, soit dit en passant).
Il invoque les valeurs de justice et d'égalité (ben tiens, si c'est lui qui le dit...). Il a peur de l'élimination des identités (quoi ! hein ?). La mondialisation menace les peuples (oui, oui, et seulement elle). Des peuples sont victimes de meurtres et de famines. La mondialisation sépare les êtres humains. Il regrette que l'argent soit dépensé en armes, et pas à l'école et à la santé (on se moque de qui, là ? combien de pays musulmans s'occupent de la santé de leur peuple ?). Il commente le meurtre de Paris. Il se dissocie de cela ! Acte criminel, pécheur, perverse et fausse. Mais abuser des religions n'est pas acceptable. Il fait la comparaison avec le terroriste néo-zélandais qui ne représente pas plus les catholiques du pape François, que le meurtrier de Paris n'a de rapport avec la religion de Mahomet (je transcris en direct, cette analogie est immonde).

Le grand égyptien remercie Sant'Egidio. Et tous d'applaudir.

Cela se passe sur le Capitole. Le pape est assis entre Bartholomeos et le grand rabbin français.

Qu'est-ce qu'ils sont biens ces phares de la pensée de la religion de paix...

Je ne pense pas que Bartholomeos soit aussi naïf que le pape. Les orthodoxes turcs sont étranglés par la Turquie. On y a tué des prêtres et des évêques.

Là, un grand vénérable japonais prend la parole. Je zappe, avec tout le respect que j'ai pour le Japon depuis 1945.
images/icones/neutre.gif  ( 902804 )Vous vous faites du mal par Gereo (2020-10-20 19:28:04) 
[en réponse à 902790]

à regarder tout ce barnum. En revanche je serais plus intéressé par vos réflexions sur l'article du père dominicain.
images/icones/fleur.gif  ( 902815 )Je me suis dévoué pour la communauté ! par JVJ (2020-10-20 21:08:50) 
[en réponse à 902804]

Pendant que certains font leur tennis, j'ai un oeil sur KTO qui ne retransmet pas que de la daube.

Et puis j'ai une antenne romaine qui m'indique quand des choses importantes se font. Il fallait que le lecteur honnête du FC sache que le pape était au Capitole en charmante compagnie. Et il n'y a parfois pas loin de la roche Tarpéienne et cetera.

Quand l'esprit d'Assise souffle à Rome, mêlé d'un vent égyptien, il faut le faire savoir.
images/icones/1p.gif  ( 902822 )Puree mais QUI regarde KTO ? par Ptitlu (2020-10-21 00:01:32) 
[en réponse à 902815]

Et toute leur propagande?
images/icones/5b.gif  ( 902838 )Il y a du bon de temps en temps par Adso (2020-10-21 10:08:28) 
[en réponse à 902822]

faut regarder la grille des programmes ! Et puis c'est aussi un thermomètre, certes pas toujours fiable, mais doit on pour cela casser l'indicateur ?
images/icones/fleche2.gif  ( 902810 )pour vous consoler... par fils du vent (2020-10-20 20:34:00) 
[en réponse à 902790]


https://www.youtube.com/watch?v=wUd1z5mE3Sk
images/icones/fleur.gif  ( 902814 )merci cher fils par JVJ (2020-10-20 21:05:23) 
[en réponse à 902810]

de m'avoir fait sourire... Je ne m'attendais pas à cela !