Le Forum Catholique
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( 902293 )
Fratelli tutti : tous frères, mais sans Dieu par Gaspard (2020-10-14 13:12:18)
C'est l'analyse du célèbre philosophe italien Salvatore Natoli, non croyant, mais qui approuve le contenu de Fratelli tuti... parce que l'hypothèse Dieu n'est pas nécessaire, ni même discutable, tout simplement une hypothèse qui ne mérite même plus d'être discutée.
Cette analyse est déjà publiée dans un livre sous la direction du non moins célèbre... Mgr Bruno Forte.
Source article de Sandro Magister + article de Natoli

( 902294 )
Mentalité très proche de l'idéal maçonnique ! par Jean-Paul PARFU (2020-10-14 13:38:36)
[en réponse à 902293]
Le texte a d'ailleurs été salué par la Franc-Maçonnerie espagnole.
Il s'agit d'une utopie millénariste, il s'agit d'un messianisme, mais pas d'un simple messianisme. Il s'agit d'un messianisme déchristianisé, ce qui fait qu'il est diabolique et particulièrement dangereux.
Frères, mais avec pour seul objectif l'ici-bas ;
Frères, mais sans tenir compte du péché originel ;
Frères, mais avec la volonté de recréer le Paradis terrestre dont l'homme a pourtant été chassé et qui est désormais clos !
Frères, mais sans Père Dieu-Trinité ;
Frères, mais sans Sauveur ;
Frères, mais en faisant l'impasse sur la Vérité et sur le Bien ;
Frères, mais de manière abstraite, proclamée, mais non de manière concrète, parfois cachée, dans la charité ;
Frères, mais sans tenir compte ici-bas des médiations qui permettent d'aller du particulier à l'universel et que sont la famille, les clans et tribus, les nations et les grandes aires civilisationnelles que l'on détruit !
Le Catéchisme de l'Eglise catholique (1992-1998) dénonce cette mentalité :
675 Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le " mystère d’iniquité " sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Th 2, 4-12 ; 1 Th 5, 2-3 ; 2 Jn 7 ; 1 Jn 2, 18. 22).
676 Cette imposture antichristique se dessine déjà dans le monde chaque fois que l’on prétend accomplir dans l’histoire l’espérance messianique qui ne peut s’achever qu’au-delà d’elle à travers le jugement eschatologique : même sous sa forme mitigée, l’Église a rejeté cette falsification du Royaume à venir sous le nom de millénarisme (cf. DS 3839), surtout sous la forme politique d’un messianisme sécularisé, " intrinsèquement perverse " (cf. Pie XI, enc. " Divini Redemptoris " condamnant le " faux mysticisme " de cette " contrefaçon de la rédemption des humbles " ; GS 20-21).
677 L’Église n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa Résurrection (cf. Ap 19, 1-9). Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Église (cf. Ap 13, 8) selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal (cf. Ap 20, 7-10) qui fera descendre du Ciel son Épouse (cf. Ap 21, 2-4). Le triomphe de Dieu sur la révolte du mal prendra la forme du Jugement dernier (cf. Ap 20, 12) après l’ultime ébranlement cosmique de ce monde qui passe (cf. 2 P 3, 12-13). »
Voir aussi ce post
ici

( 902296 )
Faux par Ion (2020-10-14 14:28:12)
[en réponse à 902294]
Toutes vos objections sont fausses, énoncées gratuitement, sans l'ombre d'un argument sérieux, sans analyse du texte dans son ensemble ni des références qui y sont données sur la pensée de François, son enseignement constant enraciné dans le Christ et sa remarquable continuité.
Sans Jésus nous ne pouvons rien faire
Frères, mais avec pour seul objectif l'ici-bas ;
Faux
Frères, mais sans tenir compte du péché originel ;
Faux
Frères, mais avec la volonté de recréer le Paradis terrestre dont l'homme a pourtant été chassé et qui est désormais clos !
Faux
Frères, mais sans Père Dieu-Trinité ;
Faux
Frères, mais avec la volonté de recréer le Paradis terrestre dont l'homme a pourtant été chassé et qui est désormais clos !
Faux
Frères, mais en faisant l'impasse sur la Vérité et sur le Bien ;
Faux
Frères, mais de manière abstraite, proclamée, mais non de manière concrète, parfois cachée, dans la charité ;
Faux
Frères, mais sans tenir compte ici-bas des médiations qui permettent d'aller du particulier à l'universel et que sont la famille, les clans et tribus, les nations et les grandes aires civilisationnelles que l'on détruit !
Faux

( 902297 )
Vous trouvez les réponses... ailleurs que dans Fratelli Tutti par Gaspard (2020-10-14 14:47:42)
[en réponse à 902296]
L'encyclique elle-même est absolument raplaplat, pas de transcendance. Elle n'y est pas hostile, comme le relève l'honorable incroyant autoproclamé Salvatore Natoli que publie Mgr Forte pour commenter l'encyclique, mais simplement totalement indifférente.
Les affirmations de JPP sont vraies: l'expression "péché originel" ne figure même pas dans l'encyclique, ni même le mot Trinité - sauf une seule occurrence en annexe dans une prière chrétienne oecuménique - le mot même de paradis est absent (sauf dans une seule expression : "paradis éternel sur terre", sic !), le paragraphe 50 parle bien de vérité mais sans aucune référence explicitement chrétienne - il est question d'Internet, d'écran, de fraternité etc., les deux paragraphes 54 et 55 sont surtitrés "Espérance" mais sont parfaitement profanes etc.
Fratelli tutti en français sur le site du Vatican
Donc vous n'êtes vraiment pas fondé à dire que "toutes les affirmations" de JPP sont fausses. Malheureusement. Bonne journée

( 902300 )
Prenons ... par Ion (2020-10-14 15:08:12)
[en réponse à 902297]
... la première affirmation de JPP. Où lisez-vous, dans l'encyclique, que le seul objectif de la fraternité humaine serait l'ici-bas ?
Pensez-vous que les lecteurs de cette encyclique imaginent un seul instant que c'est ce qu'entend le Pape ?
Toutes les autres affirmations sont malheureusement tout aussi gratuites.
Ion

( 902304 )
et où voyez-vous par Regnum Galliae (2020-10-14 17:09:44)
[en réponse à 902300]
que l'objectif de la fraternité humaine est le salut de l'âme ?

( 902301 )
Vrai. par Yves Daoudal (2020-10-14 15:24:38)
[en réponse à 902296]
Pour prendre un seul exemple:
"Frères, mais sans tenir compte du péché originel"
L'encyclique non seulement ne tient pas compte du péché originel mais le nie, en prétendant que l'homme a toujours été pécheur:
Le problème, c’est la fragilité humaine, la tendance constante à l’égoïsme de la part de l’homme qui fait partie de ce que la tradition chrétienne appelle “concupiscence” : le penchant de l’être humain à s’enfermer dans l’immanence de son moi, de son groupe, de ses intérêts mesquins. Cette concupiscence n’est pas un défaut de notre temps. Elle existe depuis que l’homme est homme (...).
Eh bien quand on est chrétien on sait que ce n'est pas vrai. On sait même que c'est un blasphème de prétendre que Dieu a créé l'homme concupiscent. Et le Verbe n'avait aucune raison de s'incarner si Dieu avait créé l'homme avec des "défauts". C'est tout le christianisme qui s'écroule. Au nom de l'islamiquement correct qui irrigue boueusement l'encyclique.

( 902302 )
Sans vouloir entrer dans un débat ... par Ion (2020-10-14 16:03:47)
[en réponse à 902301]
... théologique des plus complexes sur la doctrine du péché originel, il est intéressant de citer GS "Établi par Dieu dans un état de justice, l’homme, séduit par le Malin, dès le début de l’histoire, a abusé de sa liberté, en se dressant contre Dieu et en désirant parvenir à sa fin hors de Dieu."
Ce "dès le début" est synonyme de l'expression "depuis que l'homme est homme".
Par ailleurs, il ne faut pas confondre la doctrine du péché originel, doctrine nous enseignant sur un état commun à tout homme, et le récit allégorique d'un acte, le péché de nos premiers parents. (Pour lire sur la différence entre état et acte, se reporter au CEC 404)
Quant à la formulation actuelle sur cette doctrine du péché originel, rappelons les propos du cardinal Ratzinger en 1985 : "L’incapacité de comprendre et de présenter le ’péché originel’ est vraiment un des problèmes les plus graves de la théologie et de la pastorale actuelle"
Alors, accuser le Pape de blasphème par rapport à son raccourci "depuis que l'homme est homme" est un peu ridicule et assez malveillant.
Ion

( 902303 )
Donc selon vous par Yves Daoudal (2020-10-14 16:33:03)
[en réponse à 902302]
avant le péché l'homme n'était pas homme. Cela rend encore plus inutile la rédemption.
Evidemment, le péché originel c'est "dès le début de l'histoire". Le paradis de l'origine, c'est "avant" l'histoire. Mais "avant" l'histoire, l'homme créé par Dieu est homme.
C'est vous qui êtes très dur - mais juste - avec François quand vous pointez son "incapacité de comprendre et de présenter le péché originel"...

( 902324 )
De la part du Pape lui-même par Rothomagus (2020-10-14 22:04:12)
[en réponse à 902302]
L'exactitude est attendue. C'est même la première des politesses qui est due à l'Eglise, dont il a la charge de la conduire.
Nous méritons mieux que des considérations du café du commerce de sa part. Cela me fait penser aux grands débats "philosophiques" que l'on peut entendre émerger aux comptoirs avant la fermeture. Du bon sens appliqué sur des prémisses fausses, ou sur des éléments dont il manque une clé essentielle pour la bonnne compréhension de l'ensemble.

( 902331 )
[réponse] par Pueri Dominum (2020-10-15 09:27:50)
[en réponse à 902296]
" Toutes vos objections sont fausses, énoncées gratuitement, sans l'ombre d'un argument sérieux"
J'ai l'impression que les réponses que vous apportez à chacun des arguments avancés par M. Parfu ne sont pas vraiment argumentées...
Le simple fait de répondre "FAUX" est un peu léger et ne fait pas de votre analyse une vérité (me semble-t-il...)
Pueri Dominum.

( 902295 )
Lavoisier déjà ? Pourtant il eut la tête tranchée quand même par Glycéra (2020-10-14 14:10:17)
[en réponse à 902293]
N'est-ce pas Lavoisier qui disait qu'on "n'avait pas besoin de cette hypothèse"
Glycéra
Qui a relu il y a peu l'Introduction aux systèmes philosophiques de Don Rosmini, justement où il fustige la castration philosophique de ceux qui écartent ainsi une hypothèse, quand elle dérange leur petite tête ...
Enlever une hypothèse ? Et alors, quel crédit à vos études ?
Enlever l'hypothèse qu'un oiseau puisse voler, et vous niez la réalité.
Quand on agit ainsi, peu à peu, l'oeil ne sait plus voir ce qui est pourtant là.
Et l'oeil du coeur perd la vision de Dieu, donc la réalité de son Amour et de la Joie qu'Il promet.
Simple honnêteté intellectuelle.
Même pas besoin d'aller au spirituel pour s'en rendre compte.

( 902298 )
C'est Laplace par Gaspard (2020-10-14 14:50:32)
[en réponse à 902295]
En 1847, Victor Hugo nous rapporte que le savant François Arago aimait à raconter l'anecdote suivante : lorsque Laplace publia les derniers tomes de son Traité de Mécanique céleste, l'empereur Napoléon le convoqua et l'apostropha, furieux : « Comment, vous donnez les lois de toute la création et, dans tout votre livre, vous ne parlez pas une seule fois de l'existence de Dieu ! – Sire, répondit Laplace, je n'avais pas besoin de cette hypothèse. »
Source biographie de Laplace sur Wikipedia

( 902299 )
Sire, répondit Laplace, je n'avais pas besoin de cette hypothèse par Gaspard (2020-10-14 14:52:14)
[en réponse à 902298]
Je précise pour qu'il n'y ait pas de confusion Laplace n'a pas eu la tête tranchée. Bonne journée !

( 902312 )
Par pitié... par Marchenoir (2020-10-14 18:44:29)
[en réponse à 902295]
Enlever l'hypothèse qu'un oiseau puisse voler, et vous niez la réalité
.
Qu'un oiseau puisse voler n'est pas une hypothèse, c'est une vérité factuelle. Une hypothèse est un présupposé sur lequel on s'appuie pour développer un raisonnement et construire une théorie. Qu'allez-vous chercher ?
Newton se posait la question de la stabilité du système solaire : les trajectoires des planètes pourraient-elles les conduire à s'entrechoquer, ou bien à s'échapper et fuir hors du système solaire ? Il n'en savait en réalité trop rien et il pensa avoir besoin de l'hypothèse d'une intervention divine constante pour garantir une stabilité qu'il ne parvenait pas à déduire des lois qu'il avait trouvées : des anges rectifiaient perpétuellement les mouvements des planètes avec leurs petites mains et leurs petites ailes. Plus tard, Laplace trouva comment déduire cette stabilité des seules lois physiques, du moins le crut-il. Napoléon, qui se piquait de mécanique (membre de l'Institut - rires), lui fit remarquer que l'hypothèse de l'intervention divine, postulée par Newton, avait disparue de sa théorie, et Laplace lui répondit simplement qu'il n'avait pas eu besoin de cette hypothèse. Aucune volonté de dire autre chose que ce qu'il a dit : pas besoin de l'hypothèse d'une intervention physique de Dieu ou de ses anges pour faire tourner les planètes. Diriez-vous autre chose ?

( 902757 )
Je faisais allusion à "un bourdon ne peut pas voler" par Glycéra (2020-10-20 12:53:05)
[en réponse à 902312]
Fin XIX° dans la dispute des "plus lourds que l'air", il y eu une communication à l'Académie des Sciences.
(Revue Nature vers 1880, volume relié en rouge lue chez mes grands-parents il y a quelques décennies)
Le gars pose ses équations, calcule, avance, fait des relations, et conclut :
- Voyez Messieurs, ces données prouvent qu'on ne peut pas voler avec des caractéristiques telles que celles-ci.
- Bravo ! Enfin, nous avons la preuve !
- La preuve de quoi ? J'ai pris les dimensions d'un bourdon, et le bourdon imbécile illettré n'a pas lu ma démonstration. Et lui ? Il vole !
Voilà à quoi je faisais allusion.
Sur fond de cet aphorisme : " un génie ? c'est quelqu'un qui ne savait pas que c'était impossible et qui, lui, fait fonctionner le machin !"
Voilà pourquoi je partais d'une hypothèse ...
Elle est seulement plus criante que celle des dignes philosophes qui acceptent toutes les idées, sauf l'hypothèse de Dieu ...
Ma réponse est-elle plus claire ?
Merci de la rectification en nommant Laplace. Effectivement j'ai mal retenu la fin du nom... Pardon à Lavoisier.
Glycéra
Maintenant que Laplace se plante dans sa conception du temps et du hors-temps, c'est une autre chose.

( 902734 )
Quelle est donc la "cohérence" ou la "logique" de Fratelli tutti ? par Scrutator Sapientiæ (2020-10-20 06:11:36)
[en réponse à 902293]
Bonjour Gaspard,
Depuis que j'en ai commencé la lecture, je m'interroge sur la "cohérence", ou sur la "logique" de la lettre encyclique Fratelli tutti.
Je cite ici le pape François :
" La fin de la conscience historique
13. C’est précisément pourquoi s’accentue aussi une perte du sens de l’histoire qui se désagrège davantage. On observe la pénétration culturelle d’une sorte de ‘‘déconstructionnisme’’, où la liberté humaine prétend tout construire à partir de zéro. Elle ne laisse subsister que la nécessité de consommer sans limites et l’exacerbation de nombreuses formes d’individualisme dénuées de contenu. C’est dans ce sens qu’allait un conseil que j’ai donné aux jeunes : « Si quelqu’un vous fait une proposition et vous dit d’ignorer l’histoire, de ne pas reconnaître l’expérience des aînés, de mépriser le passé et de regarder seulement vers l’avenir qu’il vous propose, n’est-ce pas une manière facile de vous piéger avec sa proposition afin que vous fassiez seulement ce qu’il vous dit ? Cette personne vous veut vides, déracinés, méfiants de tout, pour que vous ne fassiez confiance qu’à ses promesses et que vous vous soumettiez à ses projets. C’est ainsi que fonctionnent les idéologies de toutes les couleurs qui détruisent (ou dé-construisent) tout ce qui est différent et qui, de cette manière, peuvent régner sans opposition. Pour cela elles ont besoin de jeunes qui méprisent l’histoire, qui rejettent la richesse spirituelle et humaine qui a été transmise au cours des générations, qui ignorent tout ce qui les a précédés ».[10]
14. Ce sont les nouvelles formes de colonisation culturelle. N’oublions pas que « les peuples qui aliènent leur tradition, et qui par une manie imitative, par violence sous forme de pressions, par une négligence impardonnable ou apathie, tolèrent qu’on leur arrache leur âme, perdent, avec leur identité spirituelle, leur consistance morale et, enfin, leur indépendance idéologique, économique et politique ».[11] Un moyen efficace de liquéfier la conscience historique, la pensée critique, la lutte pour la justice ainsi que les voies d’intégration consiste à à vider de sens ou à instrumentaliser les mots importants. Que signifient aujourd’hui des termes comme démocratie, liberté, justice, unité ? Ils ont été dénaturés et déformés pour être utilisés comme des instruments de domination, comme des titres privés de contenu pouvant servir à justifier n’importe quelle action. "
Donc, si je comprends bien, quand le "déconstructionnisme" sévit dans l'Eglise catholique, comme c'est le cas depuis le début de l'avant-Concile, et quand il va dans "le bon sens", ou dans une direction considérée comme "bonne" par les hommes d'Eglise qui sont aujourd'hui les continuateurs des clercs catholiques déconstructionnistes, d'abord ante-conciliaires, ensuite intra-conciliaires, et enfin post-conciliaires, c'est "bien" ?
Mais, en revanche, quand le "déconstructionnisme" sévit dans le monde contemporain, comme c'est le cas au moins depuis le milieu du XX° siècle, et quand il va dans "le mauvais sens", ou dans une direction qualifiée de "mauvaise" par les mêmes hommes d'Eglise, c'est mal ?
De même, si je comprends bien, la "colonisation culturelle", philosophique et théologique, qui a amplement contribué à l'apparition de la crise ou ou au déclenchement de la mutation de l'Eglise catholique, c'est "bien", mais, en revanche, la "colonisation culturelle", telle qu'elle est décrite et dénoncée ci-dessus par le pape François, c'est "mal" ?
Merci beaucoup pour tout élément de réponse au problème que je soulève et bonne journée.
Scrutator.

( 902736 )
Où lisez-vous dans l'encyclique que ... par Ion (2020-10-20 09:16:49)
[en réponse à 902734]
... le "déconstructionnisme" sévit dans l'Eglise catholique, (...) quand il va dans "le bon sens", ou dans une direction considérée comme "bonne" par les hommes d'Eglise (...) c'est "bien" ?
Le terme "déconstructionnisme" n'est cité qu'au n°13, en négatif, et nulle part ailleurs.
Ion

( 902959 )
J'ai mal écrit ou vous avez mal compris. par Scrutator Sapientiæ (2020-10-22 08:29:09)
[en réponse à 902736]
Bonjour et merci, Ion.
J'ai mal écrit ou vous avez mal compris, car en l'occurrence la contradiction que je pointe du doigt n'est pas située au sein même de la lettre encyclique Fratelli tutti, du pape François, mais entre les appréciations du pape François contre le "déconstructionnisme" puis contre la "colonisation culturelle" et le fait que le même pape est le continuateur de papes qui, à partir du début des années 1960, ont commencé puis continué à accepter, voire, parfois, à approuver
- une certaine forme de déconstructionnisme intra-ecclésial, au préjudice de la poursuite de la prise en compte du christianisme catholique antérieur au début des années 1960,
et
- un certain type de colonisation culturelle de l'Eglise, par des conceptions philosophiques et théologiques exogènes, qui contribuent à la dénaturation du catholicisme, depuis le début des années 1960.
Je vous remercie de me donner l'occasion d'apporter la précision qui figure ci-dessus et je vous souhaite une bonne journée.
Scrutator.

( 903053 )
Puisque vous précisez maintenant ... par Ion (2020-10-22 16:02:23)
[en réponse à 902959]
... que ce n'est pas dans Fratelli Tutti qu'il faut chercher, (je vous rappelle quand même que votre titre initial parlait de cohérence de Fratelli Tutti et que votre conclusion sur une incohérence ou un manque de logique ne faisait référence à aucun autre écrit) pouvez-vous citer les propos du Pape, ailleurs, approuvant le déconstructionnisme en contradiction directe avec Fratelli Tutti ?
Ion

( 902735 )
Même question, au contact des n°s 206 à 214 de FT. par Scrutator Sapientiæ (2020-10-20 06:54:36)
[en réponse à 902293]
Rebonjour à Gaspard,
Je me permets la même question, sur la cohérence ou la logique présente dans Fratelli tutti, au contact du passage qui va du numéro 206 au numéro 214 de cette lettre encyclique :
" Le fondement des consensus
206. Le relativisme n’est pas une solution. Sous le couvert d’une prétendue tolérance, il finit par permettre que les valeurs morales soient interprétées par les puissants selon les convenances du moment. En définitive, « s’il n’existe pas de vérités objectives ni de principes solides hors de la réalisation de projets personnels et de la satisfaction de nécessités immédiates […], nous ne pouvons pas penser que les projets politiques et la force de la loi seront suffisants […]. Lorsque la culture se corrompt et qu’on ne reconnaît plus aucune vérité objective ni de principes universellement valables, les lois sont comprises uniquement comme des impositions arbitraires et comme des obstacles à contourner ».[201]
207. Est-il possible de prêter attention à la vérité, de rechercher la vérité qui correspond à notre réalité la plus profonde ? Qu’est-ce que la loi sans la conviction, acquise après un long cheminement de réflexion et de sagesse, que tout être humain est sacré et inviolable ? Pour qu’une société ait un avenir, il lui faut cultiver le sens du respect en ce qui concerne la vérité de la dignité humaine à laquelle nous nous soumettons. Par conséquent, on n’évitera pas de tuer quelqu’un uniquement pour éluder la réprimande de la société et le poids de la loi, mais par conviction. C’est une vérité incontournable que nous reconnaissons par la raison et que nous acceptons par la conscience. Une société est noble et respectable aussi par son sens de quête de la vérité et son attachement aux vérités les plus fondamentales.
208. Il faut s’exercer à démasquer les divers genres de manipulation, de déformation et de dissimulation de la vérité, dans les domaines publics et privés. Ce que nous appelons “vérité”, ce n’est pas seulement la diffusion de faits par la presse. C’est avant tout la recherche des fondements les plus solides de nos options ainsi que de nos lois. Cela suppose qu’on admette que l’intelligence humaine puisse aller au-delà des convenances du moment et saisir certaines vérités qui ne changent pas, qui étaient vraies avant nous et le seront toujours. En explorant la nature humaine, la raison découvre des valeurs qui sont universelles parce qu’elles en dérivent.
209. Autrement, ne pourrait-il pas arriver que les droits humains élémentaires, considérés aujourd’hui comme inaliénables, soient niés par les puissants du moment avec le ‘‘consentement’’ d’une population endormie et intimidée ? Un simple consensus entre les différents peuples, qui peuvent aussi être manipulés, ne serait pas non plus suffisant. Les preuves abondent sur tout le bien que nous sommes en mesure d’accomplir, mais en même temps, nous devons reconnaître la capacité de destruction qui nous habite. L’individualisme indifférent et impitoyable dans lequel nous sommes tombés n’est-il pas aussi le résultat de la paresse à rechercher les valeurs les plus élevées qui sont au-dessus des besoins de circonstance ? S’ajoute au relativisme le risque que le puissant ou le plus rusé finisse par imposer une prétendue vérité. Par contre, « par rapport aux normes morales qui interdisent le mal intrinsèque, il n’y a de privilège ni d’exception pour personne. Que l’on soit le maître du monde ou le dernier des misérables sur la face de la terre, cela ne fait aucune différence : devant les exigences morales, nous sommes tous absolument égaux ».[202]
210. Ce qui nous arrive aujourd’hui et qui nous entraîne dans une logique perverse et vide, c’est qu’il se produit une assimilation de l’éthique et de la politique à la physique. Le bien et le mal en soi n’existent pas, mais seulement un calcul d’avantages et de désavantages. Ce glissement de la raison morale a pour conséquence que le droit ne peut pas se référer à une conception essentielle de la justice mais qu’il devient le reflet des idées dominantes. Nous entrons là dans une dégradation : avancer “en nivelant par le bas” au moyen d’un consensus superficiel et négocié. Ainsi triomphe en définitive la logique de la force.
Le consensus et la vérité
211. Dans une société pluraliste, le dialogue est le chemin le plus adéquat pour parvenir à reconnaître ce qui doit toujours être affirmé et respecté, au-delà du consensus de circonstance. Nous parlons d’un dialogue qui a besoin d’être enrichi et éclairé par des justifications, des arguments rationnels, des perspectives différentes, par des apports provenant de divers savoirs et points de vue, un dialogue qui n’exclut pas la conviction qu’il est possible de parvenir à certaines vérités élémentaires qui doivent ou devraient être toujours soutenues. Accepter qu’existent des valeurs permanentes, même s’il n’est pas toujours facile de les connaître, donne solidité et stabilité à une éthique sociale. Même lorsque nous les avons reconnues et acceptées grâce au dialogue et au consensus, nous voyons que ces valeurs fondamentales sont au-dessus de tout consensus ; nous les reconnaissons comme des valeurs qui transcendent nos contextes et qui ne sont jamais négociables. Notre compréhension de leur signification et de leur portée pourra croître – et en ce sens le consensus est une chose dynamique – mais, en elles-mêmes, elles sont considérées comme stables en raison de leur sens intrinsèque.
212. Si quelque chose est toujours souhaitable pour le bon fonctionnement de la société, n’est-ce pas parce que derrière se trouve une vérité permanente que l’intelligence peut saisir ? Dans la réalité même de l’être humain et de la société, dans leur nature intime, réside une série de structures fondamentales qui soutiennent leur développement et leur survie. Il en découle certaines exigences qui peuvent être découvertes grâce au dialogue, bien qu’elles ne soient pas strictement le fruit d’un consensus. Le fait que certaines normes soient indispensables à la vie sociale elle-même est un indice extérieur qu’elles sont une chose bonne en soi. Par conséquent, il n’est pas nécessaire d’opposer la convenance sociale, le consensus et la réalité d’une vérité objective. Ces trois choses peuvent s’unir harmonieusement lorsque, à travers le dialogue, les personnes osent aller jusqu’au fond d’une question.
213. S’il faut respecter en toute situation la dignité d’autrui, ce n’est pas parce que nous inventons ou supposons la dignité des autres, mais parce qu’il y a effectivement en eux une valeur qui dépasse les choses matérielles et les circonstances, et qui exige qu’on les traite autrement. Que tout être humain possède une dignité inaliénable est une vérité qui correspond à la nature humaine indépendamment de tout changement culturel. C’est pourquoi l’être humain a la même dignité inviolable en toute époque de l’histoire et personne ne peut se sentir autorisé par les circonstances à nier cette conviction ou à ne pas agir en conséquence. L’intelligence peut donc scruter la réalité des choses, à travers la réflexion, l’expérience et le dialogue, pour reconnaître, dans cette réalité qui la transcende, le fondement de certaines exigences morales universelles.
214. Ce fondement pourra paraître suffisant aux agnostiques pour conférer aux principes éthiques fondamentaux et non négociables une validité universelle ferme et stable en mesure d’empêcher de nouvelles catastrophes. Pour les croyants, cette nature humaine, source de principes éthiques, a été créée par Dieu qui, en définitive, donne un fondement solide à ces principes.[203] Cela ne conduit pas au fixisme éthique ni n’implique l’imposition d’un quelconque système moral, vu que les principes moraux élémentaires et universellement valides peuvent générer diverses normes pratiques. Mais cela laisse toujours de la place au dialogue. "
Je vois bien en quoi il y a une différence de degré, mais je ne vois pas en quoi il y a une différence de nature,
- entre ce qui est décrit du numéro 206 au numéro 210,
- et ce qui est décrit du numéro 211 au numéro 214.
Je le formule autrement : je vois bien en quoi il y a une différence de degré entre le relativisme et le perspectivisme, mais je ne vois pas en quoi il y a une différence de nature entre l'un et l'autre.
Merci encore pour toute réponse au problème que je soulève et bonne journée.
Scrutator.