Le Forum Catholique
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( 902070 )
Suppression de la liberté d'enseignement : réaction d'Anne Coffinier par Goupillon (2020-10-10 11:10:06)
Pour Anne Coffinier, présidente de Créer son école et d’Educ’France, la décision d’Emmanuel Macron d’interdire l’école à la maison, sauf raison médicale, loin d’endiguer l’islamisme, laisse prospérer le problème en stigmatisant les bons élèves de la liberté scolaire.
L’interdiction de l’enseignement à domicile vous semble-t-elle utile pour lutter contre le développement de l’islamisme ?
Le marteau tape fort, mais à côté de l’enclume ! Une telle mesure entretient un amalgame qui fait le jeu des islamistes. Toutes les formes d’enseignement alternatives à l’école publique seraient dangereuses. Mais c’est faux ! Elles sont inspectées chaque année. Le séparatisme islamiste, lui, ne se développe qu’anecdotiquement dans l’enseignement à domicile, ou dans le hors-contrat déclarés et soumis à contrôles réguliers. Il se déploie plutôt dans des structures informelles. Or les dispositions citées par le président ne visent pas cet enseignement clandestin. Le président ne parle non plus des enfants régulièrement exclus de l’école, qui se trouvent à la rue la moitié de l’année et fréquentent des réseaux délinquants ou islamistes. Certains de ces jeunes se retrouvent régulièrement impliqués dans des réseaux de drogue comme guetteurs tombent dans la petite délinquance, font un peu de prison et en sortent radicalisés. Il n’aborde pas non plus le séparatisme à l’intérieur même de l’école publique, alors même que ce phénomène est largement documenté par Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, qui vient de publier Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, ou encore par le député LR Eric Diard ou le député de gauche François Pupponi, tous deux auteurs de rapports et livres sur la radicalisation au cœur de service public.
En outre, la mesure empêche l’administration, à qui on demande énormément déjà, de faire correctement son travail et de traquer ceux qui privent leurs enfants d’une instruction digne de ce nom. La mesure provoquera forcément une multiplication de contrôles lors de la re-scolarisation d’environ 25 000 enfants à la rentrée 2021, si l’on compte que sur les 50 000 enfants bénéficiant d’une instruction à domicile, 25 000 d’entre eux sont porteurs de handicap. Il faudra également gérer toutes les demandes de dérogation qui ne manqueront pas d’arriver, et qui concerneront probablement les 25 000 enfants en question. Les services d’inspection vont naturellement se trouver débordés et ne pourront plus correctement contrôler les écoles hors contrat, ni inspecter les enseignants du sous-contrat ou du public dont les carrières vont se trouver à l’arrêt. Ce sera une couteuse usine à gaz administrative.
Comment ont réagi les parents concernés à une telle annonce ?
Emmanuel Macron ne mesure pas la force des réactions que sa proposition suscite. La mesure est perçue comme totalement choquante, alors que tant d’enfants sont aujourd’hui en souffrance dans le système scolaire. L’interdiction de l’instruction en famille est la dernière chance pour beaucoup d’enfants pour qui le système scolaire français n’est pas adapté. Alors que l’Éducation nationale peine à accueillir les enfants à besoin spécifique et à endiguer des phénomènes comme le harcèlement scolaire, interdire l’école à la maison revient à tirer sur l’ambulance. Une question prioritaire de constitutionnalité sera très vraisemblablement déposée par les parlementaires. Même si la décision du Conseil constitutionnel de 1977 n’aborde pas la question de l’école à la maison, il est clair que, « le principe de liberté de l’enseignement constitue l'un des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». La question constitutionnelle reste ouverte. Tout dépendra de la rédaction exacte du projet de loi. Ensuite, il est évident que les amendements seront très nombreux pour obtenir des dérogations pour tous les cas ayant besoin de pouvoir continuer à faire l’école à la maison. Psychologiquement, on passerait du droit à choisir le mode d’enseignement de son enfant à l’interdiction, sauf dérogation, de poser un tel choix. C’est une infantilisation du peuple français qui ne va pas dans le sens nécessaire de la responsabilisation toujours plus forte des parents et des enfants en matière d’éducation. L’urgence est d’obtenir une implication accrue des familles dans l’éducation, pas de les démobiliser, en leur expliquant, à l’instar de Danton, que l’État sait mieux qu’elles-mêmes ce qui est bon pour leurs enfants. Ce serait une régression de l’État de droit d’avoir désormais à se justifier pour exercer une liberté fondamentale.
Source :
Famille Chrétienne (propos recueillis par Pauline Quillon)

( 902071 )
Dans le dernier paragraphe par Jipé (2020-10-10 11:16:45)
[en réponse à 902070]
Je vois écrit : "L’interdiction de l’instruction en famille est la dernière chance pour beaucoup d’enfants pour qui le système scolaire français n’est pas adapté".
Je verrais plutôt : "L’instruction en famille est la dernière chance pour beaucoup d’enfants pour qui le système scolaire français n’est pas adapté". Mais bon...

( 902073 )
Vous avez raison par Goupillon (2020-10-10 11:28:14)
[en réponse à 902071]
Votre remarque est pertinente. Cela m'a échappé. J'ai vérifié, l'erreur se trouve dans l'article publié sur le site de Famille Chrétienne. Je corrigerai plutôt ainsi : « L’interdiction de l’instruction en famille, c'est l'interdiction de la dernière chance pour beaucoup d’enfants pour qui le système scolaire français n’est pas adapté ». Peu importe, nous avons compris l'idée.
Merci de votre vigilance !

( 902082 )
Souvent la montagne accouche d une souris par Germanicus (2020-10-10 15:17:40)
[en réponse à 902073]
On va vider la France de ses islamistes? fermer toutes les ecoles radicales musulmanes???
On verra... Depuis les coups de Karcher ,jamais donnés ,on est juste dans de la com apres le proces Charlie Hebdo;

( 902083 )
Coup d'épée dans l'eau par Goupillon (2020-10-10 17:57:32)
[en réponse à 902082]
Anne Coffinier confirme ce que nous avons été plusieurs à montrer : l'islamisme est plus que marginal dans l'enseignement à la maison, il est anecdotique. Il est remarquable que le Ministère de l'Éducation Nationale ne donne pas les chiffres des nombreux cas prétendument recensés.
Vouloir endiguer l'islamisme en suspendant voire en abolissant la liberté d'enseignement est frapper à côté du problème. Volontairement. Le Président veut déterrer la hache de guerre scolaire. Il le revendique dans son discours, assumant d'ailleurs un radicalisme qu'il prétend pourchasser chez les autres.
Répétons-le : la lutte contre l'islamisme est l'arbre qui cache la forêt de la tyrannie scolaire, de cet État Éducateur qui entend usurper l'autorité légitime des parents et étouffer leur liberté d'élever et d'instruire leurs enfants.
Un enfant sera obligatoirement retiré à ses parents pour être éduqué à l'école de l'État ou contrôlé par l'État. La France. En 2021.

( 902085 )
L'empire totalitaire de l'Éducation (anti-)nationale par vistemboir2 (2020-10-10 18:19:24)
[en réponse à 902083]
celle-ci étant confisquée par les syndicats (de gôche, bien sûr) et la franc-maçonnerie pour formater les cerveaux des enfants : une tel "centralisme démocratique" de l'enseignement n'a d'équivalent que dans la défunte Union Soviétique.
Il est d'ailleurs curieux que l'Union Européenne, si "libérale" dans d'autres domaines, n'ait pas exigé de nos gouvernements le suppression du ministère centralisateur et la régionalisation de ses attributions : comme quoi, libéral ne veut pas dire libertés, surtout en matière d'enseignement...

( 902092 )
Le libéralisme par Goupillon (2020-10-10 20:17:29)
[en réponse à 902085]
Je vous rejoins en tous points.
Le libéralisme chante les louanges d'une abstraction, la « Liberté », tout en détruisant les libertés réelles (comme celle de l'enseignement).
Pas de libertés pour les ennemis de la Liberté.
« La Patrie a le droit d’élever ses enfants ; elle ne peut confier ce dépôt à l’orgueil des familles » (Robespierre).
« Les enfants appartiennent à la République avant d’appartenir à leurs parents » (Danton).

( 902093 )
C’est vrai que citer par Vincent F (2020-10-10 20:25:11)
[en réponse à 902092]
des anti-libéraux comme exemple de libéralisme, c’est particulièrement pertinent.
En l’occurrence si vous cherchez des écrits libéraux sur l’éducation cherchez plutôt chez Bastiat.

( 902095 )
Libéralisme et socialisme par Goupillon (2020-10-10 21:21:54)
[en réponse à 902093]
Frédéric Bastiat était surtout un libre-échangiste. Au sein du libéralisme, Bastiat est plutôt un penseur marginal, assez peu connu, même des libéraux. De lui, je retiens
Baccalauréat et socialisme qui est en effet très intéressant : « L’État, ou pour mieux dire le parti, la faction, la secte, l’homme qui s’empare momentanément, et même très légalement, de l’influence gouvernementale, peut donner à l’enseignement la direction qui lui plaît, et façonner à son gré toutes les intelligences par le seul mécanisme des grades ». La Troisième République accomplira ce que Bastiat disait en 1848. Et nous sommes toujours au même point aujourd'hui. Pire la situation risque de s'aggraver encore.
Bastiat a fait une excellente analyse, hélas fort peu partagée par les partisans du libéralisme. Ceux qui ont proclamé l'abstraction de la « Liberté » n'ont de fait jamais garanti les libertés réelles (comme celle de l'enseignement) une fois parvenus au pouvoir. Les grands ancêtres, sectateurs de la « Liberté », Robespierre et Danton ont donné le ton.
Ce que n'a pas vu Bastiat, ce sont les liens étroits entre le libéralisme et le socialisme. Sur ce point, je vous recommande la lecture de Blanc de Saint-Bonnet, un philosophe catholique :
Le libéralisme est comme un athéisme occulte faisant son explosion dans le socialisme. Après avoir ôté la religion au peuple, et lui avoir prêché la jouissance, le libéralisme a de plus détruit l’Autorité en plaçant le pouvoir dans la majorité. Le socialisme arrive ici au pas de course de la logique : Puisqu’il n’y a pas de Dieu, dit-il, et que je dois jouir, qu’en outre je suis la véritable majorité, je viens, suivant toutes les forces légales, édicter une loi qui répartisse à meilleur droit le capital. Je viens détruire la propriété individuelle, c’est-à-dire l’injustice et l’inégalité, et faire asseoir enfin la foule tout entière au banquet de la vie sociale !

( 902105 )
Un livre à lire par Luc de Montalte (2020-10-11 12:02:48)
[en réponse à 902095]
Il y a libéralisme et libéralisme. P. Nemo l'explique très bien ici :
PS : Et je ne pense pas que Bastiat était échangiste.

( 902106 )
Bastiat était bien libre-échangiste par Goupillon (2020-10-11 12:19:27)
[en réponse à 902105]
Je n'ai pas dit que Frédéric Bastiat était « échangiste » mais libre-échangiste (
qui est favorable au libre-échange, qui est partisan, promoteur du libre-échange). Adepte du libéralisme économique (le renard libre dans un poulailler libre), Bastiat revendiquait le libre-échange :
Libre-échange ! Ce mot fait notre force. Il est notre épée et notre bouclier. Libre-échange ! C’est un de ces mots qui soulèvent des montagnes. Il n’y a pas de sophismes, de préjugé, de ruse, de tyrannie qui lui résiste. Il porte en lui-même et la démonstration d’une Vérité, et la déclaration d’un Droit, et la puissance d’un Principe. Croyez-vous que nous nous sommes associés pour réclamer tel ou tel changement partiel dans la pondération des tarifs ? Non. Nous demandons que tous nos citoyens, libres de travailler, soient libres d’échanger le fruit de leur travail ; et il y a trop de justice dans cette demande pour que nous essayions de l’arracher à la loi par lambeaux et à l’opinion par surprise.
Cela nous éloigne quelque peu du sujet...

( 902118 )
C'était une… par Luc de Montalte (2020-10-11 16:18:10)
[en réponse à 902106]
… boutade.

( 902161 )
Hum… par Luc de Montalte (2020-10-12 23:17:58)
[en réponse à 902092]
… faire passer Danton ou Robespierre
pour des libéraux est tout de même assez tordant. Je vous invite à lire Philippe Nemo, l'opus cité plus bas ou l'un de ses autres ouvrages pour une connaissance un peu plus factuelle du libéralisme sur lequel vous semblez avoir surtout des idées reçues. Son excellent essai
La France aveuglée par le socialisme est d'actualité avec ces questions d'enseignement qu'il connaît bien.

( 902164 )
Robespierre libéral par Goupillon (2020-10-12 23:54:51)
[en réponse à 902161]
Benjamin Constant fixe la tradition libérale en la construisant contre Robespierre dont la politique niveleuse porterait atteinte aux droits de l’individu propriétaire. Le discours de Robespierre sur la liberté serait donc un leurre : il raisonnerait en Romain et confondrait la liberté des Anciens, où l’individu et sa propriété sont soumis à la collectivité, avec celle des Modernes grâce à laquelle l’individu propriétaire peut s’épanouir. Des récits concurrents, en particulier dans la tradition marxiste, soulignent au contraire la dimension essentiellement opportuniste du socialisme de Robespierre. Il devrait d’abord être considéré comme un partisan du libéralisme économique, un défenseur de la propriété et de la révolution bourgeoise. Face à ces interprétations dominantes dans lesquelles la liberté et l’égalité s’opposent, d’autres lectures mettent en avant le libéralisme égalitaire de Robespierre.
Source

( 902166 )
Vous méconnaissez… par Luc de Montalte (2020-10-13 00:11:41)
[en réponse à 902164]
… visiblement l'histoire du libéralisme. Du reste, il ne fallait pas uniquement chercher "Robespierre libéral" sur google mais aussi lire l'article en question. Par exemple, vous y auriez trouvé la définition de la propriété comme « origine, la base et le lien du pacte social », soit une conception parfaitement rousseauiste et donc opposée à celle des rédacteurs de la Déclaration de 89 comme un droit naturel antérieur à la loi : pour Robespierre (note 33 de votre article) « La propriété est le droit qu'a chaque citoyen de jouir et de disposer de la portion de biens qui lui est garantie par la loi »
L'auteur de votre article montre bien la filiation rousseauiste, on lui laissera son concept de libéralisme humaniste (humaniste en parlant de Robespierre et ses dizaines de milliers de victimes, fallait oser) qui n'a donc aucun sens dans toute la Tradition libérale. À ce rythme-là pourquoi pas Marx libéral tant qu'on y est. Les mots ont quand même un sens.

( 902168 )
La Révolution de 1789 est libérale par Goupillon (2020-10-13 00:26:08)
[en réponse à 902166]
Renseignez-vous sur l'histoire du libéralisme ainsi que sur la critique catholique du libéralisme. Qu'un libéral récuse Robespierre m'amuse. C'est comme les communistes qui récusent Staline. Ce n'est pas aux libéraux que je demande de me raconter leur idéologie, mais à l'Histoire.
Il est tard, je ne peux pas développer ce soir, mais j'aimerais reprendre bientôt avec vous cette conversation, qui nous éloigne un peu du sujet (la liberté d'enseignement). J'ai constaté il y a longtemps une erreur qui a été soulignée par un intervenant dans ce fil : comment se fait-il que les libéraux ne défendent pas les libertés réelles ? Il est un fait qu'en France, la liberté d'enseignement a été défendue principalement par les catholiques, non par les libéraux. Falloux a combattu le monopole de l'État en matière d'enseignement : il était catholique et légitimiste, non un libéral croyant aux chimères de 1789.

( 902174 )
Bis repetita par Luc de Montalte (2020-10-13 01:14:19)
[en réponse à 902168]
Et Robespierre va justement à l'opposé des conceptions de 89 comme je viens de vous le montrer avec votre source, si vous m'aviez lu.
Robespierre, c'est la Terreur illibérale, il serait urgent de vous renseigner sur le sujet : consultez l'une des références déjà citées dans le fil.
Et sinon, politiquement, que nous donne cette révérence pour l'absolutisme ? Le règne du capitalisme de connivence. Dernier exemple en date avec Suez et Veolia.
PS : Quant aux autres absurdités que vous énoncez, c'est faux tout simplement. Même votre exemple de la loi Falloux, soutenue par exemple par des libéraux tel Montalembert.

( 902199 )
Montalembert était catholique et abjura le libéralisme par Goupillon (2020-10-13 11:31:51)
[en réponse à 902174]
Lorsque le libéralisme est condamné par le Magistère (encyclique Mirari vos), Montalembert rétracte ses idées libérales et abandonne le journal L'Avenir et l'hérésiarque Lamennais, en qui Montalembert voit par son obstination un nouveau Luther (voir la lettre du 19 juillet 1834). Le 8 décembre 1834, Montalembert envoie au cardinal Pacca un acte de soumission totale et rompt définitivement avec Lamennais.
C'est donc au nom des libertés réelles, du droit naturel et de la doctrine catholique que Montalembert se lance dès 1843 dans la bataille en faveur de la liberté de l'enseignement, et point du tout au nom d'un libéralisme qu'il a catégoriquement récusé (Du devoir des catholiques dans la question de la liberté de l'enseignement). Après le vote de la loi Falloux en 1850, Montalembert fut reçu à Rome par le Pape Pie IX et les cardinaux, comblé d'honneurs et créé civis romanus. A cette date, on ne peut soupçonner le Souverain Pontife de quelque compromission avec le libéralisme.
Renseignez-vous en lisant l'histoire avant de prendre la parole et d'enfiler les erreurs et les faussetés comme d'autres enfilent les perles. Ne vous contentez pas de ce que vous avez entendu et croyez savoir. Documentez-vous.
Vous ne connaissez pas le libéralisme autrement que par idées reçues. Vous vous en faîtes une idée complètement erronée. Le libéralisme est la proclamation d'une abstraction absolue : la « Liberté » des individus vis-à-vis des sociétés et des autorités, et des sociétés elles-mêmes vis-à-vis des principes supérieurs de justice et de morale, vis-à-vis de cette société religieuse, l'Église, chargée de les enseigner.
L'homme est un être religieux et social, uni à Dieu et à la société (domestique et politique). Briser ce double lien pour revendiquer l'indépendance, telle est l'erreur du libéralisme individuel proféré par Rousseau dont Robespierre fut l'ardent disciple (le Contrat social était sa bible) : l'homme est né bon, c'est la société qui le déprave.
Les sociétés (les familles, les corporations, etc., comme l'État) sont soumises à Dieu, et dans l'ordre moral à l'Église. Briser ce lien pour proclamer la « Liberté » de la société et de l'État, c'est l'erreur libéralisme social et politique.
Lisez l'encyclique de Léon XIII Immortale Dei. Vous y trouverez une matière plus certaine que vos lubies libérales mal digérées. Et méditez sur le pauvre Lamennais dont vous partagez les idées fausses.

( 902218 )
Sophisme et calomnies par Luc de Montalte (2020-10-13 14:47:11)
[en réponse à 902199]
Vous avez la détestable habitude de ne pas lire les commentaires auxquels vous répondez et d'enchaîner les ad hominem grotesques.

Rapidement donc, puisque vous allez encore répondre à côté de la plaque :
1/ Montalembert a rompu avec Lamennais, pas avec ses idées libérales qui de toute façon concernent les
matières religieuses, donc pas le sujet qui nous occupe.
2/ Nous parlions
libéralisme politique. Inutile de tergiverser sur les liens existant entre les deux, ce n'était pas le sujet. Anguilast.
3/
"Le libéralisme est la proclamation d'une abstraction absolue : la « Liberté » des individus vis-à-vis des sociétés et des autorités, et des sociétés elles-mêmes vis-à-vis des principes supérieurs de justice et de morale, vis-à-vis de cette société religieuse, l'Église, chargée de les enseigner."
Source ? Parce que ce n'est pas la pensée de l'immense majorité des auteurs se revendiquant libéraux. Voir la synthèse sur les rapports entre catholicisme et libéralisme par P. Nemo, opus déjà cité.
4/
Et méditez sur le pauvre Lamennais dont vous partagez les idées fausses.
Grossière calomnie, le moindre serait maintenant de vous excuser de ce mensonge ne reposant sur aucun fondement rationnel.
5/
Rousseau n'est
pas du tout un auteur de la tradition libérale, vous vous ridiculisez à soutenir de pareilles stupidités. Voyez l'histoire du libéralisme, dir. J. Petitot, P. Nemo.
Vous ne revenez pas sur
Robespierre ni sur la Terreur
illibérale, dont acte.

Pour rappel au cas où ça vous reprendrait, c'est vous même qui citiez 89 comme apogée du libéralisme, ce qui exclut d'emblée Robespierre comme je l'ai démontré sur sa conception de la propriété privée.

( 902219 )
Pure querelle de mots par Peregrinus (2020-10-13 15:02:08)
[en réponse à 902218]
Il me semble qu'avec ces disputes sur le libéralisme, on tombe facilement dans la pure logomachie, le terme de libéralisme renvoyant à tout une série, je n'ose pas dire un ensemble, de conceptions philosophiques, politiques, religieuses et économiques fort différentes. Robespierre est peut-être libéral, mais il ne l'est pas au sens de Guizot ni de Lacordaire.
La plupart des historiens actuels de la Révolution française parlent effectivement de la vision robespierriste comme d'un libéralisme égalitaire : c'est même devenu une sorte de tarte à la crème, qui présentait plusieurs avantages aux yeux d'une historiographie il est vrai assez politisée (faire pièce à l'école critique qui désignait le jacobinisme comme une sorte de proto-bolchevisme, notamment, avec un curieux double emploi permettant d'absoudre Robespierre aussi bien que le socialisme de crimes qui se retrouvent donc sans auteurs).
En ce qui concerne, je pense qu'il ne faut pas surestimer le rousseauisme de Robespierre et des Montagnards, même s'il ne faut pas le sous-estimer non plus. Il s'agit d'un rousseauisme revu et corrigé au gré des circonstances et des besoins du moment, d'un état d'esprit, éventuellement d'un idéal social plutôt que d'une doctrine politique claire et précise tirée du Contrat social. Toute la politique de Robespierre a consisté à imposer l'autorité de la Convention et du gouvernement révolutionnaire des comités, donc des représentants élus, ce qui heurte frontalement les thèses rousseauistes sur la volonté générale et la représentation. On sait par ailleurs que Saint-Just par exemple connaissait beaucoup mieux l'œuvre de Montesquieu que celle de Rousseau.
Sans aller jusqu'à faire de Robespierre, comme Jean-Clément Martin, une sorte de médiocre jouet des circonstances, je pense en outre qu'il ne faut pas exagérer son importance, et sans l'absoudre de sa responsabilité collégiale de membre du Comité de salut public dans les horreurs de l'an II, il n'est certainement pas plus criminel que des collègues comme Barère, Carnot ou Collot d'Herbois, ce dernier remportant probablement la palme de l'atrocité.
Peregrinus

( 902220 )
Tout à fait par Luc de Montalte (2020-10-13 15:28:54)
[en réponse à 902219]
Raison pour laquelle il est important de préciser de quoi on parle lorsqu'on évoque le "libéralisme". Maintenant il existe quand même une tradition libérale avec des positions un minimum communes, or la conception rousseauiste de la propriété qui est celle de Robespierre ne s'y insère pas. Tarte à la crême comme vous dites que ce "libéralisme égalitaire" bien commode pour transformer Robespierre en brave humaniste.

( 902275 )
Un autre problème par Peregrinus (2020-10-14 08:21:51)
[en réponse à 902220]
Même si comme vous je trouve assez sophistique ou contourné le rattachement de Robespierre à un "libéralisme égalitaire", il me semble, lorsque l'on parle des conventionnels montagnards de 1793-1794, que se pose le problème de la distorsion entre leurs conceptions politiques, économiques et sociales, et la politique menée dans un contexte de guerre et de pression sans-culotte. L'emprunt forcé sur les riches est adopté pour apaiser les sans-culottes alors que la Convention vient de faire arrêter Roux et les chefs enragés. La loi du maximum général, qui s'oppose aux vues économiques des députés, est adoptée fin septembre 1793 quelques semaines après l'invasion de la Convention par les sans-culottes le 5 septembre.
De fait, une timide amorce de libéralisation de la vie économique se produit quelques mois avant Thermidor, dès le moment où le gouvernement révolutionnaire a fermement consolidé son autorité face aux radicaux parisiens.
Les conventionnels, et Robespierre avec eux, naviguent à vue, au gré des circonstances et des occasions : sur ce point J.-C. Martin a en grande partie raison me semble-t-il (il reste que, contrairement aux continuateurs d'Albert Mathiez, je ne vois pas en quoi cela les absout en quoi que ce soit de l'énormité de leurs crimes).
Peregrinus

( 902223 )
Vérité catholique et erreurs libérales par Goupillon (2020-10-13 16:03:37)
[en réponse à 902218]
Je réponds point par point.
1) Ce que vous dites est FAUX : l'équipe de Lamennais a été condamnée pour son
libéralisme politique. Notamment était incriminées la liberté de la presse, de conscience, de culte et d'opinion, ainsi que la séparation entre l'Église et l'État.
Vous parlez de ce que vous ne connaissez pas. Lisez l'encyclique
Mirari vos.
2) Nous parlons bien de libéralisme politique, sauf que vous avez une
mauvaise compréhension de ce qu'est le libéralisme politique.
Consultez le
Dictionnaire apologétique de la Foi catholique.
3) Philippe Nemo est un collègue de l'Université que j'apprécie beaucoup. Mais il est libéral. Pour comprendre et analyser le libéralisme, j'ai déjà indiqué que je ne me réfère pas aux historiens libéraux du libéralisme, mais aux auteurs catholiques et au
Magistère.
Sur le sujet, lisez plutôt : Roussel,
Libéralisme et catholicisme.
4)
Rejettez-vous le libéralisme politique ?
5) Comme indiqué plus haut, votre argument d'autorité (Philippe Nemo) ne tient pas. Une filiation libérale tient à écarter les penseurs d'origine (position de Benjamin Constant dont se réclame Nemo non sans parti pris). Seule une critique impartiale et rigoureuse du libéralisme doit avoir à grâce à nos yeux, c'est-à-dire
la critique catholique. Ne vous en déplaise, Rousseau est un penseur libéral :
L'homme étant bon par nature, il s'ensuit d'après Rousseau « le rejet de tout lien, de toute limitation, de toute autorité qui prétendrait régler ou réfréner une pareille nature : tout ce qu'elle pense, tout ce qu'elle dit, tout ce qu'elle veut et fait ne peut être que bon. Ce sera par voie de conséquence la dissolution radicale de toute société, religieuse, domestique ou politique. En ce dernier domaine, Rousseau aboutit logiquement à une démocratie égalitaire où tous les individus sont censés obéir librement car ils commandent tous également ; mais en fait on assistera plutôt à l'oscillation perpétuelle entre la centralisation oppressive d'un État omnipotent et l'anarchie non moins tyrannique d'une démagogie effrénée » (Abbé A. Roussel, « Les origines du libéralisme », in Libéralisme et catholicisme, imprimatur, 1926, p. 24).
Autrement dit les principes de 1789 hérités de Rousseau aboutissent à la Terreur de 1793 (prévue par Rousseau aussi : voir le
Contrat social). Il n'y a aucune incompatibilité entre 1789 et 1793, au contraire, mais profonde cohérence logique.
Si vous lisez mon message précédent, vous verrez que je maintiens que Robespierre, en tant que disciple de Rousseau, est un libéral, et comme tout sectateur de la « Liberté » abstraite, il réduit à néant les libertés réelles.
Je vous renvoie à Blanc de Saint-Bonnet déjà évoqué dans le fil (il faut suivre) :
Falsification politique de notre liberté, le libéralisme, qu'il le comprenne ou qu'il l'ignore, est la source et forme l'essence de la Révolution. Il a voulu substituer la volonté de l'homme aux lois divines, à ce qu'il nomme par dérision le droit divin. Une telle suppression de Dieu entraîne naturellement, dans l'ordre intellectuel, la souveraineté de la raison, dans l'ordre moral, la souveraineté de notre volonté, et dans l’ordre politique, la souveraineté de la foule. En religion, c'est le rationalisme avec ses conséquences, scepticisme, sensualisme et athéisme ; en politique, c'est la souveraineté du peuple avec ses résultats : césarisme, oligarchie et anarchie ; puis en économie, c'est l'individualisme avec tous ses effets, concurrence, cupidité, monopole, luxe, appétits et misère. Survient ici la guerre sociale, née du conflit des divers éléments de la production que met en contact l'envie, surexcitée par la souveraineté de l'homme succédant à celle de Dieu. En suscitant la guerre contre Dieu, le libéralisme l'alluma contre l'homme (Antoine Blanc de Saint-Bonnet).

( 902228 )
Même réponse qu'à Perrin par Luc de Montalte (2020-10-13 16:21:15)
[en réponse à 902223]
libéralisme = ordre spontané
rousseauisme = ordre artificiel, contrat social
Lisez un peu. Si vous êtes de l'Université, comme vous dites pompeusement, vous devriez trouver les références citées facilement. P. Nemo (j'ai aussi cité Petitot) est un historien des idées avant d'être libéral, et son histoire du libéralisme que j'ai citée est une synthèse universitaire sérieuse, non un manifeste. Ça suffit la mauvaise foi.
Je répondrai ce soir sur les histoires de condamnation. Et il ne s'agit pas de moi, arrêtez vos sophismes destinés à engluer la conversation.

( 902237 )
Définition du libéralisme par Goupillon (2020-10-13 17:00:24)
[en réponse à 902228]
Les fondements du libéralisme se trouvent dans la croyance en la toute puissance de la raison, dans la foi en la bonté du cœur et de l'instinct humain, dans la volonté de dégager l'individu de tout lien social. À l'origine de la pensée libérale, des philosophes comme Voltaire, Rousseau, Diderot ont joué un rôle considérable (Grand Larousse encyclopédique, Paris, Librairie Larousse, 1962, t. VI, p. 731).
Vous remarquerez que cette définition impartiale rejoint celle proposée par la critique catholique.
Votre théorie de « l'ordre spontané » n'apparaît pas dans les dictionnaires et les ouvrages spécialisés.
Libéralisme : doctrine qui place la volonté individuelle à l'origine des relations sociales (Dictionnaire de philosophie, Paris, Armand Colin, 2007, p. 201).
Voir aussi :
G. Burdeau,
Le libéralisme, éditions du Seuil, 1979, p. 27-29.
F. Chatelet,
Les conceptions politiques du XXe siècle, Paris, Presses Universitaires de France, 1984, p. 149-165.

( 902221 )
oui bien évidemment que 1789 est l'avènement du libéralisme par Luc Perrin (2020-10-13 15:54:41)
[en réponse à 902168]
les auteurs catholiques d'antan l'ont toujours compris ainsi. (pour la France il faut ajouter 1776 pour l'Amérique, Louis XVI et La Fayette étant très présents dans l'épisode américain, la ruine des finances royales durable conduisant aux Etats généraux)
Les historiens et sociologues ont confirmé : il suffit de lire Emile Poulat et bien d'autres. Jean Baubérot, protestant laïque, a souligné le "premier seuil de laïcité".
C'est en effet à cela que se reconnaît la révolution libérale : elle peut se traduire par des régimes autoritaires, "illibéraux" comme on s'amuse à dire maintenant par un effet de mode qui n'apporte rien qu'une étiquette ; elle peut être oligarchique, démocratique tardivement, être plus ou moins anti-catholique, avoir divers dosages quant à la politique économique.
Il y a comme le dit Peregrinus un éventail très large.
Mais ce qui unifie tous ces libéraux français et étrangers - je reprends volontiers la très bonne expression de "révolutions atlantiques" qui donne une cohérence à la période 1776-1825 la vague des indépendances sur le continent américain -, c'est de fonder l'état sur la souveraineté du peuple et non plus en Dieu.
Même Charles X pour l'ultime sacre de 1825 a renoncé au serment d'extirper l'hérésie, impossible en libéralisme, et a mentionné la Charte.
"La transcendance devient contractuelle" disait Poulat.
Là est la rupture fondamentale après viennent les dosages et les arrangements pour aménager la société laïque avec la masse de problèmes qui s'accumulent à la suite du découplage originel entre Dieu et la légitimité de l'Etat, de la législation.
Il est sûr que, sorti de ce fait institutionnel, le libéralisme devient un entrelacs de courants fort complexes à démêler.

( 902225 )
Pas du tout par Luc de Montalte (2020-10-13 16:14:30)
[en réponse à 902221]
1/ illibéralisme est un terme forgé par Orban et que j'utilise pur boutade, vous l'aurez compris.
2/ Votre définition du libéralisme n'est guère conforme à celles de la déclaration des droits de l'homme, texte fondateur, voir mes explications sur la propriété dans les réponses à groupillon. Le libéralisme est une doctrine de l'ordre naturel ou au moins auto-induit, spontané, pas du contrat social. Gros contre-sens là.

( 902229 )
Tout à fait ! par Goupillon (2020-10-13 16:25:17)
[en réponse à 902221]
Si l'Église a condamné le libéralisme, qui fait son avènement politique en 1789, elle n'a pas condamné la liberté (les libertés réelles). La liberté bien comprise et le libéralisme sont deux choses différentes. Le libéralisme n'est que l'erreur sur la liberté.
Aussi a-t-il conduit, en théorie comme en pratique, à la négation successive de toutes les libertés véritables. L'expérience est là partout : il aboutit aux révolutions et à la tyrannie.
En substituant l'homme à Dieu dans toute la série sociale, il détruit à la fois l'autorité, le droit, l'obéissance, trois choses qui ne peuvent se fonder que sur Dieu.

( 902274 )
Les libéraux et la Révolution par Peregrinus (2020-10-14 08:07:14)
[en réponse à 902221]
Il me semble que, quelque incontestable qu'il soit, le rapport entre le libéralisme, ou plutôt entre les libéraux et la Révolution française n'est pas univoque, comme le résume bien Nicolas Roussellier dans la synthèse classique de Berstein sur les cultures politiques :
C’est la Révolution qui provoqua la formation d’un véritable système de valeurs. En marquant les consciences plus que les esprits, elle a défini le cadre d’attitudes mentales moins réfléchies qu’apprises et transmises.
Point de cristallisation, la Révolution n’est pas devenue pour autant une référence positive au sein de la culture politique des libéraux français, à l’image de ce que la Glorious Revolution de 1688 a pu être pour la tradition whig-libérale en Angleterre. Un premier décalage apparaît ici entre le libéralisme des idées et la culture politique libérale. Composés des élites de l’administration, de l’économie et des lettres, les milieux libéraux ont souvent été touchés, dans leur vie publique comme dans leur vie privée, par les actes de violence, de réquisition, de taxation et de contestation qui ont marqué la période révolutionnaire de 1789 à 1794. […]
Pour les élites françaises du XIXe siècle, profondément marquées par les épisodes de violence et de terreur de la Révolution, celle-ci, quoique revendiquée comme événement fondateur sur le plan des principes, n’est donc pas devenue la référence d’un authentique culte politique. […] Si les libéraux exaltent les « principes de 1789 », ils redoutent et détestent l’ « esprit révolutionnaire », ce Mal qui semble habiter le corps social de la France et qui rend impossible l’établissement durable des libertés.
Serge Berstein (dir.), Les cultures politiques en France, Seuil, Paris, 2003, p. 75-77.

( 902167 )
Grand écart par Luc de Montalte (2020-10-13 00:24:38)
[en réponse à 902085]
Amusant ce grand écart consistant à reprocher à la fois à l'UE de trop s'immiscer dans nos affaires et en même temps de ne pas en faire assez : la souveraineté sur courant alternatif en somme. Pile je gagne, face tu perds.

( 902091 )
“En attendant l’âge d’or où chaque enfant sera élevé par sa mère” par Vianney (2020-10-10 20:11:12)
[en réponse à 902070]
Parmi les réactions à la lettre qu’Anne Coffinier nous invite à adresser à E. Macron, je remarque celui-ci :
Pauline Kergomad (1838-1925), fondatrice des écoles maternelles françaises, nommée inspectrice générale des écoles maternelles par Jules Ferry termine son livre¹ par cette phrase :
“Or c’est sur les directrices que nous comptons pour fonder, en France, la véritable éducation maternelle dans l’école, en attendant l’âge d’or où chaque enfant sera élevé par sa mère”
L’école obligatoire dès 3 ans était inimaginable même pour sa fondatrice.
V.
¹
L’éducation maternelle dans l’école, p. 177.

( 902098 )
Que de trouvailles dans ces pages ! par Glycéra (2020-10-10 22:45:49)
[en réponse à 902091]
Les bonnes intentions et la générosité sont partout.
Les observations fines et perspicaces.
Nous allons peut-être comprendre que ces bonnes idées pour pallier aux défauts de la société ne sont pas les bons moyens quand les décennies passent ...
Déjà dans les pages 5, 6 et 7, que de belles lignes !
Merci infiniment de votre trouvaille.
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 902107 )
Merci de cette belle citation par Goupillon (2020-10-11 12:30:05)
[en réponse à 902091]
La citation que vous donnez est fort jolie et témoigne d'un certain bon sens, rappelant qu'il appartient à la mère d'élever son enfant dans ses premières années.
En revanche, le livre débute par une vision de l'histoire fleurant bon les préjugés républicains :
« Malheureusement, le peuple est resté dans l'ignorance pendant de longs siècles, et l'ignorance ne développe pas la moralité » (page 6).
Heureusement que la Terreur est venue éradiquer les brigands et la superstition : grâce aux colonnes infernales, nous vivons maintenant dans la lumière et le savoir...

( 902122 )
Une citation révélatrice de la progression du lavage de cerveau… par Vianney (2020-10-11 18:31:06)
[en réponse à 902107]
...de l’époque de Jules Ferry à la nôtre : c’est bien ainsi que je l’avais comprise, rassurez-vous !
Ce qui demeurait encore un idéal pour cette idéologue du siècle dernier est à présent relégué dans la catégorie des préjugés passéistes...
V.

( 902140 )
Sans blague.... par origenius (2020-10-12 11:11:52)
[en réponse à 902107]
La citation que vous donnez est fort jolie et témoigne d'un certain bon sens, rappelant qu'il appartient à la mère d'élever son enfant dans ses premières années.
Une évidence
En revanche, le livre débute par une vision de l'histoire fleurant bon les préjugés républicains :
Les républicains ont des préjugés, vous pas du tout. Grotesque. Vous en êtes bourré. Vous en avez d'autres du même style ?
Bref, passons.
"Malheureusement, le peuple est resté dans l'ignorance pendant de longs siècles, et l'ignorance ne développe pas la moralité " (page 6).
Que vous le vouliez ou non, cela recoupe une certaine vérité.
Heureusement que la Terreur est venue éradiquer les brigands et la superstition : grâce aux colonnes infernales, nous vivons maintenant dans la lumière et le savoir...
La terreur… Oui.
Les colonnes infernales… Oui.
C'est tout ? C'est un peu léger, non ?
Et par conséquent, vous qui avez échappé à la Terreur et aux colonnes infernales, vous baignez dans la lumière et le savoir, et le tout bien sûr sans aucun préjugé. C'est ça ? Non ? Si ?
En tout cas vous n'avez pas échappé à une propagande bas de plafond et infantilisante. Par confort, vous optez pour la mémoire, non pour l'Histoire.
Vive le mémorialisme et les mémorialistes… Quand le goupillon parle de sabre, il se prend les pieds dans le tapis et s'en tire par des pirouettes.
Je ne suis ni républicain ni antirépublicain, je m'efforce de faire de l'histoire, pas de la propagande et de l'idéologie.
Cela se vend bien la Vendée, c'est même un fond de commerce, mais attention d'Angers….
Quand on observe le parcours des soi-disant anti-gueuse à travers l'histoire et jusqu'à nos jours, cela ne va franchement pas en votre faveur, pour dire le moins.
Gardez bien votre petit confort confortablement conforté dans le conformisme confortable. Amen.

( 902142 )
Le chien aboie, la caravane passe par Goupillon (2020-10-12 14:54:28)
[en réponse à 902140]
Ce n'est pas parce que vous êtes républicain, et donc en phase avec le régime actuel, que vous avez autorité pour décider qu'elle est la version de l'histoire, conforme à votre idéologie, que nous devrions admettre sans esprit critique. Nous cherchons la vérité et préférons nous en référer à des historiens qualifiés et compétents plutôt qu'à un militant qui s'autoproclame juge en une discipline que visiblement il ne maîtrise pas.
Il est parfaitement documenté que « l'ignorance » dans laquelle le « peuple » aurait croupi « pendant des siècles », écrasé par le fanatisme clérical et la prédation féodale, est une image d'Épinal, par définition aussi éculée que mensongère. Certes, nous ne disons pas que tout fut heureux dans notre longue histoire, mais c'est sur un mythe que l'école d'État athée et obligatoire a vécu jusqu'ici : sans les fameux hussards noirs de la République, personne ne saurait lire ni écrire. On en serait encore à faire notre signature en traçant péniblement une croix.
Passons sur le fait que vous niez qu'il y eut en France une Terreur qui, entre autres, a décrété l'éradication de ce peuple que vous dites « ignorant » et « immoral ». On ne compte plus les travaux scientifiques sur le sujet, lesquels vous ont étrangement échappé. Comme Mélanchon, vous ne connaissez pas le génocide franco-français. Nous vous laissons avec vos compagnons d'idées. Après tout, Mélanchon se sent très proche du pape à ce qu'il dit. Peut-être cela vous fait-il un autre point commun ?
Allons directement au sujet : au lieu de toujours se battre contre les vestiges falsifiés de notre passé, comme Don Quichotte contre ses moulins, il serait plus crédible de parler en vérité de notre histoire comme de notre présent. Incriminer la prétendue « ignorance » de nos ancêtres est assez facile pour occulter la triste réalité actuelle d'un recul du savoir chez les jeunes gens scolarisés. Avec 30 % d'illettrés (selon les statistiques officielles du Ministère de l'EN), vous devez vous sentir à l'aise. Heureusement que vous vivez en votre époque ! Et n'évoquons pas le niveau catastrophique en mathématiques dont même la presse officielle s'est inquiétée récemment. Non, nous sommes en République, donc tout va bien.
Et tout va tellement bien, qu'on ne voit pas pourquoi des irréductibles devraient se « séparer » de notre si belle République, en faisant l'école à la maison ou en instruisant l'enfant en école hors contrat. Nous retournerions tout droit dans cet obscurantisme dont les hussards noirs nous ont tirés. Mais rassurez-vous et dormez tranquillement, confortablement, la tyrannie veille.

( 902276 )
Cela dit par Peregrinus (2020-10-14 08:32:15)
[en réponse à 902142]
Quoique je sois bien loin d'approuver la prose cryptique d'Origenius, il n'est pas faux de dire que la Vendée est devenue un fond de commerce (éditorial et mémoriel), et j'écris cela sans éprouver aucune sympathie pour les habiletés et les contorsions intellectuelles et rhétoriques d'une historiographie robespierriste qui pousse les hauts cris dès que l'on entache en quoi que ce soit la réputation de son héros, et dont tout l'effort consiste largement à dire que les textes ne disent pas ce qu'ils disent.
Il suffit à cet égard de voir la promotion systématique dont bénéficient dans nos milieux (comme on dit) les livres de Reynald Sécher par exemple : il s'agit vraiment d'un fond de commerce caractérisé, avec son public de niche dont il faut satisfaire très précisément les attentes en lui donnant à lire exactement ce qu'il s'attend à lire ; ce que pour ma part je ne trouve pas très sain.
Peregrinus

( 902124 )
École à la maison et hors contrat : Anne Coffinier sur Europe 1 par Goupillon (2020-10-11 19:36:14)
[en réponse à 902070]

( 902251 )
Communiqué de presse des établissements d'enseignement à distance par Goupillon (2020-10-13 18:52:43)
[en réponse à 902070]