Le Forum Catholique
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( 900405 )
Marthe Robin par Vox clamantis (2020-09-10 19:23:03)
Le feu père carme Conrad de Meester, trépassé en décembre 2019, a semble-t-il laissé un manuscrit sur Marthe Robin, donc il avait visiblement été un temps le postulateur de la cause en béatification. En tous cas, ce manuscrit est publié par les éditions du Cerf et annoncé pour octobre :
Jeûne perpétuel, stigmates hebdomadaires, conversations mystiques et dictées divines : quel miracle n'a pas connu Marthe Robin (+1981) ? Tout était faux, cependant, car tout était simulé. Cette investigation renversante d'un grand expert catholique ne fait pas que dévoiler une fraude. Elle démasque la " bonne foi " qui l'a permise. Un document brûlant.
Il est des livres d'investigation dont les révélations provoquent un avant et un après. Parce qu'ils dévoilent un mensonge établi, en démontant chaque raison secrète, chaque rouage caché, en démasquant les auteurs, les complices et les victimes.
Tel est cet ouvrage, appelé à causer un séisme au sein de l'univers catholique.
C'est en odeur de sainteté que meurt Marthe Robin en 1981. La paralysée de la Drôme a passé des décennies à se nourrir seulement de la communion, à connaître des visions surnaturelles, à éprouver les stigmates du Christ et à transmettre ses dialogues avec Dieu. Elle a reçu des milliers de visiteurs et inspiré le mouvement international des Foyers de Charité. Ses disciples voulaient qu'elle soit béatifiée et canonisée. Pensant en faire l'avocat de leur cause, ils confièrent ses archives au carme Conrad De Meester.
Mais le spécialiste de la mystique féminine, va se faire le procureur de Marthe Robin. Le rapport circonstancié qu'il adresse à Rome, dans lequel il démontre et dénonce une fraude systématiquement organisée, est enterré. Au soir de sa vie, il reprend son réquisitoire, entraînant le lecteur dans la reconstitution de son enquête, déroulant une à une les pièces à conviction, enchaînant les découvertes graphologiques, textuelles, chronologiques, factuelles, médicales qui démontrent la construction de l'imposture.
C'est le manuscrit retrouvé dans la cellule de Conrad De Meester à sa mort, le 6 décembre 2019, que publie les Éditions du Cerf, son éditeur historique. Afin que, selon son voeu, triomphe l'exigence évangélique de la vérité.
La fraude mystique
L'ouvrage doit (devait ?) paraître en octobre. Quelle que soit la vérité dans cette histoire, il faut qu'il y ait un menteur : soit le père De Meester, soit Marthe Robin. Quelle triste affaire... Juste après les accusations d'abus sexuels contre le Père Finet, qui sont sorties il y a quelques mois.
Quelle boue, mais quelle boue...

( 900407 )
Le livre a disparu du site de l'éditeur... par vistemboir2 (2020-09-10 20:16:32)
[en réponse à 900405]

( 900408 )
Je l'y avais vu il y a 35 minutes par Glycéra (2020-09-10 20:28:55)
[en réponse à 900407]
ainsi que sur d'autres libraires en ligne, annonçant leur pré-commandes à 22 euros.

( 900409 )
L'éditeur a retiré par Jean-Paul PARFU (2020-09-10 20:36:40)
[en réponse à 900408]
le livre de son site, vraisemblablement après avoir lu le Forum ou après avoir été alerté par une personne qui a lu le Forum.
Par contre, il est toujours sur le site de La Procure.

( 900410 )
Le livre par Vox clamantis (2020-09-10 20:52:21)
[en réponse à 900409]
avait déjà été retiré quand j'ai publié mon post, c'est pour ça que j'ai mis le lien vers La Procure et pas le Cerf. Ce "retirage" avait déjà été observé sur Twitter il y a quelques heures. Possible qu'ils veuillent se donner le temps de modifier la présentation...
Je trouve ça assez bizarre, mais ça me semble moins important que le livre lui-même et les faits concernés et je ne l'avais pas rapporté.
Aucune influence du Forum là-dessus donc.
Les sites des grandes librairies (Fnac, Procure...) sont branchés sur la base de données Electre, donc soit l'ouvrage n'a pas été retiré de la base, soit les sites n'ont pas été mis à jour. A voir dans les jours qui viennent.

( 900428 )
Oui prudence par Denis SUREAU (2020-09-11 07:06:15)
[en réponse à 900410]
Ma belle-mère était la voisine de Marthe Robin et allait la voir avant qu'elle ne soit célèbre. Elle n'a pas eu de doutes sur son état mais était très réservée vis-à-vis du Père Finet. Il semblerait curieux que Marthe Robin ait feint toute sa vie - d'ailleurs pourquoi faire ?

( 900429 )
Ce ne serait pas la première par Eudoxie (2020-09-11 08:14:08)
[en réponse à 900428]
Beaucoup d'autres femmes on feint d'être en relation avec Dieu, d'avoir des extases, ou d'avoir le don de discernement, cela n'est absolument pas nouveau dans l'Histoire de l'Eglise. Il serait naïf de croire que le phénomène est impossible et impensable. Marthe Robin est peut-être un Jean Vanier qui a réussi. Je dis cela parce que l'Arche reste un lieu remarquable où la charité peut être exercée de manière profondément évangélique. Ce n'est pas parce que des gens font du bien qu'ils ne sont pas rongés par le mal, c'est là toute la complexité de la chose. Et puis Jean Vanier était sur le point d'être déclaré vénérable, ou du moins tout le monde s'attendait à cela.
Beaucoup d'apparitions ont été reconnues fausses pas l'Eglise. Et c'est encore le cas, il y a toujours des gens qui ont l'envie de simuler des relations particulières et mystiques avec le divin.

( 900432 )
Prudence = élévation pour voir mieux ... par Glycéra (2020-09-11 11:14:37)
[en réponse à 900428]
Souvenir d'une histoire de "torturée" chaque vendredi.
A Bruxelles, dans les quartiers chics, il y a dix ans environ.
Un groupe de "fan" venait surtout le vendredi, pour la soutenir dans sa "passion" et pour lui confier des intentions de prières.
Une amie en entend parler, par quelqu'un qui l'incite à venir. Elle doute, des indices, un trouble hystérique dans le groupe, des sentimentalismes excités. Elle n'ira pas, mais elle suggère à son amie de "faire un test" : entrer dans la chambre avec de l'eau bénite sur els doigts avant de se signer.
Trouvant ce procédé enfantin, elle le pratiquera, souriant d'avance :
- Vous pensez bien il y a même là des "carmélites installées en ville", alors ma petite fiole ...
Dans la première pièce où elle entre, elle est intriguée : du bruit, des cris de colère depuis la chambre de la dame, elle voit qu'on la maintient sur son lit.
Et elle entend :
- Faites sortir N..., faites-la sortir, je ne veux pas la voir aujourd'hui, non, je ne veux pas qu'elle entre !
Mon amie a alors conseillé de raconter tout ceci à l'évêché, qui a vite vu, et, fait cesser ces séances ! Une réaction qui fut rapide et ferme.
Alors ?
N'y a-t-il pas tout un livre recensant de fausses apparitions et des phénomènes falsifiés ?
Prières dans ces cas. Point de nécessité d'adhérer contre son propre ventendement ... Dieu n'en a pas besoin pour qu'on L'aime !
Glycéra

( 900438 )
Le livre est annoncé pour les professionnels par Anne Charlotte Lundi (2020-09-11 16:01:18)
[en réponse à 900407]
Sur la base de données Dilicom, réservée aux libraires.
Parution annoncée pour le 8 octobre

( 900412 )
Sidérant par Eudoxie (2020-09-10 21:55:27)
[en réponse à 900405]
C'est incroyable. Et pourtant ce n'est pas nouveau. Peu avant sainte Thérèse d'Avila, une pseudo-mystique, soeur Magdalena de la Cruz, avait accepté dans son enfance et à l'époque de l'Espagne catholique, de faire un pacte avec le diable qui durerait quarante ans. Elle entra dans un monastère de Clarisses, et elle fit l'objet d'une vénération universelle, à cause de ses extases, communions miraculeuses, visions etc, jusqu'à ce qu'une des soeurs ne decouvre le drame, à la fin des quarante années en question. Le procès en Inquisition fut retentissant et délivrée du démon qui la possédait, elle se repentit du terrible désordre qu'elle avait mis en Espagne.
Je ne dis pas que Marthe Robin a fait un pacte avec le diable, je n'ai pas lu le bouquin (j'ai hâte de le lire tout de même). Mais le fait de se faire passer pour une mystique, voilà qui arrange singulièrement l'enfer.
Merci chère Madame pour cette information, si vous en savez plus, n'hésitez pas à nous le faire savoir !

( 900414 )
Pas tant que ça par postit (2020-09-10 22:09:44)
[en réponse à 900412]
Quand on sait que dans ce procès toutes les réserves émises par le promoteur de la justice (mgr Bouvier) n'ont jamais reçu de réponse...

( 900418 )
J'ai toujours par Vox clamantis (2020-09-10 23:07:11)
[en réponse à 900414]
Entendu des mises en garde vos à vis de Marthe Robin mais il s'agissait de critiques sur ses capacités de discernement.
Il s'agit ici de tout autre chose. Il faudra voir le contenu du bouquin. Je l'ai indiqué ici à titre informatif après avoir appris la chose par Twitter. Je n'ai pas spécialement envie de mettre le nez plus loin dans ce bren.

( 900486 )
En effet par Eudoxie (2020-09-12 14:07:42)
[en réponse à 900414]
Vous avez raison. Mais je ne trouve pas de documents faisant état des réserves de Mgr Bouvier. Malheureusement on ne trouve pas grand chose en ligne. Ou bien peut-être qu'on a pudiquement mis son témoignage aux oubliettes...
Je suis très impressionnée par le fait que Marthe soit morte dans de telles conditions, et que personne ne se soit posé de questions. C'est une mort de damnée, sans préjuger pour autant des décisions de la Providence. C'est une mort affreuse, où Dieu semble être totalement absent. Une mort de Juda, une mort sulfureuse, angoissante...
Et je trouve scandaleux qu'elle ne soit pas allée à la Messe pendant des décennies. Une mystique qui ne se nourrit pas du sacrement qui est source et sommet de notre foi! Mais de quelle religion fait-elle partie ?

( 900554 )
incidemment sur l'absence de Messe par Luc Perrin (2020-09-14 19:54:11)
[en réponse à 900486]
des dizaines et avec le temps centaines de milliers de crypto-chrétiens japonais n'ont eu ni messe ni hostie consacrée en gros entre 1630-1640 et 1860-1880.
Il y a une belle série de martyrs parmi eux et ils ont pu transmettre la foi pendant deux siècles et demi, ô certes à une petite poignée de ces chrétiens cachés des persécutions mais c'est plutôt admirable.
D'autres figures de sainteté se sont trouvé privées de la messe dans l'histoire, pas qu'au Japon des Shogun Tokugawa.
La théologie lubacienne sur ce point n'est pas entièrement historiquement fondée.

( 900557 )
A ceci près... par azur (2020-09-14 22:24:48)
[en réponse à 900554]
Qu'il convient de distinguer ceux qui ont été privés de messe par "accident", à cause des circonstances... et ceux qui se sont privé de messe par choix.

( 900558 )
Ces faits sont avérés. par Eudoxie (2020-09-14 22:25:24)
[en réponse à 900554]
Je connais ces faits que vous décrivez (sans votre précision chronologique cependant). Mais nous ne parlons pas de la même chose: il s'agit ici d'une femme "intransportable" qui n'a pas assisté à la Messe pendant des décennies. C'est tout de même très étrange pour une grande mystique. Elle n'est pas dans un pays où la Messe est interdite, et elle se trouve comme cela, privée du sacrement fondamental de notre foi. N'est-ce pas très étonnant? Certes, ce n'est pas un argument fondamental. Mais malheureusement, ça plus ça plus ça plus ça, commencent à faire beaucoup. Le fait par exemple qu'elle ait reçu des fondateurs de congrégations plus tard condamnés pour leurs agissements odieux laisse quand même des doutes sur son don de "discernement" tant vanté. Padre Pio, lui, réagissait au contact du péché mortel. On dirait au contraire qu'elle a souffert la compagnie de ces gens sans problème.
Je le répète: sa mort est un problème en soi: une mystique qui meurt en hurlant? Sans les derniers sacrements? Dans des circonstances vraisemblablement violentes? Bizarre non? Et ce rapport d'enquête qui vise le père Finet, coupable des vices que nous savons? Et ces hurlements justement, auxquels on avait fini par s'habituer chez elle? Le Christ dans sa Passion souffrait-il ainsi? "Comme un Agneau devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche", prophétise Isaïe.
Et ces examens médicaux auxquels elle a échappé comme par hasard en mourant? Padre Pio en a subi de nombreux, afin de bien montrer au monde les merveilles divines.
Et cette représentation blasphématoire d'une Vierge qui n'écrase pas la tête du serpent, lequel tient un lys dans sa bouche ? Et, et...?? Et ce suicide de son frère chez elle? La soeur de Padre Pio est entrée au couvent, chez des Brigittines ( des soeurs qui méditent comme vous le savez, la Passion du Christ). Nuance. Normalement la haute sainteté de pareils mystiques ne peut que rayonner et affecter l'entourage. C'est l'un des signes indubitables de l'efficacité de ce rayonnement.
Bref. Trop de faits troublants, trop de dissemblances avec des modèles mystiques éprouvés, trop de dérogations aux lois habituelles de l'action de Dieu dans l'âme, et trop de ressemblances à mon avis avec le cas de cette soeur Magdalena de la Cruz, qui faisait croire aussi par exemple qu'elle gémissait d'amour et de douleur dans sa cellule pour le Christ, alors que c'était le démon qui, avec son assentiment, la possédait.

( 900570 )
flûte alors par Regnum Galliae (2020-09-15 09:56:12)
[en réponse à 900558]
Pendant la semaine de Pâques 1964, avec deux cousins amis de Châteauneuf-de-Galaure, il rencontre Marthe Robin et lui fait part de sa préoccupation.
- Monseigneur, dit Marthe sans hésitation, vous devez fonder ce séminaire!
- Ma charge de Supérieur des Pères du Saint-Esprit m'en empêche, objecte l'évêque.
- Vous devez fonder ce séminaire, répète Marthe, Dieu vous bénira.
Vous avez compris de qui il s'agit

( 900578 )
J'aimerais bien savoir par Eudoxie (2020-09-15 12:27:32)
[en réponse à 900570]
Si elle a dit la même chose au Père Marie-Dominique Philippe, un autre de ses illustres visiteurs...

( 900602 )
Factuellement oui... par Paxtecum (2020-09-15 17:23:26)
[en réponse à 900578]
la communauté St Jean a été créée à la demande de 5 jeunes qui suivaient des études de théologie à Fribourg avec le Père Marie Dominique Philippe. Celui-ci ne le voulait absolument pas malgré l'insistance de ces jeunes, c'est en allant à Château Neuf de Galaure que le Père Philippe s'est vu dire par Marthe Robin, avant même qu'il est parlé de quoi que ce soit :
"Père il faut que vous fassiez ce que ces jeunes vous demande"
Ma source est directe, l'un de ces jeunes est un ami très cher qui a maintenant mon age, parrain de l'un de mes enfants, et est bien entendu toujours prêtre de la Communauté St Jean.
Ce fil ne me plaît pas trop, il est parfois nécessaire de rester circonspect, le Saint Padre Pio en est un exemple.
Autre témoignage,j'ai eu l'occasion de parler de Marthe Robin avec l'un des oncles de mon épouse qui l'a rencontrée dans les années 1950 alors qu'il était Conseiller d’État. Il a été très impressionné par la sagesse et la profondeur de ses réflexions et m'a confié que de plusieurs personnages influents de l'époque l'ont aussi rencontrée.
Et puis il y a le Père Yannik Bonnet, prêtre remarquable, qui semble aussi avoir été guidé par Marthe Robin.
Il est facile de dire que son chien à la rage pour le tuer...
Bref vous comprendrez que j'ai bien plus de raisons de ne pas souscrire à "ces informations" bien tardives.
Vous ne devez pas connaître la vie de Marthe Robin pour ignorer qu'elle était clouée au lit par la maladie et que le "scandale" apparent et l'incompréhension pour ses contemporains était qu'elle ne vivait et ne se nourrissait d'aucune alimentation hors la Sainte Communion (des enquêtes l'ont prouvé).
Pour le reste l’Église est dans son rôle d'examiner le positif et le négatif, ce n'est pas le notre ni celui d'un Père X ou Y qui n'en a pas reçu la charge, son opinion n'est pas meilleure que la mienne.

( 900604 )
Merci par Eudoxie (2020-09-15 17:47:11)
[en réponse à 900602]
pour cette confirmation. Sauf qu'en fait ce type a fondé l'une des congrégations les plus...catastrophiques de l'Histoire de l'Eglise (j'y ai une tante, ne croyez pas que je disqualifie tout le monde). Ce type est une horrible calamité ambulante, un monstre! et Marthe lui dit: "faites ce qu'ils vous demandent". En fait elle l'encourage à fonder l'un des mécanismes d'abus les plus performant et les plus dévastateur de notre époque dans l'Eglise.
Dites-vous quand même que le chapitre de la Congrégation Saint-Jean a refondé cette congrégation, afin de faire la damnatio memoriae complète du Père Philippe, et qu'il ne soit plus une référence spirituelle pour sa congrégation.
Merci Marthe.

( 900608 )
errare humanum est par Regnum Galliae (2020-09-15 18:22:06)
[en réponse à 900604]
Saint Vincent Ferrier a soutenu l'antipape Benoît XIII avant de se rallier à son rival de Rome. Et le saint Curé d'Ars n'avait pas cru initialement aux apparitions de la Salette. Se tromper sur le compte de quelqu'un, quel qu'en soit le sens, n'est pas en soi un signe de réprobation.

( 900609 )
Sed perseverare diabolicum par Eudoxie (2020-09-15 18:29:11)
[en réponse à 900608]
Stop, l'erreur du Père Philippe n'est pas humaine. C'est juste immonde ce qu'il a fait. Je n'ai même pas de mots pour en parler.
Donc Marthe Robin a fait une énorme erreur en l'encourageant. Reconnaissez quand même que ce fondateur est l'un des acteurs des pires abus de l'Histoire de l'Eglise avec son frère. Pitié ne défendez pas l'indéfendable, par respect pour les victimes !
Je ne sais pas comment vous faites pour comparer un abuseur à Saint Vincent Ferrier...ça frôle dangereusement le blasphème. Quelle horreur.

( 900610 )
vous n'avez pas compris par Regnum Galliae (2020-09-15 18:45:38)
[en réponse à 900609]
je ne compare pas le père Philippe à saint Vincent Ferrier, mais je dis que le fait que Marthe Robin n'ait pas senti spontanément le péché de cet homme ne doit pas en soi la disqualifier, de grands saints ayant eux-même eu des erreurs d'appréciation et de discernement !

( 900611 )
de même, Pie XII par Regnum Galliae (2020-09-15 18:49:24)
[en réponse à 900610]
a carrément eu pour confesseur le futur funeste cardinal Bea, l'un des promoteurs les plus enragés du dialogue interreligieux. Ce manque de perspicacité ne fait pas de Pie XII un moderniste et encore moins un complice de Bea.

( 900628 )
le Jésuite Bea a eu plusieurs vies par Luc Perrin (2020-09-16 00:09:17)
[en réponse à 900611]
cela doit être bien jésuitique sans doute.
Pourquoi Pie XII se serait-il méfié d'un exégète savant, à la pointe de l'anti-modernisme dans sa première vie ?
Pas davantage pour son implication érudite dans la réforme liturgique romaine.
Le dialogue oecuménique - pas interreligieux à ma connaissance ce n'était pas sa charge - démarre avec Jean XXIII. Pie XII est mort.
Bref Pie XII a parfois couvé quelques serpents qui ont révélé leur venin plus tard mais avec son confesseur, on ne peut lui faire de grief. Le Bea d'avant 1960 et le Secrétariat pour l'Unité des chrétiens est fort différent du jésuite manipulateur à Vatican II.
ps. il faudrait aussi voir au sein du Secrétariat qui a influencé Bea ou s'il avait changé de soutane par lui-même à cette date. Il semble que son adjoint hollandais agissait beaucoup. L'organisme était aussi un extraneus peuplé des experts oecuménistes des années précédentes sans contrepoids interne. Le vieux jésuite du Biblicum s'est-il trouvé dans ses ultimes années flatté d'être adulé par les héritiers de ceux qu'ils pourchassaient dans son jeune âge ? Vanitas vanitatum ...

( 900632 )
Dialogue interreligieux par Regnum Galliae (2020-09-16 08:06:40)
[en réponse à 900628]
Au moment du concile, Béa était chargé d'assurer la présence de représentants non chrétiens. Il était notamment un spécialiste des relations avec le monde juif et fut la cheville ouvrière de Nostra Aetate. On raconte aussi qu'il s'assurant de la présence de représentants juifs en promettant au Bnai Brit la liberté religieuse.

( 900691 )
incongruité romaine mais l'interreligieux par Luc Perrin (2020-09-17 15:31:43)
[en réponse à 900632]
ne comprend pas la religion juive. Le judaïsme est rattaché, contre son gré, au dialogue oecuménique. Ceci vaut jusqu'à nos jours et plusieurs figures du judaïsme s'en plaignent.
Le secrétariat en charge des religions non chrétiennes a été créé en 1964 et confié au cardinal Marella.
Le cardinal Bea - sans accent c'est un Allemand - n'a jamais été en charge du "dialogue interreligieux" au sens précis de l'expression.

( 900614 )
Effectivement, cependant par Eudoxie (2020-09-15 19:36:35)
[en réponse à 900610]
C'est un peu dangereux (et même très) de conseiller quelqu'un sans avoir absolument aucune compétence pour le faire. Donc ce n'est pas une sainte. Elle n'avait pas les dons du Saint-Esprit les plus élémentaires pour ça (conseil, sagesse, intelligence...). Donc niveau discernement, zéro pointé. Ça pose problème pour une mystique que tout le monde venait voir.

( 900572 )
Une mort très semblable à celle d'une autre mystique controversée par Candidus (2020-09-15 10:32:56)
[en réponse à 900558]
Je pense à Mélanie Calvat, retrouvée morte sur le sol de sa chambre, et dont l'évolution spirituelle et psychologique constitue un sujet inépuisable de controverses.

( 900573 )
Il n'y a rien à faire par Jean-Paul PARFU (2020-09-15 10:47:10)
[en réponse à 900572]
Il faut que vous vous en preniez à Mélanie, à La Salette et au message de La Salette et curieusement au moment même où le message de La Salette n'a jamais autant été d'actualité, compréhensible et est donc une vraie prophétie.

( 900574 )
Le fait de retrouver par terre par Jean-Paul PARFU (2020-09-15 10:50:31)
[en réponse à 900573]
Une personne morte ne signifie absolument rien quant au salut de cette personne.
Dire le contraire, c'est n'importe quoi !
Beaucoup de tyrans anti-chrétiens sont morts très paisiblement dans leur sommeil et dans leur lit !

( 900577 )
ne mélangeons pas tout par Eudoxie (2020-09-15 12:26:21)
[en réponse à 900574]
On parle d'une personne ayant une réputation de sainteté, qui expire en hurlant, et qu'on retrouve sur le sol, dans une posture difficilement explicable, comme si elle avait fait l'objet de violences! et au lieu de faire une autopsie, on l'a enterrée au mépris de toute procédure légale normale!
Pardon mais je trouve ça très étrange. Comparez avec la mort de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, celle du Padre Pio, et tant d'autres...

( 900579 )
Sainte Jeanne d'Arc est morte en hurlant par Regnum Galliae (2020-09-15 12:36:46)
[en réponse à 900577]
même qu'elle hurlait "Jésus, Jésus !"
Sur Marthe Robin, une mort si peu paisible est-elle avérée et documentée ou s'agit-il de rumeurs ?

( 900580 )
Que voulez-vous dire ? par Jean-Paul PARFU (2020-09-15 12:47:00)
[en réponse à 900577]
Que Marthe Robin a été assassinée ou qu'elle est morte enlevée par le Démon ?
Et si Marthe Robin avait dû lutter jusqu'à la mort contre les démons ?
En réalité, vous n'en savez rien et il est possible que vous calomniez une personne. En tout état de cause, on vous a rappelé que beaucoup de saints ont été calomniés et vous devriez faire preuve de plus de prudence dans vos jugements.
Je vous rappelle enfin que Notre Seigneur Jésus-Christ est mort sur une croix, que la croix n’était utilisée que pour les basses classes de la société, les esclaves, les étrangers séditieux, les criminels et les brigands, que le supplice de la croix, la mort sur la croix étaient donc une grande "infamie" et qu'il est mort après avoir poussé un grand cri !

( 900582 )
je n'ai pas de certitudes toutes faites par Eudoxie (2020-09-15 13:06:16)
[en réponse à 900580]
Je ne connaissais pas dans le détail Marthe Robin, ou juste assez pour savoir la présenter rapidement. Donc je n'ai pas d'a priori dicté par je ne sais quelle expérience. Je dis juste que cette mort est étrange. C'est tout ce que je vous dis. Dieu d'ordinaire donne une mort remarquable aux grands mystiques de ce genre. Une mort édifiante, qui est source de grâces. Effectivement, une mystique qui meurt en hurlant (mais on ne sait pas pourquoi), sans crier gare (si j'ose dire...), dans des circonstances violentes, cela pose question. On dirait une crise ultime due à une possession sévère. Je ne suis sûre de rien, mais j'analyse, je compare. On dirait effectivement qu'elle était sous l'emprise du diable. Dieu ne laisse pas les choses dans une telle obscurité pour les mystiques. Ils sont d'ordinaire les signes vivants de son action dans l'âme et sur la terre. Donc une mort anormale, violente, et floue (on ne sait pas qui a gagné entre Marthe et le diable, on ne sait pas s'il y a eu combat, on sait juste qu'elle a expiré en hurlant, et on ne connaît pas ses dernières paroles, à l'inverse du Christ) est tout de même un signe négatif, et qui incline plus à penser qu'il s'agit d'une action préternaturelle plutôt que divine. Le hurlement est à distinguer du cri. Il est plus violent, inarticulé, négatif, et ce sont les possédés qui hurlent d'ordinaire.
Sincèrement, ça me rappelle encore et toujours ce cas de cette soeur Magdalena de la Cruz, qui était considérée en son temps comme une sainte, qui ne se nourrissait, croyait-on, que de l'eucharistie, qui faisait des communions miraculeuses (en fait elle mettait une fausse hostie sur sa langue pour faire croire qu'un ange la faisait communier), etc. Lisez son histoire, c'est à glacer le sang. Mais c'est une histoire vraie, documentée par l'Inquisition. Un académicien en a fait une synthèse magistrale et impressionnante.

( 900587 )
Madeleine de la Croix par Sic transit (2020-09-15 13:58:59)
[en réponse à 900582]
Je ne trouvais pas de notice en français sur Internet avant d'avoir l'idée de traduire son nom...
Un académicien en a fait une synthèse magistrale et impressionnante.
Il s'agit de Maurice Garçon, le grand avocat dont se souviennent ceux de ma géénration, et le texte, que je n'ai pas encore lu, est ici :
http://a-c-r-f.com/documents/GARCON-MAURICE_Madeleine-de-la-Croix.pdf

( 900662 )
C'est cette abbesse diabolique par Gereo (2020-09-16 21:08:32)
[en réponse à 900587]
qui nourrit les soupçons d'un prêtre en 1943 au sujet de mère Yvonne-Aimée de Malestroit, qui, sûr de son coup, voulut la traduire devant les tribunaux d'Eglise, avant d'être détrompé.

( 900665 )
Impossible de confondre Mère Yvonne-Aimée par Eudoxie (2020-09-16 21:57:07)
[en réponse à 900662]
Avec cette religieuse. Ça n'a rien à voir ! Cette Augustine est une très grande sainte, et l'une des plus grandes mystiques de l'Histoire de l'Eglise. Elle est tout-à-fait admirable, je l'admire et la vénère profondément. On voit bien que ses extases s'accompagnent de grandes souffrances qui l'unissent à la Passion du Christ, mais avec discrétion. Elle a intensément souffert de manière cachée, et le plan divin sur elle est parfaitement évident.

( 900669 )
Nous sommes bien d'accord par Gereo (2020-09-16 23:28:31)
[en réponse à 900665]
sauf sur votre rapprochement arbitraire entre la religieuse possédée et la vénérable Marthe Robin.
Après le message initial sur le livre à paraître, j'ai sollicité l'avis d'un prêtre qui connaît bien le dossier Marthe Robin, exorciste de son diocèse, voici sa réponse :
"Conrad de Meester a dû perdre la tête...
Je ne le suis pas.
Le livre sera probablement "exécuté" en bonne et due forme."
Je ne connais pas le dossier Marthe Robin, pas plus que vous, vous le reconnaissez, il vaut mieux s'en tenir pour l'instant au discernement que l'Eglise a fait en 2014 et à l'avis de ceux qui connaissent le dossier.

( 900681 )
Quelle histoire ! Mais est-elle authentique ? par Regnum Galliae (2020-09-17 10:27:32)
[en réponse à 900587]
Plusieurs éléments sont troublants
- Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. Comment le diable a-t-il pu avoir les coudées franches pour séduire une fillette de 5 ans, qui n'avait même pas l'âge de raison ?
- Comment le diable a-t-il pu se faire avoir comme ça : je te donne 40 ans puis je m'en vais pour que tu puisses te confesser ? En général, au bout des 40 ans, il est question que la personne rende son âme au démon; comme John Lennon en 1980
- Le diable qui a des relations charnelles avec la religieuse, cela me paraît absurde

( 900686 )
Du moins par Rémi (2020-09-17 13:21:34)
[en réponse à 900681]
les source anciennes de l'auteur sont elles nombreuses, dont le ... "Processo de Madalena de la Cruz" .
Toutefois je partage votre réserve sur le fait que le diable non seulement se fait ici filouter comme un bleu l'âme convoitée, mais encore par ses actions et ses prodiges aura surtout contribué à faire le bien, comme on le relève déjà à l'époque selon ce récit. pour un ex-séraphin, il tient plus du lampion ...
Sur le commerce charnel avec le diable les histoires de sorcellerie en regorgent, incubes et succubes, et on ne peut pas toujours tout mettre sur le compte des troubles mentaux.
Cependant on pourrait je pense assez facilement raconter et expliquer la même histoire en se passant du surnaturel direct (orgueil, rivalités, hystérie ... ) , toutefois bien que ne possédant pas les connaissances médicales actuelles et étant comme tout tribunal humain sujet à l'erreur, je doute que l'Inquisition espagnole et le cardinal de Tavera se soient émus de simples histoires de bonnes femmes encloîtrées auxquelles il aurait été simple de mettre un terme sans convoquer le diable, et au contraire avaient assez de science et d'expérience pour distinguer ce qui pouvait relever de l'hommerie, de luttes de pouvoirs, de jalousies, de désaccords sur le gouvernement dans l'abbaye (au passage je suis un peu effaré par le genre de pénitences qui semblait courant ... là ça fait un peu roman gothique, tout de même ... heu ... tout le reste du récit aussi en fait, certes, on se croirait chez Radcliffe ou Walpole ... ) , de ce qui tenait à la ... diablerie.
Notons enfin que la coupable ne semble pas avoir subit la question, seulement des interrogatoires et des exorcismes, si l'on s'en tient à ce récit récent, résumé de sources anciennes si je comprends bien.

( 900687 )
Ça sent l'argument ad hoc. Ou pas. par Athanasios D. (2020-09-17 14:00:13)
[en réponse à 900686]

( 900690 )
Sur l'air des Lampion ? par Yves Daoudal (2020-09-17 15:23:40)
[en réponse à 900687]

( 900617 )
c'est rare... par fils du vent (2020-09-15 21:13:57)
[en réponse à 900573]
...mais sur ce point 100 % dak avec vous. Cette attaque de Mélanie est puante. Le type qui l'attaque même en y mettant du bon français m'énerve à un point....Je me retiens...!!

( 900417 )
Il faut être prudent par Jean-Paul PARFU (2020-09-10 22:56:58)
[en réponse à 900405]
Nous n'en savons rien. Marthe Robin fait peut-être l'objet de calomnies.

( 900419 )
Tant que l'ouvrage n'est pas publié par Vox clamantis (2020-09-10 23:15:57)
[en réponse à 900417]
Difficile de savoir ce qu'il y a dedans : calomnies, faits attestés et prouvables...
Mais s'il s'agissait de calomnies je trouverais fort triste qu'un carme déchaux, qui a la réputation d'être un bon connaisseur de la mystique et spécialiste de Thérèse de Lisieux, se soit livré à ce genre de choses.
Dans un cas comme dans l'autre, "malheur à celui qui scandalisera un seul de ces petits !"
Je ne vois rien d'édifiant dans toute cette histoire, quelle que soit la manière dont on la regarde.
Enfin, heureusement, c'est le Christ que nous suivons et non des hommes...

( 900421 )
Quel intérêt aurait-elle eu à faire ça ? par Regnum Galliae (2020-09-10 23:35:25)
[en réponse à 900405]
Elle serait volontairement restée alitée toute sa vie ? Étrange, voire impossible... Même si son silence sur la crise de l'Eglise intrigue.

( 900425 )
Etre prudent (dans les deux directions !...) par Sacerdos simplex (2020-09-11 00:03:51)
[en réponse à 900405]
La Vénérable Marthe Robin a déjà fait l'objet de nombreuses attaques.
Donc nous prenons acte de cette nouvelle attaque,
sans nier cette attaque ni la négliger,
mais sans non plus s'agiter ni perdre sa paix intérieure (ou sa Foi !).
Prudence. Attendons et voyons, tout en étant plutôt favorable envers cette personne dont Rome a quand même proclamé l'héroïcité des vertus.
C'est sûr que si l' "avocat du diable" avait dans les causes de béatification toute la place qui lui est due, ça faciliterait les choses et éviterait des pataquès.
Ah, au passage, on dit : un procès en sorcellerie, mais un procès, ou plutôt une "cause" de béatification

( 900426 )
très juste M. l'abbé : le Padre Pio avait été vilipendé par Luc Perrin (2020-09-11 01:18:58)
[en réponse à 900425]
persécuté et tenu en suspicion par deux papes, entre autres, Pie XI et Jean XXIII et mal jugé par un futur pape, Albino Luciani.
Pourtant tout était vrai.
J'ai connu pour ma part une personne quand j'étais étudiant qui avait rendu visite à Marthe Robin et en a toujours parlé avec admiration, tout au long de sa vie.
Elle n'avait pas eu une bonne impression du Père Finet en revanche.
L'oeuvre des Foyers de Charité a eu un grand rayonnement mondial.
Déclarée vénérable en 2014, le procès de béatification se poursuit pour Marthe Robin. Il est toujours bon de voir ce que ce défunt Carme a pu écrire et la crédibilité du dossier à charge, vitriolique semble-t-il si on en croit Vox clamantis, qu'il avait réuni.
Tout est possible depuis l'avènement au grand jour de la Seconde Pornocratie. Le cas de Finet après plusieurs autres montre les grandes fragilités du catholicisme contemporain et comment les racines de la corruption sont profondes.
En ces temps de désinformation intensive, véritable bourrage de crâne façon Grande Guerre et Goebbels/Staline, à échelle mondiale, tout doit être pris avec une grande circonspection.
On pense de plus en plus à cette vision de Soloviev pour notre époque.

( 900431 )
Une suggestion… par Johanis (2020-09-11 10:40:49)
[en réponse à 900405]
Est-ce un élément de réponse :
Le père Conrad de Meester est reconnu pour sa compétence dans la spiritualité Carmélitaine.
Dans les enseignements des sainte Thérèse ou de Saint Jean de la Croix s'exprime une grande méfiance à l'égard des charismes extraordinaires comme ceux dont il est question pour Marthe Robin.
Un carme n'est peut-être pas le mieux indiqué pour étudier le cas Marthe Robin.
Ce n'est qu'une suggestion...

( 900454 )
Vraiment pas par Eudoxie (2020-09-11 21:13:40)
[en réponse à 900431]
Vous dites des choses à l'emporte-pièce. Saint Jean de la Croix ne peut pas être contre les charismes extraordinaires, pas plus que sainte Thérèse d'Avila ! Ils en ont reçu tous les deux en très grand nombre.
Ils sont simplement équilibrés. Et méfiants naturellement parce qu'ils savent très bien que les âmes peuvent s'illusionner sur leur état. Ou qu'elles peuvent être les jouets du démon. Il n'y a aucune mauvaise raison pour que ces saints soient contre Marthe Robin.

( 900471 )
vous caricaturez par Johanis (2020-09-12 05:49:16)
[en réponse à 900454]
Vous caricaturez ce que j'ai suggéré.

( 900473 )
Pas du tout par Eudoxie (2020-09-12 07:51:19)
[en réponse à 900471]
J'ai repris vos mots, votre suggestion manque pour le moins d'explicitation, mais je vous assure qu'opposer le cas de Marthe Robin à celui des plus grands mystiques de l'Histoire de l'Eglise n'a aucun sens. Le père Meester ne peut pas être prévenu contre Marthe Robin à cause de son étude des grands cas d'école de la mystique, ça n'a pas de sens.

( 900475 )
Un article très intéressant du site de la CRC par Eudoxie (2020-09-12 10:16:55)
[en réponse à 900405]
La CRC est une secte, soit, mais leurs synthèses sur les faux mystiques, les fausses apparitions et les mouvements charismatiques sont très intéressantes et documentées.
Cet article est terrible. Mais il semble accablant. C'est terrifiant. Dieu n'est pas chez Marthe semble-t-il. Sa mort n'est pas celle d'une sainte.
1902-1921 : UNE PAYSANNE ORDINAIRE,
UNE ÉTRANGE MALADIE
Marthe Robin est née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme, sixième et dernier enfant d’une famille de paysans aisés, guère pratiquants. (...)
Elle ne se distingue pas par sa piété... aucun trait édifiant ne ressort de ses seize premières années. Si elle se distingue c’est par sa santé fragile ; en particulier par sa propension marquée à l’anorexie.
Fragile psychologiquement, elle est prise d’angoisse au moindre bouleversement de son univers relationnel. Comme lors du mariage de sa sœur aînée où elle se ronge de jalousie.
Ou encore, plus dramatiquement, au départ de son frère Henri pour la guerre, en mai 1918.
Ce jour-là, le choc émotionnel semble impossible à surmonter. Elle décline sans cesse et, le 1er décembre 1918, elle s’effondre et ne se relève plus. Sous-alimentée depuis des mois, elle ne supporte plus la lumière, ses maux de tête la font hurler de douleur. Les médecins pensent à une tumeur cérébrale, puis à une encéphalite léthargique ; le docteur Modrin diagnostique aussitôt un cas d’hystérie. (...)
Pour son père et son frère, Marthe devient une bouche à nourrir qui ne « gagne pas l’eau qu’elle boit », disent-ils avec mépris.
Sa mère et ses sœurs l’aident bien, ainsi que quelques amies, mais elle reste sans aucun soutien spirituel. C’est une pauvre fille qui souffre comme une bête, sans aucune idée de la valeur rédemptrice qu’elle pourrait donner à ses souffrances.
On ne peut certes pas encore parler de sainteté, mais c’est assurément une grande malade, très éprouvée...
1921-1936 : LA MYSTIQUE DES MYSTIQUES
Vers le 25 mars 1921 (ou 1922, Les auteurs ne s’accordent pas sur la date), sa vie bascule. Alice, sa sœur, qui couche dans sa chambre est réveillée par un grand bruit, elle voit une grande lumière. “ Oui la lumière est belle, lui répond Marthe, mais j’ai vu aussi la Sainte Vierge. ” »
Cette apparition n’opère aucun changement notable dans son comportement, sinon qu’elle se met à « lire beaucoup » : auteurs spirituels, vies de saints – de préférence les grands mystiques –, ce qu’elle fait en pure autodidacte, sans aucune direction spirituelle et sans recevoir de conseil de personne.
Cette fièvre de mysticisme débridé dure dix ans, au terme desquelles « la pauvre petite paysanne malade » devient « la mystique des mystiques ». Miracle de la grâce ? réaction hystérique ? (...) Le Père Peyrous, postulateur, explique ainsi le prodige de ce cheminement spirituel si laborieux :
« Marthe, redisons-le, souffrait terriblement et d’une maladie terriblement déstructurante. Sa personnalité était à certains moments dans une grande tension. On peut sans doute dire qu’elle était alors comme perdue, ravagée intérieurement. Elle aurait pu tomber dans la folie ou dans la mort. Elle a dû se battre pour ne pas sombrer, pour tenir sa personne, et même pour recomposer son moi. » (...)
Puis, citant le docteur Cuvelier, neuropsychiatre spécialiste en littérature mystique : « Marthe Robin passe de la mémorisation à la mémoration, c’est-à-dire que par le biais de sa maladie, elle incorpore à sa personnalité des souvenirs acceptés comme réalité actuelle. Un tel processus devrait aboutir à la confusion mentale alors qu’ici le “ moi ” en sort renforcé. C’est là à notre avis que se manifeste l’intervention de la grâce. » (Peyrous, p. 102)
L’avis du docteur est pertinent, mais ne parlons pas encore de grâce. Disons que dans le dédale des expériences mystiques que Marthe intègre et incorpore au fur et à mesure de ses lectures, sans y avoir été préparée par une vie chrétienne de piété et de vertus, la conduite d’un esprit supérieur paraît une explication proportionnée. Mais de quel esprit s’agit-il ?
De cette période de sa vie, elle dira : « Je me suis débattue avec Dieu. » et encore : « Tout le monde peut et doit accomplir sa vocation, mais pas moi... Je me suis débattue avec Dieu... je ne souhaite à aucune d’entre vous de lutter avec Dieu. »
VIE CACHÉE
En 1921 Marthe songe à entrer au Carmel. Son père s’y oppose et cesse dès lors toute pratique religieuse. Marthe n’insiste pas davantage et renonce. Durant l’été, elle retrouve l’usage de ses jambes et se rend en pèlerinage à Notre-Dame du Chatenay le 15 août et à Notre-Dame de Bonne-Combe, le 8 septembre.
À partir de 1923, elle trouve un soutien spirituel et matériel dans l’amitié de la baronne d’Alboussière et de madame Delatour. (...) Quant au Père Faure, curé de Châteauneuf-de-Galaure, il a l’humilité de se reconnaître incompétent, mais il exerce toutefois sur Marthe une certaine paternité, osant par exemple lui dire ouvertement qu’elle se « laissait aller ». (...)
UNE NOUVELLE SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS ?
Marthe Robin à 24 ans.
Marthe Robin à 24 ans.
Le 15 août 1925, alors qu’une place lui a été réservée dans un pèlerinage à Lourdes, elle se désiste en faveur d’une autre jeune fille... On admire son renoncement, mais le curé Faure en est vivement contrarié. (...)
Un jour que celui-ci lui apporte la communion, son frère Henri explose : « S’il revient, ce curé, je lui tire dessus... » Marthe cède à la pression de son frère et demande au curé de ne plus revenir. Elle restera sans communier pendant longtemps, plusieurs semaines, plusieurs mois, on ne sait pas trop...
Le 15 octobre 1925, croyant sa mort prochaine, elle rédige un acte d’abandon et d’Offrande à l’Amour et à la volonté de Dieu... Littéralement copié d’un auteur spirituel. Elle le déchire pour en rédiger un second, plus mystique, plagiat de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus... Sainte Thérèse dont on parlait beaucoup : c’était l’année de sa canonisation.
Justement, le 3 octobre 1926, Marthe tombe dans le coma pendant trois semaines. Sainte Thérèse lui apparaît à trois reprises et l’assurer qu’elle ne mourra pas. Elle doit prolonger sa mission et faire aimer l’amour dans le monde entier...
En 1927, au terme d’une année de grâces mystiques, d’apparitions de la Sainte Vierge et de sainte Thérèse, Marthe commence à recevoir la visite du démon. Elle le voit parfois avec les yeux du corps ; il est nu. Marthe en fera souvent la confidence : « Si vous saviez comme il est beau ! » mais le diable, insensible au compliment, la bat et la jette hors de son lit...
Elle souffre, mais avec une sorte d’indifférence affichée, bien peu thérésienne : « La vie n’est qu’un noir cauchemar pour qui souffre (...). Que vous dire de moi et sur moi, vie toujours pareille, grise et monotone, apportant bien plus de tristesse que de joies ; mais je crois que plus rien ne m’atteint maintenant, je vois bien que je suis destinée à boire tous les calices amers à longs traits. » (...)
En 1928, Marthe est définitivement paralysée des jambes, l’année suivante ce sont les bras. Elle accepte cet état dans une sorte de bonheur tranquille. Signe d’éminente sainteté ? Ce peut être aussi une réaction d’hystérie caractérisée, connue des psychiatres. (cf. docteur Gonzague Mottet : Marthe Robin, la stigmatisée de la Drôme, p. 44)
MARTHE ET SAINT FRANÇOIS D’ASSISE.
Le 3 décembre 1928, deux capucins prêchent dans la paroisse et visitent Marthe Robin. Enthousiastes, ils en parlent au curé Faure :
- Vous avez une sainte dans la paroisse !
- Je ne vois pas de qui vous parlez, répond celui-ci.
Marthe est subjuguée par le Père Marie-Bernard, qui la fait entrer dans le tiers ordre franciscain.
Deux jours plus tard, Jésus lui apparaît et lui demande si elle veut bien souffrir pour la conversion des pécheurs. Il veut aussi que le Père Faure devienne son directeur spirituel, et qu’elle ait avec lui une grande union d’âme. À chaque réponse positive de Marthe, un glaive s’enfonce dans son cœur...
Père Faure
Père Faure
L’abbé Faure, flatté de l’invite, revient de ses préventions et se transforme peu à peu en secrétaire des révélations de Marthe.
Début octobre 1930, Jésus demande : « Veux-tu être comme moi ? » Elle dit oui, et c’est le Christ en personne qui la stigmatise. Il est là, devant elle, dans son humanité douloureuse, il lui demande d’offrir ses pieds. Elle déplie ses jambes paralysées qui sont recroquevillées sous elle et les met dans la même position que celle du Crucifié. Alors du cœur de Jésus part un dard qui les transperce ; pareillement pour les mains. Marthe est bras en croix, jambes étendues : « Jésus m’invita à lui présenter mon cœur, ou plutôt ma poitrine (sic)... » et la voilà transpercée de nouveau...
La mère de Marthe, qui ne s’étonnait pas des intimes relations de sa fille avec la Sainte Vierge semble maintenant bien surprise, car le sang coule. On cherche à dissimuler la chose, mais la nouvelle se répand comme une traînée de poudre.
Marthe RobinÀ partir de ce jour, elle revit la Passion chaque semaine. Jésus lui dit : « C’est toi que j’ai choisie pour vivre ma Passion le plus pleinement après ma Mère [sic]. En outre, personne après toi ne la vivra aussi totalement et pour que tu souffres [sic] jour et nuit, tu ne dormiras pas, jamais plus ! » (L’Alouette, mars 1986, p. 30)
Elle ne se nourrit plus que de l’Hostie consacrée. Celle-ci lui est apportée une fois par semaine, seulement, car Marthe n’assiste pas à la Messe. En effet, elle est intransportable, et comme, à l’époque, seuls des religieux Camilliens ont le droit de dire la messe dans la chambre des malades, et qu’il n’y en a pas dans la région...
Vraiment ? pour les cinquante ans à venir, elle n’entendra plus jamais la messe ? Et pour cette âme si privilégiée, personne n’aura songé à demander une dispense ?
Mais qu’importe, par ses stigmates, Marthe est un autre Christ ; la Messe, c’est elle qui la revit, il paraît donc bien mesquin de lui opposer la loi de l’Église.
À PROPOS DES STIGMATES...
Il faut savoir que les contrefaçons existent en ce domaine, et l’Église le sait bien. Seuls les stigmates formant des « excroissances cutanées », des plaies profondes traversant les membres de part en part, comme ceux de saint François d’Assise, laissent le corps médical sans voix. Il n’en va pas de même pour « les stigmates superficiels ou de saignements sur peau saine. »
« Les auteurs, affirme le docteur Mottet, s’accordent tous à reconnaître l’existence d’une suggestibilité anormale... » Celle-là même propre aux hystériques. Les stigmates de Marthe sont de cette dernière sorte, et c’est pourquoi ils n’impressionnaient pas du tout l’ami de Marthe, le psychiatre Paul-Louis Couchoud. Quand il embrassait Marthe sur le front avant de la quitter, il observait qu’une goutte de sang perlait aussitôt après... Cela ne l’empêchait pas de dormir, son amie était une grande malade, voilà tout. Ignorant des choses religieuses, il ne se doutait pas que ce genre de maladie mentale était aussi le terrain de prédilection du démon. (...)
VIE PUBLIQUE
La nouvelle de sa stigmatisation et des Passions qui se renouvellent chaque semaine se répand et attire une foule de gens... L’intuitif Guitton caractérise parfaitement l’ipséité de la situation. On afflue vers Marthe comme jadis les Grecs allaient à Delphes consulter la Pythie...
Une sorte de liturgie domestique se créé autour de la malade, dont madame Robin devient la gérante. Elle reçoit par exemple les cadeaux laissés par les gens. Marthe « se livre donc, pendant quelques années, à un petit commerce de piété qui lui procure de maigres revenus. » (Peyrous, p. 81)
On aurait bien tort de se scandaliser : cet argent est pour les pauvres et les missionnaires... évidemment !
MARTHE ROBIN ET LE CLERGÉ.
Par un étrange chassé-croisé, tandis que le Père Faure se dévoue maintenant tout entier à la cause de Marthe, c’est le Père Marie-Bernard qui revient de son enthousiasme.
Marthe Robin« Pour percer à jour sa vanité, raconte-t-il, je lui conseillai de se faire photographier : deux photographies furent prises. L’une où elle était affreuse, l’autre où, revêtue sur le front d’une dentelle valencienne, elle ressemblait à Sarah Bernhardt plus qu’à la pauvre petite paysanne qu’elle était. La tentation de vanité et de coquetterie l’emporta : elle m’offrit Sarah Bernhardt et oublia de me donner son vrai portrait. »
Le Père Marie-Bernard désavoue Marthe Robin. Mais les foules continuent d’accourir.
En moins de dix ans, Marthe Robin se constitue un impressionnant réseau de relations. À cause de sa maladie et de l’aura qui en émane, elle s’impose comme une autorité religieuse dans le milieu “ dévot ”. Des prêtres, des théologiens viennent la consulter.
Le Père Betton, réputé grand spirituel et disciple de Bergson : « Je suis arrivé dans cette chambre et tout de suite j’ai senti une telle présence du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint que je me suis senti tout petit, tout petit. » L’humilité de Marthe suffit à le convaincre, puisqu’elle soumet son jugement au grand savant qu’elle a devant elle, qu’elle boit ses paroles avec ravissement pour apprendre de lui les différents types de visions : « intellectuelles, imaginatives, sensibles »... effarante puérilité pour un grand spirituel ! (...)
Le Père Albert Valensin, illustre jésuite, réputé pour sa théologie mystique, mais peut-être plus encore pour son opposition farouche à l’Action française.
L’abbé Charles Thellier de Poncheville, rédacteur au journal La Croix, co-fondateur des Semaines sociales, orateur très en demande... inconditionnel de Marc Sangnier, propagateur de l’idéologie démocratique du Sillon, condamnée par saint Pie X.
La liste des amis cléricaux de Marthe Robin est très longue, mais tous ont en commun d’être des démocrates-chrétiens convaincus.
1933-1981 : FONDATRICE ET MÉDIATRICE
En 1933, Jésus demande à Marthe de fonder des « Foyers de charité ». Il s’agit de faire vivre dans un même ensemble de bâtiments, des laïcs, hommes et femmes, en familles ou célibataires, désireux de suivre l’exemple des premiers chrétiens et de former entre eux une communauté. Il appelle cela la grande œuvre de son amour » :
« “ Je veux faire ici quelque chose de nouveau et de très grand pour notre Gloire, à cause de toi... À cause de tout ce que je fais et veux faire avec toi, et par toi en qui je veux me glorifier à l’infini ! ” » (...)
« À ce moment Jésus ouvrit les bras en un geste glorieux de bénédiction et d’amour, les yeux baissés sur la terre qu’il couvrait majestueusement de son ombre (sic !) en la considérant avec une tendresse et une complaisance ineffables. Après un moment de cette attitude, il me désigna l’endroit précis où il désirait son Œuvre, et qu’il fallait acquérir. »
C’est à Châteauneuf que doit se fonder le premier foyer, qui débutera par la création d’une école libre pour filles. Marthe confie cette mission à l’abbé Faure qui se récrie. Il consulte ses confrères, tous sauf un lui disent que c’est de la folie. Malgré tout, il se lance dans l’aventure : l’achat et la restauration du château en ruine de Châteauneuf-de-Galaure.
MADEMOISELLE ÉMILIE BLANK.
Tableau de Marie-MédiatriceC’est alors qu’intervient l’étrange mademoiselle Émilie Blank, du « milieu mystique lyonnais », brûlant des mêmes aspirations que Marthe, et qui se sent poussée à « fonder quelque chose ». Marthe est subjuguée par sa nouvelle amie. Plus tard, oubliant un instant les paroles de Notre-Seigneur, elle dira que l’idée des Foyers de charité « est venue de mademoiselle Blank ».
Ce qui manque le plus à Marthe et à son œuvre pense-t-elle, c’est la direction d’un homme d’envergure. Après consultation du cercle de ses amies, elle propose l’abbé Finet, directeur d’âme et vice-directeur de l’enseignement libre du diocèse de Lyon. Reste à trouver le moyen de le faire venir...
Marthe a une dévotion très particulière à Marie-Médiatrice. Elle voudrait un tableau qui la représente, mais « pas comme on en voit partout... » ajoute-t-elle avec dépit. Mlle Blank attrape la balle au bond : « J’ai ce qu’il vous faut », dit-elle.
L’étrange tableau auquel songe Mlle Blank – qui restera toujours dans la chambre de Marthe – présente une Vierge couronnée qui a la terre sous ses pieds, avec un serpent, mais dont elle n’écrase pas la tête. Ses mains, au lieu d’être abaissées et rayonnantes de grâces, sont levées en position d’orante. De la terre, – ou de la gueule du serpent ? – s’élance un lis surmonté d’une hostie qui monte jusqu’à son cœur.
Mlle Blank est sûre de son cadeau, elle arrangera tout, et ce sera l’abbé Finet qui viendra le lui apporter.
L’APPEL DU PREMIER APÔTRE.
Père Finet
Père Finet
Le Père Finet rencontre Marthe le 10 février 1936. Leur entretien dure trois heures : une heure sur la Sainte Vierge, une heure sur le nouvel apostolat des laïcs, une heure sur la “ Pentecôte d’amour ” qu’ils attendent tous deux. (...)
Puis, sur un ton d’autorité, Marthe dit :
– J’ai une demande à vous adresser de la part de Dieu. C’est vous qui devez venir ici à Châteauneuf pour fonder le premier foyer de charité (...).
– Pour quoi faire ?
– Notamment pour prêcher des retraites. Dieu le veut !
L’abbé Finet se récrie, il est du diocèse de Lyon, pas de Valence.
– Ne vous tourmentez pas, rétorque Marthe, la Vierge y veillera ! et sans plus attendre, elle fixe la date du 7 septembre pour la première retraite.
« Finet est conquis, abasourdi aussi : “ J’en parlerai à mes supérieurs. ” »
« Vous devez accepter ! » disent Mgr Bornet et Mgr Rouche, du diocèse de Lyon. Quant au Père Valensin, il affirme : « Marthe Robin, c’est Catherine de Sienne. Elle ne vous trompera jamais, elle est d’Église ! Vous devez faire tout ce qu’elle vous dira, elle ne vous trompera jamais. » L’évêque de Valence, Mgr Pic, bénit le projet des deux mains.
D’autres sont plus sceptiques, comme le cardinal-archevêque de Lyon, Louis-Joseph Maurin, disciple de saint Pie X et sympathisant de l’Action française, qui jugeait « fou » son confrère de Valence... Mais il n’en a plus que pour quelques mois à vivre.
L’IDYLLE GALLILÉENNE.
Au portrait qu’en fait Peyrous, les états de service, la piété, le dévouement aux âmes de l’abbé Finet forcent l’admiration. Ses responsabilités au sein de l’armée et dans l’enseignement libre lui ont donné l’expérience des âmes et l’habitude de commander.
Il a cependant les défauts de ses qualités : « Engagé tout entier, tête et cœur dans une entreprise, il peut manquer de distance, d’esprit critique à l’égard de lui-même et des autres. Il a du mal à se remettre en cause. »
Il est en outre profondément démocrate-chrétien.
Dès la première retraite, il donne, avec sa fille spirituelle, l’heureux spectacle du plus pur amour filial et paternel. L’abbé touche les cœurs en leur parlent de la bonté du Père, tandis que Marthe fait découvrir à tous « le côté si maternel et merveilleux de Marie ».
L’œuvre se développe, l’argent arrive toujours au bon moment, même en cette période de guerre. (...)
LE TOURNANT DE LA VIE PUBLIQUE.
En 1942, le Père Finet décide de faire construire une nouvelle chambre pour Marthe, plus au calme. Le 7 août 1943, une habile mise en garde de Mgr Pic renvoie dos à dos les opposants et les partisans exaltés de Marthe Robin. L’évêque ne veut pas que de vulgaires pamphlets mettent « fort indiscrètement en cause les plus respectables théologiens et même cardinaux ».
« Dorénavant, nous explique François de Muizon, le Père Finet va sécuriser un dispositif très strict de diffusion de l’information, il devient, sous l’autorité de l’évêque, le seul porte-parole de Marthe. Tous les visiteurs qui sont autorisés à rencontrer Marthe Robin dans sa chambre se voient interdire de parler d’elle, même dans leur propre famille. La loi du silence s’impose. Telle sera la règle jusqu’à la mort de Marthe. » (de Muizon, p. 137)
Pourquoi une telle vigilance, quel est le secret qui mérite d’être si bien gardé ?
Marthe RobinOn a fait grand cas de deux prodiges de Marthe Robin : son inédie – le fait qu’elle ne se nourrissait absolument pas –, et son immobilité complète par la paralysie. Or la vérité sourd des témoignages récoltés dans la positio, et le Père Peyrous se sent obligé de la dire, tout en l’enrobant du mieux qu’il peut : Marthe se déplaçait quelques fois la nuit « pour satisfaire ses besoins intimes », elle récupérait « une part de liberté », elle se nourrissait au moins du minimum vital. (...)
Cette révélation a ému des amis de Marthe, qui ont cherché à répondre dans un livre de 2014 : « Si Marthe Robin satisfait son corps en le nourrissant et dissimule ce fait en mentant, elle ne vit pas de l’Hostie, elle n’est pas maintenue en vie par le Christ, qui y repose selon la foi catholique. Elle n’a donc aucune mission véritable pour fonder les Foyers de Charité. Il ne me semble pas que ce soient là des conclusions de peu d’importance dans un ouvrage qui veut être la biographie d’une femme dont la réputation de sainteté a justifié aux yeux des autorités ecclésiastiques que l’on ouvre à son sujet un procès de béatification en cour de Rome. »
Quelle est donc la clé de l’énigme ? C’est le démon. Bien sûr ! C’est le démon qui prenait les apparences de Marthe et qui se déplaçait dans sa chambre ! Le Père Finet lui-même a fourni cette explication aux gardiennes de Marthe, étonnées de l’avoir plusieurs fois surprise hors de son lit... peut-être voulait-il rassurer ces ingénues ?
Les documents cités par les amis de Marthe nous révèlent d’ailleurs que le verrou intérieur de sa chambre était à 40 cm de hauteur, donc à sa portée... Et qu’elle connaissait avec précision le rangement des tiroirs de sa commode : « Quand on cherchait, dans la demi-obscurité, elle disait : Mais non, c’est à côté... » (p. 184) Pour une personne aveugle et paralysée depuis plus de cinquante ans, oui vraiment, c’est “ héroïque ”...
LE MENSONGE ROBIN-FINET FACE À LA FACULTÉ.
De nombreux médecins rencontrent Marthe. Parmi eux, des psychiatres de grand renom, même catholiques convaincus, concluent sans hésitation à l’hystérie, sans oser toutefois dénoncer la supercherie de ses apparitions.
D’autres comptent parmi ses amis et admirateurs. En 1942, Mgr Pic en désigne quelques-uns pour être ses examinateurs officiels. Aucune conclusion médicale sérieuse ne surgit de leur rapport, ils prennent pour argent comptant ce que dit leur patiente.
Le cas du docteur Alain Assailly est emblématique. Pour confondre un confrère sceptique, il se propose de faire examiner Marthe dans un hôpital pendant un mois afin de contrôler son inédie.
L’apprenant, Marthe lui jure qu’elle est prête à tout, que sa règle est l’obéissance, et qu’elle fera ce que son confesseur, son évêque ou le Saint-Père demanderont. Elle lui explique aussi que malgré tout, il ne réussira pas à convertir son ami, pas plus que les miracles de Lourdes n’ont converti les médecins athées...
« En connaissez-vous ? – Non mademoiselle. – Appelez-moi Marthe, ça me fera plaisir... on va collaborer... »
Et de fait ils vont collaborer.... Pour ce neuropsychiatre catholique qui doit traiter des cas de possessions diaboliques, cela va se révéler très intéressant. Assailly en oublie sa demande, et il lui envoie des patients. Marthe les aide et participe de loin à leur guérison... Mais en attendant, elle échappe à un mois d’hôpital sous haute surveillance... Elle est très, très forte la petite Marthe. (...)
Et que fait-elle du cas de son frère Henri ? C’est un point noir du dossier. En 1951, il se tire un coup de fusil de chasse dans la tête, à l’étage au-dessus de Marthe qui n’entend rien. Quand elle l’apprend, elle ne s’inquiète pas pour son éternité. Henri était pourtant violent, alcoolique et anticlérical...
MARTHE ET SON ESPRIT DIRECTEUR.
Mais les fondations se multiplient, et le Père Finet envisage la question de la reconnaissance canonique des Foyers de Charité. En 1952, le chanoine Naz propose le statut d’institut séculier. Marthe explose : « Un Foyer de charité, ce n’est pas un machin ajouté à un autre machin. C’est quelque chose de très nouveau dans l’Église. C’est à l’Église de nous prendre tels que nous sommes. (...) Jamais de constitutions dans les Foyers. Les Constitutions nous limiteraient et nous assimileraient à des ordres religieux. » (cf. Peyrous, p. 291-292) ... Elle fait moins d’histoires quand il s’agit de soustraire le “ cher argent ” des Foyers de charité aux contrôles du fisc... par l’intervention bienveillante d’Edmond Michelet, le démocrate-chrétien épurateur de 1944...
Au début des années cinquante, Mgr Urtasun successeur de Mgr Pic s’inquiète de voir cette mystique dans une perpétuelle noirceur. Il monte à La Plaine, résolu à ne pas s’en laisser compter, et, tous volets ouverts, voit Marthe en pleine lumière. Cette fois-là, exceptionnellement, Marthe ne hurle pas de douleur. Au contraire, elle fait les yeux doux à Monseigneur et lui offre la suavité d’une douce conversation qui le renvoie apaisé... (...)
Le Père Finet prêchant une retraite.
Le Père Finet prêchant une retraite.
LE VIVIER DE VATICAN II.
Depuis novembre 1940, c’est Finet qui organise les visites, préside aux “ passions ” de Marthe. Lui seul peut la faire revenir de ses extases ou chasser le démon... Il prêche des retraites à Châteauneuf, insistant beaucoup sur l’amour miséricordieux et inconditionnel de Dieu... C’est très pieux, très dégoulinant d’amour ; la moindre velléité de pénitence, d’austérité est taxée de jansénisme.
Marthe RobinIl préside à la fondation de nouveaux foyers de charité – plus d’une soixantaine à la mort de Marthe – Cela devient une grosse entreprise. Et cela séduit les catholiques du meilleur milieu traditionaliste.
Le pape Pie XII s’intéresse à ce cas et envoie le Père Garrigou-Lagrange. Marthe lui parle de la Sainte Vierge, le bon Père en ressort les larmes aux yeux, confondu de sa propre ignorance.
Dans les dérives de l’après-concile, elle prend le parti de l’ordre, mais de l’ordre conciliaire. Tendance “ Homme Nouveau ”. Les dignes Pères abbés de Fontgombault la consultent à propos de la réforme liturgique. Mgr Lefebvre lui-même reçoit ses encouragements dans les débuts... Elle encourage le Père Marie-Dominique Philippe à fonder les Frères de saint-Jean.
Elle soutient les apparitions de Garabandal, pourtant condamnées par l’Église.
Elle encourage le pasteur Gérard Croissant, bientôt frère Éphraïm. Elle qui dissuadait les pasteurs protestants d’abjurer leur hérésie sous le pontificat de Pie XII, dit à celui-ci : « Le moment est venu. »
FATIMA ENGLOBÉ, DÉPASSÉ.
Le 1er août 1942, l’année de la consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie par Pie XII, Marthe raconte une vision de la Sainte Vierge qu’elle aurait eue. Sa description s’étire pendant des pages, mais voici l’essentiel :
« Cette Vierge clôt une étape et en ouvre une autre. Elle clôt l’étape des avertissements suppliants, des menaces mêmes de Dieu au cours de ses multiples apparitions, en France et ailleurs, des derniers siècles. Elle ouvre le temps des débordements de la miséricorde de Dieu en faveur de ses enfants qui n’ont compris ni ses avertissements ni ses menaces. N’ayant pas écouté les prévenances divines, nous avons subi les châtiments annoncés par la Vierge. La miséricorde est inlassable, et la Vierge, sans tenir compte de nos fautes, se fait l’expression, voire même le sacrement de la miséricorde de Dieu... »
Marthe ne s’oppose pas aux « multiples apparitions » passées, elle les intègre dans une sorte de synthèse charismatique où la sainteté de justice de Dieu n’a plus cours, elle les déclare périmées, dépassées, comme d’un vieux testament remplacé par le nouveau...
Marthe Robin, c’est l’anti-Lucie de Fatima, et sa prétendue Vierge, une rivale de Notre-Dame de Fatima, “ médiatrice ” d’un amour charismatique qui ne vient pas de Dieu.
LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE DE MARTHE
La chambre de Marthe Robin.
Jean Guitton a saisi pour nous un prodigieux instantané du mystère de Marthe. Pour lui, c’est le chapitre douzième du livre de l’Apocalypse qui s’est revécu dans sa chambre, celui de la femme et du Dragon. Elle ne crie pas dans les douleurs, mais elle enfante à sa façon. Il observe la position de ses jambes paralysées, recroquevillées, les talons reposant sur le haut des cuisses, « en forme de M renversé ». Marthe figure à ce coup, la prodigieuse icône de l’inversion diabolique du revers de la Médaille Miraculeuse, et du mystère eucharistique et marial qu’il figure, tandis que le tableau de Marie-Médiatrice figure l’avers.
Le 5 février 1981, peu de temps avant que Marthe ne subisse un examen médical approfondi d’ordre de son évêque, un hurlement déchire la nuit. Marthe meurt « sans saigner », dans des conditions sordides, par terre, la bouche ouverte, hagarde, comme le serpent de nos Immaculée Conception. Qu’elle ait été « tuée par le démon » qui l’avait prévenue : « Je t’aurais jusqu’au bout ! » ou bien qu’elle soit morte de mort naturelle, peu importe, abandonnons le détail de cette enquête aux policiers...
Enterrée le 12 février, son cercueil est placé en haut dans le caveau. Lors de l’exhumation, il aura changé de place : au fond, par terre...
ROME CONNAÎT LA VÉRITÉ
Rome connaît la vérité, les objections théologiques à la cause de Marthe Robin, rassemblées par le promoteur de justice, Mgr Pierre Bouvier, tiennent une part considérable de la positio de Marthe, même si celle-ci a été publiée sans l’aval de ce dernier.
C’est peut-être la plus grande imposture mystique de tous les temps. Quoi qu’il en soit des groupes de pression qui dominent la Curie romaine, et celui du Renouveau charismatique n’est pas le moindre, les hommes d’Église ne pourront faire l’économie d’un examen et d’une condamnation en bonne et due forme, comme ils ne peuvent esquiver indéfiniment le grand procès doctrinal demandé par l’abbé de Nantes, notre Père.
Prions, prions pour le Saint-Père !

( 900482 )
de la part de partisans du bisou mystique, c'est piquant... par JVJ (2020-09-12 13:24:06)
[en réponse à 900475]
Je sais que de bons catholiques furent CRC, mais bon...
C'est une voie sans issue et leur cher père fondateur sent plus que le souffre.

( 900483 )
Pas d'accord par Meneau (2020-09-12 13:26:36)
[en réponse à 900482]
L'argument ad hominem (qui lui-même est discutable) n'enlève rien à l'analyse.
Cordialement
Meneau

( 900495 )
Un point étonne ... par Rémi (2020-09-12 19:26:23)
[en réponse à 900475]
Bluffer un père Garrigou-Lagrange au point qu'il "en ressort les larmes aux yeux, confondu de sa propre ignorance" , c'est tout de même fortiche pour une simulatrice malade mentale, non ?

( 900496 )
Je note par Jean-Paul PARFU (2020-09-12 19:52:01)
[en réponse à 900495]
que l'un des arguments de la CRC est que Marthe Robin aurait été soutenue par des démocrates-chrétiens. Cela ferait d'elle, c'est la conclusion : une simulatrice vouée finalement aux démons. Rien que ça !
Cette accusation d'être de tendance "démocratie-chrétienne" est une accusation maurrassienne et recouvre en réalité des convictions religieuses bien différentes. En France, la démocratie-chrétienne n'a jamais vraiment pris. Elle est assimilée au Modernisme. Mais ce n'est pas le cas dans les anciens Pays d'Empire : Benelux, Allemagne, Suisse, Autriche, nord de l'Italie, voire régions frontalières du nord et de l'est de la France ...
Je trouve l'argument un peu court.

( 900498 )
D'autant plus court par Peregrinus (2020-09-12 19:59:52)
[en réponse à 900496]
L'argument est d'autant plus court qu'on ne peut pas dire qu'un Garrigou-Lagrange soit précisément démocrate-chrétien.
Quant à l'imprégnation maurrassienne de l'article, si elle est difficilement contestable, il me semble clair qu'il est fait référence à des démocrates-chrétiens français aux orientations très discutables (ce qui ne rend pas la démonstration beaucoup plus convaincante, puisqu'on peut très bien faire, pour de bonne raison, faire forte impression à des personnes par ailleurs fourvoyées).
Peregrinus

( 900500 )
Cet argument par Eudoxie (2020-09-12 20:07:16)
[en réponse à 900496]
A ses limites, mais vous noterez que c'est bien loin d'être le seul. Ce n'est pas un argument faux, mais seulement pas forcément percutant.

( 900508 )
Hum… par Luc de Montalte (2020-09-12 20:42:31)
[en réponse à 900500]
Si, cet argument est un sophisme : il n’a aucune valeur (et d'ailleurs l'auteur ne s'en sert pas vraiment comme argument mais pour appuyer son propos, de manière assez grossière d'ailleurs). L'article du CRC est intéressant néanmoins.

( 900501 )
Il y en a beaucoup d'autres par Eudoxie (2020-09-12 20:09:51)
[en réponse à 900496]
Qui méritent amplement réflexion. Personnellement je suis atterrée par la mort de Marthe. Je trouve cette mort incompatible avec sa sainteté prétendue.

( 900509 )
Ce qui me gêne par Peregrinus (2020-09-12 21:25:02)
[en réponse à 900501]
Je tiens tout d'abord à préciser que je connais très mal Marthe Robin et que son oeuvre ne m'a jamais particulièrement attiré. Je ne me sens donc pas particulièrement intéressé à la défendre, et je crois qu'il est nécessaire de bien examiner ce qu'avance par exemple l'auteur de l'article que vous citez avant d'envisager une béatification (à laquelle je ne tiens pas).
Ce qui me gêne, c'est que, comme pour d'autres sujets (les sacres, tout ce qui touche à votre relation d'amour-haine pour la FSSPX, etc.), vous semblez vous faire en un clin d’œil votre religion, dont vous ne démordez plus par la suite, en ne retenant systématiquement que les éléments à charge, qu'ils soient réels ou supposés. Pour un cas comme celui de Marthe Robin, cela pose quelques problèmes. Un saint comme le padre Pio a fait l'objet, jusqu'à aujourd'hui, d'attaques assez comparables (les publications récentes de S. Luzzato par exemple). Cela ne signifie pas qu'il est impossible que le cas de Marthe Robin soit une imposture. Mais cela signifie qu'il faut être prudent, dans un sens comme dans l'autre.
Les histoires de stigmatisés, en tant qu'elles sont extraordinaires, paraissent nécessairement improbables, de telle sorte que les éléments à charge semblent presque automatiquement plus probants, quelle que soit leur solidité, que les éléments à décharge (les mêmes raisons expliquent, d'ailleurs, la fortune des divers négationnismes historiques, qui visent en général des faits qui paraissent incroyables). Il faut donc garder la tête froide et examiner tout cela posément.
Peregrinus

( 900510 )
je partage votre sentiment Peregrinus par Luc Perrin (2020-09-12 21:56:32)
[en réponse à 900509]
Je suis réservé sur cette subite série d'attaques : peut-être est-ce vrai, peut-être pas. Je ne lis rien de convaincant pour le moment sauf sur ce qui touche les agissements de Finet qui sont documentés.
L'auteur de la CRC soulève plusieurs questions mais l'axe du réquisitoire tient à une supposée "collusion" ou identification de Marthe et de son mentor avec la position anti-AF de Pie XI et de l'épiscopat français qu'il a installé à la fin des années 1920.
La déduction est ensuite faite que cela aurait été le vivier de Vatican II.
Oui Mgr Pic a bien été une figure de l'opposition à l'AF mais il devient un maréchaliste fervent, comme le fondateur de la CRC, à partir de 1940. Frédéric Le Moigne et Jean-Louis Clément sont d'accord là dessus. Le premier signale une influence du Père Garrigou-Lagrange op sur les évêques de la zone Sud à cette date.
Mgr Pic a été très bienveillant envers le jeune Georges de Nantes. L'évêque soutient les Coopérateurs paroissiaux du Christ Roi et les Foyers de Charité. Les premiers sont difficilement assimilables à un vivier de progressisme ou une matrice de la majorité conciliaire.
Il meurt en 1951 et a rendu visite à Marthe "plusieurs fois" di F. Le Moigne.
Ce qui est sûr, c'est que les Foyers de Charité après Vatican II n'ont pas été traditionalistes, c'est certain, mais très représentatifs de l'herméneutique wojtylienne-ratzinguérienne de réforme dans la continuité. J'ai connu plusieurs prêtres aumôniers et ils célébraient fort dignement, avaient beaucoup de respect pour Jean Paul II et Benoît XVI, idem pour les chrétiens ayant fréquenté les retraites.
A lire cet article, un lecteur non averti retire l'idée que cette Marthe et ses Foyers ont été des suppôts de la révolution théologique et pastorale : ce qui est l'inverse exactement de la réalité !
L'axe étant visiblement "tordu", si je peux oser la métaphore, cela porte ombre sur les autres affirmations.
J'ajoute pour Eudoxie et d'autres anti-mystiques, je n'ai guère de passion personnelle à ce sujet, mais que les cas de malades visionnaires existent. Mère Alphonse Marie, une jeune paysanne alsacienne béatifiée sous François après une longue procédure, a été vilipendée de son vivant : elle a émis aussi quelques prophéties pas toujours vérifiées, d'autres s'étant produites. La congrégation qu'elle a fondée, une famille de congrégations de nos jours les Filles du Très Saint Sauveur répandue par le monde, a fait un bien immense avec ses soeurs garde-malade.
On juge l'arbre à ses fruits : ceux des Foyers de Charité semblent plutôt bons depuis plusieurs décennies.
On me dira que les Légionnaires du Christ ont été fondés par un démon et qu'une partie de l'oeuvre a pourtant été bonne.
La CRC peut se mirer dans une glace aussi pour cette question épineuse. J'attends de lire ce dossier au vitriol du Carme défunt. Il reste à peser ce qui dans les fruits restent comestibles et nourrissants : n'oublions pas cet aspect in fine.

( 900513 )
Cependant par Eudoxie (2020-09-12 22:30:40)
[en réponse à 900510]
Cher Monsieur,
Sur l'argument des démocrates chrétiens, je ne me prononce pas, mais je crois que ce n'est qu'un peu de sucre glace qui ne saurait résumer le fond de l'argumentation de l'article, lequel fond suffit amplement à nourrir notre réflexion à propos de cette "mystique" qui est morte dans des circonstances épouvantables et terrifiantes, je dirais même infernales.
Par ailleurs permettez-moi de vous dire que je ne suis en aucun cas une "anti-mystique", bien au contraire. J'ai lu ce genre d'écrits avec délices dans mon adolescence, j'aime profondément sainte Catherine de Sienne, saint Jean de la Croix, Padre Pio, sainte Rose de Lima, Gemma Galgani, Soeur Josefa Menéndez et quantité d'autres que je vénère et apprécie énormément.
Simplement je n'aime pas la fausse mystique, et ce qui prend les apparences de la vérité pour répandre le mensonge et l'erreur. Et j'imagine sans peine n'être pas la seule dans ce cas.
Enfin l'argument des fruits d'une oeuvre est dépassé, ou à reprendre, à réinterpréter puisqu'il vient de l'Évangile, car vous voyez que Jean Vanier qui n'avait pas des moeurs dignes d'un chrétien, et qui entretenait des liens troubles et détestables avec le père Thomas Philippe, a fait un bien immense et remarquable avec l'Arche. Les mauvais peuvent faire le bien, c'est un fait malheureusement établi.

( 900514 )
le "fond" et votre conclusion par Luc Perrin (2020-09-12 23:37:54)
[en réponse à 900513]
Sachant, à peu près, lire un texte, je vois que l'axe et non "le sucre glace" est dans l'assimilation jugée diabolique aux démocrate-chrétiens.
Ce que vous appelez "le fond" est une série d'affirmations : d'où sont elles tirées ? Il n'y a pas d'indication de sources, quels sont les témoins qui disent avoir assisté à ceci ou à cela, les citations de rapports ... tant catholiques qu'externes à l'Église.
Je les lis mais je n'en dis rien n'ayant pas les moyens de les éprouver, de tester leur véracité, la crédibilité des propos et affirmations. Le Padre Pio et Thérèse d'Avila ont été dénoncés, sanctionnés, poursuivis : le recteur du Sacré-Coeur de Milan détestait le moine et à reprendre son rapport à Pie XI, le saint devient un imposteur et un scélérat. Deux papes et un futur pape (Mgr Luciani) ont mis en garde contre le Padre Pio, défendu par deux papes (Pie XII, Paul VI) et un futur pape Jean Paul II, sans compter le cardinal Lercaro, grand progressiste pourtant, qui le tenait en haute considération. Sans la protection du roi Philippe II et de Grands d'Espagne, pas sûr que la Madre aurait échappé à l'Inquisition. Ignace a dû fuir le pays pour la France pour la même raison ...
La cause a connu une première étape en 2014 : tout ce qui est rapporté ici semble des élément anciens connus depuis la mort de Marthe en 1981.Je veux croire que le travail historique de la Cause a pesé cela.
L'ouvrage attendu prétend apporter des pièces nouvelles : on verra sur documents.
Je peux juger en revanche aisément de l'interprétation de l'A. conforme à la vision usuelle de la CRC et de son fondateur, là oui.
Sur votre conclusion, j'y souscris et j'ai moi-même donné un exemple en ce sens. L'enquête romaine doit se poursuivre je suppose et ne tirons pas des conclusions définitives, en un sens ou dans l'autre, sans des bases documentaires plus solides.

( 900518 )
Chabeuil vs. Châteauneuf-de-Galaure par Candidus (2020-09-13 08:57:44)
[en réponse à 900510]
Sans vouloir me prononcer sur un sujet que je ne maîtrise pas, je note que les Coopérateurs Paroissiaux du Christ-Roi, avant le Concile, considéraient avec beaucoup de suspicion l'oeuvre des Foyers de Charité. Ils y voyaient une tentative du démon de détourner des âmes des Exercices Spirituels selon la méthode du P. Vallet.
Il est vrai que la spiritualité de Chabeuil et de Châteauneuf-de-Galaure étaient peu compatibles.

( 900519 )
Alors par Vox clamantis (2020-09-13 14:35:55)
[en réponse à 900518]
nonobstant le respect que j'ai pour les coopérateur paroissiaux, et le peu de sympathie que j'ai pour les Foyers de Charité,
"une tentative du démon de détourner des âmes des Exercices Spirituels selon la méthode du P. Vallet"
ça me semble ressembler fort à "nous piquer notre fonds de commerce".
Les exercices spirituels selon la méthode du P. Vallet ne sont qu'un moyen , fort bon par ailleurs, parmi d'autres, pas un passage obligé. J'imagine sans aucun doute que le démon ne doit pas aimer beaucoup ça ; mais j'ai vu trop de bons fruits des retraites des Foyers de Charité, que pourtant je n'aime guère, pour penser directement qu'ils pourraient être l'oeuvre de Satan.
Autrement dit, les Foyers de Charité m'exaspèrent à divers égards, mais j'ai vu trop de conversions s'y faire pour croire que ce pût être l'oeuvre de Satan pour détourner d'une autre oeuvre. Pour moi il peut y avoir de la place pour plusieurs œuvres de retraites sous le soleil du Bon Dieu...

( 900520 )
En outre par Jean-Paul PARFU (2020-09-13 15:11:47)
[en réponse à 900519]
Traiter les gens, pour un oui ou pour un non, de démons, dans un petit milieu catho-clérical, a quelque chose de dérisoire qui doit bien faire rire les démons !
C'est souvent prendre un bien pour un mal, c'est se servir de la foi et du vocabulaire de l'Eglise pour ses petits intérêts et c'est réduire les démons et leur action à pas grand chose. Voir les démons partout, c'est aussi et enfin les voir nulle part et faire leur jeu !

( 900522 )
pourtant c'est très "compatible" pour l'évêque Mgr Pic par Luc Perrin (2020-09-13 16:38:40)
[en réponse à 900518]
qui a accueilli et autorisé les uns et les autres et Mgr Pic avait aussi le dossier Marthe Robin sous sa juridiction.
Il devait peut-être avoir sur ce sujet une appréciation plus exacte que quiconque ayant toutes les données.
Des oeuvres de retraite spirituelle, selon la méthode X Y Z W M ..., il doit y en avoir des dizaines de milliers voire plus de par le monde.
En Alsace plusieurs congrégations sont dédiées à cela, il y a un Foyer de Charité, des groupes "charismatiques" d'origine ex. le Puits de Jacob, des mouvements laïcs en font. Sans oublier le Mont Sainte-Odile.
La cohabitation dans un diocèse de toutes ces offres de retraite est d'une très grande banalité partout dans le monde.

( 900526 )
Vous n'êtes pas sans ignorer... par Candidus (2020-09-13 22:27:46)
[en réponse à 900522]
... le rôle central qu'a joué Chabeuil dans la genèse et le développement du "traditionalisme" en France.
Si vous ajoutez à cela : l'Office de la rue des Renaudes, les partisans de l'Algérie française, l'AF, le Légitimisme et le vichysme, vous avez une recension des groupes, mouvements et sensibilités de plus de 75% des traditionalistes français des années 70.
J'étais un jeune adolescent à cette époque et je ne peux pas y repenser sans une certaine nostalgie. Certes, nous étions moins nombreux et moins bien organisés, mais nous bénéficions d'une richesse qui a disparu : la présence de prêtres formés avant le Concile, dotés d'une forte personnalité trempée par les persécutions.

( 900529 )
Vous n'êtes pas sans ignorer par Jean-Paul PARFU (2020-09-13 23:28:03)
[en réponse à 900526]
Veut dire qu'on ignore.
Vous avez sans doute voulu écrire : vous n'êtes pas sans savoir.

( 900533 )
Oui, bien sûr par Candidus (2020-09-14 07:55:28)
[en réponse à 900529]
Merci pour votre correction.

( 900551 )
je n'ignore pas rassurez vous Candidus par Luc Perrin (2020-09-14 19:35:31)
[en réponse à 900533]
et c'est bien pour cela (malicieusement) que j'ai rappelé que le même évêque a approuvé les deux oeuvres. Evêque très bienveillant envers l'abbé de Nantes par ailleurs.
C'est pourquoi l'article au vitriol de la CRC m'a un peu surpris.

( 900555 )
Cet article "au vitriol" par postit (2020-09-14 21:52:19)
[en réponse à 900551]
Comme vous dites est seulement la recension des zones d'ombre qui sont apparues à la lecture du livre du père Peyrous sur Marthe Robin.
On peut ne pas être d'accord avec la grille de lecture mais l'article est seulement un énoncé des faits, aucune conclusion n'en n'est tiré.
Cette conférence date de 2015 et c'est la seule qui a été consacré au sujet par la CRC il me semble. L'abbé de Nantes n'avait pas d'avis tranché sur la question à ma connaissance. C'est la parution du livre du père Peyrous, postulateur de la cause à l'époque, qui a provoqué cette conférence. En effet de nombreux éléments troublants étaient dévoilés à partir du dossier. Le but était seulement de souligner qu'il y avait matière à réserve d'autant que l'enquête officielle n'avait jamais répondu à ces réserves au cours du procès.
Peut-être que le livre du père de Meester forcera Rome à répondre à ces objection, en attendant il faut prier...

( 900556 )
Interrogé en 1985, l'abbé de N... par Glycéra (2020-09-14 22:15:29)
[en réponse à 900555]
... l'abbé de Nantes a répondu à quelqu'un qui avait vu Marthe Robin, et se posait moult questions.
Sa position n'était pas de trancher.
Mais de rapprocher des faits qui lui avaient été rapportés et des bizarreries, pour dire le moins, de quelques fausses manifestations.
Le moins qu'on puisse dire pour définir ses réponses est que l'abbé approuvait ceux qui se défiaient, et ne donnait aucune raison qui les contredirait, ni qui amoindrirait l'impression de grand trouble que les visiteurs avaient ressenti à Châteauneuf.
Mon renseignement, précis, et net, date de 1985 à St Parres.

( 900586 )
en somme par Regnum Galliae (2020-09-15 13:45:57)
[en réponse à 900556]
Si je comprends bien, en 1985, vous connaissiez quelqu'un qui a vu quelqu'un qui a vu quelqu'un qui a vu Marthe Robin ? Et le deuxième quelqu'un a recommandé de ne pas trancher ? Nous voilà bien avancés...

( 900594 )
C'est bien plus proche par Glycéra (2020-09-15 15:23:01)
[en réponse à 900586]
... mais je ne dévoile pas en Forum.

( 900583 )
postit au commentaire de Postit par Luc Perrin (2020-09-15 13:30:05)
[en réponse à 900555]
Si l'article ne condamne pas "aucune conclusion n'en est tiré" (Postit qui a besoin de nouvelles lunettes) : what ?
"Marthe Robin, c’est l’anti-Lucie de Fatima, et sa prétendue Vierge, une rivale de Notre-Dame de Fatima, “ médiatrice ” d’un amour charismatique qui ne vient pas de Dieu."
(...)
"ROME CONNAÎT LA VÉRITÉ
Rome connaît la vérité, les objections théologiques à la cause de Marthe Robin, rassemblées par le promoteur de justice, Mgr Pierre Bouvier, tiennent une part considérable de la positio de Marthe, même si celle-ci a été publiée sans l’aval de ce dernier.
C’est peut-être la plus grande imposture mystique de tous les temps. Quoi qu’il en soit des groupes de pression qui dominent la Curie romaine, et celui du Renouveau charismatique n’est pas le moindre, les hommes d’Église ne pourront faire l’économie d’un examen et d’une condamnation en bonne et due forme, comme ils ne peuvent esquiver indéfiniment le grand procès doctrinal demandé par l’abbé de Nantes, notre Père."
"la plus grande imposture mystique de tous les temps" ? C'est une approbation et une absence de conclusion ??????????????
Hé bé ... je veux croire que vous êtes d'humeur taquine et que vous galéjez.

( 900591 )
Et pourtant par postit (2020-09-15 14:50:45)
[en réponse à 900583]
« Cette Vierge clôt une étape et en ouvre une autre. Elle clôt l’étape des avertissements suppliants, des menaces mêmes de Dieu au cours de ses multiples apparitions, en France et ailleurs, des derniers siècles. Elle ouvre le temps des débordements de la miséricorde de Dieu en faveur de ses enfants qui n’ont compris ni ses avertissements ni ses menaces. N’ayant pas écouté les prévenances divines, nous avons subi les châtiments annoncés par la Vierge. La miséricorde est inlassable, et la Vierge, sans tenir compte de nos fautes, se fait l’expression, voire même le sacrement de la miséricorde de Dieu... »
Nul appel à la pénitence ni à la conversion ?
Cette citation de Marthe Robin est en contradiction avec le message de Fatima, c'est un fait. Marthe Robin se faisant la messagère de cette "révélation nouvelle" se pose en anti Sœur Lucie.
"la plus grande imposture mystique de tous les temps" ? C'est une approbation et une absence de conclusion ??????????????
Vous faites des citations à la manière de la CEF ? Si vous relisez la phrase citée intégralement, vous y verrez qu'il est écrit "peut-être", c'est donc une supposition.

( 900627 )
postit au postit de postit sur le français ordinaire par Luc Perrin (2020-09-15 23:54:54)
[en réponse à 900591]
Je ne sais si je lis façon CEF mais je me demande bien quelle langue française vous pratiquez Postit, pas celle des dictionnaires ni de l'usage courant en Francophonie.
L'article est négatif de la première à la dernière ligne : c'est déjà une "conclusion" amplement suffisante. Si je critique absolument tout et dans le moindre détail des actes d'une personne, où est la place à un jugement favorable ?
"Peut-être" ne porte pas du tout sur le fait supposé de l'imposture mais sur la place de cette "imposture" affirmée dans l'histoire. Allons mon ami quand même ... il ne faut pas être à l'Académie française pour le comprendre. Il n'y a donc aucune atténuation ou aucun doute dans ce peut-être, au contraire une aggravation puisque ce serait "peut-être" L'Imposture primordiale, suprême.
Enfin la phrase suivante, aussi négative que tout le reste, est une conclusion sans appel :
"Quoi qu’il en soit des groupes de pression qui dominent la Curie romaine, et celui du Renouveau charismatique n’est pas le moindre, les hommes d’Église ne pourront faire l’économie d’un examen et d’une condamnation en bonne et due forme, comme ils ne peuvent esquiver indéfiniment le grand procès doctrinal demandé par l’abbé de Nantes, notre Père."
"condamnation en bonne et due forme" ? Où est la part de doute pour l'acquittement et la béatification ?
Ne faîtes pas dire à une "condamnation" que c'est un acquittement et un plaidoyer pour canonisation.

( 900512 )
C'est certain par Eudoxie (2020-09-12 22:14:21)
[en réponse à 900509]
Il faut réfléchir posément. Le malheur, c'est que surtout en matière spirituelle et théologique, je réfléchis très vite. Mais c'est parce que depuis la fin de l'enfance je lis beaucoup de mystique, et donc j'ai une sorte de radar dans la tête qui analyse un peu comme un ordinateur tous les cas de ce genre, et toutes les lectures que je peux faire sur ce genre de sujet. Mon ordinateur mental va donc repérer le moindre problème, la moindre contradiction du dogme catholique, le moindre signe de collusion avec les intérêts du diable. À vrai dire je ne me suis retrouvée que rarement devant des gens qui prétendaient vivre des phénomènes surnaturels ou préternaturels, ce qui fait que mon discernement n'est peut-être pas très concret. Mais après avoir pas mal lu depuis des années, j'arrive à avoir des certitudes. Elles ne sont pas intangibles, il faut juste de bons arguments pour qu'elles changent. Étant éprise de la Vérité qui est Dieu, je ne saurais préférer consciemment mon opinion à cette Vérité en qui je crois.

( 900499 )
Je ne pense pas. par Eudoxie (2020-09-12 20:04:35)
[en réponse à 900495]
Le diable est très fort en théologie. Vous savez, il a une sagesse diabolique sur toutes ces choses, qui tient à sa nature angélique. Je me souviens avoir lu dans une thèse d'un théologien sur la place du diable dans le plan du salut de Dieu d'après saint Thomas, un très beau sonnet sur l'immaculéité de la Vierge Marie et sa maternité divine composé par le diable sur ordre d'un exorciste pendant qu'il l'exorcisait. Très beau littérairement parlant et théologiquement très exact.
Soeur Magdalena de la Cruz, une fameuse fausse mystique possédée du Siècle d'or espagnol, a raconté pendant le procès en Inquisition qui lui a été fait, que sa science en théologie, patrologie et Écritures Saintes et qui avait impressionné tout le monde dans son enfance, lui venait...du diable. Elle s'est depuis publiquement repentie.
Donc non, ne croyez pas que le diable n'est pas bon théologien lui aussi, lui qui a contemplé le Très-Haut avant sa rébellion infernale.

( 900503 )
Si c'est le diable par Rémi (2020-09-12 20:22:40)
[en réponse à 900499]
qui a subjugué le grand dominicain à cette occasion, c'est que Marthe Robin était possédée. Même la CRC ne semble pas aller jusque là. D'autant qu'on voit rarement les possédés éblouir en saine mariologie. Ils ont plutôt tendance à éructer, surtout lorsqu'il s'agit de l'Immaculée ...
Cela dit je ne suis pas friand de tout ce dolorisme, ces saignements et ces anorexies.

( 900505 )
Une petite précision par Jean-Paul PARFU (2020-09-12 20:30:00)
[en réponse à 900499]
Le diable, avant de devenir le diable, n'avait pas la vision béatifique !

( 900507 )
Par ailleurs par Rémi (2020-09-12 20:41:21)
[en réponse à 900499]
vous tenez pour acquise l'inspiration diabolique, or ce n'est justement que l'un des éléments en débat : le Ciel aussi est bon théologien, lorsqu'il inspire les saints, et bien à même d’impressionner un savant thomiste ...
Personnellement je ne sais qu'en penser.

( 900537 )
Le livre paraîtra le 8 octobre - Pré-commandes sur Livres en Famille par Anne Charlotte Lundi (2020-09-14 10:31:45)
[en réponse à 900405]
Confirmation par le réseau professionnel des libraires, de la parution du livre le 8 octobre 2020 : La fraude mystique de Marthe Robin.
Vous pouvez le réserver en pré-commande il vous sera expédié en priorité dès sa parution et sa mise en librairie.
Information supplémentaire : en passant par le lien ci-dessous, vous permettez au Forum catholique de percevoir une petite commission sur les ventes.
La Fraude mystique de Marthe Robin

( 900552 )
merci de la petite astuce par Luc Perrin (2020-09-14 19:46:07)
[en réponse à 900537]
c'est fait.
On verra si ce carme défunt est un Duchesne "dénicheur de saints", au sens où il les chassait de leurs niches sur les cathédrales.

( 900588 )
Commandé chez vous par Sic transit (2020-09-15 14:02:48)
[en réponse à 900537]
J'étais très peu attirée par Marthe Robin, mais impressionnée par tous ceux qui lui avaient fait confiance.
Je lirai le livre lui-même, et non pas des commentaires.

( 900596 )
La plus grande sainte de tous les temps ? par Regnum Galliae (2020-09-15 15:39:03)
[en réponse à 900405]
C'est ce qu'écrit sans gêne un certain Frère Bruno Bonnet-Eymard...
La tendre intimité de ses relations avec Notre-Dame est sans comparaison possible avec celle des plus célèbres voyants : sainte Catherine Labouré, sainte Bernadette ou les petits enfants de Fatima. La Sainte Vierge la caressait souvent en l’appelant «mon trésor », elle l’aidait à terminer ses broderies ; elle allumait une bougie les jours d’orage afin qu’elle n’ait pas peur, etc.
Les démêlés du curé d’Ars avec le “Grappin” ne sont rien en comparaison des tourments que le Diable va faire endurer à Marthe durant toute sa vie, chaque semaine... Et quand le démon la jette par terre, c’est la Sainte Vierge qui la prend dans ses bras pour la remettre dans son lit, etc.
La "plus grande sainte de tous les temps" fut assez logiquement "précurseur du plus grand concile de tous les temps.
toutes les extraordinaires grâces mystiques de celle qui s’impose à nous comme la plus grande sainte de tous les temps ne sont que des moyens en vue d’une fin. Elles sont garantes d’une mission qui se résume en trois points qui n’en font qu’un : la préparation et promotion du « plus grand concile de tous les temps », Vatican II.
Sa dévotion à la Sainte Vierge est en avant-garde de celle de Vatican II. Avec Marthe, la Sainte Vierge descend de cet empyrée où l’avait niché la théologie du concile de Trente, et la piété populaire à la suite des grandes apparitions mariales du dix-neuvième siècle.
Trop de louanges tuent les louanges... On sombre dans le ridicule, là...

( 900597 )
Je doute fort par Rémi (2020-09-15 16:07:02)
[en réponse à 900596]
que ce soit là l'opinion réelle du frère Bruno de Jésus, puisque précisément la CRC est à l'origine de ce dossier pour le moins gênant sur Marthe Robbin.
Citer ses source c'est bien, les connaître c'est mieux.

( 900598 )
Plus clairement, par Rémi (2020-09-15 16:10:43)
[en réponse à 900597]

( 900601 )
Merci du document source par Glycéra (2020-09-15 17:01:17)
[en réponse à 900598]
Tout est dit.
Merci à vous

( 900607 )
[réponse] par Regnum Galliae (2020-09-15 18:16:36)
[en réponse à 900597]
Pour les sources, je n'ai pas osé renvoyer vers le site catholicapedia (je ne sais pas trop ce qu'il est permis de mettre en lien et ce qu'il n'est pas permis) d'où venait l'article que vous citez effectivement. Je n'avais pas saisi l'ironie du document, pensant que le frère en question était un moine de l'Emmanuel écrivant dans leur revue "Il est vivant" ;-)

( 900751 )
Ca ne risque pas par Gereo (2020-09-19 10:43:14)
[en réponse à 900607]
Je n'avais pas saisi l'ironie du document, pensant que le frère en question était un moine de l'Emmanuel écrivant dans leur revue "Il est vivant" ;-)
Il n'y a pas de moines dans la communauté de l'Emmanuel.