Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=899907
images/icones/union-jack.png  ( 899907 )Downside Abbey par Nemo (2020-08-28 23:02:36) 

J'apprends avec grande tristesse la fin de l'aventue dans ce site exceptionnel...
Bien sur, c'était le nouvel ordo en anglais mais avec le faste d'antan, et un goût exceptionnel.
Départ de la communauté de Downside
images/icones/union-jack.png  ( 899909 )Les causes et les pertes par Nemo (2020-08-28 23:46:11) 
[en réponse à 899907]

Une école était liée à ce grand monastère dont l'église a la taille et la beauté d'une cathédrale. Des scandales ont été découverts là aussi. L'école a donc été séparée du monastère.
Downside était ce qui se fait de plus traditionnel dans le nouveau rite, beaucoup d'offices solennels chantés en grégorien, messes orientées, ornements, autels magnifiques. Le départ des moines pour une autre destination est inquiétant. Que va devenir cet exceptionnel monastère et ses collections d'objets liturgiques, sa bibliothèque etc. ?
images/icones/fleche2.gif  ( 899914 )"...de plus traditionnel...." par AVV-VVK (2020-08-29 09:59:12) 
[en réponse à 899909]

N' êtes-vous pas en contradiction avec ce message: ici http://www.leforumcatholique.org/message.php? num=899474 ?
images/icones/iphone.jpg  ( 899918 )Manipulation de votre part par Nemo (2020-08-29 11:30:44) 
[en réponse à 899914]

Ce qui est bon dans votre message, c’est que vous suggérez une comparaison avec Flavigny tout à fait bienvenue bien que Downside soit grand comme une cathédrale et très riche en oeuvres d’art.
En revanche ce qui est manipulatoire, c’est la déformation de ma pensée. Flavigny est plus traditionnel que Saint Merry à Paris c’est un fait, et pareil pour Downside. C’est une liturgie qui veut sauvegarder les apparences. Ce n’est pas l’application normale du novus ordo.
images/icones/fleche2.gif  ( 899910 )et father Graeme Rowlands at S. Silas Kentish Town ? par JVJ (2020-08-29 00:08:51) 
[en réponse à 899907]

Je sais, vous allez me tomber dessus, car les ornements ne font pas tout... Je sais. Mais tout de même ! Il y a une même forma mentis que le catholicisme traditionnel, sans rapport avec toutes les messes NOM massacrées et improvisées.

Je suis tombé sur un compte tweeter assez farfelu, je le crains, d'un french anglican, mais les videos auxquelles ils renvoient sont pour beaucoup magnifiques et très axées sur les liturgies catholiques anciennes.

Le prêtre de la paroisse Graeme Rowlands a toute ma sympathie. Ces pasteurs anglicans vivent dans leurs églises dans lesquelles on pourrait manger par terre. Il porte soutane et doit être un homme heureux. Il y a une video très belle dans laquelle il parle de son ministère. Je sais bien qu'il n'est pas représentatif de l'Eglise anglicane libéralisée à outrance. Mais l'Eglise catholique a déjà bien entamé sa course dans le même sens...

S. Silas Kentish town

Dans le genre plus tradi, et anciennement affilié à la FSSPX, il y a aussi les Rédemptoristes des Orcades, qui furent un temps à Joinville (dioc. de Langres). Je ne sais pas qui ils évangélisent dans ces îles, mais passons... On pouvait les voir à Joinville (qui a des liens avec les Stuart) défiler derrière une cornemuse...

L'évêque bénédictin d'Aberdeen Hugh Gilbert, qui parle un excellent français, célèbre dans les deux formes. Un saint évêque dans un royaume magnifique, tant qu'il ne retourne pas dans l'UE.
L'abbaye de Pluscarden dont il fut l'abbé est magnifique. Je vous recommande le site internet. Elle a succédé à un prieuré fondé au XIIIe s. par un roi d'Ecosse avec des chanoines réguliers venant de la Bourgogne du nord que vous connaissez, et de mon diocèse de Langres, le prieuré chef d'ordre du Val des Choux, près de Châtillon-sur-Seine.
images/icones/1i.gif  ( 899915 )Comme quoi... par vistemboir2 (2020-08-29 10:10:57) 
[en réponse à 899907]

1) les meilleures imitations n'ont pas la longévité de l'original et les nouveautés deviennent très vite obsolètes voire caduques ...

2) l'acharnement "thérapeutique" de certains à tenter de réanimer un nouvel ordo à forme "traditionnelle" mort-né a quelque chose de pathétique...
images/icones/c_nul.gif  ( 899920 )vos deux remarques hors sujet ! par JVJ (2020-08-29 11:34:24) 
[en réponse à 899915]

Si vous aviez lu ne serait-ce que le site de la BBC au sujet de l'information de Nemo, vous verriez que depuis plusieurs années il y a de graves accusations sur ce qui a pu arriver à l'éducation de l'école annexée. Il est question de faits remontant à 30 ans et d'un moine qui a quitté l'abbaye (le motif n'est pas indiqué).
Une décision d'aller prendre de l'air de la part de ces successeurs de Bénédictins installés à Douai et chassés par la Révolution française n'a rien à voir avec la liturgie.
Ils ont élu aussi un nouvel abbé, l'ancien ayant soit le souci de reprendre des fondations solides avec son (modeste) convent, soit des manquements à se reprocher constatés par une visite canonique ou lors de discussions serrées au chapitre (cela ne nous regarde pas).
Quand bien même ces moines n'auraient rien à se reprocher depuis trente ans, n'avoir pas été au courant de ce qui a pu / de ce qui s'est passé auprès d'enfants confiés par leurs parents dans une école jumelée au monastère n'est plus acceptable en 2020.
Les joyeusetés immondes qui se faisaient dans les orphelinats bien catholiques d'Irlande avant le concile ne me pousseront pas à les retenir ou à les taire dans une apologétique de l'Eglise. La manière dont on traitait les filles-mères n'était pas glorieuse non plus, et j'y inclus la France, bien évidemment. Que d'humiliations au nom de la religion, que de vies brisées ! Ces dames peuvent être encore aujourd'hui octogénaires. Un mâle qui couche avec une femme hors mariage a moins de soucis avec sa postérité éventuelle, mais son "honneur" restera sauf. Il pourra se marier en public avec les cloches. Est-il vrai qu'il n'y a plus de Grand séminaire dans la république d'Irlande ?
L'apologétique, trop souvent, confine à la mauvaise foi et à la réécriture lamentable de l'Histoire qui ne tient pas la route une minute en dehors de sa petite chapelle ou des murs de sa maison.

A l'instant, cela ne me revient pas, mais j'ai lu d'un écrivain ou d'un homme politique passé par l'école tenue par les Bénédictins de la Pierre-qui-Vire, avant le concile, des choses accusatrices graves sur des moines. La responsabilité de la communauté et de l'abbé d'alors demeure. Je ne crois pas qu'il s'agisse de François Léotard, je cherche...

Pour faire suite à vos remarques, Kergonan, Solesmes, Triors, Fontgombault, Flavigny et quelques autres abbayes bénédictines n'ont rien de pathétique. Pour ne parler que d'abbayes françaises et j'oublie les femmes. Elles ont leur histoire et ont dû s'adapter durant les années de plomb (qui continuent de manière sournoise). C'est vraiment ne rien connaître à l'histoire monastique que de considérer que toutes les abbayes d'un ordre doivent suivre la même liturgie et le même coutumier. Je me réjouis qu'il y ait encore des Camaldules NOM à Rome et ailleurs, plutôt qu'ils aient tous disparu, parce que les tradis purs et durs ne peuvent rien faire, faute d'effectifs et de charisme propre, pour relever ce valeureux ordre.

Dom Forgeot était bien évidemment pathétique et un traite à la cause, comme le premier abbé du Barroux, je sais.
Et puis allez voir les abbayes romaines de temps en temps ou quelques-unes en Allemagne.
Vous n'auriez pas de coeur à ne pas être très ému et songeur quand les cinq dernières Bénédictines de Valmont ont fermé leurs portes cette année.
images/icones/1b.gif  ( 899923 )Pas tant que ça ! ... par vistemboir2 (2020-08-29 11:51:09) 
[en réponse à 899920]

Mais je vous laisse, vous et vos amis, à vos illusions sur le devenir du NOM, liturgie, paraît-il, "restaurée par Vatican II", comme dit l'autre ...
images/icones/fleche2.gif  ( 899925 )je n'ai pas beaucoup d'illusions, je dis que Flavigny, Fontgombault par JVJ (2020-08-29 12:03:07) 
[en réponse à 899923]

et bien d'autres ne sont pas des lieux superficiels ou honteux, liturgie comprise.

Je sais faire la différence entre Fleury, La Pierre-qui-Vire, Chauveroche, Ligugé (difficile à cerner)... et Fontgombault, Triors, Kergonan...
Je ne crois pas qu'un moine de Solesmes fasse ses exercices de zen au petit matin comme il m'a été donné de le voir de manière effarante à Chauveroche.

Quand Wisques est relevé par Fontgombault, c'est un petit signe discret, mais tout de même. Il y a bien un des derniers de Wisques old fashion qui n'a voulu s'agglomérer... C'est donc que ce n'était pas du tout la même façon de vivre.
images/icones/neutre.gif  ( 899934 )Oui par Meneau (2020-08-29 12:52:25) 
[en réponse à 899925]

A part quelques lieux olé-olé où la Foi catholique est tellement dévoyée qu'on se demande encore en quoi ils croient, les moines et soeurs même NOM, et en particulier dans les ordres cloîtrés et contemplatifs, n'en restent pas moins des hommes qui ont renoncé au monde pour s'offrir totalement à Dieu. Il y a donc bien un idéal élevé derrière cette démarche, qui ne peut n'être que superficiel et devrait laisser admiratif, surtout à une époque où cette démarche est incompréhensible par le commun des mortels (y compris leur famille parfois) et où les ordres contemplatifs sont critiqués y compris par les plus hautes instances de l'Eglise.

C'est au passage valable aussi pour les prêtres NOM : ils ont répondu à une vocation et je trouve que les tradis leur jettent trop facilement la pierre juste parce qu'ils célèbrent le NOM, alors que beaucoup font leur possible pour travailler à la vigne du Seigneur, en toute bonne foi, et le cas échéant, je dirais, malgré le NOM. Je ne parle pas ici des évêques carriéristes, ou des cardinaux mafieux pédophiles, mais de nombre de prêtres lambda qui se dévouent à leurs paroisses trop nombreuses pour un seul homme. Il faudrait les aider plutôt que les vilipender. Et pourquoi pas leur faire découvrir la beauté du VOM. M'est avis que sur ce sujet il y aurait beaucoup à faire, plutôt que de rester entre-soi dans le confort des sacrements dispensés par des prêtres (tout aussi dévoués) "à qui nous ne devons rien" (je n'en reviens toujours pas que l'on puisse écrire un truc pareil)...

Cordialement
Meneau

images/icones/bravo.gif  ( 899946 )Merci pour votre message par Fenestri (2020-08-29 15:23:48) 
[en réponse à 899934]

J'avoue ne pas saisir comment on peut en venir, comme vous le dites justement, à essentialiser les "prêtres NOM" en décrétant qu'ils sont de mauvais prêtres (ça me fait penser à ce message lunaire où il fut décrété que les "prêtres de l'Ouest parisien" (sic) ne "font et ne feront jamais de bons prêtres" (re-sic).

J'ai quand même parfois l'impression que certains ne se sont pas remis de la blessure des années post-concile et post-sacres. Ce qui est compréhensible, mais qui ne justifie pas que l'on fasse retomber la faute sur la jeune génération. Le clergé d'alors a déjà commencé à changer, puisque certains jeunes ordonnés n'étaient même pas nés lors des sacres d'Ecône !

Je considère les tradis crachant sur tout ce qui est "NOM" (je considère qu'un prêtre est avant tout un prêtre, pas un "prêtre VOM", "prêtre NOM") comme l'équivalent des progressistes crachant sur tout ce qui est tradi de prêt ou de loin. Ils sont les deux faces d'une même pièce, où la rancœur prime sur le bon sens.
images/icones/mitre4.png  ( 899956 )Le message lunaire par Jean-Paul PARFU (2020-08-29 16:36:09) 
[en réponse à 899946]

que vous évoquez Fenestri, n'avait pas trait au "Nom", mais aux réseaux d'influence, à la façon dont en France sont recrutées les "élites".

Je ne parlais pas des "prêtres Nom", mais de prêtres ou évêques "chacha" de l'Ouest parisien. On ne fait pas de bonnes élites uniquement par relations et avec des personnes trop marquées sociologiquement. C'était le sens de mon post. Par ailleurs, j'ai des doutes sur le caractère apostolique et évangélisateur du "Nom", c'est vrai. Je pense que le "Nom" gâche, en quelque sorte, les qualités et les efforts de ceux qui sont mis à son service. Le "Nom" les stérilise, si vous voulez, et c'est précisément pourquoi nous sommes contre.

J'ai moi-même eu de très bonnes relations avec des prêtres "Nom" en Allemagne et en France. Je suis même allé aux obsèques de l'un d'eux, le père Ribot (juin 1917- novembre 2011), curé de multiples paroisses dans une région où j'ai des attaches.

Ci-dessous, un post sur ses obsèques



A voir ici
images/icones/fleche2.gif  ( 899958 )(Votre post "obsèques" par AVV-VVK (2020-08-29 16:50:57) 
[en réponse à 899956]

mène à Philomène-Renée qui semble n' envoyer plus de messages")
images/icones/ancre2.gif  ( 899969 )Ab imo pectore... par Paterculus (2020-08-29 23:33:16) 
[en réponse à 899934]

... tibi dicitur bravo ab imo sacerdote.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/neutre.gif  ( 899944 )Solemmes, Wisques : une liturgie différente par Mandrier (2020-08-29 15:16:32) 
[en réponse à 899925]

Vous citez Triors Fontgombault, Wisques, en les mettant sur le même pied liturgique que Solesmes ou Kergognan. Or elles n'y sont pas. La messe n'est pas la même et c'est toute la différence.
Cela dit sans pour autant préjuger du reste de votre argumentation
images/icones/fleche2.gif  ( 899948 )Ici plusieurs tiquent sur Fontgombault et par JVJ (2020-08-29 15:49:30) 
[en réponse à 899944]

mettent tous les Bénédictins dans le même sac du moment que la messe de St-Pie V n'est pas dite selon les canons des années 1900.
"Ils" auraient même manipulé Mgr Lefebvre, les vilains, ai-je lu récemment.

Pour les mêmes, St-Joseph de Clairval ne valait que tant qu'il était dans la même mouvance que le petit séminaire d'à côté (que je respecte)...

Kergonan, pas -gnan. Lapsus calami, je présume.

Faire la leçon de pureté à Solesmes à qui tout Bénédictin français contemporain doit tout, en dehors de quelques Olivétains...
images/icones/iphone.jpg  ( 899947 )Vous devez vous tromper d’interlocuteur par Nemo (2020-08-29 15:45:10) 
[en réponse à 899923]

Je trouve assez piquant d’être cité, moi et mes amis, comme quelqu’un qui croit en l’avenir du NOM... Je vous le répète, le rite n’a rien à voir dans cette affaire. Le diable fait feu de tout bois comme on dit.
images/icones/iphone.jpg  ( 899949 )Bénédictines de Valmont par Nemo (2020-08-29 15:59:19) 
[en réponse à 899920]

D’où tenez-vous l’information comme quoi elles auraient fermé leur porte et partiraient ? Leur site est toujours actif.
Sinon je lis un livre passionnant sur le Val aux Choux et Sept-Fons écrit par le Père Placide Vernet, les règlements au 18e siècle.
images/icones/livre.gif  ( 899954 )comme vous persistez à n'entrer pas en contact par JVJ (2020-08-29 16:33:26) 
[en réponse à 899949]

avec moi...
J'aimerais vraiment mettre un nom derrière Personne. Vous aviez laissé entendre que vous étiez connu comme le loup blanc, sans penser que mes antennes ne portent pas partout et que je n'ai que l'âge que j'ai...

Je le tiens des intéressées et je vous en dirais davantage, mais hors de tout échange public.
Il faut les plaindre et bien prier pour elles. Il faut aussi souhaiter que les bâtiments n'aillent pas à n'importe quoi, que leur mobilier aussi et leurs livres ne soient pas bradés pour n'importe quoi.

Vous me décevez : un site internet n'est rien pour ce qui est de la situation canonique d'un établissement.
Ne croyez pas wikipedia si la notice du MPF vous laisse croire que le mouvement est encore vivant... Je viens de vérifier !

L'abbaye St-Georges des Bois que Mgr de Germiny avait reconnue a fermée cette année. Elle était une expérience intéressante de Bénédictins (encore eux...) dont vous connaissez certainement la provenance et les motivations. Ils n'étaient plus que quatre ou cinq, je crois, sinon moins...
Leur site (http://abbaye.saint.georges.free.fr/index.html) existe encore et ne signale pas leur disparition. Et pourtant l'abbaye est dissoute. Je l'ai annoncé ici (je ne vous blâme pas de ne pas toujours me lire, alors que je vous lis systématiquement).

Le carmel de Vannes est fermé depuis quelques semaines, par exemple, si vous en voulez d'autres. Ma source n'est pas le revue de la fondation des monastères, fort intéressante au demeurant, qui réagit nécessairement avec un certain délai. Il y a en un autre qui m'est cher, qui ne fera pas de vieux os, hélas.

Voulez-vous que je vous parle du bras-reliquaire du XIIIe s. venant de Châteaudun que les anciennes Bénédictines de Valmont possédaient jusqu'alors ? Vous avez dû savoir que cinq d'entre elles étaient mortes en quelques mois cette année et l'an dernier. Je me moque de quelle liturgie elles vivaient (je le sais, et je ne juge pas tout à l'aune de la messe de St-Pie V et à l'épaisseur des grilles pour les séparer du siècle, de la taille de la guimpe). C'est un crève-coeur considérable. Déjà que beaucoup avaient fermé le monastère de Lisieux à cause du bruit des voitures...
images/icones/1f.gif  ( 899960 )Pour rentrer en contact avec moi par Nemo (2020-08-29 18:39:59) 
[en réponse à 899954]

C'est tout simple, demandez à XA mon identité, mon téléphone et mon mail, il vous les communiquera.
J'ai une maison à quelques kilomètres de Valmont et je serai à la plage dans moins d'une semaine. J'ai connu l'installation des religieuses, j'ai assisté à pas mal d'offices.
Ca va surprendre du monde ici mais j'ai même plusieurs fois accepté de servir leur messe dans le nouveau rite avec un enthousiasme minimum (c'était quand même n'importe quoi) parce que les religieuses étaient gentilles et n'avaient personne d'autre. C'était dans le grand salon à l'époque. Merci de ne pas en tirer des conséquences.
J'ai perdu contact avec elles, je vais maintenant à la messe au Havre, c'est plus loin mais l'assistance aux offices des soeurs n'était justifiée alors que par le moindre mal. Honnêtement c'était terrible et la façon dont les bâtiments de Valmont ont été "restaurés", je dirais plutôt saccagés, est un exemple de monstruosité agréée par les monuments historiques.
Quiconque connaît l'histoire de l'abbaye de Valmont sait que ce lieu est maudit.
images/icones/hum2.gif  ( 899978 )ah ! ne dites pas de mal des Monuments Historiques ! par JVJ (2020-08-30 11:07:52) 
[en réponse à 899960]

Ce sont les derniers remparts pour protéger, sauf exceptions, le patrimoine des vandales et des gouvernants (en dehors des pressions politiques...), et surtout depuis soixante ans du vandalisme clérical (à condition que l'église soit classée ou possède des objets inscrits ou classés).

Ce vandalisme continue allègrement en 2020. Même d'excellents évêques conservateurs prêts à virer les stalles de leur cathédrale... Seuls les MH permettent de les calmer. J'ai cité souvent ici des protections et des études menées par les MH (l'Etat, quoi) sur le vestiaire liturgique d'églises dont les catholiques et son clergé se f... pas mal depuis des décennies.

Ce sont les MH qui conseillent des couvents qui ferment pour qu'ils ne se fassent pas avoir par l'évêché local ou des antiquaires véreux, afin qu'ils ne vendent pour rien des tableaux ou leurs archives. Je connais aussi des conservateurs des MH qui ont commandé le reportage photographique de la dernière année de vie d'un carmel, sans quoi jamais cette belle initiative ne se fait par l'Eglise (sauf exceptions). J'ai fait cela pour le couvent dominicain de Dijon il y a vingt ans, à mes frais. Le Saulchoir et les archives provinciales n'ont montré aucun intérêt.

Essayez de me croire pour les MH.
Je connais plusieurs cathédrales dont le clergé et la CDAS mentaient sciemment aux MH pour leur faire avaler un bouleversement du choeur, sous couvert du fameux concile. Et ce, encore de nos jours et depuis vingt ans ! Si la CRMH n'a pas de conservateurs connaisseurs de l'histoire de l'Eglise et même du clergé (ce qui est parfois le cas), elle est prête à gober. L'Eglise ose dire que la liturgie n'y est pas exercée comme le demande le concile (argh ! et en 2010, il serait temps de se réveiller...). Qu'il faut de la place pour les saintes huiles (alors que celles-ci se font dans des églises tournantes ! et quand bien même, les prêtres se mettent dans les stalles), qu'il faut de la place pour les prostrations des prêtres ordonnés (pour des diocèses qui ordonnent en moyenne un prêtre tous les trois ans !!!!). Pour bien des conservateurs de MH, de musées et de l'Inventaire (et j'en connais des dizaines), les catholiques passent pour des gens incompétents et indignes de leur héritage. Le clergé jouit encore d'un vague respect qui impose de mettre les formes avec lui, même quand ce clergé passe dix fois devant le tabernacle sans le moindre égard, sous le regard amusé du maire et du conservateur. Quand un prêtre prend le temps de mettre les formes, de nettoyer sa sacristie ou de lire son bréviaire dans le banc, croyez-moi, cela inspire le respect. Ce genre de prêtre est devenu rare. Un ancien archevêque, particulièrement plan-plan et insipide, voulait que sa stalle fasse face à la nef, car bla-bla-bla. Cet archevêque n'a sans doute jamais vu la stalle de l'archevêque à Notre-Dame de Paris ! Lui envoyer cela poliment dans le dentier permet de la calmer un moment. Mais l'archevêque tapa plus haut pour arriver à ses fins... (en vain, je précise). J'aurais voulu pouvoir lui dire qu'un trône dans une stalle, ce n'est pas très conciliaire ni humble... Qu'il prenne une chaise en paille ! Dois-je préciser que son "trône" - une chaise améliorée - pouvait pivoter sur ses pieds, et que la nef peut se repaître du profil de trois-quarts ou de la face du prélat, si ce dernier le souhaite). Qui a rénové et étudié les bancs de choeur très usés et le maître-autel ? Les MH.

Les religieuses qui ferment à tour de bras gagnent plus à se rapprocher de gens compétents pour être conseillées, que des commissions diocésaines souvent remplies de rigolos et de gens très orientés qui servent l'évêché depuis leur naissance. Je ne les connais pas toutes (sept à la vérité, d'expérience), mais je n'en connais qu'une dont le responsable, un prêtre, est parfait, tout en devant se méfier des autres membres. A Orléans, on se garderait bien d'inclure un historien ou un habitué de la forme extraordinaire. Je ne connais d'ailleurs pas les membres, c'est dire leur rayonnement.

Pour sauver le maître-autel 1830 de ma propre église d'enfance (le maire était mon père) non classée, j'ai écrit au prêtre responsable de la CDAS. Le curé voulait tout virer à la faveur de travaux. Et quand le curé dit une chose en matière religieuse, le maire est prêt à la croire ! Les maires ignorent aussi la loi, comme les curés. Quand le prêtre a débarqué, il avait convoqué sans me le dire le curé, qui s'est avéré être son grand copain. Moralité, un mois après, le maître-autel avait illégalement été vendu à un antiquaire (sans délibération du conseil municipal, sans avis des paroissiens et même des habitants concernés même s'ils ne pratiquent plus). Je suis parti réveiller ce curé et l'évêque, en pleine nuit. Ils m'ont ri au nez, j'avais 19 ans. Le curé a aussi viré du choeur les statues de St Michel et Jeanne d'Arc (avec le noms sur le socle des morts de 14-18), car il ne voulait plus ces vieilleries. Le confessionnal a été brûlé, comme le banc d'oeuvre. J'ai sauvé seulement la chaire du XVIIIe s. Le ménage a été fait aussi dans les chasubles que mon vieux curé en civil mettait en semaine. L'ancien prêtre ouvrier a mis l'essentiel dans un sac poubelles. Et le recel des pseudo-musées diocésains ou dépôts diocésains n'est pas une solution. Les transferts sont illégaux et de plus, très mal faits, sans traçabilité.
Si mon église avait eu des meubles inscrits ou classés, jamais cela ne se serait passé ainsi.

Alleluia pour l'initiative que vous me proposez enfin ! Dans mes fiches sur vous, j'avais le fait que vous admirez, j'imagine sans borne comme moi, certain ancien vicaire général d'un diocèse bourguignon.
images/icones/fleche3.gif  ( 900369 )pourvu que ça dure par Roubine (2020-09-09 15:29:21) 
[en réponse à 899978]

selon une source généralement bien informée : Didier Rykner de la Tribune de l'Art


Le ministère de la Culture est un champ de ruines, comme nous le disions dans un article paru dans Le Figaro. Mais des ruines peuvent encore être détruites comme nous avons pu le voir récemment à Palmyre. Et c’est bien à cela qu’aboutissent certaines réformes actuellement dans les tuyaux à la direction générale des Patrimoines (DGPAT). Comme nous l’a dit une personne y travaillant : « La seule activité de la direction générale des Patrimoines, aujourd’hui, c’est de se réformer, dans une fuite en avant permanente ». En raison de ces réformes, c’est aujourd’hui l’Inspection des Patrimoines qui est touchée, et qui pourrait même rapidement disparaître. Il est d’abord nécessaire pour comprendre le problème de faire un peu d’histoire, et de rappeler à quoi sert ce service.

L’Inspection, à l’origine du ministère de la Culture

Ludovic Vitet, puis Prosper Mérimée furent les deux premiers inspecteurs généraux des monuments historiques. C’est dire le prestige de cette fonction qu’avait créée le gouvernement de Louis-Philippe en 1830, et qui fut à l’origine de l’administration des monuments historiques. Leur mission telle que l’avait décrite Ludovic Vitet est rappelée sur le site du ministère de la Culture : « Constater l’existence et faire la description critique de tous les édifices du royaume qui, soit par leur date, soit par le caractère de leur architecture, soit par les événements dont ils furent les témoins, méritent l’attention de l’archéologue, de l’historien, tel est le premier but des fonctions qui me sont confiées ; en second lieu, je dois veiller à la conservation de ces édifices en indiquant au Gouvernement et aux autorités locales les moyens soit de prévenir, soit d’arrêter leur dégradation. ». Pour résumer, il s’agissait donc d’une part d’identifier les monuments devant être protégés, de l’autre de conseiller à la fois le gouvernement et les autorités locales sur les moyens de les conserver.

Depuis, si le service s’était étoffé, et a changé d’appellation, se transformant successivement en inspection générale de l’architecture et du patrimoine puis inspection des patrimoines, celui-ci, rattaché au ministère de la Culture depuis la création de ce dernier, a toujours peu ou prou les mêmes fonctions, décrites par l’arrêté du 17 novembre 2009 relatif aux missions et à l’organisation de la direction générale des patrimoines [1]. Si le champ s’est en quelque sorte élargi, au-delà des monuments historiques, avec la création de plusieurs collèges, aux domaines des musées, des archives, de l’archéologie, des espaces protégés et de l’inventaire, l’objectif est toujours le même : conseiller sur ce qu’il faut conserver et sur la manière de le faire, aussi bien le ministère que les directions régionales. Directement rattaché au directeur général des Patrimoines, avec le titre d’inspecteur, les membres de ce service, recrutés parmi des personnes ayant une certaine expérience de leur fonction, ont un véritable poids.

Le rôle est donc double : appuyer les services à leur demande, et réaliser des études.
Concrètement, ils peuvent intervenir de plusieurs manières :
- soit via les différentes commissions auxquelles ils participent (commissions régionales et nationale du patrimoine et de l’architecture, commissions territoriales et nationale de la recherche archéologique, etc),
- soit en donnant des avis sur certains dossiers, comme sur les travaux sur monuments historiques,
- soit en étant chargés de missions particulières sur des dossiers complexes.
Généralement, ces missions sont effectuées à la demande des Directions régionales des affaires culturelles (certaines utilisant davantage l’inspection que d’autres), soit à la demande du directeur général des patrimoines ou des services centraux.

Cette inspection est composée à la fois d’archéologues, de conservateurs du patrimoine, d’architectes en chef des monuments historiques ou encore d’urbanistes de l’État. Ils ont donc un rôle majeur dans la protection et la conservation des monuments historiques. Pouvant donner leur avis en toute indépendance et en connaissance de cause, celui-ci est essentiel dans le bon fonctionnement du système. Si les missions de chacun des collèges peuvent être parfois en partie différentes, celui des monuments historiques se répartissent à peu près de la manière suivante : les deux-tiers de l’activité consistent à répondre aux demandes de la direction centrale et des DRAC sur des dossiers de protection et de travaux, soit directement, soit à travers les commissions dont ils font partie. Le tiers restant consiste essentiellement à faire des études et des rapports sur des sujets précis, soit monographiques sur un monument posant particulièrement question, soit sur un thème plus large, dans une vision prospective, comme la protection d’un type de monuments, tels les phares, ou la politique patrimoniale de tel ou tel service. Enfin, chaque inspecteur peut être sollicité en fonction des spécialités qui lui sont propres.

La réforme en cours

Comme d’habitude au ministère de la Culture, rien n’est clair et les choses se dégradent parfois de manière progressive. Il faut faire, là encore, l’historique des réformes récentes pour comprendre que celle qui se profile se situe dans la continuité des précédentes. Les choses ont commencé à se dégrader sérieusement au début des années 2000, avec la Révision Générale des Politiques Publiques. Le ministre était alors appuyé par quatre directeurs, dont le directeur des Patrimoines et celui des Musées de France, avec à leur tête des hauts fonctionnaires compétents dans leur domaine, disposant d’un vrai pouvoir et de la volonté de l’exercer. Cela fonctionnait bien, au moins tant que des personnalités fortes et compétentes étaient nommées comme directeur (qu’on se rappelle, par exemple, pour les musées, Jean Chatelain, Hubert Landais, Olivier Chevrillon, Jacques Sallois ou Françoise Cachin). C’était, hélas, moins le cas à la fin, alors que la dernière directrice des Musées de France était Marie-Christine Labourdette, le dernier directeur des Patrimoines Michel Clément, dont nous avons parlé à plusieurs reprises sur notre site.
Un directeur général des Patrimoines est venu s’interposer entre les quatre domaines qui relevaient directement du ministre, alors que les directions étaient réduites à des services : un pour les monuments historiques (ce qui incluait les espaces protégés et l’archéologie ainsi que l’inventaire général du patrimoine culturel), un pour les musées, un pour les archives, et un pour l’architecture.

Philippe Bélaval a été le premier directeur général des Patrimoines, Philippe Barbat, actuellement en poste, est le deuxième. Mais plutôt que de simplifier le fonctionnement (ce qui était un des objectifs), cela a contribué à gripper définitivement la machine. Comme nous l’a dit un fonctionnaire : « Le champ est trop large et il est pratiquement impossible d’avoir une compétence dans tous ces domaines. Là où il fallait une semaine pour régler une affaire, parce qu’un sous-directeur pouvait voir immédiatement son directeur, il faut un mois, au moins. » On a seulement créé un niveau de plus, le directeur général des Patrimoines, qui est celui qui a vraiment le pouvoir, à condition de vouloir, de pouvoir et de savoir l’exercer.
Outre les quatre services spécialisés, celui-ci a sous ses ordres plusieurs départements qui lui sont directement rattachés : la communication, la formation scientifique et technique, la politique des publics, le pilotage de la recherche et de la politique scientifique, les systèmes d’information et les affaires européennes et internationales. A ceux-ci se rajoute l’inspection des patrimoines, à laquelle est adjointe la mission de la sécurité, de la sûreté et de l’accessibilité, qui n’a pas de rapport direct avec les missions de l’inspection.

La réforme en cours - qui n’est pas spécifique à la direction générale des Patrimoines mais qui s’applique aussi à celle de la création artistique et aux médias et industries culturelles - a pour but de mutualiser au niveau du ministre un certain nombre de fonctions. Ainsi, la communication, la formation, les systèmes d’information ainsi que les affaires européennes et internationales seraient regroupées avec celles des autres directions générales. Ce qui n’est pas absurde en soi.

Le devenir de l’Inspection des Patrimoines

La réorganisation devait être rendue publique le 27 mars, date qui fut ensuite plutôt repoussée à avril. L’épidémie de Covid-19 a bien entendu repoussé ces échéances et il est question maintenant de septembre. Courant décembre, il a été demandé aux inspecteurs de réfléchir à une fusion avec le département de la recherche et de la politique scientifique, avec l’assurance que la nouvelle entité inclurait ce terme dans son intitulé.

Mais le ministre de la Culture d’alors, Franck Riester, a très mal accueilli cette proposition, justement à cause de la pérennisation du terme « inspection », alors que la direction de la création artistique, par exemple, avait accepté de supprimer sa propre inspection ! Le mot d’ordre du ministre, qui ne faisait alors que refléter la volonté du Premier ministre, était que chaque ministère ne devait avoir qu’une seule inspection, et le ministère de la Culture a déjà auprès de lui l’inspection générale des affaires culturelles (IGAC). Celle-ci a pourtant une fonction très différente de l’inspection des patrimoines : composée d’anciens directeurs d’administration centrale, de chefs de service toutes directions confondues ainsi que de quelques personnes venues de l’extérieur, son rôle (dont on peut lire la description sur le site du ministère) n’est pas du tout technique, et très différent de celui de l’inspection des patrimoines.
Après le déconfinement, le projet a donc suivi son cours, deux projets de texte, un décret et un arrêté, ayant même été diffusés officiellement en interne. Dans l’arrêté, qui décrit le fonctionnement de la direction générale des Patrimoines, l’inspection des Patrimoines a complètement disparu.

Nous avons interrogé à ce sujet le directeur général des Patrimoines, Philippe Barbat, qui a réfuté cette disparition, pourtant inscrite dans ces textes. Il nous a affirmé qu’il s’agissait de projets encore à l’état embryonnaire et provisoire, qui doivent être finalisés, ajoutant que le projet d’arrêté n’avait pas encore été vu à son niveau, ce qui semble difficile à croire alors que tout le monde dans sa direction en a eu connaissance. S’il nous a assuré porter la réforme de la fusion de la recherche et de l’inspection, il s’est montré catégorique : il ne sera pas le directeur des Patrimoines qui mettra fin à l’inspection « sur son aspect scientifique et technique », ce qui sous-entend d’ailleurs que certaines autres missions, notamment celles ayant trait aux études prospectives plus générales, pourraient ne plus leur être confiées. Il ajoute que la mission « monuments historiques » est la moins touchée, car elle est celle qui mène le plus de missions proprement techniques. Ceci ne rassurera certainement pas les autres collèges… Il a d’ailleurs ajouté : « J’assume de dire qu’une fois qu’on a préservé cette mission essentielle, le contrôle scientifique et technique, il faut interroger la manière dont on produit, dont on fait des rapports : il y a toute sorte de missions d’évaluation de service, est-ce qu’on peut les faire autrement ? » Cette évolution, qui consiste à enlever à l’inspection son rôle de prendre du recul et de réfléchir à la politique du ministère, n’est pas étonnante en réalité dès lors que celui-ci renonce peu à peu à toutes ses prérogatives et à toutes ses missions. À quoi bon réfléchir à des évolutions qui se décident de plus en plus indépendamment dans chacune des régions ? Mais Philippe Barbat a beau affirmer qu’il ne s’agit que de projets non finalisés, il reste que le texte de l’arrêté tel qu’il a été diffusé officiellement à tous les chefs de service, a rayé d’un trait de plume toutes les missions de contrôle scientifique et techniques.

Une autre question se pose de manière désormais urgente, qui pourrait aboutir par un autre moyen à la disparition de l’inspection, au moins à celle des monuments historiques : le départ à la retraite de plusieurs d’entre eux, qui à terme va laisser ce collège presque sans forces vives si rien n’est fait pour y remédier. Ce collège est en effet constitué d’une part d’architectes en chef des monuments historiques, actuellement au nombre de six mais qui n’interviennent qu’à temps très partiel puisqu’ils poursuivent leurs autres activités, et de l’autre d’« inspecteurs conservateurs généraux » qui, même s’ils ne sont pas tous à l’origine conservateurs du patrimoine, sont des spécialistes de la conservation des monuments historiques, des historiens de l’art ou de l’architecture. Architectes et inspecteurs conservateurs travaillent en binôme par région. Or, ces derniers étaient encore récemment six, ce qui est déjà peu. L’un d’entre eux, Olivier Poisson, est parti il y a deux ans à la retraite et n’a pas été remplacé. Un deuxième, François Goven, y sera début août. Ils ne sont donc plus que quatre et deux autres doivent également prendre leur retraite dans les deux ans. Il suffit d’attendre un peu, et l’inspection, pour ce qui concerne en tout cas les monuments historiques, aura vécu… Quand on lui pose la question, Philippe Barbat explique qu’il est facile de recruter des inspecteurs, et qu’il le fera, sans s’engager cependant à ne pas diminuer les effectifs d’une personne. Il le fera, mais quand, alors qu’ils sont aujourd’hui déjà passés de six à quatre ?

La résistance des services du ministère

La perspective de ce projet et la diffusion des textes de décret et d’arrêté ont provoqué une vive réaction au sein de la direction des Patrimoines, et de nombreux courriers ont été envoyés au ministre de la Culture (il s’agissait alors de Franck Riester) et à Philippe Barbat.

C’est d’abord le collège des monuments historiques, une structure informelle regroupant sept associations professionnelles internes au ministère de la Culture (voir la brève du 26/7/18), qui s’est adressé directement au ministre. Ils soulignent, ce que nous venons d’évoquer, que quatre inspecteurs ont déjà fait valoir leurs droits à la retraite et que « les postes n’ont pas été publiés et ne seront donc pas pourvus ». Ils rappellent l’importance d’un binôme inspecteur conservateur et architecte, ils soulignent celle de l’inspection pour les DRAC, ainsi que la nécessité de maintenir le titre d’ « inspecteur », « seul à même de poser clairement son rôle auprès des différents acteurs de terrain : impartialité, expertise, objectivité et référence à la déontologie ». Ils insistent enfin sur le fait qu’à l’heure où « l’autonomie des DRAC vient d’être renforcée par de nouvelles mesures de déconcentration », « l’inspection des patrimoines est la garante d’une vision nationale des politiques de protection et de concentration du patrimoine ». C’est ce dernier point qui nous semble le plus fondamental : veut-on encore une vision nationale ? Le ministère de la Culture et le directeur des Patrimoines portent-ils cette vision ? On peut hélas en douter.
Loin d’être agressif, le ton du courrier est au contraire, comme il se doit au sein de l’administration, tout à fait respectueux, et il se conclut sur des propositions allant au contraire dans le sens d’un renforcement de l’inspection. Il était adressé à Franck Riester, gageons que Roselyne Bachelot va en prendre connaissance, si ce n’est déjà fait.

Envoyé au ministre fin juin, ce courrier a été suivi de plusieurs autres. Ce sont d’abord les inspecteurs eux-mêmes qui ont tous signé une lettre adressée cette fois au directeur général des Patrimoines. Ceux-ci soulignent dès l’introduction ce que signifierait le remplacement du service de l’Inspection des monuments historiques par une simple mission : elle relèverait « d’une simple décision, donc révocable, et dont les attributions et activités ne sont pas décrites autrement que par une dénomination floue ». Ils rappellent que cette hypothèse de la disparition du service avait été présentée dès l’automne 2019, mais qu’ils avaient été sollicités « pour travailler collectivement à la création d’un nouveau service transversal unique », et que des propositions lui avaient été envoyées en janvier 2020 sans aucun retour de sa part… Ils soulignent le caractère indispensable de leurs missions, d’ailleurs inscrite dans le code du patrimoine, qui porte une « vision transversale des différents champs du patrimoine » et concluent sur leur souhait de « participer, dans le cadre d’un véritable échange de confiance, à la refondation d’une inspection des patrimoines élargie à la prospective, qui contribuerait au « réarmement intellectuel » de la Direction que vous [Philippe Barbat] appeliez de vos vœux. »

Une troisième lettre a été envoyée au directeur des Patrimoines, ce qui montre - outre les réactions syndicales que nous verrons ensuite - l’importance de ce sujet pour le personnel du ministère, et l’inquiétude réelle (et à notre sens justifiée) qui est la sienne. Il s’agit cette fois des conservateurs régionaux de l’archéologie qui alertent Philippe Barbat sur « le rôle essentiel et toute l’importance du maintien d’une véritable Inspection dans le cadre institutionnel de l’archéologie française ». Là encore, ils insistent sur les points à notre sens le plus important : la « vision nationale » de l’Inspection, et l’importance du titre d’inspecteur : « nous y sommes également attachés, non en raison d’une sorte de nostalgie qui nous conduirait à refuser toute évolution, mais parce qu’il est porteur de sens : chacun peut être expert - et ils sont légion - mais l’inspecteur est un expert disposant d’une autorité dans son champ de compétence. À défaut, nous serions en présence d’une expertise parmi d’autres, donc contestable ».

Les syndicats sont également intervenus dans ce qui n’aurait jamais dû être un débat. Le Syndicat National des Affaires Culturelles (FSU Culture) souligne d’abord « l’opacité de ces grandes manœuvres autour de la réorganisation du ministère » et confirment ce que nous écrivions au début de cet article : le directeur des Patrimoines souhaitait le maintien de l’inspection, mais a été « renvoyé dans [s]es cordes » par le ministre Franck Riester. Ils remarquent bien sûr que : « suivant une tactique éprouvée, les départs à la retraite n’ont pas été remplacés, la charge de travail étant dès lors reportée sur un nombre insuffisant d’inspecteurs qui peinent désormais à exercer leurs missions. » Ce texte est intéressant notamment parce qu’il résume bien le rôle de l’Inspection, « un service fondamental que Franck Riester a condamné » : « véritable interface entre l’administration centrale et les services déconcentrés, il est, à travers ses six collèges (archéologie, architecture et espaces protégés, archives, inventaire général du patrimoine culturel, monuments historiques, musées) garant de l’application des textes législatifs et réglementaires. Il est aussi en charge d’une mission permanente de conseil et d’expertise auprès de la direction générale, des DRAC/DAC, des opérateurs, des collectivités, des associations et, plus largement, des usagers. C’est ainsi que les inspecteurs, bons connaisseurs des territoires, jouent un rôle important au sein des Commissions Régionales du Patrimoine et de l’Architecture dont ils sont membres de droit. »

À la lettre du collège des monuments historiques, Philippe Barbat a répondu le 3 juillet, comme il nous a également dit, à savoir que le décret cite bien le contrôle scientifique et technique, que le projet d’arrêté n’est que temporaire et qu’il prendra bien en compte cette mission qui restera obligatoirement menée par la DGPAT puisqu’un décret est plus fort qu’un arrêté. C’est, bien évidemment, feindre d’ignorer que le simple mot « contrôle scientifique et technique » n’implique absolument pas que l’on conserve un service de l’inspection, le titre d’inspecteur, sa place dans l’organigramme, ses autres missions complémentaires du contrôle scientifique et technique (ce qu’il admet sur ce dernier point), ni même cette mission précise qui pourrait tout à fait être fortement réduite. D’ailleurs, cette réponse ne semble pas avoir convaincu ses interlocuteurs puisque le texte du syndicat est du 6 juillet, les courriers des inspecteurs a été envoyé le 7 juillet, bien qu’il soit daté daté du 2, le temps de recueillir toutes les signatures, et celle des conservateurs régionaux de l’archéologie est datée du 9 juillet.

Que fera la nouvelle ministre ?

Le départ de Franck Riester peut, bien entendu, rebattre les cartes, mais dans quelle mesure ? Sa politique ne faisait en effet que décliner au sein de la direction générale des Patrimoines celle décidée au niveau gouvernemental : déconcentration vers les DRAC et une seule inspection par ministère. Roselyne Bachelot, parmi les différents dossiers qu’elle aura à traiter, va devoir rapidement se pencher sur celui-ci, mais aussi sur le décret autorisant les préfets à déroger au code du patrimoine (voir l’article) auquel le précédent ministre n’a même pas fait mine de s’opposer. Les deux dossiers sont d’ailleurs liés : car si l’expertise recherchée existe dans les DRAC et dans les établissements publics de la Culture, celle d’un inspecteur est bien spécifique puisqu’il dispose d’une véritable indépendance. Or, quand ce sont désormais les préfets qui dirigent les DRAC et quand les directeurs régionaux des affaires culturelles sont de plus en plus souvent des fonctionnaires sans connaissance de ces sujets, l’expertise des conservateurs et des ABF n’a souvent plus la force de se faire entendre, surtout si elle contrarie des projets d’élus. C’est bien l’inspection des patrimoines qui peut apporter à ces spécialistes en région le poids de leur expertise auprès des décideurs. Supprimer ou affaiblir cette inspection, c’est renier la mission même du ministère de la Culture.

Roselyne Bachelot dit avoir toujours rêvé d’être ministre de la Culture. Était-ce du ministère de la Culture que semble vouloir Emmanuel Macron : privé de tout pouvoir, impuissant à faire respecter la loi, se contentant de regarder notre pays sombrer dans un nouveau féodalisme que prépare toutes les décisions d’affaiblissement de l’action des ministères ?


— Didier Rykner


Notes


[1] « L’inspection des patrimoines exerce ou participe à l’exercice du contrôle scientifique et technique de l’État dans le domaine de l’archéologie, des archives, des musées, de l’inventaire général du patrimoine culturel, de la protection des monuments et des espaces ainsi que de l’exécution des travaux sur les monuments historiques. A ce titre, elle conduit des missions d’inspection et d’audit de services et d’établissements.
Elle participe, notamment avec l’inspection générale des affaires culturelles, à des missions d’évaluation des politiques publiques.
Elle contribue à la définition et à la mise en œuvre des politiques nationales dans les domaines d’intervention relevant de la direction générale.
Elle participe au contrôle de l’application des textes législatifs et réglementaires dans les domaines de compétence de la direction générale.
Elle assure une mission permanente de conseil et d’expertise auprès de la direction générale.
Elle intervient en tant que de besoin comme conseil des services déconcentrés, des opérateurs relevant du domaine de compétence de la direction générale et des services et organismes soumis au contrôle de l’État. »
images/icones/neutre.gif  ( 899965 )Le manque de sang neuf... par Rothomagus (2020-08-29 21:59:21) 
[en réponse à 899954]

fait qu'il y a encore trop de monastères pour un si petit nombre de nouvelles entrantes.
La seule chance que Valmont s'en tire, serait qu'elles tiennent assez longtemps pour accueillir les effectifs d'un couvent dont les moniales se seront découragées avant elles.
D'ailleurs Valmont avait déjà accueilli les bénédictines de l'abbaye St Nicolas de Verneuil, dans l'Eure, il y a quelques années.
Par exemple, il y a aussi dans la Marne un couvent de trappistines qui a réussi à maintenir de gros effectifs en absorbant assez récemment plusieurs abbayes de l'Est de la France.
Au final, les "vocations" se porteront sur les derniers à rester ouverts.
images/icones/iphone.jpg  ( 899921 )Je ne partage pas votre point de vue par Nemo (2020-08-29 11:38:09) 
[en réponse à 899915]

C’est la corruption des moeurs qui a frappé les grandes abbayes bénédictines anglaises en charge d’écoles.
Et cette corruption des moeurs existe également chez les tradis, nous connaissons hélas de multiples exemples que je ne vais pas citer mais qui doivent nous rendre humbles.
Question de vigilance et d’intégrité, de fermeté des supérieurs.
images/icones/livre.gif  ( 899927 )témoignage du duc Jacques d'Orléans sur l'internat de La Pierre-qui-Vire par JVJ (2020-08-29 12:17:46) 
[en réponse à 899921]

Cela m'est revenu !

Je recopie le passage effarant à qui le demanderait.

Feu Henri VI comte de Paris fut un père et un mari particulièrement détestables, pas du tout à la hauteur : certains de ses garçons devinrent par mimétisme et absence d'amour paternel de véritables sauvages dans leur enfance.
Cela n'enlève rien au témoignage d'un homme de 60 ans qui n'a aucun intérêt à inventer un passage dans cette abbaye au sujet de prêtres et de moines tortionnaires et pervers.
Il n'est pas seulement question des méthodes d'autrefois. Et en ce domaine aussi, il est bon que les choses aient évoluée. Je voudrais qu'il y ait une différence entre les madrassa qui tabassent et exploitent les enfants par tous les moyens (combien d'articles dans Le Monde et dans La Croix si objective là-dessus ?!), et nos écoles catholiques sous et hors contrat.
Nous avons donné d'excellents pédagogues, mais aussi de beaux tyrans et criminels.

Pour l'abbaye du Morvan, il s'agit des années 1953-1954 : encore une fois, sans rapport avec le concile.
Désolé pour les amateurs d'apologétique manichéenne.
images/icones/fleche2.gif  ( 899936 )Vous citez par Jean-Paul PARFU (2020-08-29 13:42:56) 
[en réponse à 899927]

ou le passage est de vous ?
images/icones/1e.gif  ( 899937 )Non. par Luc de Montalte (2020-08-29 13:58:04) 
[en réponse à 899936]

Il attend qu’on le supplie pour citer ce passage. Mais je ne sais pas si ça suffira, je crois que vous êtes aussi dans la liste des commentateurs "qu’il ne lit plus", probablement pour s'économiser du temps à lire l’œuvre profonde et inspirante d'Amélie Nothomb.