Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 899027 )La formule "Nous te baptisons" invalide le sacrement par Gereo (2020-08-06 15:43:38) 

Ceux qui ont été baptisés avec la formule modifiée « Nous te baptisons… » devront être baptisés à nouveau selon la formule traditionnelle « Je te baptise… » : la Congrégation pour la doctrine de la foi invalide en effet une récente innovation liturgique, dans une « réponse » publiée ce 6 août 2020.

QUESTIONS
1) Le Baptême conféré avec la formule: «Nous te baptisons au nom du Père et du Fils et du SaintEsprit» est-il valide?
2) Les personnes dont on a célébré le Baptême avec la formule ci-dessus doivent-elles être baptisées de manière absolue?
RÉPONSES
– À la première question: Non
– À la deuxième question: Oui
Le Souverain Pontife François, au cours de l’Audience accordée au Cardinal Préfet soussigné le 8 juin 2020, a approuvé les présentes Réponses et en a ordonné la publication.
Donné à Rome, le 24 juin 2020, en la solennité de la Nativité de Saint Jean-Baptiste, au Siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Au cours de récentes célébrations, le sacrement du Baptême a été administré avec les paroles suivantes: «Au nom du papa et de la maman, du parrain et de la marraine, des grands-parents, des membres de la famille, des amis, au nom de la communauté, nous te baptisons au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit». Apparemment, la modification délibérée de la formule sacramentelle a été introduite pour souligner la valeur communautaire du Baptême, exprimer la participation de la famille et des personnes présentes, et éviter l’idée d’une concentration du pouvoir sacré dans le prêtre, au détriment des parents et de la communauté, ce que véhiculerait la formule du Rituel romain [1].
Avec des motivations douteuses de nature pastorale [2], ressurgit ici la vieille tentation de remplacer la formule traditionnelle par d’autres textes jugés plus adaptés.

[1] En réalité, une analyse attentive du Rituel du Baptême des Enfants montre que, dans la célébration, les parents, les parrains et toute la communauté sont appelés à jouer un rôle actif, un véritable office liturgique (cf. Rituale Romanum ex Decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, Ordo Baptismi Parvulorum, Prænotanda, nn. 4-7), qui, selon la demande conciliaire, implique que «chacun, qu’il soit ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement, mais intégralement ce qui lui revient de par la nature de la chose et les normes liturgiques» (Concile Œcuménique Vatican II, Const. Sacrosanctum Concilium, n. 28).

2] Le recours à la motivation pastorale masque souvent, même inconsciemment, une dérive subjective et une volonté manipulatrice. Déjà au siècle dernier, Romano Guardini rappelait que si, dans la prière personnelle, le croyant peut suivre l’impulsion de son cœur, dans l’action liturgique, «il doit s’ouvrir à une autre impulsion, d’origine plus puissante et plus profonde, venant du cœur de l’Église qui bat à travers les siècles. Ici, peu importe ce qui lui plaît personnellement ou lui semble souhaitable à ce moment…» (R. Guardini, Vorschule des Betens, Einsiedeln/Zürich, 19482, p. 258).


https://fr.zenit.org/2020/08/06/la-formule-nous-te-baptisons-est-elle-valide-reponse-de-la-cdf/
images/icones/5a.gif  ( 899033 )On aimerait bien savoir par Rothomagus (2020-08-07 01:06:01) 
[en réponse à 899027]

dans quelle langue, pays, voire diocèse, ce genre de nouveauté a été introduite ? !
L'article est tout de même plus précis que le titre, car il ne s'agit pas seulement d'un "nous" qui remplace un "je".
Quoiqu'un "nous de majesté" sierait bien à la personnalité de certains prêtres.
Quant à la phrase indiquant que "c'est le Christ qui baptise", cette formulation bizarre me paraît inappropriée. Le "au nom de" de la formule n'est pas là pour faire joli.
Nous (de majesté) vous remercions pour cette information, Gereo.
images/icones/neutre.gif  ( 899034 )C'est le Christ qui baptise par Meneau (2020-08-07 02:00:26) 
[en réponse à 899033]

et le ministre ... n'est que ministre, la cause instrumentale. C'est ce qui fait que le Baptême a la même valeur quel que soit le ministre.


7. Faites-y attention, mes frères : avant que Notre-Seigneur Jésus-Christ vînt pour être baptisé (car c'est après son baptême que la colombe est descendue et a appris à Jean une particularité, quand il lui fut dit : « Celui sur qui tu verras le Saint-Esprit descendre et demeurer en forme de colombe; c'est Celui-là qui baptise dans le Saint-Esprit) » ; avant ce moment, Jean savait que Jésus-Christ baptisait dans le Saint-Esprit. Mais que le pouvoir de baptiser il ne dût le donner à personne, bien qu'il dût en confier à d'autres le ministère, voilà ce qu'il a appris alors. Comment prouver que Jean savait déjà que le Seigneur baptiserait dans le Saint-Esprit? Comment le prouver de manière à faire bien comprendre que, d'après l'enseignement de la colombe, le Précurseur a su que le Sauveur baptiserait dans le Saint-Esprit, sans toutefois abandonner à personne ce pouvoir? Encore une fois, comment le prouver? Le voici. Le Sauveur était déjà baptisé quand la colombe est descendue sur lui; mais avant qu'il vînt pour recevoir le baptême de Jean dans le Jourdain, nous l'avons dit, le Précurseur le connaissait comme il le marque par ces paroles: « Vous venez à moi pour être baptisé, c'est moi qui dois être baptisé par vous ». Voici donc qu'il connaissait le Seigneur, il connaissait le Fils de Dieu. Comment prouvons-nous qu'il le connaissait comme devant baptiser dans le Saint-Esprit? Avant que Jésus-Christ vînt au fleuve, plusieurs accouraient auprès de Jean pour être baptisés et il leur dit: « Pour moi je vous baptise dans l'eau; mais Celui qui vient après moi est plus grand que moi, je ne suis pas digne de délier les cordons de ses souliers; c'est Lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu (1) ». Il savait donc déjà cela : par conséquent, qu'est-ce que la colombe lui a fait connaître, afin que plus tard nous ne le reconnaissions pas comme un menteur (ce que Dieu nous garde de penser)? C'est évidemment cette particularité, savoir, que la sainteté du baptême serait attribuée à Jésus-Christ seul, quoique beaucoup de ministres justes ou injustes dussent le conférer. En effet, au moment où la colombe descendait sur lui, on entendit une voix qui disait: « C'est Celui-là qui baptise « dans le Saint-Esprit». Que Pierre baptise, c'est Celui-là qui baptise; que Paul baptise, c'est Celui-là qui baptise; que Judas baptise, c'est Celui-là qui baptise.


St Augustin, Traité VI, 7

Cordialement
Meneau



images/icones/1d.gif  ( 899035 )Et une femme peut baptiser... par Meneau (2020-08-07 02:05:17) 
[en réponse à 899034]

pour la même raison, selon St Thomas :


Il faut répondre que c’est le Christ qui est l’auteur principal du baptême, d’après ces paroles (Jean, 1, 33) : Celui sur qui vous verrez l’Esprit-Saint descendre et s’arrêter, c’est celui-là qui baptise. Or, saint Paul dit (Col., chap. 3) que le Christ ne fait pas de distinction entre les hommes et les femmes. Par conséquent, comme un homme qui est laïque peut baptiser en qualité de ministre du Christ, de même aussi une femme.

III, q67, a5

Cordialement
Meneau

images/icones/1y.gif  ( 899037 )Vous m'avez pris de vitesse sur ce coup-là ! par Gereo (2020-08-07 02:35:56) 
[en réponse à 899034]

Je vois que je ne suis pas tout seul à répondre à cette heure tardive !
images/icones/fleche2.gif  ( 899045 )C'est bien pour ça par Rothomagus (2020-08-07 13:26:51) 
[en réponse à 899034]

que c'est inapproprié. J'ergote un peu trop mais parfois il le faut.
Cette affirmation tombe comme un cheveu sur la soupe alors qu'il ne s'agit pas d'un sujet de fond, mais de forme. Quand bien même il est impossible de dissocier de beaucoup les deux. C'est le Christ "aussi" qui baptise.
La haute voltige augustinienne n'est pas à portée de tous. D'autant que des nuances sérieuses ne sont pas traitées.
Bref, la formule sacramentelle trinitaire catholique est bien catholique.
De plus, l'acte est réalisé par un ministre personne physique.
Les capacités d'abstraction humaines étant chez la plupart limitées, le risque est de réorienter le contenu de la foi du fidèle vers des pensées non catholiques (tous sujets liés au symbolisme notamment).
Idem sur des réflexions personnelles non guidées concernant la présence réelle, consubstantiation, transsubstantiation etc. Se poser la question, c'est déjà avoir une idée de réponse derrière la tête.
Un coup à se coucher catholique, et se réveiller protestant.
Donc en évitant de semer ça et là des phrases qui pourraient être mal comprises, on préserve les autres de réflexions pouvant leur faire adopter malgré eux des préjugés hérétiques.
images/icones/neutre.gif  ( 899061 )Au contraire par Meneau (2020-08-07 22:29:50) 
[en réponse à 899045]

La précision me semble d'importance à au moins deux titres :

- c'est entre autres pour cela que le ministre ordinaire du sacrement de Baptême est le prêtre. Et c'est parce qu'on perd de plus en plus la notion d'action ministérielle du prêtre (même chez les prêtres eux-mêmes) qu'on en vient à de telles aberrations.

- de même on croit aujourd'hui pouvoir s'affranchir des formes définies par l'Eglise parce qu'on oublie que les sacrements ont été institués par NSJC et que l'Eglise n'en a que la garde.

Donc oui, c'est le Christ qui baptise, et le ministre agit "comme un signe-présence du Christ" comme le dit la note de la CDF.

Cordialement
Meneau
images/icones/colombe2.png  ( 899036 )"C'est le Christ qui baptise" par Gereo (2020-08-07 02:30:36) 
[en réponse à 899033]


Quant à la phrase indiquant que "c'est le Christ qui baptise", cette formulation bizarre me paraît inappropriée.



La note 21 de Sacrosanctum concilium renvoie au Traité de S. Augustin sur l'Evangile de Jean :

Selon le docteur de l'Eglise, le Précurseur connut :

que la sainteté du baptême serait attribuée à Jésus-Christ seul, quoique beaucoup de ministres justes ou injustes dussent le conférer. En effet, au moment où la colombe descendait sur lui, on entendit une voix qui disait: « C'est Celui-là qui baptise « dans le Saint-Esprit». Que Pierre baptise, c'est Celui-là qui baptise; que Paul baptise, c'est Celui-là qui baptise; que Judas baptise, c'est Celui-là qui baptise.



https://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Staugustin/jean/tr1-10/tr6.htm

Le "Je te baptise" n'est cependant pas requis pour la validité du sacrement, puisque le CEC § 1240 note :


Dans les liturgies orientales, le catéchumène étant tourné vers l’Orient, le prêtre dit : " Le serviteur de Dieu, N., est baptisé au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ". Et à l’invocation de chaque personne de la Très Sainte Trinité, il le plonge dans l’eau et le relève.

images/icones/tele.gif  ( 899038 )Sur le baptême du Christ par Jean-Baptiste par Gereo (2020-08-07 03:01:30) 
[en réponse à 899036]

cette homélie du P. J-M Garrigues (o.p.)