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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-07-18 23:24:57)
[en réponse à 898634]
CHAPITRE IV
Article II L'ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE
2° Par les raisons théologiques traditionnellement alléguées, ce privilège apparaît implicitement révélé
Ces deux grandes raisons théologiques, l'une prise de la plénitude de grâce unie à la bénédiction exceptionnelle, l'autre prise de l'association de Marie à la victoire parfaite du Christ, montrent que l'Assomption est implicitement révélée et définissable comme dogme de foi.
Les autres raisons théologiques qui ont été invoquées confirment les précédentes au moins comme des raisons de convenances. L'amour spécial de Jésus pour sa sainte Mère le portait à vouloir pour elle ce privilège. L'excellence de la virginité de Marie paraît demander que son corps, exempt de tout péché, ne soit pas retenu par les liens de la mort, suite du péché. L'Immaculée Conception le demande aussi, puisque la mort est une suite du péché originel, dont elle fut préservée. Il faut ajouter qu'on ne conserve aucune relique de la Sainte Vierge, ce qui est un signe probable de son élévation au ciel, corps et âme.
L'Assomption, étant ainsi au moins implicitement rêvélée, est définissable comme dogme de foi.
L'opportunité de cette définition, comme le dit Dom Paul Renaudin, est manifeste. Au point de vue de la doctrine, l'Assomption de Marie est avec l'Ascension du Sauveur le couronnement de la foi en l'œuvre de la Rédemption objectivement achevée, et un nouveau gage de l'espérance chrétienne. - Pour les fidèles, une définition solennelle leur permettrait d'adhérer non plus seulement à l'infaillibilité du magistère ordinaire de l'Eglise qui a institué cette fête universelle, mais d'adhérer immédiatement à cette vérité, propter auctoritatem Dei revelantis, à cause de l'autorité de Dieu révélant, contre toutes les erreurs relatives à la vie future, qu'elles viennent du matérialisme, du rationalisme ou du protestantisme libéral, qui minimise en tout notre foi, au lieu de reconnaître que les dons surnaturels de Dieu dépassent toutes nos conceptions.
Enfin cette définition solennelle serait, pour les hérétiques et les schismatiques, plus un secours qu'un obstacle, car elle permettrait de mieux connaître la puissance et la bonté de Marie qui nous aide dans la voie du salut, et les égarés ne peuvent connaître cette puissance et cette bonté que si elles sont affirmées par l'Eglise, car la foi vient de la prédication entendue, fides ex auditu. Le juste doit enfin vivre de plus en plus de sa foi; la définition solennelle et infaillible d'un point de doctrine est un aliment spirituel donné à son âme sous une forme plus parfaite, qui le rapproche de Dieu, en faisant grandir son espérance, sa charité et, par suite, toutes les autres vertus.
On ne saurait donc douter de l'opportunité de cette définition.
Article III - LA PLÉNITUDE FINALE DE GRACE AU CIEL
Pour se faire une juste idée de cette plénitude en son épanouissement dernier, il faut considérer ce qu'est en Marie la béatitude éternelle : la vision béatifique, l'amour de Dieu et la joie qui en résultent, puis son élévation au-dessus des chœurs des anges, sa participation à la royauté du Christ et les conséquences qui en dérivent.
La béatitude essentielle de Marie
La béatitude essentielle de la Mère de Dieu dépasse par son intensité et son extension celle concédée à tous les autres bienheureux. C'est là une doctrine certaine. La raison en est que la béatitude céleste ou la gloire essentielle est proportionnée au degré de grâce et de charité qui précède l'entrée au ciel. Or déjà la plénitude initiale de grâce en Marie dépassait certainement la grâce finale des plus grands saints et des anges les plus élevés; il est même très probable, sinon certain, nous l'avons vu, qu'elle dépassait la grâce finale de tous les saints et anges réunis. Cette plénitude initiale lui avait été en effet accordée pour qu'elle fût la digne Mère de Dieu, et la maternité divine est par son terme, on ne saurait trop le redire, d'ordre hypostatique. Il s'ensuit donc que la béatitude essentielle de Marie dépasse celle de tous les saints pris ensemble.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde