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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-07-17 09:01:15)
[en réponse à 898562]
CHAPITRE IV
Article I - QUE FUT CETTE PLÉNITUDE FINALE AU MOMENT DE LA MORT DE LA SAINTE VIERGE
Article II - L'ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE
1° Par les documents de la Tradition ce privilège apparaît au moins implicitement révélé
Et même il est probable qu'il y a eu une révélation explicite faite aux Apôtres ou à l'un d'entre eux, car il est bien difficile d'expliquer autrement la tradition universelle qui existe manifestement en Orient et en Occident depuis le VII° siècle au moins et qui s'exprime en cette fête,
Si, en effet, il n'y avait eu à l'origine de l'Eglise qu'une révélation implicite ou confuse, comment les différents évêques et théologiens des diverses parties de l'Eglise se seraient-ils accordés, tant en Orient qu'en Occident, pour reconnaître que ce privilège était implicitement révélé ?
Cet accord aurait dû être préparé par des travaux et des conciles dont nul n'a jamais entendu parler. Il n'y a pas trace non plus de révélations privées qui auraient provoqué ces recherches dans le dépôt de la Révélation et des recherches dans toute l'Eglise.
Jusqu'au VI° siècle, on gardait le silence sur ce privilège de Marie, craignant que, par suite du souvenir des déesses du paganisme, il ne fût mal compris. Ce qui fut établi surtout dans la période précédente, c'est le principal titre de Marie, « Mère de Dieu », défini au Concile d'Ephèse, et fondement de tous ses privilèges.
Tout porte donc à penser que le privilège de l'Assomption a été révélé explicitement aux Apôtres ou au moins à l'un d'eux, et transmis ensuite par la Tradition orale de la liturgie, car autrement on ne s'expliquerait pas la fête universelle de l'Assomption, qui montre clairement depuis le VII° siècle que cette vérité est enseignée par le magistère ordinaire de l'Eglise.
2° Par les raisons théologiques traditionnellement alléguées, ce privilège apparaît implicitement révélé
Ces raisons théologiques, ainsi que les textes scripturaires qui les fondent, peuvent être considérées de deux manières : ou abstraitement, et de ce point de vue plusieurs ne sont que des raisons de convenance, non démonstratives, ou concrètement, comme visant des faits concrets, dont la complexité et la richesse est conservée par la Tradition; il faut remarquer aussi qu'une raison de convenance peut elle-même être prise de façon purement théorique, ou au contraire comme étant elle-même au moins implicitement révélée et comme ayant motivé de fait le choix divin.
Nous soulignerons ici surtout deux raisons théologiques qui, à les prendre comme expression de la Tradition, montrent que le privilège de l'Assomption est implicitement révélé.
L'éminente dignité de Mère de Dieu est bien la raison radicale de tous les privilèges de Marie, mais n'est pas la raison prochaine de celui de l'Assomption; aussi il ne paraît y avoir là qu'un argument de convenance non démonstratif.
Il n'en est pas de même des deux raisons suivantes :
1° Marie a reçu la plénitude de grâce et a été exceptionnellement bénie par Dieu entre toutes les femmes (Luc, I, 28, 42). Or cette exceptionnelle bénédiction exclut la malédiction divine qui contient : « tu enfanteras dans la douleur » et « tu retourneras en poussière » (Genèse, III, 16-19).
Donc Marie, par la bénédiction exceptionnelle qu'elle a reçue, doit être préservée de la corruption cadavérique, son corps ne doit pas retourner en poussière, mais il doit ressusciter par une résurrection anticipée.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde