Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 898064 )Un plaidoyer pour Vatican II par AVV-VVK (2020-06-26 18:01:35) 

Un cardinal parle : ici
images/icones/2a.gif  ( 898067 )La difficulté d'interprétation ?!! par vistemboir2 (2020-06-26 18:25:48) 
[en réponse à 898064]

Titre de l'article : "BRANDMÜLLER: IL VATICANO II E LE DIFFICOLTÀ DELL’INTERPRETAZIONE"

Les Conciles de Trente et Vatican I n'ont pas, à ma connaissance, soulevé une telle difficulté : comme toujours, la Vérité est simple et facile à comprendre... quand elle n'est pas entremêlée ou accompagnée d'erreurs, d'ambigüités, de novations et d'imprécisions, comme c'est le cas avec Vatican II. "Est, est, non, non".
images/icones/fleche2.gif  ( 898079 )la critique du Concile chez Mgr Lefebvre par jejomau (2020-06-26 23:01:50) 
[en réponse à 898067]

qui avait déceler la faille du Concile qui se voulait pastoral (donc accessible aux quidam moyen) alors qu'en même temps il s'affirmait comme dogmatique (donc peu compréhensible au quidam moyen):

Nous sommes des pasteurs et, nous le savons bien, nous ne parlons pas le même langage à des théologiens et à des non-initiés ; et non plus de la même façon à des prêtres et à des laïcs. Comment donc définir notre doctrine de telle sorte qu’elle ne donne plus lieu aux erreurs d’aujourd’hui et, dans une même texte, rendre cette vérité intelligible à des gens non versés dans la science théologique ? Ou bien notre doctrine n’est pas présentée comme il se doit pour devenir intelligible à tout le monde ; ou bien cette doctrine est parfaitement bien exposée, mais la formule n’en est plus intelligible pour les non-initiés.

Mgr Lefebvre

images/icones/fleche2.gif  ( 898404 )Le consensualisme ne suscite pas de difficultés d'interprétation. par Scrutator Sapientiæ (2020-07-13 11:34:30) 
[en réponse à 898067]

Bonjour vistemboir2,

J'avoue avoir de plus en plus de mal à comprendre la conception d'après laquelle il y aurait des "difficultés d'interprétation", en ce qui concerne le Concile Vatican II.

Le consensualisme néo-catholique, d'abord ante-conciliaire, ensuite conciliaire, et enfin post-conciliaire, ne suscite pourtant pas de "difficultés d'interprétation" particulières.

Il me semble en effet que la philosophie et la théologie inspiratrices du Concile, ainsi que ce qu'il y a de plus conciliaire (donc d'adogmatique ad intra et de consensualiste ad extra) dans le Magistère intra-conciliaire et dans la pastorale post-conciliaire, découlent tous de la même attitude, du même état d'esprit, de la même mentalité, qui est placée sous le signe de la conciliation générale, presque à tout prix, en l'occurrence avec les confessions chrétiennes non catholiques, avec les religions non chrétiennes, avec l'humanisme agnostique et libéral, et même avec la conception postmoderne de la religion et des diverses religions.

Voici une autre manière de dire à peu près la même chose : une fois que l'on a compris de quoi elles découlent et sur quoi elles débouchent, l'anthropologie personnaliste conciliaire, l'ecclésiologie consensualiste ou oecuméniste conciliaire, la pneumatologie inclusiviste et unanimiste conciliaire, et la vision générale de l'homme et du monde (peut-être pas porteuse d'immanentisme, mais sûrement propice à l'immanentisme) que l'on trouve dans la deuxième partie de Gaudium et spes, ne posent pas de problèmes majeurs, sous l'angle de leur interprétation.

En fait, je me demande parfois si nous ne sommes pas en présence du raisonnement suivant : "Si vous n'êtes pas plutôt pour, au point d'être plutôt contre, et même si vous croyez l'être en bonne connaissance de cause, c'est que vous n'avez pas "la bonne interprétation", ou que vous ne voulez pas recevoir, d'une manière docile et filiale, un Concile qui n'est sûrement pas erroné, puisqu'il est bien intentionné"...

C'est un peu comme si nous n'avions pas "le droit" d'être contre le refus presque constant des clercs, hier "conciliaires" et aujourd'hui "inclusifs",

- de distinguer clairement et fermement, notamment en direction de l'intérieur de l'Eglise catholique, entre ce qui est porteur d'orthodoxie et ce qui est propice à l'hétérodoxie,

- de distinguer clairement et nettement, notamment en direction de l'extérieur de la religion chrétienne, entre ce qui est porteur de la plénitude de la révélation divine et ce qui est propice à des amputations ou à des déformations de la révélation divine.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/heho.gif  ( 898413 )Seulement une impossibilité d'adhésion par vistemboir2 (2020-07-13 15:56:05) 
[en réponse à 898404]

Bonjour Scrutator,

Je vous remercie pour votre savante et brillante analyse – que, bien évidemment, je rejoins tout à fait – de ces prétendues « difficultés  d’interprétation » du Concile, lesquelles me font irrésistiblement penser à ces explications embrouillées d’un mari infidèle pris sur le fait par sa femme : « chérie, ce n’est pas du tout ce que tu crois, je vais t’expliquer... »

Plus sérieusement, il semble que ce soient des conservateurs « légalistes » comme le cardinal Brandmüller qui utilisent cette expression pour tenter de justifier que les textes du Concile restent traditionnels tout en étant novateurs, que Nostra Ætate et Dignitatis Humanæs, lues ou plus exactement décryptées avec une bonne clé (miraculeusement découverte au bout de 60 ans !), sont dans la continuité dogmatique de Quanta Cura et du Syllabus, en somme que les sphères sont des cubes arrondis ...

L’ennui, c’est qu’ils ne nous expliquent pas comment ce qui devait être une « nouvelle Pentecôte » pour l’Église l’a conduite dans la situation que l’on connaît aujourd’hui, comment cette fameuse « pastorale » « d’ouverture au monde », (en fait d’ouverture aux idées d’un monde, « ce monde pour lequel le Christ n’a point prié »), cette « nouvelle évangélisation » a eu pour brillant résultat de vider les séminaires et les églises en si peu d'années ...

Peut-être que si on commençait à ne plus fermer les yeux mais à regarder la réalité en face (et sans lunettes roses !), surtout si elle est déplaisante, et à considérer que le Concile – auquel, en raison des risques, Pie XI et Pie XII avaient dû renoncer, la suite leur ayant donné raison – a été « confisqué » par une « mafia » ou une « secte » qui a œuvré pour mettre à la poubelle, à l'issue de la 1ère session, les schémas (traditionnels) initialement préparés et les remplacer par ceux concoctés depuis longtemps dans ses ateliers, on comprendrait que cette « révolution d’Octobre » (Père Congar) et ce « 1789 dans l’Église » est bien une rupture avec la Tradition, voire une guerre contre celle-ci : « Les faits sont têtus » disait Lénine et Notre-Seigneur nous avertissait « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » (Mt 7,16)…

Enfin, il semble que du côté de la hiérarchie, après Mgr Lefèbvre et Mgr Castro-Mayer, on commence à revenir des chimères et des mirages de Vatican II et à faire – à haute voix ! – les constats nécessaires, comme Mgr Viganò ou Mgr Schneider, débarrassés qu’ils sont du « complexe conciliaire ». C’est une des raisons de garder confiance et... patience !
images/icones/1p.gif  ( 898447 )Ciel mon divin Epoux... par Zelo Zelatus (2020-07-14 11:58:42) 
[en réponse à 898413]

"ces explications embrouillées d’un mari infidèle pris sur le fait par sa femme : « chérie, ce n’est pas du tout ce que tu crois, je vais t’expliquer... »" C'est excellent, cela m'a fait rire (un peu jaune) et cela traduit un peu le malaise que je ressens devant certaine explications que j'aimerais tellement convaincantes...mais non.
images/icones/fleche2.gif  ( 898441 )Les vices de conception de Vatican II sont apparus dès 1964. par Scrutator Sapientiæ (2020-07-14 11:17:21) 
[en réponse à 898064]

Bonjour AVV-VVK,

Les vices de conception du Concile Vatican II sont apparus dès 1964, en l'occurrence dès le début de la troisième session du Concile, et même des experts et des Pères du Concile, PAR AILLEURS PARTISANS DU CONCILE, ont fait part, à l'époque, de leur insatisfaction, depuis l'intérieur de l'assemblée et des commissions du Concile, au contact des premières versions des textes les plus porteurs de la mentalité conciliaire, ce que des chroniqueurs, PAR AILLEURS PARTISANS DU CONCILE, ont reconnu dans les années 1960, et ce que des historiens, PAR AILLEURS PARTISANS DU CONCILE, ont reconnu par la suite.

L'opinion d'après laquelle le Concile souffrirait avant tout voire seulement de problèmes d'interprétation ou de réception postérieurs à son achèvement et au début de sa mise en oeuvre est donc erronée.

Et Paul VI lui-même a pris soin de faire en sorte que trois sujets de discussion, et non des moindres, ne soient pas traités lors du Concile, car la dynamique endogène d'assouplissement et d'attiédissement (sinon de déconstruction ou de destitution) des "stéréotypes", qui était inhérente au Concile, aurait grandement menacé chacun de ces trois sujets de discussion.

En toute franchise, la conception selon laquelle à un "bon Concile" a succédé un "mauvais après-Concile", essentiellement voire exclusivement à cause d'une herméneutique et d'une réception biaisées, car inspirée par des courants philosophiques et théologiques apparus après le Concile, ou étant provenus de l'extérieur du Concile, ne (me) convainc absolument pas.

C'est un peu comme si l'on disait, dans le contexte de la France, que c'est avant tout voire seulement à cause du "printemps" de l'année 1968 qu'à l'automne 1965 a succédé un "hiver" intra-ecclésial qui n'est pas encore terminé...

Après tout, c'est dès l'été 1962 que certains futurs experts du Concile ont pesé de tout leur poids pour que les futurs Pères du Concile rejettent les schémas préparatoires qui venaient d'être rédigés puis transmis, ce qui ne veut d'ailleurs pas dire qu'ils ont eu totalement tort de le faire, mais ce qui en dit long sur un état d'esprit qui a continué à se manifester, jusqu'à la fin du Concile.

Bonne journée.

Scrutator.