Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 897947 )Sophie Deschamps, "Le Silence des soutanes, Pédocriminalité dans l’Église" par Cristo (2020-06-25 08:23:21) 

"j’ai des convictions vegan, féministes et écologistes" : quels sont les critères pour être journaliste dans un média catholique ?

"J’ai obtenu une bonne rupture conventionnelle" : notre denier du culte finance-t-il le réseau RCF ? J'espère que non.

Le préfacier, Jean-Pierre Sueur, est un influent sénateur (PS) franc-maçon ad orientem notoire.





« Les faits sont graves… »
Sophie Deschamps, ancienne journaliste à RCF Loiret, a choisi de s'intéresser aux affaires de pédocriminalité au sein de l'Église. Dans Le silence des soutanes, elle s'interroge également sur les solutions à trouver collectivement pour éviter que de tels faits ne se reproduisent. Une « plongée douloureuse mais nécessaire », selon l'auteure. Entretien.

jeudi 18 juin 2020


Propos recueillis par Gaëla Messerli


Comment est né ce livre ?
Qu’est-ce qui vous a poussée à l’écrire ?

Ce n’est pas contre l’Église que je l’ai écrit. Je n’ai aucune haine. Les faits sont suffisamment graves, pas besoin d’en rajouter. Mais c’est en rapport avec elle. Au départ, cela part d’un procès qui s’est déroulé le 30 octobre 2018 à Orléans. Pour la première fois, un évêque, André Fort, et un prêtre, Pierre de Castelet, sont jugés ensemble, le même jour. Je travaillais encore à RCF et j’avais prévenu que je comptais couvrir le procès. J’arrive devant le Palais de Justice et j’y retrouve des gens de l’évêché. À la question « vous venez assister au procès ? », on me répond : « on vient soutenir notre évêque » ! Choquée, j’insiste en demandant : « pas pour les victimes ? » Là, on me répond : « pour les victimes aussi, mais surtout pour notre évêque » !

Et ensuite ?

Le procès va durer de 14h à 22h. Je ressors bouleversée face aux vies brisées et surtout face au silence assourdissant de l’Église. J’ai une minute trente sur RCF national, le lendemain, juste le temps de passer un extrait de l’interview d’Olivier Savignac, une des victimes, de l’avocat du Père Fort et d’Edmond-Claude Fréty, l’un des avocats des parties civiles. Au niveau de RCF Loiret, j’ai cinq minutes d’antenne, pas un créneau spécial… Mais j’ai mon carnet de notes du procès et je me dis que cela vaudrait le coup d’en faire quelque chose. Le 12 décembre, je suis convoquée par ma direction. J’ai obtenu une bonne rupture conventionnelle. Fin janvier, j’étais « libérée ». J’ai bien vécu ce départ, car cela faisait 26 ans que j’étais à RCF et j’en avais fait le tour. J’avais le temps et l’argent suffisants pour pouvoir écrire ce livre.

De quelle manière avez-vous procédé ?

Il y a eu le procès d’Orléans auquel j’ai pu assister, mais j’ai aussi travaillé sur le procès de Lyon à partir de la presse. J’ai également travaillé à partir de livres comme celui de Christine Pedotti, Qu’avez-vous fait de Jésus ? ou encore Au troisième jour, de l’abîme à la lumière, de Véronique Garnier-Beauvier, ainsi que L’Église catholique face aux abus sexuels sur mineurs, de Marie-Jo Thiel. Sur des films et des documentaires également. J’ai aussi réalisé un entretien avec Olivier Savignac, plus de trois mois après le verdict, ainsi qu’avec Jean-Pierre Perrin-Martin, un ex-prêtre orléanais et son épouse.

« Mettre plus d’horizontalité »

La préface est de Jean-Pierre-Sueur…

Oui, c’était logique, car il est membre de la commission commune d’information sur les politiques publiques de prévention, de détection, d’organisation des signalements et de répression des infractions sexuelles susceptibles d’être commises par des personnes en contact avec des mineurs dans le cadre de l’exercice de leur métier ou de leurs fonctions au niveau du Sénat. Il a fait partie de ceux qui souhaitaient la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pédophilie au sein de l’Église. De même, j’ai écrit ce livre sous le nom de Sophie Deschamps, mon nom de journaliste, car c’est essentiellement un travail journalistique.

« Je ressors bouleversée face au silence de l’église »

Dans votre livre, vous posez la question de l’après, à savoir : comment lutter aujourd’hui contre la pédocriminalité ?

Oui, je m’intéresse aussi à la prise de conscience dans l’Église, à la place des victimes, ainsi qu’au rôle des femmes. Les femmes font beaucoup de choses, mais on ne leur laisse pas assez de place. Il y a aussi la lutte contre le cléricalisme. Il faut cesser de mettre les prêtres sur un piédestal, et il faut mettre plus d’horizontalité dans les institutions ! Je me suis aussi intéressée à la question du mariage des prêtres et, au niveau judiciaire, au travail du législateur.

Aujourd’hui, au niveau personnel, après tout cela, où en êtes-vous avec l’Église ?

J’ai pris mes distances, mais je me reconnais encore dans les valeurs de l’Évangile…

Désormais, avez-vous envie d’écrire d’autres livres ?

Il y aura le procès d’Olivier de Scitivaux. Cela boucle ce livre et ma longue parenthèse au sein de l’Église. J’écris pour Mag Centre et j’ai notamment réalisé un journal pendant les 55 jours du confinement. Après j’ai des convictions vegan, féministes et écologistes. La question du monde d’après m’intéresse, mais je vais prendre d’abord de la distance !


Sophie Deschamps, Le Silence des soutanes, Pédocriminalité dans l’Église, Regain de Lecture, 18 €.


https://www.tribune-hebdo.fr/orleans/les-faits-sont-graves




« Le soir même du procès, j’avais déjà envie d’écrire sur cette histoire »

mardi, 23 juin 2020

Le 30 octobre 2018, pour la première fois en France, un prêtre, Pierre de Castelet, et un évêque, André Fort, sont jugés conjointement au tribunal correctionnel d’Orléans. Le premier pour des actes de pédocriminalité, le second pour avoir omis de les dénoncer. Les peines tombent un mois plus tard : trois ans de prison dont un an de sursis pour l’abbé Castelet et huit mois avec sursis pour l’ancien évêque d’Orléans. En 2019 et 2020, Lyon devient à son tour l‘épicentre judiciaire des affaires de pédocriminalité dans l’Église avec le très médiatisé procès du Cardinal Barbarin, suivi de celui de l’ex-prêtre Bernard Preynat. Ces procès ont eu le mérite de mettre fin au silence assourdissant de l’Église catholique qui étouffait toutes ces affaires depuis trop longtemps. Notre consœur journaliste Sophie Deschamps, revient sur ces procès hautement symboliques et donne la parole aux victimes, à qui elle dédie son livre, Le Silence des soutanes, sorti en librairie le 10 juin 2020.


Le Silence des soutanes, sorti en librairie le 10 juin 2020, retrace l’histoire du procès orléanais du 30 octobre 2018 de pédocriminalité dans l’Église. Pourquoi avoir écrit sur cette histoire ?

Sophie Deschamps : À l’époque, je suis toujours journaliste radio chez RCF. Le procès commence à 13h30 et se termine à 22 heures avec une interruption d’une demi-heure. Et je n’ai qu’une minute trente d’antenne pour en rendre compte ! Je suis frustrée car je n’ai que très peu de temps d’antenne et je me retrouve avec une matière considérable puisque j’avais un carnet de notes rempli qui allaient être perdues. Pourtant c’était une première en France, un prêtre et un évêque jugés conjointement. Immédiatement je me dis qu’il y a un quelque chose à faire… Le soir même du procès, j’avais déjà envie d’écrire sur cette histoire.

Au-delà du procès, vous souhaitez avant tout donner la parole aux victimes…

S.D. : Oui car je suis sortie de ce procès écœurée. À l’entrée du tribunal j’ai vu des gens de l’évêché qui m’ont dit venir pour soutenir l’évêque. Et les victimes ? leur ai-je demandé…Oui les victimes mais on vient surtout pour l’évêque, ont-ils répondu. J’ai pris une vraie claque !

Et les victimes se sont confiées…

S.D. : J’ai contacté Olivier Savignac, une des victimes, pour lui expliquer mon projet. Il m’a de suite fait confiance. Quand j’ai décidé d’écrire cette histoire, j’ai voulu faire un portrait des victimes. Je me suis dit qu’il fallait l’incarner ce procès et qu’Olivier allait parler au nom de toutes les victimes. J’ai laissé dire à mes victimes la dénonciation, la souffrance, les témoignages… ce livre leur est dédié.

L’écriture de ce livre se passe à un moment charnière de votre carrière professionnelle. Pouvez-vous nous en dire plus ?

S.D. : En effet, le 31 janvier 2019, j’ai quitté RCF et pour la première fois je dispose d’un luxe dont j’ai longtemps été privée : du temps ! Dès le 1er février je suis allée m’acheter une imprimante et un stylo plume. Parce que ça participait de ce désir d’écrire et de passer du micro à la plume… J’ai travaillé sur tous les comptes-rendus et je trouvais intéressant de voir comment cette affaire était traitée journalistiquement, dans La Croix, Libération, l’Humanité. Entre temps je me suis replongée dans des lectures portant sur ce sujet. J’ai revisionné l’émission de Cash investigation de 2015. Et il y avait plein de choses qui sortaient à ce moment-là : le film Grâce à Dieu le 22 février et en mars le documentaire Arte sur les religieuses abusées. Ça n’arrêtait pas ! Durant les quatre mois où j’écris le livre il y a de l’info tous les jours.

Vous dîtes qu’en écrivant très vite vous vous interrogez sur l’après…

S.D. : Oui, lors de l’écriture très vite je pense à une troisième partie qui interroge sur ce qu’il y a à faire maintenant. Qu’est-ce qu’on peut mener comme chantier pour que les choses changent ? Car ça ne se passe pas que dans l’Église, il y a le monde du sport, l’Éducation nationale… Le débat doit être assumé. Ce qui m’intéresse c’est comment on essaie de vivre tous ensemble, je suis plus sur les valeurs humanistes que religieuses. Une Église qui prêche d’un côté et fait totalement l’inverse de l’autre, ce n’est pas possible !

Votre livre a-t-il été bien reçu ?

S.D. : Oui ! J’ai été très encouragée dans ma démarche même par l’évêque Jacques Blaquart à qui j’ai écrit une lettre pour l’informer de mon projet.

Outre le travail journalistique, ce livre est aussi le résultat de votre passion pour l’écriture…

S.D. : Complètement ! Ecrire un livre répond à une envie que je nourris depuis très longtemps, il me manquait le bon sujet. Une fois j’ai eu envie d’écrire au sujet des enfants sans papier, il y a une dizaine d’années mais je manquais de confiance. Depuis j’ai acquis une certaine maturité, je songe d’ailleurs à écrire un polar…

Propos recueillis par Elodie Cerqueira
Le Silence des soutanes, Pédocriminalité dans l’Église – Sophie Deschamps
Préface de Jean-Pierre Sueur -Editions Regain de lecture – 248 pages – 18 €
Pour Info :
Retrouvez Sophie sur les ondes de France Bleu Orléans le 24 juin à 7h45 !

Commentaires

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K.TO écrit:
Le 24/06/2020 à 00:43

Je ne veux pas nier l’existence des faits reprochés au curés, prêtres, etc, toutes ces personnes de l’Eglise Catholique coupables d’abominations !
Par équité, vous allez écrire un livre intitulé “le silence des blouses grises” (instituteurs de mon enfance) !
Puisqu’il est facile de tirer sur des soutanes ou des corbeaux, vous ne devriez pas rencontrer de difficultés à tirer sur les enseignants, voire les éducateurs sportifs !
Et les autres religions avec des lois bizarres qui officialisent la pédophilie, vous avez prévu une sortie pour quand ?
Ah oui, il va vous falloir du courage cette fois ci, du vrai de vrai pour vos prochains ouvrages !


mouche du coche écrit:
Le 24/06/2020 à 09:21

sujet très sérieux mais que de “je ceci”, “je cela” !… Comme l’impression que ce sujet essentiel est devenue une cause personnelle et un tremplin personnel également.
Sujet complexe par ailleurs, comme l’a montré le procès de Lyon.
Dommage que la commission Sauvé ne soit pas évoquée à propos de la partie “que faire après ?” de l’article.


desnous écrit:
Le 24/06/2020 à 09:46

Bonjour et bravo d’avoir écrit sur ce thème de la pédocriminalité qui, malgré les accusations de toutes parts comme vous le précisez, reste un sujet tabou.
Donner la parole aux victimes est parfois la seule “réparation” qu’elles ont des actes subis.
Et si cela pouvait aussi faire prendre conscience au plus grand nombre que ce fléau qui détruit la vie des victimes doit être réellement et sévèrement puni, un grand pas serait franchi ! Cordialement


Marthe C écrit:
Le 24/06/2020 à 10:45

Merci Sophie Deschamps d’avoir eu le courage, je dis bien le courage, de prendre cause pour les victimes en relatant leur histoire à l’occasion de ce procès. Les procès d’intention (je suis d’accord mais…), voir les commentaires ci-dessus, visent toujours à minimiser les faits reprochés pour protéger les institutions concernées, et en cela les églises sont fortiches, alors même qu’en reconnaissant les crimes commis en leur sein elles en sortiraient grandies.


https://www.magcentre.fr/197931-le-soir-meme-du-proces-javais-deja-envie-decrire-sur-cette-histoire/
images/icones/1v.gif  ( 897956 )et moi qui m'imaginais qu'elle allait parler de la complicité assourdissante par jejomau (2020-06-25 11:13:35) 
[en réponse à 897947]

qui relie les journalistes à la pédocriminalité généralisée et pratiquée à grande échelle sur la planète en ce qui concerne l'Islam...

Je me suis encore trompé!
images/icones/neutre.gif  ( 897972 )il y a tant de soutanes dans le Loiret ? par Luc Perrin (2020-06-25 13:32:43) 
[en réponse à 897947]

sur les photos l'abbé de Castelet est en blouson noir et sans cravate, la plupart du temps.

Mgr Fort n'est pas le premier évêque incriminé pour son silence ou un manque de réactivité : un ancien évêque de Bayeux-Lisieux il y a plusieurs années a été devant les juges. Je l'ai vu le plus souvent en clergyman.

Surtout pourquoi un unique procès est-il spécialement mis en exergue par la dame disciple des néo-chrétiens comme Mme Pédotti ?


La pédocriminalité a été largement couverte y compris hélas par les évêques de Rome successifs jusqu'à l'actuel (cf. McCarrick, le Chili,le padre Grassi argentin soutenu par l'épiscopat présidé par le cardinal Bergoglio, son disciple d'Oran etc.) : ce n'est sûrement pas une affaire limitée à Orléans. C'est aussi très largement plus étendu que la seule pédophilie et touche les majeurs et la question de la sexualité dans le clergé qui a vu un déplacement vers des réseaux d'amitiés particulières envahir la hiérarchie et jusqu'au Siège apostolique (cf. F. Martel).

Comme au temps de la Réforme protestante, le choix est simple : faire du Soupa-Pédotti à la Luther, ou prendre la voie de la réforme disciplinaire tridentine, voie traditionnelle dans l'Église latine.


images/icones/livre.gif  ( 897983 )ce que j'écrivais la semaine dernière par JVJ (2020-06-25 17:29:27) 
[en réponse à 897972]

FC

Ramener sa soupe à la soutane par une métonymie par synecdoque (qu'elle ignore), prouve bien sa haine de ce vêtement (que le pape porte encore...) et qu'elle est prise dans les années 60-70. Elle ne doit lire que Denis Pelletier, et point trop Luc Perrin ou Guillaume Cuchet. C'est le lecteur-type de La Croix qui vote Hollande et Macron, au nom de l'amitié entre les peuples et parce que le secours catholique l'a dit. Lecteur qui n'a plus d'enfants ou plus d'enfants pratiquants, qui trouve que Cécile Dufflot a raison de soutenir Soupa-Chups. C'est un soutien de poids, en effet...

Il n'est pas plus demandé d'être catholique pratiquant pour travailler à RCF que pour être dans l'enseignement catholique. RCF recrute ceux qui n'ont pas trop honte d'y travailler et les perdants des autres chaînes, c'est rude, mais je le pense. Et je n'ai déjà pas beaucoup d'estime pour les autres stations...

Cette journaliste qui crache dans la soupe, est du même tonneau que la déléguée épiscopale préposée à la persécution des prêtres (je rappelle le suicide d'un jeune curé il y a deux ans, ici, innocenté ensuite par la gendarmerie, dénoncé par des catholiques), qui cherche sa foi et le regard de Mgr...
Ces dames et Soupa-Chups ont d'ailleurs des traits communs, à tous les sens du terme. Je suis un homme aux dernières nouvelles, mais je connais sur ce point bon nombre de femmes qui écrirait ainsi (donc pas de misogynie en l'espèce).

Je pourrais mettre dans les pattes de la journaliste à la gomme des jeunes femmes plus doctes et romaines qu'elle, ce qui la ferait réfléchir. Ces dames essaient de faire croire que des vieux tiennent un appareil vermoulu, et que toute femme se doit de les combattre. Certains racialisent tout, ces dames-là sexualisent tout (le genre est leur obsession) alors qu'on n'est pas obligé de tomber en admiration devant leur plastique ou de croire qu'à 72 ans il est temps de commencer une carrière (je revendique ici le copyright de primate, soit dit en passant...).

Ces radios écoutées de personne ont des budgets rendus publics et pleurent régulièrement pour demander des sous. C'est au moins une pétaudière pour celle qu'il m'a été donné de connaître, malgré d'excellents évêques.

Il faudrait que ces braves journalistes qui lavent tout d'un coup plus blanc que blanc, cherchent pourquoi Mgr Blaquart a tant tardé pour s'intéresser aux deux prêtres incriminés. Ce qui fait de l'évêque, un complice ou un aveugle... La défense de Mgr Fort n'a pas poussé la cruauté à le dire au procès, je crois.
Notre frère Jacques siège depuis 2010 ! J'étais témoin de son installation, je peux le prouver.

Voilà un diocèse qui en est resté aux années Riobé et 70, malgré d'excellents prêtres de-ci de-là.
L'appareil est tenu, comme le récent synode bidon.

J'étais, hier encore, dans la cathédrale et en dehors des cierges, la mort ! Aucune messe dans la journée. L'Etat refait l'électricité pour deux millions d'euros (vive la Séparation !). Une expo sur Jeanne d'Arc minable, sur des cimaises sans soin. Une grande affiche au choeur, avec un échafaudage qui se voit et des fils qui pendouillent au pied. Un autel mis de côté, deux autels squelettiques au choeur, et l'autel conciliaire du transept sauce ikea. Une poussière phénoménale sur les autels des deux transepts, transformant le bois noir en blanc. Aucune adresse du lointain presbytère, évidemment aucune mention des messes dominicales dans la forme extraordinaire. Aucune fleur au choeur conciliaire, et encore moins ailleurs. J'ai l'oeil, croyez-moi.

Je l'ai déjà écrit il y a une semaine ou deux, cette cathédrale est une honte, comme d'autres me direz-vous. Il faut avoir le coeur accroché pour y supporter une messe. On regrette que les Anglicans ne la possèdent pas, pour y mettre du soin et un choeur digne de ce nom.

Cela me peine de le dire, mais l'épiscopat de Mgr Fort n'a rien fait pour changer de cap à cet égard, sinon en faisant appliquer le motu proprio de 2007. Mgr, qui célébrait dans la forme extraordinaire, a nommé pour vicaire général Mgr Eychenne, l'évêque de Pamiers qui demande pardon pour les cathares, et qui porta la soutane quand il était de la Cté St-Martin (avant de se moquer de ceux qui la portent). Des personne qui l'aimaient bien (comme moi) me disaient qu'il était trop émotif et trop doux, un peu raide aussi (mais cela compense de ceux à qui il faut claquer la bise).

De jeunes pères et mères de familles voudraient servir l'Eglise (bénévolement et utilement), mais on vient surtout pas les chercher. Pas dans la ligne, on fait dans les vieux pots la sou-soupe habituelle.

Sans les guides d'Europe et les SUF, l'évêque n'a aucun jeune derrière lui aux fêtes johanniques et quand il défile l'après-midi du 8 mai, il n'y a que trois ou quatre prêtres derrière lui, outre un, deux ou trois évêques selon les invitations. Mgr considère que c'est un défilé, pas une procession. L'Eglise est alors une "communauté" au même titre que les judokas et les majorettes. Mon petit doigt m'a dit qu'il a même supprimé motu proprio une prière sur le pont à la "procession" du 1er ou du 8, je ne sais plus. Bref, sale ambiance. Et quel bilan carbone pour les séminaristes de Polynésie au séminaire interdiocésain d'Orléans !

Un récent documentaire pas terrible sur la cathédrale (diffusé par KTO qui nous avait habitué à mieux d'ordinaire) montrait naturellement Mgr... et le sénateur Sueur qui nous a servi à nouveau sa laïcité, sans rapport avec le sujet. Le diocèse a bien donné l'adresse du sénateur, comme celle du maire, car il se trouve aussi des hommes politiques de droite pourtant ! Il se trouvait aussi une autre femme qui servait un propos mièvre au possible, sous des dehors franchement douteux. Il avait sorti des gens de sixième zone qui sortaient les mêmes banalités : le soleil jaunit la pierre le soir à son coucher...
M. Sueur se dit catholique, comme Mme Rossignol. Ce sont des amis de TC. Il fut l'ami de Riobé et du "père" de Givenchy (dont il a rédigé un éloge), prêtre du diocèse qui était aussi unitarien (Mgr Blaquart n'a pas assisté à ses funérailles en l'église Ste Jeanne d'Arc, car elles étaient inter-religieuses). Mgr Fort, dans sa mansuétude, n'a rien fait pour dégrader ce prêtre hérétique (on ne peut pas faire plus hérétique) qui avait transformé une église de la ville en cirque phénoménal.

En paroisse, je n'ai jamais entendu prier pour ces deux prêtres. Et Dieu sait si on doit prier-avec-le-pape-François pour la terre entière, que les gouvernants soient open, qu'ils distribuent toujours plus l'argent des impôts...
images/icones/hum2.gif  ( 897989 )Combien de salariés ou assimilés des diocèses ne les supportent plus ? par Gaspard (2020-06-25 18:33:56) 
[en réponse à 897947]

Les stations locales de RCF sont généralement (toujours ?) étroitement liées au diocèse qui les subventionne pour partie - en utilisant le Denier du culte pour répondre à Cristo.

Beaucoup de salariés des diocèses ont une certaine ancienneté comme cette dame, disons la cinquantaine, et me semblent avoir un rapport vraiment très distant avec le catholicisme. Ils sont devenus agnostiques du genre "Jésus est un chic type" et trouvent leur miel ailleurs comme le dit cette dame: vegan, féministe, écologiste etc.

La pastorale des évêques n'a même pas fonctionné pour leurs propres collaborateurs, le désastre est complet.
images/icones/fleche3.gif  ( 897993 )Un « évangile décaféiné qui n’empêche pas de dormir »... par Sacerdos simplex (2020-06-25 18:50:08) 
[en réponse à 897989]


J'avais trouvé une formule proche, mais celle-ci, que j'ai découverte récemment, me paraît très bien trouvée.
Je ne sais plus qui l'avait inventée.

Bref, pour plaire à un maximum de gens, on veut une religion "light", décaféinée, à 0 %.
Et sans goût.
Et donc au lieu d'attirer les gens, on ne fait que leur manifester la nullité du contenu proposé.
La phrase de Jésus : si le sel perd sa saveur, il n'est plus bon à rien, qu'à être jeté dehors, par terre, et être piétiné.
Je ne sais plus quel mystique faisait un développement sur ce "être piétiné", foulé aux pieds : faire l'objet du plus total mépris.

Si on ne parle jamais du salut éternel, de l'au-delà, du Ciel et de l'enfer, on ne va guère faire de pêche miraculeuse.

Au passage, c'est par la prière et les sacrifices qu'on obtient des conversions.

images/icones/fleche2.gif  ( 898006 )Du christianisme Canada Dry par Jean-Paul PARFU (2020-06-25 20:49:28) 
[en réponse à 897993]

Cela ressemble au christianisme, mais ce n'est plus le christianisme.
images/icones/interdit.gif  ( 898034 )La Croix en remet une couche chaque jour par JVJ (2020-06-26 10:28:21) 
[en réponse à 897947]

ce qui fait plaisir à son lectorat et signifie que la plupart des têtes pensantes et salariées des diocèses est là-dedans jusqu'au cou. On aurait tort de l'ignorer et il est trompeur de ne lire que sa feuille ou de n'être branché que sur une radio courtoise... On veut vivre coupé du siècle, en ce cas il faut renoncer à internet et se faire ermite ou moine.

Quand une journaliste en vient à poser cette question, tout est dit :

"Est-ce si extravagant que des femmes prétendent à être des clercs comme les autres ?"

Sachant que "clerc" recouvre des catégories différentes.
Je suis certain qu'une emm... voudra dire la messe de St-Pie V et porter sa soutane comme une vulgaire pastoresse anglicane ou luthérienne, ne serait-ce que pour avoir la télévision pour elle... Les médias ont mis la main sur une rabbine et une immame (sic), ils ne les lâchent pas.
Un anthropologue pas très futé de dire que les monothéismes haïssent les femmes, preuve est faite par l'exclusion de la direction des prières (ce qui n'est pas faux, sauf dans les monastères et couvents de femmes, chez des chanoinesses régulières et des moniales de Chartreuse qui portaient étole et manipule !). Demandez à Danièle Hervieu-Léger, la grand copine des évêques des années 80-90. Avec Delumeau, Duquesne et cette femme, les évêques et les séminaires étaient bien éclairés, c'est certain. IL faut entendre la Danièle nous parler de ses années de militantisme catholique en Sorbonne (c'est sa jeunesse qu'elle regrette...), sa volonté de tout bousculer, sa nostalgie du gros bordel de l'abbaye de Boquen avec le devenu hérétique B. Besret (après avoir été un docteur prometteur de son ordre !)...

Le torchon

Puis-je interroger Isabelle de Gaulmyn en lui demandant innocemment : "est-ce si extravagant de vous demander si vous êtes encore catholique ?"

En plus de son courrier des lecteurs, le torchon sait manipuler l'opinion catholique qui lit ce truc chaque matin et surtout ceux qui pensent y trouver l'opinion catholique française de référence. Il suffit de transformer une thèse affirmative en question, histoire de laisser croire qu'il y aura des arguments pro et contra. Dans quelques années, il faudra même y aller plus fort : "L'Immaculée Conception, doit-on encore y croire ?". Ils diront qu'ils réfléchissent...
Si demain j'apprends que les finances sont coupées, je ne pleurerai pas sur ce titre.
J'aimerais que les quelques universitaires qui travaillent honnêtement sur le catholicisme (mais les honnêtes, pas les militants nostalgiques de leur jeunesse des années 60-70) contemporain s'attèlent à l'étude de La Croix et des Etudes. C'est un observatoire révélateur de bien des choses.

Et en ligne, ce jour encore, pour illustrer la nouvelle affectation du cardinal Barbarin, rien ne vaut une image de lui en cuir dans un couloir du tribunal, avec une caméra qui le traque en contre-champ. Ils peuvent la reprendre quand il mourra ! Ils ont souvent titré "Philippe Barbarin".
Pour illustrer un évêque davantage dans leurs goûts, il le mettrait avec le pape-François-qu'on-aime-tant-depuis-Paul-VI ou en oraison devant une statue moderne de Jésus, devant un bouquet sec et une quelconque poterie.

Les images ne sont pas innocentes, comme lorsque Soupa-Chups nous met un peu de rouge à lèvres cardinalice pour reculer de quelques années son état civil.

Au lieu de sexualiser à outrance leur vie spirituelle, ces obsédés et obsédées (!) feraient mieux de nous parler tous les jours de la place du silence, de la lecture, de la musique sacrée et de la formation dans l'Eglise...

Ils ont osé faire il y a quinze jours un article sur le manque de prêtres noirs dans l'Eglise des Etats-Unis.
Vraiment n'importe quoi.
En dehors de deux ou trois admirateurs écervelés de Lesquen ici, je ne sais pas qui voit d'abord un Noir quand il lit ou écoute le cardinal Sarah. Il est Noir, so what ? Et les métis, comment les classe-t-on ? Ici, deux ou trois ont insulté une ancienne Jeanne d'Arc orléanaise parce qu'elle l'était. Il faut oser. Si l'un d'eux était roux, je dirais au nom de la Trâââdition qu'ils doivent ne pas souiller les églises. Ils doivent faire des cauchemars quand ils voient une statue de St Maurice d'Agaune... Un saint noir ! Mon Dieu, quelle horreur !

Au fait ! La réponse de la bibliste récompensée par un prix Ratzinger est celle-ci : "Si elles devaient accéder un jour au sacerdoce ministériel – hypothèse exclue aujourd’hui –, il faudrait que ce soit pour le vivre et l’exercer un peu autrement. Sinon, tout cela n’est qu’affaire de pouvoir et de compétition".

Ces phrases sont particulièrement bêtes. Le fameux pouvoir dans les paroisses NOM est largement à une certaine catégorie de femmes, qui ne font pas lever les yeux au demeurant aux bonshommes, sinon vers le ciel (je ne goûte pas davantage les hommes guère plus jeunes à guitare en débraillé et qui battent la mesure dans leurs sandales derrière le micro).

Ce n'est pas du tout ce qu'on attend d'une personne ainsi récompensée et qui est présentée comme l'anti-Soupa(pe). J'ai l'impression qu'on veut nous faire croire à cette seule alternative (leur âge est représentatif aussi).

Je prends les paris que le pape recevra Soupa-Chups entre deux portes ou en tête à tête, avec Pigozzi en embuscade pour Paris-Moche. La petite chose aura bien besoin d'être consolée, comme en son temps un ambassadeur imposé par Hollande sans y mettre les formes (La Croix a relayé les militants de l'homosexualité alors que ce n'était pas du tout le problème).

Et vu l'état de la société occidentale, l'évêque qui viendrait à rire ou à contredire la brave dame, se verra taxé de misogynie.

Je trouve pour ma part qu'il manque une théologienne noire et je voudrais bien voir si la diversité (sic) est représentée dans la trombinoscope de La Croix et chez Bayard. Il faut les prendre à leur propre jeu.



images/icones/1q.gif  ( 898038 )Calomnies par Luc de Montalte (2020-06-26 11:23:36) 
[en réponse à 898034]

Comme d'habitude, vous casez deux ou trois calomnies au milieu de votre logorrhée quotidienne.

1. Il n'y a pas eu une seule insulte ici à ma connaissance contre la jeune fille métisse choisie en 2018 (ou l'an dernier, je ne sais plus) pour représenter Jeanne d'Arc.

2. On peut ne pas pousser des oh d'admiration à chaque parole du cardinal Sarah, c'est encore autorisé eh oui. Pas besoin d'écouter un vieux schnock souverainiste (comme vous d'ailleurs) pour ça.

Allez, je vous laisse à vos jeux de mots presque aussi grotesques que la personne qu'ils visent.