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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-06-21 01:26:06)
[en réponse à 897743]
CHAPITRE III
Article II
- L'AUGMENTATION CONSIDÉRABLE DE LA GRACE EN MARIE
A L'INSTANT DE L'INCARNATION
Le jour de l'Annonciation marque un très grand progrès de la grâce et de la charité en l'âme de Marie.
Convenance de l'Annonciation
Tel homme est peut-être et s'estime le plus grand poète de son époque, tel homme le plus grand philosophe ou le plus grand politique, ils mettent leur grandeur dans leur génie. La Sainte Vierge, qui est la plus élevée de toutes les créatures, s'est totalement oubliée elle-même, elle a mis sa grandeur en Dieu. Deus humilium celsitudo, Dieu, qui êtes la grandeur des humbles, révélez-nous l'humilité de Marie, proportionnée à l'élévation de sa charité.
Saint Thomas a noté qu'à l'instant de l'Incarnation il y eut en Marie, par la présence du Verbe de Dieu fait chair, une grande augmentation de la plénitude de grâce. Si elle n'avait été déjà confirmée en grâce, elle l'eut été à ce moment.
Les raisons de cette grande augmentation de grâce et de charité
On a donné trois raisons de cet accroissement de la vie divine en Marie, en considérant la finalité de la grâce en elle, puis la cause de cette grâce, et enfin le mutuel amour du Fils de Dieu et de sa sainte Mère.
Premièrement, par rapport au mystère même de l'Incarnation, cet accroissement convient hautement comme préparation prochaine et immédiate à la maternité divine.
Il doit en effet y avoir une proportion entre la disposition immédiate à une perfection et celle-ci. Or la maternité divine est, par son terme d'ordre hypostatique, très supérieur; non seulement à celui de la nature, mais à celui de la grâce.
Il faut donc qu'il y ait eu en Marie une augmentation de la plénitude de grâce et de charité qui la rendit immédiatement digne d'être la Mère de Dieu, et qui la proportionnât à sa mission exceptionnelle et unique à l'égard du Verbe fait chair.
Deuxièmement, le Fils de Dieu lui-même, en devenant présent en Marie par l'Incarnation, se doit de l'enrichir d'une plus grande grâce. Il est en effet par sa divinité la cause principale de la grâce; par son humanité, il la mérite et en est la cause instrumentale.
Or la bienheureuse Vierge fut, de toutes les créatures la plus rapprochée du Christ selon l'humanité, puisque c'est d'elle qu'il a reçu sa nature humaine. Marie a donc dû obtenir, à l'instant de l'Incarnation, une grande augmentation de la plénitude de grâce.
La venue du Verbe fait chair en elle dut réaliser tout ce que produit la plus fervente communion et davantage. Dans l'Eucharistie, Notre-Seigneur se donne tout entier sous les apparences du pain; par l'Incarnation, il s'est donné tout entier à Marie sous sa forme véritable et par un contact immédiat, qui produisait par lui-même, ex opere operato, plus et mieux que le plus parfait des sacrements, une augmentation de vie divine.
Tous les effets de la communion sacramentelle sont ici dépassés sans comparaison. Par la communion sacramentelle, Jésus se donne à nous pour que nous vivions de lui; par l'Incarnation, il se donne à Marie, mais aussi il vit d'elle en sa nature humaine, car il tient d'elle sa nourriture et le développement de son corps qui se forme en son sein virginal; en retour, il nourrit spirituellement la sainte âme de Marie, en augmentant en elle la grâce sanctifiante et la charité.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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