Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=897460
images/icones/iphone.jpg  ( 897460 )Décès de Jean Raspail par Athanase (2020-06-13 14:44:06) 

RIP. Il est décédé aujourd'hui.
images/icones/fleur.gif  ( 897462 )Un grand homme ! par Jean-Paul PARFU (2020-06-13 14:54:58) 
[en réponse à 897460]

Au sens propre et au sens figuré.

Je lui ai un jour serré la main !

Né en 1925, il aurait eu 95 ans le 5 juillet prochain.

RIP !
images/icones/marie.gif  ( 897464 )Grande perte... par von Loustique (2020-06-13 16:53:16) 
[en réponse à 897460]

...que la disparition du Consul Général de Patagonie! Il va laisser bien des orphelins.

Peut être croisera-t-il Pedro de Luna ?

Avec son départ, la grisaille de Septentrion va se répandre encore un peu plus dans notre pauvre monde...

RIP
images/icones/coeurbrise.gif  ( 897466 )C'est un de ces décès par megnace (2020-06-13 17:20:46) 
[en réponse à 897464]

auquel je ne peux pas croire avant la fin d'un temps de sidération.
Il mériterait cent fois plus d'hommage que d'Ormesson.
images/icones/carnet.gif  ( 897467 )La patrie trahie par la République par Jean-Paul PARFU (2020-06-13 18:08:33) 
[en réponse à 897466]

Le Figaro n° 18619 du jeudi 17 juin 2004

Pages "IDÉES" « Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ? » Une série du « Figaro »


Jean Raspail :
LA PATRIE TRAHIE PAR LA RÉPUBLIQUE

Cet article vaudra au Figaro et à Jean Raspail une citation par la Licra devant la 17ème ch. correctionnelle du TGI de PARIS. Jean Raspail et Le Figaro seront relaxés.

"J'AI tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d'un colis piégé. Difficile de l'aborder de front sans qu'il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C'est pourtant l'interrogation capitale. J'ai hésité. D'autant plus qu'en 1973, en publiant Le Camp des saints, j'ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n'ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.

Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu'« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d'une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu'au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié la plus âgée de la population du pays, le reste étant composé d'Africains, Maghrébins ou Noirs et d'Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l'islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer.

La France n'est pas seule concernée. Toute l'Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas : rapport de l'ONU (qui s'en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment , mais ils sont systématiquement occultés et l'Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l'Europe des Quinze est l'un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l'incurie des « gouvernances » et qu'il lui faudra affronter dans son âge d'homme...

Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l'homme, de « l'accueil à l'autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l'antique charité chrétienne, n'auront plus d'autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu'on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français et pas nécessairement tous de race blanche qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s'obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu'elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

Face aux différentes « communautés » qu'on voit se former dès aujourd'hui sur les ruines de l'intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c'est nous qu'on intègre à « l'autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s'agira en quelque sorte je cherche un terme approprié d'une communauté de la pérennité française. Celle-ci s'appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l'autre. Quelque chose comme l'élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?

Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l'ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d'une espèce à jamais disparue qui s'appelait l'espèce française et n'annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.

Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu'en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c'est que les derniers isolats résistent jusqu'à s'engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l'espagnole mais s'inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n'est pas moi qui m'en chargerai, j'ai déjà donné. Son auteur n'est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j'en suis sûr...

Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c'est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d'hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n'ose dire cyniquement, à l'immolation d'une certaine France (évitons le qualificatif d'éternelle qui révulse les belles consciences) sur l'autel de l'humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l'Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l'organisme encore sain de la nation française.

Même si je peux, à la limite, les créditer d'une part de sincérité, il m'arrive d'avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l'infini, on le sait jusqu'à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d'abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n'est qu'une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d'idéologie, idéologie avec un grand « I », l'idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu'ils trahissent la première pour la seconde.

Parmi le flot de références que j'accumule en épais dossiers à l'appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l'étendue des dégâts. Elle est extraite d'un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d'une jeune Française issue de l'immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République... »

Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d'êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. » (Président Boumediene, mars 1974.)

Et celle-là, tirée du XXe chant de l'Apocalypse : « Le temps des mille ans s'achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. »"

images/icones/c_nul.gif  ( 897469 )Jean Raspail ne descend pas de François Vincent Raspail par Raoul (2020-06-13 18:51:56) 
[en réponse à 897467]

Me semble t-il.

L'information donnée par le Figaro et reprise par d'autre médias me semble fausse.

Selon la base Roglo l'ancêtre le plus ancien connu de Jean Raspail est Jacques Raspail décédé en 1793 et rien ne le relie à François Vincent RASPAIL décédé en 1878.
images/icones/1y.gif  ( 897470 )Quel rapport par Jean-Paul PARFU (2020-06-13 18:59:47) 
[en réponse à 897469]

Avec mon post ?

Votre façon de faire laisse croire que vous désapprouvez l'article rédigé par Jean Raspail et paru en 2004 dans Le Figaro.

Mon post et cet article n'ont rien à voir avec les liens de parenté de Jean Raspail. Vous confondez peut-être avec le post d'Una Voce.
images/icones/1v.gif  ( 897471 )Non mon post n'a rien à voir avec le votre par Raoul (2020-06-13 19:05:59) 
[en réponse à 897470]

Je l'ai mal placé.

Il n'était pas censé non plus répondre a celui d'una voce qui a posté son communiqué alors que j'écrivais mon post.
images/icones/croix.gif  ( 897468 )[réponse] par Una Voce France (2020-06-13 18:34:40) 
[en réponse à 897460]

Notre ami Jean Raspail s'est effectivement éteint, ce samedi 13 juin, à près de 95 ans, à l’hôpital Henry-Dunant à Paris. Il était né le 5 juillet 1925, - à Chemillé-sur-Dême en Indre-et-Loire, mais il était apparenté au célèbre savant provençal et homme politique d’extrême-gauche qui a donné son nom au Boulevard Raspail à Paris.
Dès son adolescence marquée par le scoutisme catholique, il s’est passionné pour les minorités ethniques, consacrant des expéditions et des livres à la Terre de Feu et à diverses tribus indiennes (les éd. Via Romana ont réédité Bleu caraïbe et Citrons verts en 2014).
Mais bien sûr son principal souci fut la destinée de son propre pays la France, et en 1973 son roman à succès intitulé Le Camp des Saints a traduit sous forme romanesque ses préoccupations face à l’immigration massive. Lionel Jospin le remercia avec des félicitations pour ce livre, comme le raconte la préface à la réédition de 2011 (éd. Robert Laffont).
Il aimait les causes non pas forcément perdues, mais minoritaires, comme celle des royalistes français, ou les rêves un peu fous comme celui d’Antoine de Tounens roi de Patagonie (Grand Prix du Roman de l’Académie française, 1981). Tous les « Patagons » d’honneur, qu’il présidait, sont comme nous en deuil à travers le monde.
En 2007, il avait accepté de figurer au Comité d’Honneur d’Una Voce. Beaucoup se souviennent de l’après-midi qu’il avait bien voulu passer avec nous dans les locaux de Notre-Dame du Lys : elle connut un succès d’affluence et de sympathie. Il est resté jusqu’à la fin un lecteur assidu de notre revue, nous adressant fréquemment des messages de soutien et approbation.
Patrick Banken, président d’Una Voce France et vice-président de la Fédération internationale Una Voce

images/icones/croix.gif  ( 897472 )Un grand Monsieur.... par Justin Petipeu (2020-06-13 20:59:47) 
[en réponse à 897460]

Merci pour le camp des Saints et aussi l'anneau du pêcheur. Un vrai plaisir de lecture. Que Dieu ait pitié de votre âme immortelle.
images/icones/1y.gif  ( 897473 )un doublon de plus par Semper parati (2020-06-13 21:07:57) 
[en réponse à 897460]

sur lez FC


SP
images/icones/iphone.jpg  ( 897480 )Et non ! par Athanase (2020-06-14 10:03:41) 
[en réponse à 897473]

Il y aurait doublon si l’information relayée par mon message était strictement identique à celle du précédent fil. Mais ce dernier fil faisait notamment référence au démenti de la mort de Jean Raspail. Dans ce cas, il n’y a pas doublon, et ce d’autant plus que mon fil fait référence à ce qui a été annoncé le samedi 13 juin, donc une nouvelle information. Vous souhaitant un bon dimanche !
images/icones/5b.gif  ( 897505 )Argument capillotracté par Cristo (2020-06-14 20:45:32) 
[en réponse à 897480]

Il vous suffisait de réagir sous l'autre fil et sous le premier message en commençant par "deces confirmé."
Cette dissémination de l'information nuit au fc qui est une base d'informations très précieuse quand on y revient pour en consulter les archives.
J'aurais préféré que vous disiez : je n'avais pas vu le précédent fil ...
images/icones/iphone.jpg  ( 897506 )Et si je vous disais que... par Athanase (2020-06-14 20:47:40) 
[en réponse à 897505]

... je n’avais pas vu le précédent fil ?
Je suis encore moins coupable.
images/icones/1n.gif  ( 897508 )oui par Semper parati (2020-06-14 21:42:59) 
[en réponse à 897506]

vous n'en étés que plus coupable car par un perdreau de l'année sur FC, et vous auriez pu avoir la délicatesse de vous excuser à mon égard ( car si j'ai eu l'info, c'est pour des raisons personnelles, mises maladroitement en doute par un liseur, pour être confirmé par ce même liseur plus tard- il a peut être entre temps croqué le mort?) , bref, avant de poster, liser, c'est bien pour un liseur ?!

SP
images/icones/iphone.jpg  ( 897509 )Vous réclamez des excuses par Athanase (2020-06-14 21:55:50) 
[en réponse à 897508]

et vous voulez aussi que je vous paye la chambre d’hôtel ?
Rien ne vous empêchait de diffuser la nouvelle du décès en créant un nouveau fil de discussion. Sinon, évitez de confondre l’infinitif avec le participe présent si vous voulez donner davantage de crédibilité à votre réponse.
images/icones/1g.gif  ( 897510 )je ne reclame rien par Semper parati (2020-06-14 22:10:54) 
[en réponse à 897509]

( apprenez à lire et sans procès d'intention) quand on est Patagon , on connait la politesse, et non, je ne crée pas un nouveau fil sur un thème déjà précisé, quant à votre leçon d'orthographe, je m’estime heureux à mon age de "taper" sur un clavier et ai toujours reconnu n'être pas le roi de l'AZERTY , et vous ? Jamais une faute ?

Bonsoir, les complies m'attendent, loin de votre outrecuidance malpolie et dommageable quant au sujet qui nous occupait.

Bonne nuit.

Semper Parati
images/icones/1a.gif  ( 897526 )Cher Semper Parati, par Bruno d Epenoux (2020-06-15 16:06:56) 
[en réponse à 897508]

Loin de moi l'idée de mettre en doute votre information mais permettez-moi toutefois de souligner que la Chancellerie précisait dans son annonce que notre Consul général était parti pour le Camp des saints à midi. Or votre message est passé à 11 h 28. Vous aviez une petite demi-heure d'avance.
Sans doute la Chancellerie a-t-elle souhaité ne pas faire l'annonce immédiatement afin de s'assurer d'abord de la stabilité politique de la Patagonie et de la fidélité de ses forces armées en cas de mouvements de foule...
Continuons le jeu en hommage à Jean Raspail qui restera, comme l'a fort bien dit, notre consul général pour l'éternité !
images/icones/1i.gif  ( 897527 )Correction par Bruno d Epenoux (2020-06-15 16:08:50) 
[en réponse à 897526]

comme l'a fort bien dit... le chancelier,
images/icones/iphone.jpg  ( 897528 )Une message plein de sagesse ! par Athanase (2020-06-15 16:09:17) 
[en réponse à 897526]

La Patagonie est en deuil et ne l’embêtons pas avec des patagons ronchons !

images/icones/croix_byzantine.png  ( 897474 )RIP par Henrydelacroix (2020-06-13 22:19:55) 
[en réponse à 897460]

Un grand écrivain, espoirs des royalistes

Condoléances à sa familles

Le roi venait de la mer et l'auteur chemine vers le ciel

Reposez en Paix

RIP +
images/icones/croix.gif  ( 897529 )Les obséques de Jean Raspail par Semper parati (2020-06-15 16:32:58) 
[en réponse à 897474]

se dérouleront le Mercredi 17 Juin à l'église Saint Roch à 10h.( Paris)

Le nombre de place sera limitée à l'intérieur à 250 mais il sera évidement possible d'être à l’extérieur .


SP
images/icones/salutscout.gif  ( 897531 )In memoriam Jean Raspail par Info Renaissance Catholique (2020-06-15 17:24:08) 
[en réponse à 897460]




Le drapeau du royaume de Patagonie est en berne. Les Patagons sont en deuil. Le vice-consul de Patagonie s’est embarqué pour des cieux plus cléments, laissant une œuvre littéraire qui a marqué son époque et contribué à créer un esprit : l’esprit patagon. Un jeu sérieux qui consiste à aller faire une sortie, une gambade, une exploration quelque part ailleurs. C’est ainsi que Jean Raspail qualifiait l’hommage public qu’il rendit au roi Louis XVI le 21 janvier 1993 sur la place dite de la Concorde, lieu de la décapitation du roi, deux siècles auparavant. C’est sur intervention directe du Président de la République, François Mitterrand, que cet événement, d’abord interdit, put finalement avoir lieu.

Le voyageur et le romancier

Jean Raspail fut d’abord un grand voyageur. De ses voyages en Amérique du Nord, aux Antilles, sur la Terre de feu, etc. il rapporta des récits colorés : En canot sur les chemins d’eau du Roi, Secouons le cocotier, Moi, Antoine de Tounens, roi de Patagonie, Les royaumes de Borée, etc. Mais c’est pour son œuvre romanesque que Jean Raspail est surtout connu, et reconnu. En 1973 parut un roman : Le camp des saints qui décrivait l’arrivée sur les côtes de Provence de quatre-vingt-dix-neuf bateaux rouillés et bondés. Un million d’hommes, de femmes et d’enfants faméliques issus du sous-continent indien débarquent. Cette multitude affamée se rue sur les terres riches et sous-peuplées de l’Occident, nouvelle terre promise où coulent le lait et le miel. L’Occident, amorphe et repu, ne réagit quasiment pas. La mauvaise conscience, la crainte d’être accusé de racisme l’ont depuis longtemps miné. Les hommes du refus seront écrasés ! Ce livre fit l’effet d’un électrochoc. La description, écœurante, de la saleté des nouveaux barbares crée un climat angoissant encore accru par la description de la lâcheté des vieux intellectuels humanistes. N’est-ce pas, d’ailleurs, un signe du destin que le jour même du rappel à Dieu de Jean Raspail, se soit déroulée à Paris une manifestation non autorisée, mais tolérée, appelant à la guerre raciale et à la revanche des minorités opprimées contre l’archétype du tyran : le mâle blanc ? Bien évidemment les petits valets de la Pensée unique qualifièrent l’ouvrage de sulfureux. Henri Amouroux, lui, fut enthousiasmé : « Ah mon Dieu, je n’ai jamais vu de prophète de ma vie. Vous êtes le premier ».

Le combattant

Ayant publié, sous le titre : Serons-nous encore français dans trente ans ? une enquête dans le Figaro- magazine le 26 octobre 1985, avec Gérard- François Dumont et Philippe Bourcier de Carbon, Jean Raspail fut l’objet d’une cabale dont le thème était : Le nombre d’étrangers reste stable, donc il n’y a pas de problème. Ce à quoi il fut facile de répondre que si chaque année il y a autant de naturalisations que de nouveaux arrivants, le chiffre des étrangers reste effectivement stable ce qui ne signifie pas que cela ne crée pas de problèmes. Devenir français ce n’est pas qu’acquérir la Carte Nationale d’Identité française. Nous sommes là au cœur de la vision qu’a Jean Raspail de la nation. Il croit à l’existence de civilisations diverses qui plongent leurs racines très profondément dans l’histoire. Il est passionnément amoureux de la civilisation française avec laquelle il cherche à renouer les fils distendus de la Tradition. Ainsi, dans Sire, le prince Philippe Pharamond de Bourbon, capétien âgé de 18 ans, est sacré roi de France en la cathédrale de Reims, par un vieux cardinal, Dom Felix, entouré de trois compagnons de son âge.

Jean Raspail était un homme de foi même s’il vécut pendant plusieurs dizaines d’années éloigné des sacrements de l’Eglise. L’abandon de la liturgie traditionnelle ne fut pas pour rien dans cette désaffection. Dans un entretien avec l’abbé de Tanouarn il confiait que s’étant confessé, après plusieurs dizaines d’années de non pratique religieuse, il s’apprêtait à communier pour Pâques lors qu’il découvrit, au moment de la communion, que celle-ci était distribuée par des laïcs, le prêtre restant inactif en haut des marches. Jean Raspail alla demander la communion au prêtre, qui la lui donna. Profondément meurtri, Jean Raspail ne remit plus jamais les pieds à l’église… « La foi ce n’est pas compliqué » affirmait- il, néanmoins, dans le même entretien (Monde et Vie 30 avril 2015). Jean Raspail était aussi un homme blessé par les souffrances présentes du peuple français et celles, qu’il pressentait, à venir, du moins pour la part de ce peuple qui aurait le désir de rester fidèle à l’héritage de ses Pères. En cela, Jean Raspail fit œuvre de compassion et de charité. Il semble cependant que sa relation à la vertu théologale d’espérance était plus complexe. Il eut beau écrire : « En dormition, l’âme de la France se réveillera » (Valeurs Actuelles 9 avril 2015), beaucoup de ses romans sont d’une noirceur crépusculaire : Le camp des saints, bien sûr, mais aussi Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l’Ouest qui était ouverte, L’anneau du pêcheur. C’est d’ailleurs souvent une image guère reluisante des gens d’Eglise qui est présentée dans ces romans.

Jean Raspail était un habitué de nos fêtes du livre. Il était présent parmi nous lors de la première le 13 décembre 1992, mais aussi à la dernière en date, le 8 décembre dernier, tel un digne vieillard entouré d’admirateurs enthousiastes heureux de rencontrer une légende vivante. Jean Raspail était un poète, un éveilleur de conscience à la manière d’un Soljénitsyne ou d’un Hélie de Saint-Marc. Ce qu’il avait prédit il y a près de 50 ans est en train de se dérouler sous nos yeux. Y aura-t-il suffisamment de Dragasés (l’officier patriote du Camp des saints) et de Pikkendorff (le chef des Sept cavaliers…) pour inverser le cours de l’histoire ? Il faut le souhaiter. Malheureusement, et cette conclusion eut sans doute enchanté Jean Raspail : Penser la disparition de la France serait impie mais pas absurde. (Jacques Bainville)

Jean-Pierre Maugendre


images/icones/coeurbrise.gif  ( 897591 )Consul Général de Patagonie par Semetipsum (2020-06-17 16:37:57) 
[en réponse à 897531]

et pas vice-Consul...

Semetipsum
Un patagon en deuil
images/icones/1d.gif  ( 897636 )Les vice-consuls sont pléthores si je puis dire par Athanase (2020-06-18 15:18:37) 
[en réponse à 897591]

Car la Patagonie est aussi, au niveau des titres, un vraie armée mexicaine.