Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 897267 )Solution Vitalité par Ewondo (2020-06-10 00:33:37) 

Solution Vitalité

Un éclairage sur l'agriculture qui a provoqué dans des temps fort lointains la perte de vitalité chez l'être humain et le refus par Dieu de l'offrande de Caïn dans la Genèse et l'acceptatin de celle d'Abel, nomade et vivant de cueillette bien plus saine. Ce fut le premier crime de l'histoire humaine.






Pierre.
images/icones/1j.gif  ( 897268 )Vous plaisantez j'espère ? par Jean-Paul PARFU (2020-06-10 02:12:15) 
[en réponse à 897267]

L'acceptation par Dieu d'un sacrifice n'est pas due au caractère nomade ou sédentaire de la personne qui fait le sacrifice, mais à la pureté de son cœur.
images/icones/bible.gif  ( 897269 )Vous avez tous les deux une perspective différente mais légitime... par Chicoutimi (2020-06-10 04:43:55) 
[en réponse à 897268]

D'une part, Ewondo rappelle la possibilité d'interpréter la Bible à partir des modes de vie, selon le binôme nomade/sédentaire.

Car il est vrai que le récit de Caïn et Abel ait pu, à l'origine, avoir pour but de favoriser la vie nomade par rapport à la vie sédentaire.

Cette thèse ne date pas d'hier comme le démontre cet article:


''L'épisode du premier meurtre a soulevé bien des réflexions. On y a vu l'énoncé d'une rivalité funeste entre le cultivateur sédentaire et le nomade qui paît ses troupeaux. C'est ce dernier que favorise Jahveh, qui semble ainsi montrer sa préférence pour les offrandes sanglantes sur les fruits et les grains ; car on ne voit nulle autre raison de sa partialité en faveur d'Abel. S'agit-il du fait spécial de l'oppression d'une tribu de nomades par des cultivateurs (meurtre d'Abel)? Il est bien difficile de se rendre un compte exact de cette page dont la rédaction a pu subir bien des modifications avant de recevoir sa forme actuelle. En tout cas il est impossible d'y voir un fait historique.'' (Encyclopédie des sciences religieuses, 1879, (ICI)



Cette vie nomade des patriarches, valorisée en certains endroits de la Bible, est parfois considérée comme étant reflétée jusque dans la manière dont Dieu est nommé à quelques reprises: El Shaddaï, que l'on peut traduire par ''le Seigneur des steppes''.

Ce mépris de l'agriculture pourrait être une conséquence du mauvais souvenir de l'esclavage en Égypte.

Mais attention. La position favorable à l'agriculture se retrouve également dans la Bible, comme le rappelle Dom Augustin Calmet qui croit que l'origine de l'agriculture ne remonte pas à l'Égypte mais à l'Eden, d'où sa supériorité sur la vie nomade:


''Dieu, après avoir créé Adam, c'est-à-dire l'homme ou l'humanité (car il s'agit tout à la fois et du genre et de l'individu), le mit dans l'Eden, afin qu'il le cultivât. (…) Or la Genèse dit de Noé que, sorti de l'arche qui s'était arrêtée sur le mont Ararat, il s'appliquait à cultiver la terre. (…) Moïse au contraire dirigea les citoyens vers l'agriculture, d'abord parce que rien ne lui paraissait plus utile, ensuite parce qu'il existe, pour les peuples comme pour les familles, des circonstances particulières où il leur convient de se satisfaire à eux-mêmes, et de vivre autant que possible dans leur intérieur. (…)

Il vrai aussi que ces patriarches exerçaient l'agriculture. Entre plusieurs textes que je pourrais citer, je me borne au suivant : Isaac quitta sa patrie, où était survenue une famine, et alla à Gérare; il sema en ce pays, et recueillit l'année même le centuple d'orge, dans une partie des terrains que son père avait possédés avant lui, et son bien s'augmenta beaucoup. Ce passage en explique quelques-uns qui regardent Abraham, notamment celui où Abimélech, roi de Gérare, félicitant le patriarche, lui dit : Dieu est avec vous dans tout ce que vous faites, c'està-dire, sans doute, il fait extraordinairement produire les terres que je vous ai données, et que vous cultivez.

L'état nomade, proprement dit et exclusif, ne s'allie pas avec l'état agricole, qui attache l'homme au sol , mais entre ces deux états, on peut reconnaître un milieu, l'état pastoral , qui s'exerce aussi dans une résidence fixe, et s'unit à l'état agricole. Les déplacements d'Abraham , d'Isaac et de Jacob n'ont pas été nombreux. Ces patriarches ont demeuré de longues années dans les mêmes endroits, et, personnages puissants dont les princes recherchaient l'alliance, ils ont vécu de la vie pastorale et agricole plutôt que de la vie nomade.'' (Dictionnaire historique, archéologique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible (1845) ICI)



En un certain sens, on peut retrouver des textes tantôt favorables à la vie nomade, tantôt favorables à la vie sédentaire, car les textes bibliques ne sont pas l'oeuvre d'un seul auteur.

D'autre part, Me Parfu a raison quand il rappelle que ce n'est pas le mode de vie mais la pureté du cœur qui plaît à Dieu.

En ce sens, depuis la venue de Jésus-Christ, nous avons dépassé cette idée que pour plaire à Dieu nous devons adopter soit le mode de vie nomade soit le mode de vie sédentaire: ''L’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. (…) Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité.'' (Jn 4, 21-23).

Les dispositions du cœur sont ce qui compte, et c'est à partir de cela que nous interprétons maintenant ce récit de l'Ancien Testament à la lumière du Christ.

Sur le sacrifice d'Abel et celui de Caïn, Saint Augustin affirme, dans son Commentaire de la Première Épître de saint Jean :


"Il n’y eut pas de charité en Caïn; et s’il n’y avait pas eu de charité en Abel, Dieu n’eût pas agréé son sacrifice. Tous deux ayant offert un sacrifice, l’un des fruits du sol, l’autre des petits de ses brebis, pourquoi, à votre avis, mes frères, Dieu a-t-il dédaigné les fruits de la terre et agréé les petits des brebis ? Dieu n’a pas regardé aux mains, mais il a vu dans le cœur. Voyant que l’offrande de l’un s’accompagnait d’envie, il détourna les yeux de son sacrifice. Donc, ce que Jean appelle les bonnes œuvres d’Abel, ce n’est rien d’autre que la charité; et ce qu’il appelle les œuvres mauvaises de Caïn, ce n’est rien d’autre que la haine contre son frère."

Dans ce même commentaire, Saint Augustin affirme que c’est la charité, et non l’accomplissement de rites extérieurs, qui distingue les fils de Dieu des fils du diable : "Ils peuvent bien tous se signer du signe de la croix du Christ; tous répondre : Amen; tous chanter : Alleluia; être tous baptisés, entrer dans les églises, bâtir les murs des basiliques, les fils de Dieu ne se discernent des fils du diable que par la charité."


Source : Saint Augustin, "Il n'y a qu'un amour". Commentaire de la Première épître de saint Jean, Éditions du Cerf, Paris, 2008, collection "Trésors du Christianisme, 126 pages. (Nous en avions parlé ICI et )
images/icones/fleur.gif  ( 897280 )Merci à vous ... par Ewondo (2020-06-10 12:02:32) 
[en réponse à 897269]

... Chicoutimi et pardon pour cette erreur de copié-collé :

Le clip au complet

Le premier clip était déjà entamé de sa première moitié, la plus pertinente sur l'agriculture.

Et là je rejoins tout à fait la position de Maître Parfu. Notre Seigneur Jésus-Christ est tout à fait claire : "Laisse là ton offrande et va d'abord te réconcilier avec ton frère".

C'était donc la position de Notre Créateur !

Pierre.
images/icones/nounours.gif  ( 897282 )Cette interprétation "naturaliste" par Jean-Paul PARFU (2020-06-10 12:39:47) 
[en réponse à 897280]

permet aussi de considérer que la Bible nous enseigne en réalité, au travers du Paradis terrestre et de sa perte, le passage de l'humanité de l'âge des chasseurs-cueilleurs à celui de l'élevage et surtout de l'agriculture.

Mais, nous sommes très loin, vous le comprenez, du christianisme. On rejoint plutôt ici les fables "New-Age" dénoncées dans un fil plus bas !
images/icones/1e.gif  ( 897287 )Pour rester dans le registre alimentaire ... par Ewondo (2020-06-10 14:50:05) 
[en réponse à 897282]

... peut-être faudrait-il mieux écrire " Nouille Age, des pâtes, des pâtes, oui mais des pâtes !

Bon, je me sauve prudemment ;-);-);-) !

Pierre.
images/icones/neutre.gif  ( 897290 )C'est une prophétie. par Yves Daoudal (2020-06-10 15:41:11) 
[en réponse à 897269]

J'ai toujours trouvé très faible ce passage du commentaire de l'épître de saint Jean, et pourtant Dieu sait si j'ai de l'admiration pour saint Augustin.

Ce qui me paraît primordial est que Abel immolait des agneaux. Les premiers nés de ses brebis. C'est ce qui plut à Dieu, parce que c'était l'annonce du Grand Sacrifice, du Fils, Agneau immolé depuis le fondation du monde, comme le dit l'Apocalypse à l'autre bout de la Bible, Apocalypse qui est notamment une récapitulation du début de la Genèse. Abel sacrifie des agneaux, et il est le sacrificateur sacrifié : le Christ.
images/icones/bravo.gif  ( 897296 )Le sens moral et le sens typologique... par Chicoutimi (2020-06-10 17:53:29) 
[en réponse à 897290]

Je crois que vous avez raison de mentionner que le sacrifice d'Abel annonçait le sacrifice du Christ.

L'apparente faiblesse du texte de saint Augustin tient peut-être au fait qu'il s'en tient au ''sens moral'' qui nous apprend ce que l’on a à faire, alors qu'il aurait pu aussi en donner le ''sens typologique'' qui considère les personnages (Abel, Moïse, Josué, etc.) ou encore les images de l’Ancien Testament (le serpent d'airain, la manne, le rocher dans le désert, etc.) comme des figures qui annoncent le Christ et qui s’accomplissent dans celui-ci.

Les deux ''sens'' sont légitimes, car il n'y en a pas juste un. Mais il est vrai qu'avec un récit comme celui de Caïn et Abel, il est dommage de ne pas aller plus loin que le ''sens moral''.