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La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-05-11 22:54:07)
[en réponse à 895218]
PREMIÈRE PARTIE
La Maternité divine et la plénitude de la grâce
Article I LA PRÉDESTINATION DE MARIE
Ce point de doctrine peut paraître bien élevé pour être exposé dès le début de cet ouvrage ; mais il est assez facile à saisir, il est généralement admis au moins implicitement et il éclaire d'en haut tout ce que nous aurons à dire dans la suite.
Comme le dit en effet S. S. Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus, en proclamant le dogme de l'Immaculée Conception, par un même décret éternel Dieu a prédestiné Jésus à la filiation divine naturelle, immensément supérieure à la filiation divine adoptive, et Marie à être Mère de Dieu ; car la prédestination éternelle du Christ porte non seulement sur l'Incarnation, mais sur les circonstances où elle devait se réaliser, en tel temps et tel endroit, en particulier sur celle-ci : « Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria virgine
», comme il est dit dans le Symbole de Nicée-Constantinople. Par un même décret éternel, Jésus a été prédestiné à être Fils du Très-Haut, et Marie à être Mère de Dieu.
Il suit de là que, comme Jésus fut prédestiné à la filiation divine naturelle avant (in signo priori) de l'être au plus haut degré de gloire, puis à la plénitude de grâce, germe de la gloire ; de même la bienheureuse Vierge Marie a été prédestinée d'abord à la maternité divine, et par voie de conséquence à un très haut degré de gloire céleste, puis à la plénitude de grâce, pour qu'elle fût pleinement digne de sa mission de Mère du Sauveur, d'autant que, comme Mère, elle devait être plus intimement associée que personne à l'œuvre rédemptrice de son Fils, selon la plus parfaite conformité de volonté. C'est ce que dit en substance S. S. Pie IX dans la bulle Ineffabilis Deus.
Et donc, comme en Jésus la dignité de Fils de Dieu ou de Verbe fait chair l'emporte immensément sur la plénitude de grâce créée, de charité et de gloire qu'a reçue sa sainte âme, comme suite de l'Incarnation, ou de l’union hypostatique des deux natures en lui; de même en Marie la dignité de Mère de Dieu l'emporte sur la plénitude de grâce, de charité, et même sur la plénitude de gloire céleste qu'elle a reçue, en raison de sa prédestination exceptionnelle à cette divine maternité.
D'après la doctrine admise par saint Thomas et beaucoup de théologiens sur le motif de l'Incarnation (pour la rédemption de l'humanité), la prédestination de Marie à être Mère de Rédempteur dépend de la prévision et permission du péché d'Adam.
Et cette faute a été permise par Dieu pour un plus grand bien, comme l'explique saint Thomas, IIIa, q. 1, a. 3, ad 3, pour que « là où la faute a abondé, la grâce surabondât » (Rom., V, 20) par l'Incarnation rédemptrice.
Comme Dieu veut le corps de l'homme pour l'âme, et celle-ci pour vivifier le corps, de sorte qu'elle ne serait pas créée si le corps n'était disposé à la recevoir, de même Dieu a permis le péché à réparer pour ce plus grand bien qui est l'Incarnation rédemptrice et il a voulu celle-ci pour la régénération des âmes, de telle sorte que, dans le plan actuel de la Providence, l'Incarnation n'aurait pas eu lieu sans le péché.
Mais, dans ce plan, tout reste subordonné au Christ et à sa sainte Mère, et il est toujours vrai de dire avec saint Paul (I Cor., III, 23) : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu »
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde