
( 894820 )
Mgr Mûller : "aucun évêque n'a le droit d'interdire la messe" par jejomau (2020-05-08 09:03:15)
Interview choc de
Mgr Müller répondant aux questions de Riccardo Cascioli:
« Éminence, pour de nombreux fidèles, la souffrance de la maladie s’est ajoutée à la souffrance de l’interdiction d’assister à la messe, voire au refus des funérailles ; et surtout à la justification de tout cela par la hiérarchie ecclésiastique.
C’est une chose très grave, c’est la pensée laïque qui est entrée dans l’Église. C’est une chose de prendre des mesures de précaution pour minimiser les risques de contagion, c’en est une autre d’interdire la liturgie. L’Église n’est pas un client de l’État, et aucun évêque n’a le droit d’interdire l’Eucharistie de cette manière. Nous avons même vu des prêtres être punis par leur propre évêque pour avoir célébré la messe avec quelques personnes, tout cela signifie se concevoir comme des fonctionnaires de l’État. Mais notre pasteur suprême est Jésus-Christ, et non Giuseppe Conte [le premier ministre italien]. L’État a sa tâche, mais l’Église a la sienne.
Pour beaucoup de gens, il semble difficile de concilier le devoir envers l’État et la nécessité d’un culte public de Dieu.
Il faut aussi prier publiquement car nous savons que tout dépend de Dieu. Dieu est la cause universelle, puis il y a la cause secondaire qui passe par notre liberté. Dans ce qui se passe…

( 894831 )
si le bon cardinal était resté préfet, il est par JVJ (2020-05-08 11:16:53)
[en réponse à 894820]
à parier qu'il ne dirait mot de ce qu'il pense observer et qu'il aurait avalé pilule après pilule…
Je veux bien que l'évêque fasse ce qu'il veut en dehors de l'Etat, mais cet argument ne risque pas de s'appliquer en Chine, au Vietnam, en Algérie et en Turquie. Et ce que le bon cardinal veut permettre aux évêques, il doit s'attendre à le voir pratiquer par tous les imams autoproclamés d'Italie. On va rire. Si ce cardinal est prêt à être mis en garde à vue, je veux voir. Pie XII aurait eu beau dire aux catholiques et aux évêques allemands je ne sais quoi pendant la guerre, cela n'aurait rien résolu et même sans doute empiré. Difficile de se f... de l'Etat parfois. Un évêque congolais qui dirait à ses prêtres d'aller manifester au risque de recevoir des balles perdues, serait un irresponsable. Quand un cardinal n'a plus de responsabilités, il est très facile de donner des conseils. Un évêque ne peut interdire telles pages de manuel dans une école sous contrat !
Comme la bonne vieille république, on change de ministres ou on nomme une nouvelle commission bien sage dont les membres, honorés d'avoir été reconnus, sauront dire ce qu'on attend d'eux.
On voit bien comment les pères conciliaires, côté Ottaviani ou côté d'en face, voulurent noyauter et faire à leur main telle sous-commission, refuser tel peritus. C'est de bonne guerre et Ottaviani a été moins malin que les autres, et lâché par 95 % des évêques, ou même 80 %, formés pourtant à l'ancienne école. Congar disait qu'il fallait changer l'enseignement dans les séminaires et qu'en deux générations, l'Eglise changerait du tout au tout. On a eu cela, et même la chute brutale des ordinations dans les pays qui ont fait le concile ! On me dit souvent d'attendre que tel type de curé disparaisse ou que telle mauvaise habitude à la messe disparaisse avec la mort des concernés. Primo attendre rend complice et je ne crois pas qu'on ait conseillé chez tout le monde d'attendre que les Allemands ou les Communistes meurent pour les combattre. Secundo je vieillis en même temps qu'eux et mes enfants auront vécu avec de la daube pendant vingt ans. Tertio manque de courage pour affronter des conceptions que je crois irréconciliables, mais comme on nous sert la charité-la charité… Désolé, saint Bernard n'y allait pas avec le dos de la cuiller avec les évêques, les papes, les légats et les musulmans. Charité ne veut pas dire guimauve et tisane.
L'abus de témoignage-choc par le journalisme dévalorise l'expression… Je ne crois pas que ce soit le rôle d'un tel cardinal que de donner des entretiens à de tels supports lus par une poignée de personnes. C'est de l'agitation qui n'est pas au niveau.
Dans deux siècles, on dira que le cardinal l'a eu mauvaise et que son cursus honorum romain a été contrarié. On dira aussi que Benoît XVI avait promis de se taire, et qu'il parle beaucoup pour un muet.
Je n'ai aucune considération pour les sociologues ou les anthropologues, mais ils nous disent que les hommes d'appareil apprennent à se taire. Et la Curie et le gouvernement de l'Eglise, y compris au niveau de nos évêchés et de ce qu'il en reste (je connais un archevêque qui ferme lui-même sa porte le soir et qui dort tout seul dans ses murs…), apprennent à se taire et à couvrir la structure. Il y a sans doute des évêques qui voudraient changer de chancelier ou de secrétaire, mais ils font avec les moyens du bord et ne veulent pas prendre frontalement des personnes introduites depuis des décennies. C'est malheureux. Mais dans l'autre sens, un évêque qui veut se débarrasser d'un prêtre trop classique sinon philo-tradi le nomme à l'officialité interdiocésaine et aux archives… pour le remplacer par un autre qu'il tutoiera en parlant de The Voice.
Alors qu'on nous tympanise avec la liberté d'expression depuis les années 60... Des évêques et des cardinaux qui ont le migrant (= le clandestin) à la bouche ou la bise de proximité facile, sont capables de prendre des décisions autoritaires pour leurs subordonnés ou d'exiger de l'Etat qu'il bouleverse le chœur de la cathédrale, toujours pas adapté au concile (il serait temps…).
Autrefois, il y eut des débats et des discussions vives, quand l'Université n'était composée que de clercs et les conclaves viraient souvent à la castagne. On ne nous expliquait pas comme à des enfants que l'Esprit Saint faisait seul son œuvre…
Comme nos vies s'allongent, beaucoup pensent que nous avons le temps devant nous. Si notre espérance de vie était de 50 ans comme dans certains pays, on prendrait les choses plus sérieusement et avec moins de timidité.
Quand le prêtre est à l'autel, il est je l'espère à son affaire malgré les nombreuses interférences (même dans le VOM, des prêtres prétendent que les cris réguliers d'enfants et les mouvements d'adultes ne les gênent pas). Mais il faudrait parfois qu'il fasse un stage dans les bancs…
Je ne connais pas un prêtre ou un évêque qui ait demandé, sur le ton qu'il veut, aux gens d'entrer en faisant la génuflexion dans les bancs ou de s'agenouiller au Sanctus (ou de se taire en entrant dans l'église…). Je connais des écoles où le directeur ou l'aumônier osent le demander aux enfants à qui on n'avait rien expliqué.

( 894836 )
Charles de Gaulle par Pericles (2020-05-08 11:42:49)
[en réponse à 894831]
C.est pourquoi Charles de Gaulle est parti en Angleterre...
Le problème est de savoir si la cardinal Muller aurait eu le courage de démissionner de son poste pour tenir les mêmes propos...Et de Gaulle n’avait pas au dessus de lui un chef à qui la soumission est obligatoire pour se dire français

( 894841 )
c'est le 8 mai qui vous travaille ? par JVJ (2020-05-08 12:04:10)
[en réponse à 894836]
Je n'ai pas tout compris.
Le cardinal a démissionné ? Le pape l'a plutôt débarqué, comme il en a le droit d'ailleurs.
Il a aussi des catholiques qui sont ravis des pétitions et des sorties du moindre cardinal, car avec leur manie du billard à trois bandes (que je pratique, mais à six ou douze bandes), ils se disent : tout ce qui pourra semer le cirque dans l'Eglise conciliaire (sic) est bon pour notre combat et notre boutique.
Quand tel prêtre parisien très isolé prétend enrichir une pétition de son nom, il pense peut-être servir sa cause.
J'avais lu une fois la qualité ridicule d'archidiocèse de Paris, après son nom.
je vous trouve n'importe quel prêtre marginal à Rome qui pourra signer "Abbé Paolo Lo, diocèse de Rome". Ouah !
Je pense aussi aux pétitions honteuses au temps du cardinal Gantin quand il a débarqué Mgr Gaillot.
Des prêtres de mon diocèse avaient eu le culot monstrueux et malhonnête de dire qu'ils étaient les aumôniers de x lycées publics comprenaient x élèves.
Cela puait la malhonnêteté.
Mon lycée public avait une aumônerie qui tournait à 10 ou 12 élèves sur 1200 ! Mais l'aumônier s'est dit le responsable de 1200... A Rome, on dut être impressionné !
Depuis, ce prêtre, gloire du diocèse et responsable diocésain des vocations, est un heureux papa et mari.
Dans les ordo diocésains, pour donner une idée, on indique le nombre d'habitants. Mais il est loin le temps où cela signifiait par endroits que 80 % des gens seraient à la messe de Pâques. Cela n'empêche pas les curies de placer des curés dans les villes et de négliger les villages de campagne… Quand un enfant naît dans un village de 70 habitants, c'est la poisse pour tout : pas d'école, pas de collège, pas de piscine (je m'en moque), pas de curé, pas de boulangerie pour les anciens, etc.
Le curé d'Ars n'a pas été muté à Belley, que je sache.
Tout pour les villes, pour faire aussi illusion. Pas de mal à avoir une église remplie avec une messe unique le dimanche et trente villages alentour invités à la table du Seigneur…
"Frères et Sœurs, nous sommes venus nombreux ce matin en cette église pour célébrer la messe et partager le pain etc". Et le disque est parti.
Je connais des prêtres qui ne dévient pas de la page du missel, qui n'a pas prévu un blabla sur le temps qu'il fait ou sur la tenue de Jeannine qui a mis les fleurs ou de Marcel qui tient la guitare. Le top étant le mot d'accueil du laïc du coin, qu'il soit sûr de lui ou apeuré.