Le Forum Catholique

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images/icones/tele.gif  ( 892622 )5 Mai : Secret d'Histoire sur Sainte Thérèse de Lisieux. par FilsDeMarie (2020-04-15 13:15:02) 

Publié sur FB.


Stéphane Bern et « Secrets d'histoire » vous emmènent dans la Normandie du XIXe siècle, à la découverte de Thérèse Martin, alias sainte Thérèse de Lisieux, l'une des saintes les plus populaires de la religion catholique, connue et aimée dans le monde entier.

Né en 1873 à Alençon en Normandie, la petite Thérèse Martin est animée par une ambition peu commune : devenir une grande sainte... À quinze ans, elle remue ciel et terre pour entrer au carmel de Lisieux, un couvent des plus austères. Au point d'aller jusqu'à Rome, au Vatican, pour solliciter le pape en personne !

Une fois devenue religieuse, Thérèse est confrontée aux défis de la vie au sein d'une communauté cloîtrée de 26 femmes : froid, lever aux aurores, nourriture insipide, monotonie du quotidien, difficultés relationnelles avec ses compagnes…

Patiemment pourtant, sœur Thérèse trace ce qu'elle appelle sa « petite voie » : un chemin vers la sainteté fait de petits gestes d'amour très simples. Sur les conseils d'une de ses sœurs, Thérèse couche son expérience sur le papier. Sous le titre Histoire d'une âme, cette autobiographie sera vendue après sa mort à 500 millions d'exemplaires et traduite dans le monde entier !

Pourtant, au lendemain de sa mort à 24 ans de la tuberculose, Thérèse connaît une gloire immédiate et inattendue. Moins de trente ans plus tard, la petite religieuse normande est reconnue comme sainte, devenant l'un des piliers d'une foi renouvelée grâce à elle et attirant chaque année à Lisieux près de 800 000 admirateurs, catholiques ou non !

D'Alençon à Lisieux en passant par Bayeux, Paris, Bologne ou Rome, Stéphane Bern nous fait découvrir pas à pas le parcours passionnant de cette aventurière en robe de bure. Il nous ouvre sa maison d'enfance, les Buissonnets, l'extraordinaire basilique érigée après sa mort, et surtout, par une autorisation spéciale et rarissime, l'intérieur même du carmel de Lisieux, toujours en activité aujourd'hui.



images/icones/barbu2.gif  ( 892646 )On peut craindre le pire. par Yves Daoudal (2020-04-15 17:30:40) 
[en réponse à 892622]

Quoique le pire ne soit jamais sûr.

Mais il y a déjà la présentation misérabiliste. La "nourriture insipide", c'est grotesque. On connaissait alors le vrai goût des légumes et des fruits. Et des oeufs. Voir ici.
images/icones/neutre.gif  ( 892649 )au contraire par Eudoxie (2020-04-15 18:36:23) 
[en réponse à 892646]

cela m'inspire confiance.
Le "goût des légumes"...la nourriture était grossière, sans raffinement, et devait certainement être difficile à digérer pour son estomac délicat. Nous sommes chez des carmélites du XIXème, pas chez les bénédictins du Barroux!
En tout cas de nos jours, peu de personnes supporteraient de manger ce que Sainte Thérèse a mangé. D'ailleurs, j'ai cru comprendre qu'on gavait les carmélites, que les portions étaient énormes, ce qui expliquerait l'embonpoint du visage de sainte Thérèse sur les photos qui ont été prise lorsqu'elle est carmélite, malgré sa jeunesse. C'était paraît-il, pour lutter contre la vanité.
Il faut que je révise mes sources. En tout cas, une retraite chez des carmélites m'a convaincue que la nourriture pouvait avoir quelque chose d'insipide. Ce n'est pas beau à l'oeil, c'est très rustique...bon pour la sanctification, sans doute, mais difficile à supporter toute sa vie.
images/icones/neutre.gif  ( 892658 )[réponse] par Yves Daoudal (2020-04-15 19:12:46) 
[en réponse à 892649]

Vous n'avez donc jamais mangé de poireau qui sort du jardin. C'est une des meilleures choses qui existent. Pour ne parler que des poireaux...

Mais vous ne connaissez peut-être pas le goût des vrais aliments. Au XIXe siècle on était obligé de les connaître...
images/icones/neutre.gif  ( 892660 )[réponse] par Eudoxie (2020-04-15 19:30:27) 
[en réponse à 892658]

Mais si je connais le goût des légumes. Je trouve ça très bon aussi lorsque ça sort du jardin...et j'aime beaucoup les poireaux! Cela dit je crois que les carmélites du XIXème avaient une nourriture très grossière, à laquelle sainte Thérèse n'était pas habituée. De toute façon, on ne saurait trop exagérer les souffrances de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus dans son monastère. Parce que si par hasard il y a exagération sur la qualité de la nourriture, il n'y en aura pas à propos des souffrances et humiliations que la sainte a eu à souffrir de Mère Marie de Gonzague (je crois que c'est le bon prénom), et de ses soeurs en général (celle qui grince des dents pendant l'oraison, celle qui n'est jamais contente de ses soins, les novices qui la fatiguent alors qu'elle essaie de se reposer de sa tuberculose qui la mine, la bêtise de sa supérieure qui ne pense pas à faire en sorte qu'elle ait suffisamment chaud, histoire qu'elle ne meure pas de froid, comme elle l'a avoué en disant "Ma Mère, au Carmel, j'ai souffert du froid...jusqu'à en mourir!"...etc.). S'il y a bien quelqu'un qui me dégoûte du carmel, c'est sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, à cause de tout ce qu'elle y a souffert.
images/icones/find.gif  ( 892665 )Deux remarques Eudoxie par Jean-Paul PARFU (2020-04-15 19:56:49) 
[en réponse à 892660]

1) J'ai lu que, chez les Carmélites, la nourriture, la préparation des repas, étaient très importantes car Sainte Thérèse d'Avila ("la grande Thérèse") y tenait beaucoup et y insistait dans les constitutions de l'Ordre réformé. Lorsque soeur Lucie, carmélite je vous le rappelle, est décédée, certaines de ses consoeurs ont un peu parlé d'elle. La supérieure disait qu'elle tenait à la bonne nourriture et qu'elle descendait souvent aux cuisine pour inspecter, ce que craignait beaucoup les soeurs.

2) S'agissant du froid, je sais un peu ce que c'est que souffrir du froid et suis attentif lorsque certains en parlent. Figurez-vous que Mgr Lefebvre m'avait surpris un jour parce que je l'avais entendu parler de son noviciat chez les pères du St Esprit à Chevilly-Larue dans la région parisienne et qu'il y avait beaucoup souffert du froid. "Comment peut-on laisser des séminaristes ou des novices souffrir ainsi du froid ?" se plaignait-il encore des décennies plus tard.

Pour finir, en ce qui me concerne, j'ai toujours un peu eu peur des milieux collectifs : pensionnat, caserne etc ...
images/icones/neutre.gif  ( 892687 )Le problème par Eudoxie (2020-04-15 21:33:30) 
[en réponse à 892665]

C'est que de nos jours, les constitutions ne sont pas appliquées à l'identique, mais transposées à la réalité de chaque pays, et de chaque réforme. Je n'entrerai pas dans le détail, parce que je ne m'y connais pas, mais certains liseurs avaient fait le point sur la question, c'était intéressant, sur les carmels dont les constitutions datent de 1990, comme celui d'Alençon, et d'autres carmels dont les constitutions sont plus récentes, comme celui d'Ars il me semble, par exemple...

En fait les priorités de Thérèse ont été très édulcorées au XIXème, parce que ce qu'on appelle "le carmel français", une forme de vie carmélitaine spécifique à la France, était d'une grande austérité, et il me semble avoir entendu dire que le carmel espagnol n'était pas aussi austère: l'austérité était devenue la marque de la perfection, un signe de sainteté, or pour la sainte d'Avila, ce n'est pas le tout de la vie monastique, et ça ne pourra jamais être un but en soi, et même, cela ne pourra jamais être la voie privilégiée qui permet de s'unir à Dieu. Rien à voir avec la vision idéale du carmel par Bernanos dans ses Dialogues des Carmélites. Donc en gros, sainte Thérèse était dans un carmel qui en fait, à mon humble avis, n'avait pas grand chose de l'esprit thérésien (celui de la grande Thérèse en effet). Car on a peine à reconnaître dans l'esprit étroit de Mère Marie de Gonzague, et d'autres, cette chaleur, cette douceur, cette perfection, cette maîtrise spirituelle qu'on trouve chez sainte Thérèse d'Avila. C'est un carmel dénaturé que celui dans lequel sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a vécu, à mon humble avis.

Mais il n'empêche que le carmel français (et mondial je pense) est irrémédiablement marqué par la spiritualité de la souffrance de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. Si j'admire la sainte, je suis effarée que dans un monastère on puisse se manquer de charité à ce point, négliger ses filles à ce point lorsqu'on est prieure, et laisser mourir ses religieuses du froid sans alléger le poids de la règle en hiver. On ne s'étonne plus que sainte Elizabeth de la Trinité soit morte d'une maladie respiratoire, à l'âge de 26 ans, je crois? Bref, très jeune, et peu après sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus. J'admire et prie la Petite Thérèse, mais j'espère que le carmel ne ressemblera plus jamais à ce genre de bagne, tel qu'elle l'a vécu. Bien sûr, la vie religieuse n'est pas faite de douceurs et de facilités, mais de là à mourir de froid à cause de la négligence de la prieure... et ces religieuses qui ont osé dire à la mort de sainte Thérèse qu'on n'aurait rien à dire sur elle...quel aveuglement, quand on pense qu'elle a subi depuis l'âge de quinze ans les rigueurs de la vie monastique, et est morte de la tuberculose à l'âge de 24 ans en disant au terme d'intenses souffrances "Mon Dieu, je vous aime"...

Enfin, merci cher Maître pour ces références, je suis d'accord avec Mgr Lefebvre, laisser des jeunes séminaristes et des novices dans le froid, sans égard pour leur vie, ou même pour le strict minimum en terme de "confort", c'est intolérable et incompréhensible.
images/icones/neutre.gif  ( 892758 )La vraie sainte Thérèse. par Yves Daoudal (2020-04-16 14:19:16) 
[en réponse à 892687]

Vous prenez donc sainte Thérèse pour une masochiste. Elle est la quatrième fille Martin à entrer au Carmel de Lisieux. Si le couvent avait été aussi épouvantable elle n’aurait pas tout fait pour y entrer. Et ensuite elle en parlait comme de « l’arche bénie ». Pendant sa maladie on était aux petits soins pour elle en permanence, comme elle le dit elle-même. On était allé jusqu’à lui acheter du lait maternisé.

Quant au froid, le carmel de Lisieux était comme tous les couvents et comme la plupart des maisons : il n’y avait qu’une pièce chauffée. Sainte Elisabeth de la Trinité parle des dessins que faisait le givre sur les carreaux. J’ai connu cela et pourtant ce n’était pas dans un carmel. Mon père était médecin spécialiste, il avait donc « les moyens », mais dans la maison où nous habitions quand j’étais petit il n’y avait pas de chauffage dans les chambres. Ce qui est très sain. Aujourd’hui encore il faut qu’il fasse vraiment très froid pour que je mette un peu de chauffage dans ma chambre.

A l’époque on mourait davantage de la tuberculose qu’aujourd’hui du coronavirus. Céline et Pauline sont mortes à 89 ans.

Quelques citations (des écrits que j’ai lus intégralement deux fois jusqu’ici, en dehors des pièces de théâtre).

Dans Son amour, Il a voulu préserver sa petite fleur du souffle empoisonné du monde ; à peine sa corolle commençait-elle à s'entr'ouvrir que ce divin Sauveur l'a transplantée sur la montagne du Carmel où déjà les deux Lys qui l'avaient entourée et doucement bercée au printemps de sa vie répandaient leur suave parfum... Sept années se sont écoulées depuis que la petite fleur a pris racine dans le jardin de l'Epoux des vierges et maintenant trois Lys balancent auprès d'elle leurs corolles embaumées.

Toute ma vie le bon Dieu s'est plu à m'entourer d'amour.

Vous savez, ma Mère chérie, combien j'aime les fleurs ; en me faisant prisonnière à 15 ans, je renonçai pour toujours au bonheur de courir dans les campagnes émaillées des trésors du printemps ; eh bien ! jamais je n'ai possédé plus de fleurs que depuis que mon entrée au Carmel... Il est d'usage que les fiancés offrent souvent des bouquets à leurs fiancées, Jésus ne l'oublia pas, il m'envoya à foison des gerbes de bluets, grandes pâquerettes, coquelicots, etc. toutes les fleurs qui me ravissent le plus. Il y avait même une petite fleur appelée la Nielle des blés, que je n'avais pas trouvée depuis notre séjour à Lisieux, je désirais beaucoup la revoir, cette fleur de mon enfance cueillie par moi dans les campagnes d'Alençon ; ce fut au Carmel qu'elle vint me sourire et me montrer que dans les plus petites choses comme dans les grandes, le Bon Dieu donne le centuple dès cette vie aux âmes qui pour son amour ont tout quitté.

Mon Roi chéri, Quel bonheur de pouvoir cette année, t'envoyer du Royaume du Carmel mes souhaits de bonne année. Jamais ta petite Reine n'a pu t'offrir son affection avec plus de joie, elle se sent si près de son Roi, si près que rien en saurait l'en éloigner!... Les Rois de la terre sont tout heureux quand ils ont pu faire contracter à leurs filles de nobles alliances, et quelle reconnaissance n'ont pas ces enfants pour leurs parents!... Pour ta petite Reine c'est une tout autre affaire, toi en Père, et vraiment en Roi, tu n'as voulu la confier qu'au Roi du Ciel, à Jésus lui-même, d'Orpheline de la Bérésina, j'ai passé au titre si noble de Carmélite. Comme je dois aimer un Père qui a bien voulu me procurer un si grand bonheur, et comme je l'aime!...

Je ne dis pas : «S’il est dur de vivre au Carmel, il est doux d’y mourir» mais : «S’il est doux de vivre au Carmel, il est encore plus doux d’y mourir.»

Quand on est bien malade du corps, tout le monde s’emploie à vous soulager ; si c’est de la poitrine, on évite les courants d’air, l’infirmière est là qui veille à ce que rien ne vous manque. Ah ! pourquoi ne faisons-nous pas la même chose pour les maladies spirituelles de nos sœurs ? C’est cela que le bon Dieu me demande à moi et, si je guéris, je continuerai à le faire de tout mon cœur.
images/icones/neutre.gif  ( 892787 )il faut prendre ses écrits avec précaution par Eudoxie (2020-04-16 19:38:19) 
[en réponse à 892758]

Non, je ne prends pas Sainte Thérèse pour une masochiste, mais pour une sainte, une grande ascète, bref, c'est mon idéal féminin ^^ !

Mais j'essaie de lire entre les lignes, et il le faut avec elle, parce que son style est tout de même particulier. Elle dit avec beaucoup de grâce des réalités qui aujourd'hui ne seraient pas supportées avec le même sang-froid. Elle écrit pour sa soeur, et j'y sens (mais je me trompe sûrement) une volonté de ne pas lui faire de reproche, et de ne pas se plaindre, donc lorsqu'elle est obligée de dire quelque chose de désagréable qui lui est arrivé, sainte Thérèse va recourir à un langage bucolique, très doux, gracieux, suave...et qui couvre de gaze et de coton les difficultés et souffrances qu'elle décrit. Enfin c'est ma modeste interprétation de littéraire.

Les magnifiques extraits que vous citez ne doivent pas occulter la dureté de la vie de sainte Thérèse: elle n'a presque pas revu son père qui est mort, certains diront fou de douleur, après avoir perdu toutes ses filles. Elle est orpheline de mère, et elle va vivre dans un carmel une forme d'agonie spirituelle, entre ses souffrances personnelles, et les souffrances que la vie fraternelle occasionne (tout ce qu'elle écrit avoir supporté...).

Bien sûr, on pouvait vivre âgé, mais on pouvait aussi se consumer et mourir dans l'ombre, sans soins suffisamment vite donnés, et mourir toute jeune religieuse.

Le style mystique qui enveloppe ses lignes ne doivent pas faire perdre de vue la réalité, la dureté de la vie de carmélite qu'elle a supporté avec l'abnégation que l'on sait. Après pour la grande Thérèse, c'est vrai que le carmel, c'est un substitut au martyr...Donc bon.


Excusez-moi, mais je n'aime pas beaucoup le carmel français du XIXème, voilà tout...
images/icones/neutre.gif  ( 892789 )ceci dit... par Eudoxie (2020-04-16 19:49:42) 
[en réponse à 892787]

je m'aperçois que vous vous y connaissez très précisément, aussi je préfère m'incliner devant votre science, même si je n'apprécie pas vraiment le carmel du XIXème.
images/icones/4a.gif  ( 892791 )Pfff par Yves Daoudal (2020-04-16 19:53:21) 
[en réponse à 892787]

S'il était mort de douleur parce que ses filles sont religieuses il ne serait certainement pas canonisé. Vous inventez des trucs invraisemblables.
images/icones/interdit.gif  ( 892763 )Vous faites fausse route. par Fenestri (2020-04-16 14:52:08) 
[en réponse à 892687]

Ou plutôt, vous allez à contresens et vous vous méprenez totalement sur la vie de carmélites, au point que vous appliquez une grille de lecture qui est une sorte de matérialisme moderne...

La vie du Carmel - celui de sainte Thérèse autrefois et celle d'aujourd'hui, en particulier celle des carmels si ce n'est traditionnel tout du moins attachés à une vie stricte - est une vie très dure, mais très simple, pour la bonne raison que les carmélites sont attachés à vivre la vie de la Sainte Famille : prière, travail et sobriété.

D'autre part, ça va mieux en le disant : les carmélites sont libres de choisir leur vie et c'est librement que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus a choisi le Carmel en répondant à l'appel du Seigneur, librement qu'elle est restée au Carmel en ayant froid, librement qu'elle a fait face à une nuit de la foi et librement qu'elle est morte, une croix dans les mains et la Vierge en face d'elle, afin de "naître au Ciel" d'où elle fait des merveilles auprès de Celui qu'elle a chanté dans ses poèmes avec un culot inédit...

Votre grille de lecture vous pousse notamment à dire ce qui relève, à mon sens, de "l'hérésie" :


Donc en gros, sainte Thérèse était dans un carmel qui en fait, à mon humble avis, n'avait pas grand chose de l'esprit thérésien (celui de la grande Thérèse en effet)



On ne peut pas plus se tromper... La spiritualité du Carmel est une traînée de feu dans le ciel de l'Église : le fait que sainte Thérèse de Lisieux s'inscrive dans la droite ligne d'Elie, de saint Jean de la Croix, de sainte Thérèse d'Avila et des autres montre bien que son enseignement est indissociable du lieu où elle a vécu et que par-là même, le carmel de Lisieux peut porter ce nom avec un honneur tout particulier.

Ensuite, ce n'est pas parce que les conditions sont très difficiles qu'il n'y a pas de charité... Savez-vous seulement l'attention dont a bénéficié la petite Thérèse de la part de ses soeurs lors de sa lutte contre la maladie et lors de son agonie ? Vous confondez sobriété et manque de charité.

Le "bagne" dont vous parlez, est l'une des plus grandes gloires de notre foi catholique. Ce bagne est un bagne de feu, celui d'Elie et de saint Jean de la Croix. C'est par lui que Dieu a donné au monde l'un des plus grands docteurs de l'Eglise et l'une des saints les plus rayonnants. Ne l'oubliez pas.

J'ai eu plusieurs fois la chance de rencontrer (derrière une ou deux couches de grille) des carmélites. Si elles ne vivent pas stricto sensu la vie de sainte Thérèse, leur vie n'est pas réjouissante pour le monde moderne. Eh bien sachez que ces carmélites furent parmi les femmes les plus rayonnantes et les plus heureuses qu'il m'ait été donné de rencontrer. Le rayonnement de se savoir aimées du Seigneur ; un rayonnement que l'on retrouve aussi bien dans les écrits de sainte Thérèse que dans ses photos.

Relisez Histoire d'une âme, relisez les Derniers entretiens, relisez les poèmes de sainte Thérèse ! Vous vous demanderez qu'elle mouche vous a bien piqué pour écrire ce que vous avez écrit
images/icones/neutre.gif  ( 892785 )n'éxagérons rien. par Eudoxie (2020-04-16 19:18:18) 
[en réponse à 892763]

Merci pour votre rhétorique mystico-spirituelle. Je ne sais pas si c'est vraiment nécessaire pour parler de la vie concrète d'une personne.

Je connais assez bien le carmel, du moins aussi bien qu'une laïque peut connaître un ordre monastique, je ne suis pas en train de dire que le carmel, c'est nul, c'est terrifiant, etc. Donc pas de "matérialisme moderne" de ma part, ni d' "hérésie" ! Je sais très bien que Sainte Thérèse était libre, mais il n'empêche que je trouve ses conditions de vie assez inhumaines.

Juste, vous parlez du "culot inédit" de Saint Thérèse...Je ne suis pas sûre que la terminologie soit très adaptée...


Vous savez, je trouve assez hypocrite de s'occuper de quelqu'un seulement quand cette personne est à l'article de la mort. En fait la pauvre Thérèse a caché son agonie, personne n'a voulu voir qu'elle se consumait de tuberculose, c'est ça que je trouve insupportable. En tout cas de nos jours, ce serait insupportable, les parents pourraient attaquer la supérieure pour non-assistance à personne en danger, ou quelque chose de ce genre. Il ne faut pas juger le passé avec le regard du présent, n'empêche que j'ai beaucoup de mal à concevoir qu'une jeune religieuse puisse se consumer sans que sa prieure fasse attention à sa santé. Cela me dégoûte. Et je me demande ce qu'en aurait pensé la grande Thérèse.


Ne vous inquiétez pas, j'ai lu et relu l'Histoire d'une Âme, et ses poèmes, surtout "Vivre d'Amour" dont je connais de nombreuses strophes par coeur à force de les chanter sur tous les tons avec je ne sais combien de mélodies différentes.

Et j'ai une amie au carmel, j'ai eu la chance de connaître deux prieures carmélites remarquables, je sais qu'elles sont admirables, et que leur vie est respectable.


En fait je désavoue le carmel français du XIXème. C'est tout. Mais sinon, je suis une grande fan des poèmes de Saint Jean de la Croix, de Sainte Thérèse d'Avila, et j'admire énormément l'héroïsme de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.
images/icones/4b.gif  ( 892792 )Vous ne vous rendez pas compte, par Yves Daoudal (2020-04-16 20:04:29) 
[en réponse à 892785]

j'espère, de cette immonde calomnie que vous proférez : Pauline tellement hypocrite qu'elle attend que sa soeur soit à l'article de la mort pour s'occuper d'elle.

J'abandonne.
images/icones/neutre.gif  ( 892797 )[réponse] par Eudoxie (2020-04-16 20:50:59) 
[en réponse à 892792]




Expliquez-moi alors pourquoi elle vit cette souffrance sans que personne ne s'en aperçoive!

Je ne veux pas calomnier Pauline, je ne comprends pas cette situation, voilà tout. Comment une jeune religieuse de vingt-quatre ans peut elle autant souffrir, intérieurement et physiquement, sans que personne ne s'occupe d'elle à temps?


C'est juste une question. Je suis très jeune, et je ne comprends pas tout. Le martyr de sainte Thérèse me révolte un peu, humainement, même si spirituellement, tout prend sens.
images/icones/nul.gif  ( 892794 )Ne vous plaignez pas que l'on soit agressif avec vous par Fenestri (2020-04-16 20:23:05) 
[en réponse à 892785]

Si vous-même vous adoptez un ton ricanant (la "rhétorique mystico-spirituelle") alors même que mon message n'avait rien d'agressif. Mais peut-être fais-je fausse route et êtes-vous sincère...

Ensuite oui, le culot. L'audace, l'aplomb, si vous préférez. (Re)lisez la littérature religieuse de l'époque, puis écoutez Thérèse dire "si j'avais commis tous les crimes possibles, j'aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau jetée dans un brasier ardent". Il faut avoir un sacré culot (littéralement) pour se permettre de dire ça. Ou encore :

"C'est ton amour, Jésus, que je réclame
C'est ton amour qui doit me transformer
Mets en mon coeur ta consumante flamme
Et je pourrai te bénir et t'aimer
Oui je pourrai t'aimer comme l'on aime
Et te bénir comme on le fait au Ciel
Je t'aimerai de cet amour lui-même
Dont tu m'aimas, Jésus Verbe Eternel.

Divin Sauveur, à la fin de ma vie
Viens me chercher, sans l'ombre d'un retard
Ah ! montre-moi ta tendresse infinie
Et la douceur de ton divin regard
Avec amour, oh ! que ta voix m'appelle
En me disant : Viens, tout est pardonné
Repose-toi, mon épouse fidèle
Viens sur mon coeur, tu m'as beaucoup aimé."

Enfin, je ne sais pas vraiment s'il y a grand-chose à dire sur l'accusation d'hypocrisie des soeurs carmélites de sainte Thérèse. Pourtant, vous le dites-vous même :

"Il ne faut pas juger le passé avec le regard du présent".

Alors ne jugez pas la vie de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et des carmélites de Lisieux avec votre regard du présent, surtout si c'est pour les traîner dans la boue. Thérèse aimait ses soeurs.

Qui êtes-vous pour les juger ainsi ?
images/icones/neutre.gif  ( 892800 )[réponse] par Eudoxie (2020-04-16 20:57:22) 
[en réponse à 892794]



C'est vrai que c'était un peu agressif, je vous demande pardon. C'était juste pour vous dire que ce que vous écrivez est très beau, mais je crains que ce ne soit pas très réaliste.


Non, et puis du "culot", même si je vois l'idée, je n'apprécie pas comme terme. Désolée, pour une jeune femme de vingt-quatre ans, et religieuse, sainte qui plus est, je n'aime pas trop.


Je ne traîne personne dans la boue, mais c'est vrai que j'en veut aux religieuses qui ont autant fait souffrir sainte Thérèse. C'est peut-être irrationnel, mais c'est ainsi, je ne supporte pas l'idée que de vieilles religieuses aient eu le coeur aussi dur. C'est un mystère pour moi: comment peut-on être épouse du Christ, et se comporter avec aussi peu de charité fraternelle? Mais la nature humaine est ainsi, et saint Thomas nous a bien dit que "la grâce ne supprime pas la nature"...
images/icones/neutre.gif  ( 892811 )Merci. par Fenestri (2020-04-16 23:21:26) 
[en réponse à 892800]

Merci pour votre réponse. La situation m'attriste d'autant plus qu'il n'y a aucune raison de s'agresser, surtout lorsque l'on parle d'une sainte comme la petite Thérèse.

Je persiste à penser que vous vous tromper sur la fameuse charité fraternelle des soeurs de Thérèse. La vie au carmel est mystérieuse et je pense que nul ne peut comprendre si ce n'est une carmélite elle-même.

Sainte Thérèse aimait ses soeurs. C'est, à mon avis, ce dont il faut se rappeler et, à vrai dire, la seule chose dont il faille se soucier lorsque l'on évoque les carmélites du carmel de Lisieux à l'époque de Thérèse.
images/icones/neutre.gif  ( 892818 )[réponse] par Eudoxie (2020-04-17 10:02:55) 
[en réponse à 892811]

Permettez-moi de m'opposer à cet avis que vous avez : il faudrait être carmélite pour comprendre leur vie. Oui dans un certain sens, mais la prieure et les Sœurs en général doivent obéir à des règles de prudence qui sont communes à tous. Je ne prétends pas incriminer totalement les Sœurs de Sainte Thérèse de Lisieux, parce que c'est une époque, on ne se dorlotait pas, et on m'a bien prévenue que pour être carmélite, il fallait avoir de l'orgueil, celui qui consiste à laisser croire que tout va bien à tout le monde. Donc la sainte a peut-être bien réussi à cacher sa maladie, il semble en effet qu'elle ait tout fait pour ne jamais se plaindre, et ne jamais laisser voir son mal. Mais enfin, j'ai du mal à imaginer que l'on puisse ne pas remarquer dans la vie commune, qu'une personne que l'on voit tous les jours est atteinte d'une maladie mortelle.

Qu'elle ait aimé ses sœurs, certainement, c'est là tout l'héroïsme de sainte Thérèse, mais je ne vois pas en quoi cela diminuerait le problème.
images/icones/neutre.gif  ( 892895 )Détrompez-vous, Eudoxie... par Sursum corda (2020-04-18 02:22:04) 
[en réponse à 892818]

Vous écrivez :

Mais enfin, j'ai du mal à imaginer que l'on puisse ne pas remarquer dans la vie commune, qu'une personne que l'on voit tous les jours est atteinte d'une maladie mortelle.


C'est pourtant ainsi la plupart du temps pour ce genre de maladie "lente".
J'en ai fait la triste expérience pour un de mes proches, que je n'avais pas revu depuis trois mois : j'avais quitté une personne en (apparente) bonne santé, et j'ai retrouvé un vieillard... Et son entourage avait juste remarqué son amaigrissement, à cause de ses vêtements, mais sans s'en inquiéter outre mesure ! En effet, si le malade ne se plaint jamais, les signes de la maladie n'apparaissant que progressivement ne sont pas perceptibles par son entourage -et c'est logique.
Ceci explique donc parfaitement cela.

SC
images/icones/neutre.gif  ( 892906 )Certes par Eudoxie (2020-04-18 12:32:39) 
[en réponse à 892895]


Chère Madame, je n'avais pas écarté la possibilité dans plusieurs posts que sainte Thérèse ait tout simplement bien réussi à cacher sa maladie. Je vous remercie néanmoins de m'éclairer par votre expérience, car c'est le genre de chose qui me fait défaut.

J'espère que dans les couvents, de telles situations sont plus que rares aujourd'hui.
images/icones/carmel.gif  ( 892781 )Le carmel français au XIXe siècle par Pétrarque (2020-04-16 18:37:21) 
[en réponse à 892687]

était encore assez marqué par des traits presque... jansénistes.

La petite voie d'Amour de sainte Thérèse de Lisieux a éclaté là au milieu comme un soleil dans un ciel de suie.

Les carmels français de l'époque ne pouvaient pas, par exemple, avoir pour aumôniers des prêtres carmes, mais étaient directement placés sous le contrôle des évêques diocésains, qui délèguaient des prêtres étrangers à l'ordre pour suivre les religieuses.

Pour le meilleur et pour le pire...

Les carmels étaient ainsi, en partie, coupés de la sève de leur ordre et de sa spiritualité.

Le cycle de conférences donné à Nantes sur la petite Thérèse par M. l'abbé Bonneterre dans les années 80 est très riche d'enseignements, en particulier sous cet aspect. J'invite vivement les liseurs à le rechercher et à l'écouter, car c'est un réel plaisir et une joie pour l'âme.

La figure de sainte Thérèse de Lisieux a longtemps été édulcorée, sulpicianisée à l'excès et, pour tout dire, encroûtée de dévotion sucrée, avant que des carmes de renom comme, entre autres, le père Joseph de Sainte-Marie et le père Marie-Eugène, ne contribuent à lui rendre sa fraîcheur authentique.
images/icones/neutre.gif  ( 892782 )[réponse] par Yves Daoudal (2020-04-16 18:40:39) 
[en réponse à 892781]

Pardonnez-moi, mais pour la "fraîcheur authentique" on n'a besoin de personne que de sainte Thérèse elle-même. Et cela grâce à sa soeur-prieure... qui n'était pas plus janséniste qu'elle...
images/icones/1a.gif  ( 892783 )Honnêtement, cher M. Daoudal... par Pétrarque (2020-04-16 18:45:56) 
[en réponse à 892782]

...vous trouvez que les portraits de Thérèse peints par Céline traduisent cette fraîcheur ?

Il a fallu attendre la fin des années 1950 pour que les rééditions des écrits de Thérèse ne soient plus amputés par de pieuses coupures.

Mais je vous rejoins. Aujourd'hui, le plus court et le meilleur chemin vers Thérèse, c'est Thérèse elle-même.
images/icones/neutre.gif  ( 892784 )[réponse] par Yves Daoudal (2020-04-16 19:13:03) 
[en réponse à 892783]

Oui, heureusement que nous avons les textes authentiques. Toutefois les "pieuses coupures" n'empêchaient pas d'apprécier l'apport de sainte Thérèse.

Il n'y eut pas que des coupures. Au début d'un article pour Una Voce, j'avais évoqué la transformation par Pauline de l'apparition de la "Vierge au sourire":


« Mon plaisir était de travailler pour Pauline, je lui faisais des petits ouvrages en papier bristol et ma plus grande occupation était de faire des couronnes de pâquerettes et de myosotis pour la Sainte Vierge, nous étions au beau mois de mai, toute la nature se parait de fleurs et respirait la gaieté, seule la “petite fleur” languissait et paraissait à jamais flétrie… »

C’est ainsi que Thérèse Martin, devenue sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, parle du mois de mai 1883. Elle était alors gravement malade, d’une étrange maladie nerveuse qui a commencé le soir de Pâques, le 25 mars, et dont elle guérira subitement le 13 mai, dimanche de la Pentecôte.

Pauline est sa grande sœur, et elle a rempli le rôle de la mère après la mort prématurée de Zélie. Elle vient d’entrer au Carmel, et pour Thérèse c’est un énorme choc psychologique et affectif. L’entrée de Pauline au Carmel a sans aucun doute déclenché la maladie de Thérèse, qui demeure mystérieuse, mais qui se manifestait par de véritables crises de démence.

Le 13 mai, alors que Thérèse, en prière devant la statue de la Sainte Vierge qui était sur la commode de sa chambre, lui demandait de venir à son aide… « Tout à coup la Sainte Vierge me parut belle, si belle que jamais je n’avais rien vu de si beau, son visage respirait une bonté et une tendresse ineffable, mais ce qui me pénétra jusqu’au fond de l’âme ce fut le ravissant sourire de la Sainte Vierge. Alors toutes mes peines s’évanouirent, deux grosses larmes jaillirent de mes paupières et coulèrent silencieusement sur mes joues, mais c’était des larmes d’une joie sans mélange… »

Et Thérèse était guérie.

Il convient de préciser que son père avait demandé des messes à Notre-Dame des Victoires, à Paris, pour la guérison de sa fille, et que Thérèse attribuera toujours sa guérison à Notre Dame des Victoires, particulièrement après être passée dans cette église lors du voyage à Rome, et y avoir reçu de grandes grâces.

On remarque que lorsque Thérèse fera la liste des grandes grâces qu’elle a reçues, elle ne se souviendra pas du jour exact du « sourire de la Vierge ». Lors du procès de béatification, Pauline (mère Agnès de Jésus) dira que c’était le 10 mai. Comme Thérèse elle-même dit que c’était un dimanche, il ne peut s’agir que du 13 mai. Impossible de ne pas faire le rapprochement avec un autre 13 mai, à Fatima, trente-quatre ans plus tard.

Cet épisode est intéressant également en ce qu’il révèle de la genèse des hagiographies. Dans le récit que fait Thérèse (Manuscrit A), à la demande de Pauline qui est alors la prieure du Carmel, on comprend que la statue de la Sainte Vierge s’est en quelque sorte transfigurée, que le visage si banal de la statue de plâtre est devenu d’une extraordinaire beauté, et qu’il a souri d’un sourire qui était un rayon de grâce céleste (et de guérison temporelle). Mais quand Pauline récrira le récit dans ce qui deviendra Histoire d’une âme, elle enjolive. « Tout à coup la statue s’anima », lit-on, alors que Thérèse n’a jamais rien dit de la sorte. Et peu après : « La sainte Vierge s'est avancée vers moi ! elle m'a souri. » C’est ce texte, publié à partir de 1898, qui sera lu dans le monde entier. Pourtant, son autre sœur Marie, qui veillait Thérèse et avait assisté à la scène, n’ajoutera pas le mouvement de la Sainte Vierge quand elle témoignera au procès : « Je vis Thérèse fixer la statue de la Sainte Vierge; son regard était irradié, comme en extase. Je compris qu’elle voyait, non la statue, mais la Sainte Vierge elle-même. Cette vision me parut durer quatre ou cinq minutes, puis deux grosses larmes tombèrent de ses yeux, et son regard doux et limpide se fixa sur moi avec tendresse. Je ne m’étais pas trompée, Thérèse était guérie. » C’est ensuite que le témoignage de Marie diverge de celui de Thérèse (qu’elle a pourtant certainement lu) : Thérèse écrit qu’elle a pleuré de joie ; Marie dit : « Quand je fus seule avec elle, je lui demandai pourquoi elle avait pleuré. Elle hésita à me confier son secret, mais, s’apercevant que je l’avais deviné, elle me dit: “C’est parce que je ne la voyais plus.” » Mais les deux sentiments pouvaient être mêlés.

Non seulement ce fut un événement capital dans la vie de Thérèse, mais la statue (« qui avait parlé deux fois à Maman », signale aussi Thérèse, sans autre précision) allait la suivre jusqu’à sa mort.

Cette statue était une copie en plâtre d’une statue en argent qui était elle-même une copie d’une plus grande statue en argent commandée en 1734 par le curé de Saint-Sulpice à Edme Bouchardon (et qui sera fondue à la Révolution). Les deux statues les plus connues de Bouchardon sont « L’Amour se taillant un arc dans la massue d’Hercule », représentant un Cupidon adolescent ailé et androgyne, et un « Faune endormi », alangui et les jambes écartées, ne cachant rien de son anatomie… Par miracle sans doute, la Sainte Vierge que fera Bouchardon est non seulement habillée mais dans une pose correcte. Elle est banale, mais d’une admirable sobriété pour du « saint-sulpice » (d’avant la grande ère sulpicienne il est vrai).

La statue suivra en effet Thérèse au Carmel. Elle sera installée dans l’antichambre de sa cellule, là où notamment elle recevra les novices pour les écouter et les conseiller. Lorsque Thérèse commencera à écrire ses souvenirs, elle dira (à la première page du Manuscrit A) qu’avant de prendre la plume elle s’est agenouillée devant la statue de Marie.

Puis, lorsqu’il faudra descendre Thérèse à l’infirmerie, où elle va passer les derniers mois de sa vie, la statue l’y suivra aussi. Thérèse priera devant la « Vierge du sourire » jusqu’à son dernier souffle. Elle est aujourd’hui au-dessus de son tombeau.
images/icones/fleur.gif  ( 892801 )Merci beaucoup par Pétrarque (2020-04-16 21:01:44) 
[en réponse à 892784]

...pour ces précisions très intéressantes.

Vous semblez très proche de Thérèse.
images/icones/bravo.gif  ( 892824 )[réponse] par Yves Daoudal (2020-04-17 11:14:15) 
[en réponse à 892801]

Oui, j’aime beaucoup sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, alors que je suis allergique à la spiritualité carmélitaine, et particulièrement à sainte Thérèse d’Avila - surtout à cause de son mépris de la liturgie et du latin, dont elle a fait un principe dans ses couvents.

La « nouveauté » extraordinaire de sainte Thérèse au XIXe siècle, par sa spontanéité, sa radicalité aussi vertigineuse que toute simple, renvoie directement aux pères du désert, et il est étrange de voir à quel point elle fait penser à saint Dosithée, lui aussi tout simple et tout direct, mort de tuberculose cinq ans après être entré au monastère de saint Dorothée à Gaza.

Curieusement sa tante Marie-Louise Guérin avait pris le nom de sœur Marie-Dosithée à la Visitation du Mans. Je ne sais pas pourquoi. J’ai seulement vu sur internet qu’il venait d’y avoir successivement deux sœurs Marie-Dosithée à la Visitation de Caen. Et je ne sais pas pourquoi non plus.

L’autre aspect qui me touche est sa façon de vivre le Cantique des cantiques (sous l’influence de saint Jean de la Croix).
images/icones/neutre.gif  ( 892928 )N'empêche... par Eudoxie (2020-04-18 20:27:03) 
[en réponse à 892824]

Quel dommage que vous n'appréciez pas Sainte Thérèse d'Avila! Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain ! Sa doctrine spirituelle et mystique est suffisamment remarquable, et son chemin de sainteté suffisamment excellent pour qu'on lui pardonne son aversion pour la musique, la littérature et l'érudition. Enfin c'est mon humble avis. Et puis sa personne elle-même n'est-elle pas admirable? Ses lettres sont d'une merveilleuse finesse...
Enfin elle permit un renouveau spirituel durable et profond, participant à la Réforme de la réforme, après le Concile de Trente... lorsqu'on est hispanophone, on ne peut pas rester insensible à ce génie féminin de la langue espagnole.

Ceci dit je préfère Saint Jean de la Croix, avec la Noche oscura, la Llama de amor viva, qui contient si je me souviens bien ce sublime vers:

"Rompe la tela de este dulce encuentro"...
images/icones/barbu2.gif  ( 892966 )Mais je n'en ai rien à faire par Yves Daoudal (2020-04-19 12:12:01) 
[en réponse à 892928]

(pour rester poli) de l'aversion (ou non) de la sainte d'Avila "pour la musique, la littérature et l'érudition". Ce n'est pas du tout le sujet.

Ce que je lui reproche, puisque je dois me répéter, c'est son mépris pour la liturgie.

La liturgie de l'Eglise, la divine liturgie, le saint sacrifice de la messe, l'office divin, ce n'est ni de la musique (même si la musique sacrée lui donne une plus belle dimension), ni de la littérature (même si c'est de la poésie sacrée), encore moins de l'érudition (des millions et des millions d'analphabètes ont communié à la liturgie).

Mais je reproche encore plus au pape de l'époque et à la curie romaine d'avoir accepté une règle qui faisait fi à ce point de la liturgie.

J'en ai dit davantage ici.
images/icones/neutre.gif  ( 892989 )Passionnant par Eudoxie (2020-04-19 18:59:03) 
[en réponse à 892966]

Merci beaucoup pour ce point très intéressant, j'ai beaucoup appris.

Je m'étais confusément rendu compte que quelque chose n'allait pas au niveau des offices, lorsque je les ai suivi moi-même.

Ce que je supportais le moins était l'aversion de sainte Thérèse pour la musique, ce qui fait que le chant des psaumes est mutilé, au carmel, un psaume est psalmodié sur une ou deux notes, toute l'année si je me souviens bien...peut-être trois pour les fêtes...et historiquement, la raison serait que sainte Thérèse chantait faux, et donc elle a imposé à tous ses couvents cette psalmodie que je trouve inaudible, ou insupportable sur le long terme (j'aime un peu trop le grégorien: pourquoi se passer des richesses de l'Eglise?).

Quant à mon allusion à l'érudition, je pensais à cette anecdote de cette jeune postulante qui demandait si elle pouvait entrer au carmel avec sa bible, ce que lui avait interdit sainte Thérèse comme vous le savez mieux que moi: "Restez chez vous avec votre bible, ma fille."

Je ne défendrai Sainte Thérèse qu'en disant que sa réforme ne peut être parfaite. Et elle demande à être sagement complétée, de toute évidence. On ne peut pas être sur tous les fronts à la fois: veiller à la régularité monastique, se battre avec ses supérieurs pour avoir le droit de fonder, se battre avec les sœurs de l'Incarnation pour que son autorité de prieure soit respectée, se battre pour que la clôture soit tenue, parvenir à maintenir une vie mystique très intense, et en même temps avoir un sens aiguë de la liturgie. Je pense que c'était trop. Certains fondateurs craquent pour ce qui est du vœu de chasteté, d'autres abuseront spirituellement les gens, sainte Thérèse a méprisé la liturgie. Je caricature énormément, mais je veux dire que ce genre d'abus est facilement corrigible, on peut réguler tout cela.


Comme vous je trouve déplorable et nuisible que les soeurs ne sachent même pas ce qu'elles récitent (le vernaculaire facilite certaines choses de nos jours...), et qu'elles lisent à peine, et n'aient même pas une connaissance minimale des Pères du désert. Je pense que c'était de l'humilité mal placée. Après, à l'époque l'instruction des filles était un certain tabou, elle était rare et très appréciée cependant, mais l'éducation de la moniale...de la religieuse!

Je me souviens avoir fait une retraite dans un carmel dit "traditionnel". A l'heure de Sexte ou de None, je ne sais plus, une soeur que j'aidais au magasin me dit que nous allions réciter sept Notre Père, ou quelque chose comme ça, à la place de l'office. Elle me demanda de commencer. Sans réfléchir, ou plutôt par goût, je commençais, avec concentration, les yeux fermés: "Pater noster, qui es in caelis, sanctificetur nomen tuum..." la soeur, qui était âgée, me coupa, et m'excusa d'une voix gênée: "je ne saurais pas continuer..."

Bref, maintenant, c'est pire encore qu'au temps de sainte Thérèse.


N'y a-t-il pas quelque chose de paradoxal et de fou, à considérer que la jeunesse soit plus instruite que la vieillesse? Voilà ce qui me donne peut-être mon impertinence: la vieillesse m'a beaucoup déçue, et souvent. Je me moque éperdument de ceux qui se prétendent sages, ou dont on pourrait le penser, car souvent, j'ai été bien attrapée, et mal récompensée de mon respect.




images/icones/neutre.gif  ( 892990 )par ailleurs par Eudoxie (2020-04-19 19:11:44) 
[en réponse à 892989]


L'instruction de la moniale et de la religieuse est de moins en moins taboue, mais de plus en plus irréalisable (manque de professeurs, obligation pour les moniales, les novices d'aujourd'hui de se rendre dans des monastères de moines (!) et parfois de religieuses, ou des universités pour recevoir cette formation intellectuelle indispensable).


Le plus tabou à ce sujet, c'est la formation diplômante des religieuses. Même les moines font des thèses parfois! il y a une injustice difficilement justifiable. Des religieuses diplômées, cela permettrait aux femmes de se former entre elles, et de ne pas recourir tout le temps à des moines, des prêtres séculiers, ou à des laïcs.


J'espère qu'un jour on pourra faire des études diplômantes au couvent.


Les pionnières en ce domaine sont les obscurantistes de Fangeaux: les Soeurs ont mis en place un système génial qui leur permet de terminer leurs études, leur licence profane pendant leur noviciat! je n'ai jamais vu ça. Quand on sait à quel point elles sont en général bien formées humainement et spirituellement...Je suis éperdue d'admiration.

images/icones/1d.gif  ( 893008 )Parler latin ? Vous n’y pensez pas ! par Marquandier (2020-04-20 07:25:55) 
[en réponse à 892989]

La sœur qui était âgée était une digne fille de Sainte Thérèse, voir l’anecdote rapportée ici : https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=893007.
images/icones/neutre.gif  ( 893014 )Tout de même! par Eudoxie (2020-04-20 10:38:01) 
[en réponse à 893008]

Je pense qu'une carmélite aurait su le Pater, au moins phonétiquement. C'est ce qu'on apprend avant d'entrer au monastère dans sa famille à l'époque. Merci beaucoup pour cette intéressante anecdote! Pauvres religieuses qu'on oblige à la bêtise...
images/icones/neutre.gif  ( 892661 )Voici une belle pêche... par Yves Daoudal (2020-04-15 19:31:10) 
[en réponse à 892658]

Voici une belle pêche, rosée et si sucrée que tous les confiseurs ne sauraient imaginer une si douce saveur. Dis-moi, ma Céline, est-ce pour la pêche que le bon Dieu a créé cette jolie couleur rose si veloutée et si agréable à voir et à toucher ? Est-ce pour elle encore qu'Il a dépensé tant de sucre ?... mais non, c'est pour nous et non pas pour elle.
images/icones/neutre.gif  ( 892662 )[réponse] par Eudoxie (2020-04-15 19:37:55) 
[en réponse à 892661]

Source, contexte, s'il vous plaît? C'est un rêve, une extrapolation de sa part, ou une réalité?

Après je ne vais pas exclure bêtement qu'elle n'ait jamais connu aucun plaisir au moment de passer à table, n'exagérons rien.
images/icones/neutre.gif  ( 893029 )voici un peu plus sur ce documentaire par Paxtecum (2020-04-20 12:47:52) 
[en réponse à 892646]

trouvé ce jour sur le site Aleteia.


Une équipe de tournage touchée par le message de Thérèse

Des moments privilégiés qui n’ont pas manqué de bousculer voire bouleverser l’équipe de tournage. « On les a senti par moment très émus en découvrant l’histoire de Thérèse et de sa famille. Comme ils sont venus peu de jours pour le tournage, ils ont été tout de suite plongés au cœur du sujet, à l’essentiel. Thérèse transforme les cœur, c’est unanime », confirme Emmanuel Houis.

Parmi les membres de l’équipe, Sophie, qui s’est concentré sur le tournage de deux grosses séquences — l’enfance de Thérèse à Alençon et son rayonnement post-mortem — témoigne auprès d’Aleteia des bouleversements provoqués par la petite carmélite. « Quand on m’a proposé de participer à la production de ce documentaire, j’ai un peu hésité car je ne suis pas du tout catholique. Thérèse m’était totalement inconnue », confie-t-elle avec sincérité. Au fil du tournage et des rencontres, Sophie commence à se familiariser avec Thérèse et va même jusqu’à lire l’Histoire d’une âme. « Au début, j’ai eu du mal à rentrer dans le sujet. Mais j’ai rencontré des personnes d’une telle gentillesse et d’une telle délicatesse, qui savaient si bien raconter l’histoire de Thérèse, sa vie, son message, que j’ai été convaincue par la pertinence du sujet. J’ai compris que cette petite carmélite pouvait toucher le cœur de tout le monde par sa simplicité, au-delà de la sphère catholique. La famille Martin vivait sa foi comme on pourrait la vivre aujourd’hui. Les parents étaient attentifs à l’éducation de leurs enfants mais vivaient de nombreux moments de joie et d’amour et étaient constamment tournés vers les autres. Un modèle pour les familles d’aujourd’hui », confie-t-elle.



la suite Aleteia
images/icones/barbu2.gif  ( 893035 )Laïcisation radicale par Yves Daoudal (2020-04-20 14:32:35) 
[en réponse à 893029]

d'une spiritualité radicale. On ne peut en attendre moins de la télévision "nationale". Avec l'approbation béate d'Aleteia, naturellement...

Thérèse nous apprend donc à nous tourner vers les autres, à être aimant, humble et droit, qu'on croie en Dieu ou non (peu importe).

Trop bien...
images/icones/neutre.gif  ( 893037 )ça c'est juste l'avis par Eudoxie (2020-04-20 14:41:36) 
[en réponse à 893035]

de Natasha Saint-Pier. Elle n'a pas compris grand chose au message de sainte Thérèse visiblement.


Mais c'est de la démagogie pour que les gens aillent voir ce film qui sera à mon avis plutôt réussi. Stéphane Bern m'a l'air profond comme personnage, j'ai une certaine confiance en son travail. Il se bat pour que Notre-Dame soit restaurée comme il convient...

On a déjà eu une comédie musicale sur Lourdes qui a eu du succès, avec des textes de chansons que j'ai trouvés minables personnellement...ce documentaire ne peut pas être pire, surtout si c'est Stéphane Berne qui s'en occupe!
images/icones/neutre.gif  ( 893045 )"Se tourner vers les autres", par Yves Daoudal (2020-04-20 15:12:03) 
[en réponse à 893037]

ce n'est pas de Natasha St-Pier, mais de "Sophie", qui n'est "pas du tout catholique". Forcément.

Quant à Stéphane Bern qui vous a l'air "profond", je ne peux pas approfondir...
images/icones/neutre.gif  ( 893056 )Oui enfin... par Eudoxie (2020-04-20 18:13:45) 
[en réponse à 893045]

Tant mieux si des incroyants peuvent faire la connaissance de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, ce n'est pas moi qui les en empêcherais.

Il faudrait avoir le témoignage de l'actrice, cela serait intéressant. Et puis il faudrait voir le résultat, surtout.

Je sais que Stéphane Bern n'a pas une vie recommandable, enfin paraît-il. Mais il me paraît soucieux du bien commun et spirituel de la nation. Il se bat plus que La Croix pour que Notre-Dame soit reconstruite à l'identique, parce que de son propre avis, c'est un lieu de culte. C'est scandaleux qu'un pécheur public défende le patrimoine sacré de la France avec plus de force que nos évêques!

On ne va pas pleurer parce qu'on parle de Sainte Thérèse au grand public, cher Monsieur, réjouissons-nous plutôt. De toute façon, ce n'est pas l'Eglise de France qui réussira à faire aussi bien. Cela fait tant d'années que nous assistons à une démission collective, qu'il ne faut pas s'étonner que le monde veuille en savoir davantage sur cette illustre figure de la dévotion française.