Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 892202 )Question Mt 26, 45 par Alex (2020-04-05 10:09:27) 

Voici ce que dit la note de Mt 26, 45


45 : Alors il revint à ses disciples, et leur dit : dormez maintenant, et reposez-vous : voici que l’heure approche, et le Fils de l’homme sera livré aux mains des pécheurs.



de la Bible selon la Vulgate


"Dormez maintenant, etc. Ces paroles se prennent généralement dans un sens ironique. Ce n’est pas une permission que le Sauveur donne à ses apôtres, mais un reproche qu’il leur fait de ce qu’ils se mettaient si peu en peine de l’approche du péril qu’il leur avait annoncé"



Je suis quelque peu perplexe.
Qu’est-ce qui permettrait de supposer qu’il s’agirait d’un sens ironique ?
La Bible de Jérusalem parle de "douce ironie"
Pourquoi ne serait-ce pas une permission, pourquoi serait-ce forcément un reproche ?

Que peut-on en dire ? Merci
images/icones/bible.gif  ( 892203 )C'est le contexte qui l'explique par Jean-Paul PARFU (2020-04-05 10:16:07) 
[en réponse à 892202]

Juste avant ce passage, Jésus reproche à ses apôtres de ne pouvoir veiller avec lui.

Constatant qu'il n'y a rien à faire, Jésus les laisse finalement dormir, un peu la mort dans l'âme. C'est le cas de le dire.
images/icones/neutre.gif  ( 892204 )je suis comme Alex par Paxtecum (2020-04-05 13:13:12) 
[en réponse à 892202]

En entendant ce matin l'évangile de la Passion lors de la messe célébrée par la Communauté Saint Martin je n'ai rien ressenti d'ironique.

Au contraire me venait à l'esprit que Jésus avait besoin humainement que les disciples veillent auprès de Lui les 2 premières fois et que la 3ème fois ayant acquiescé à Dieu Père le besoin avait disparu et qu'au contraire il fallait que les disciples se reposent car les jours suivants seraient pour eux éprouvant.

Moralité, faut-il apparemment en permanence disséquer les textes, ou faut-il laisser parler son cœur en l'instant ou le Verbe me (nous) parle.
images/icones/neutre.gif  ( 892206 )Et vous avez raison par Meneau (2020-04-05 13:30:24) 
[en réponse à 892204]

sur le premier point, moins sur le deuxième : lorsqu'on lit la Bible, on doit le faire avec l'interprétation autorisée de l'Eglise. Mais justement :


S. Hil. (can. 31.) Après ces prières multipliées, après ces démarches répétées, il bannit la crainte de l’âme de ses disciples, il leur rend la sécurité, et les invite à prendre du repos " Alors il revint trouver ses disciples, " etc. — S. Chrys. (hom. 83.) Au contraire, c’est alors qu’il fallait veiller ; mais il leur parle de la sorte pour leur faire comprendre qu’ils ne pourraient supporter la vue des maux qui allaient fondre sur lui, et que d’ailleurs, il n’avait pas besoin de leur secours, puisqu’il fallait nécessairement qu’il fût livré à ses ennemis. — S. Hil. Ou bien, il s’exprime ainsi, parce qu’il attendait désormais avec confiance l’effet de la volonté de son Père sur ses disciples, d’après la prière qu’il lui avait faite : " Que votre volonté soit faite, " assuré qu’il était qu’en buvant le premier le calice qui devait passer jusqu’à nous, il absorbait pour ainsi dire, en sa personne, les infirmités de notre corps, les sollicitudes de la crainte, et la douleur elle-même de la mort. — Orig. Ou bien, ce sommeil qu’il commande maintenant à ses disciples de prendre, n’est pas le même auquel ils ont succombé précédemment ; en effet, lorsque Jésus vint les trouver alors, ils dormaient, il est vrai, et avaient leurs yeux appesantis, mais ils ne se reposaient pas ; maintenant, au contraire, il leur commande, non plus simplement de dormir, mais de dormir d’un sommeil qui les repose, pour que l’ordre naturel des choses soit observé. C’est ainsi que nous devons d’abord veiller et prier pour ne point tomber dans la tentation, afin de pouvoir ensuite nous livrer au sommeil et au repos. Ainsi tout homme qui a trouvé une demeure au Seigneur, un tabernacle au Dieu de Jacob peut monter sur le lit de son repos, et accorder le sommeil à ses yeux. (Ps 131) Peut-être aussi l’âme qui ne peut toujours supporter la fatigue, accablée qu’elle est sous le poids du travail, obtiendra quelques moments de relâche que l’on compare au sommeil, et qu’elle pourra goûter sans crainte de reproche, afin de pouvoir se lever toute renouvelée après ces quelques instants de repos. — S. HIL. Lorsque Notre-Seigneur revient vers ses disciples, et qu’il les trouve endormis, la première fois, il leur en fait un reproche ; la seconde fois, il se tait ; la troisième fois, il leur ordonne de se reposer. Voici la raison de cette conduite : premièrement, après sa résurrection, il les trouva dispersés, pleins de défiance et de crainte ; secondement, lorsqu’il les visita en leur envoyant l’Esprit saint, leurs yeux étaient appesantis et ne pouvaient contempler la liberté de l’Évangile ; car l’amour de la loi, qui les retenait encore tant soit peu, les laissait comme plongés dans le sommeil par rapport à la foi ; troisièmement enfin, lorsqu’il reviendra dans l’éclat de sa majesté, il leur rendra la sécurité et le repos.


ORIG. Après les avoir tirés de leur sommeil, Jésus, voyant en esprit Judas qui s’approchait pour le trahir, sans que ses disciples pussent encore l’apercevoir, leur dit : " Voici l’heure qui approche, " etc. — S. Chrys. (hom. 83.) Ces paroles : " L’heure approche, " prouvent que tout se faisait par suite d’une disposition toute divine, et ces autres : " Le Fils de l’homme va être livré entre les mains des pécheurs, " que sa passion était l’œuvre de leur méchanceté, et qu’il n’était coupable d’aucun crime qui pût en être la cause. — Orig. Maintenant encore, Jésus est livré entre les mains des pécheurs, lorsque ceux qui paraissent croire en lui l’ont entre les mains, tout pécheurs qu’ils sont. De même, toutes les fois qu’un juste qui possède Jésus en soi, devient esclave du péché, Jésus est encore livré entre les mains des pécheurs.


S. Jér. Après avoir prié pour la troisième fois, et obtenu pour ses Apôtres que leur repentir pût expier leurs craintes, sans inquiétude de sa passion, il se dirige vers ses persécuteurs, et se présente de lui-même à la mort : " Levez-vous, allons, " c’est-à-dire, afin qu’ils ne vous trouvent pas en proie aux appréhensions et à la crainte, marchons de nous-mêmes à la mort, et qu’ils soient témoins de l’assurance et de la joie de celui qu’ils vont faire souffrir. " Voici qu’approche celui qui me doit livrer. " — Orna. Il ne dit pas : Il s’approche de moi ; car le traître disciple ne s’approchait pas de Jésus, lui qui s’en était éloigné par ses péchés. — S. Aug. (de l’accord des Evang., 3, 4.) Ce récit de saint Matthieu paraît contradictoire ; car comment a-t-il pu dire : " Dormez maintenant et reposez-vous, " et ajouter presque immédiatement : " Levez-vous, allons ? " Cette contradiction apparente a porté quelques interprètes à soutenir que ces paroles du Sauveur : " Dormez maintenant et reposez-vous, " sont un reproche qu’il leur fait, plutôt qu’une permission qu’il leur donne, explication qu’on pourrait très-bien admettre, si elle était nécessaire ; mais comme dans le récit de saint Marc après que Jésus a dit : " Dormez maintenant et reposez-vous, " il ajoute : " C’est assez, " et puis ensuite : " L’heure est venue, le Fils de l’homme va être livré, " nous devons comprendre qu’après avoir dit : " Dormez maintenant et reposez-vous, " le Seigneur a gardé quelque temps le silence, pour laisser s’accomplir ce qu’il avait promis, et qu’ensuite il ajoute : " Voici que l’heure approche. " D’après saint Marc, le Sauveur leur dit : " C’est assez, " c’est-à-dire vous vous êtes reposés suffisamment.

St Thomas, Catena aurea.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 892210 )Problème du ton donne aux propos de l'Evangilr par Regnum Galliae (2020-04-05 14:27:54) 
[en réponse à 892206]

Comment lire que "Quid est Veritas" de Pilate? Est-ce une interjection désabusée, sous-entendu "il n'y a pas de vérité" , ou bien une sincère interrogation philosophique ?
images/icones/ancre2.gif  ( 892234 )Stoïcisme par Paterculus (2020-04-05 20:30:35) 
[en réponse à 892210]

Le stoïcisme a été la doctrine populaire, bien plus que le néo-platonisme, jusqu'au milieu du IIème siècle, sinon plus, cela se ressent par exemple chez les premiers Pères de l'Eglise.

Et dans le stoïcisme, on ne pensait pas que l'homme puisse atteindre la vérité.
Donc, que cette phrase exprime la pensée profonde de Pilate qu'il n'y a pas de vérité ou son interrogation à ce sujet, peu importe, elle montre qu'il est incapable de saisir le sens exact de la parole de Jésus : "Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité". Même si cette parole, par la suite, a dû le faire beaucoup réfléchir.
En tout cas elle montre aussi la véracité des évangiles, ils sont bien de leur époque, et non du IVème siècle comme des ignorants l'affirment.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/barbu2.gif  ( 892214 )Saint Jean Chrysostome : par Yves Daoudal (2020-04-05 15:18:22) 
[en réponse à 892206]

"Et il est à remarquer qu’à la troisième fois il ne les réveille point, et qu’il ne les reprend plus, de peur de les troubler encore davantage : il se retire sans leur parler, et va prier encore, puis retournant à eux, il leur dit : " Dormez maintenant et reposez-vous". Quoiqu’ils eussent alors plus besoin de veiller que jamais, il leur commande néanmoins de dormir pour leur témoigner qu’ils n’avaient pas même la force d’envisager les maux, et qu’ils fuyaient aussitôt qu’ils en sentaient les approches. Il leur marque encore, en leur ordonnant de dormir alors, qu’il n’avait aucun besoin de leurs secours, pour se délivrer des Juifs, et que de toute nécessité il devait être livré."

Les pères de l’Eglise auraient été stupéfaits de voir que « l’interprétation autorisée de l’Eglise » serait… trois citations données par saint Thomas d’Aquin… Eux qui discutaient si librement des interprétations qu’on peut donner des textes sacrés. Et même et d’abord des traductions du texte. Quand on voit saint Jérôme mener de front le commentaire de quatre traductions différentes du psaume 44…
images/icones/4b.gif  ( 892215 )Avez-vous un texte du magistère par Yves Daoudal (2020-04-05 15:47:52) 
[en réponse à 892206]

certifiant que la Catena Aurea est "l'interprétation autorisée de l'Eglise" et qu'on se taise dans les rangs (y compris des autres pères de l'Eglise)?
images/icones/neutre.gif  ( 892218 )Jamais dit cela par Meneau (2020-04-05 18:00:39) 
[en réponse à 892215]

J'ai simplement dit qu'apparemment on pouvait interpréter ce passage comme cela. Vous avez un texte du Magistère qui dit le contraire ?

La bible de Glaire est aussi munie de l'imprimatur, rien n'empêche de s'en remettre à son commentaire.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleur.gif  ( 892216 )Une jolie broderie par Yves Daoudal (2020-04-05 16:24:07) 
[en réponse à 892206]

de la Passion selon saint Matthieu (26):

Ich will bei meinem Jesu wachen
So schlafen unsre Sünden ein.

Je veillerai près de mon Jésus
Afin que nos péchés s'endorment.
images/icones/iphone.jpg  ( 892205 )Observation par Arthur (2020-04-05 13:19:14) 
[en réponse à 892202]

Je ne pense pas que NSJC soit ironique lui qui est la Vérité.
Si vous observez bien la première fois qu’il va prier il part avec trois disciples, ceux-là représentent l’humanité. Il prie, cette prière est celle de l’humanité qui peut se racheter elle-même. Mais de retour ses disciples dorment. Il les réveille et les met en garde, puis retourne prier. Ce coup ci c’est la prière du petit groupe qui peut sauver l’ensemble. Mais là encore à son retour ils dorment. Alors la dernière prière est celle que seul NSJC peut sauver l’humanité. Et de retour il rassure ses disciples qu’Il s’occupe de tout.
Ce n’est pas de l’ironie c’est de la pédagogie, NSJC nous montre que seul Lui pouvait nous sauver.
images/icones/neutre.gif  ( 892209 )Un autre exemple d'ironie par Regnum Galliae (2020-04-05 14:24:56) 
[en réponse à 892205]

C'est avec les disciples d'Emmaüs lorsque Notre Seigneur leur demande ce qui s'était déroulé à Jérusalem, Lui qui était pourtant le mieux placé pour le savoir !
images/icones/bible.gif  ( 892220 )Une espèce d'ironie par Luc de Montalte (2020-04-05 19:01:15) 
[en réponse à 892202]

D'après le commentaire tiré des Pères de la bible de Sacy, cette interprétation d'une « espèce d’ironie » dans cette parole de Jésus-Christ se retrouve chez certains anciens :

Voir ici.