Au Canada, la province de l'Ontario ''a établi un protocole d'éthique à l'intention du personnel de la santé au cas où une pénurie de respirateurs obligerait des médecins à faire des choix difficiles et privilégier certains patients par rapport à d'autres.'' (
Source)
On peut craindre évidemment que certains groupes de personnes ne soient laissés pour compte dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. Qui sauver, qui sacrifier?
Les patients atteints de COVID-19 seront donc répertoriés en fonction de trois méthodes de triage selon la gravité de leur état lorsqu'il faudra prendre la décision malheureuse de leur accorder ou non un respirateur.
Niveau 1 (pénurie modérée): les patients qui affichent un taux de mortalité prévisible de plus de 80 % ne pourront plus recevoir un respirateur.
Niveau 2 (pénurie sévère): seront exclus les patients qui ont plus de 50 % de chance de mourir même avec un respirateur selon plusieurs facteurs de comorbidité.
Niveau 3 (pénurie critique): seuls 30 % des patients auront droit à un respirateur.
Un spécialiste affirme même qu'en cas de pénurie critique ''on ne va accorder la priorité qu'aux patients dont on est certain de leur guérison.''
N'y a-t-il pas un risque d'eugénisme dans les décisions qui seront prises? Je sais bien que nous ne sommes pas tous égaux devant les conséquences du coronavirus, mais à ce que je sache nous sommes tous égaux en dignité et en droit.
Même si ce n'est pas dit dans le guide d'éthique, on peut bien penser que les personnes handicapées tout comme les personnes âgées, de même que ceux qui ont une grave maladie, risquent d'être laissés pour compte au détriment des personnes plus jeunes et en assez bonne santé. On peut ainsi penser que le critère de l'état de santé du patient pourrait être considéré comme plus important que celui de la dignité intrinsèque à tout être humain.
Certes, la réalité ne donne pas toujours toutes les conditions pour sauver tout le monde. Mais dans de telles situations, quels sont les critères que nous devrions respecter pour être conforme tant à la loi naturelle qu'à l'enseignement moral de l'Église?
Je ne suis pas médecin, mais j'avoue être troublé par cette possibilité que des médecins aient à faire des choix déchirants (cela a déjà eu lieu en d'autres endroits, comme en Italie) et j'aimerais bien être éclairé à ce sujet.