Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=891707
images/icones/francis2.gif  ( 891707 )Trois décès chez les Capucins de Crest (Drôme) par Fenestri (2020-03-30 15:17:02) 

Trois des neuf frères du couvent des Capucins à Crest (Drôme), que fréquenta jadis celui qui allait devenir l'abbé Pierre, créateur du mouvement Emmaus, sont morts du coronavirus ces derniers jours, a-t-on appris de sources concordantes. «Frère Armand nous a quittés. Les Capucins de Crest sont cruellement éprouvés», a annoncé ce lundi le maire de la ville, Hervé Mariton, sur sa page Facebook.

Le défunt était âgé de 78 ans et avait une santé fragile, tout comme le père Pierre, 85 ans, décédé avant lui dans le week-end, a précisé le couvent. Tous deux avaient été hospitalisés dans un état grave après un premier décès le 25 mars, celui de frère Emmanuel, selon le quotidien régional Le Dauphiné Libéré. Ce dernier avait 94 ans. Le couvent des Capucins a reçu pour mission particulière l'accompagnement et l'accueil des frères anciens.

«Ils sont très courageux, font très attention, mais ce sont des personnes âgées, à la santé déjà fragile», souligne le père Guillaume Teissier, vicaire général du diocèse de Valence, joint au téléphone. Ce lieu a été fréquenté par le futur abbé Pierre de 1932 à 1938, quand il étudiait la théologie après son noviciat.

Le Figaro

Terrible nouvelle. Trois frères sur neuf emportés, en cinq jours !
images/icones/croix.gif  ( 891743 )mort du Professeur Francis Rapp par JVJ (2020-03-30 23:13:35) 
[en réponse à 891707]

Grand chrétien, qui donnait des cours dans certains monastères ou dans certaines congrégations par ailleurs.

membre de l'Institut

Extrait de la lettre de la shmesp, sous la plume de Georges Bischoff :

Francis Rapp (27 juin 1926 – 29 mars 2020)

Professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Strasbourg jusqu’en 1991, membre de l’Académie des inscriptions et Belles-Lettres depuis 1994, Francis Rapp s’est éteint à Angers le 29 mars, dans sa quatre-vingt-quatorzième année, victime de l’épidémie de coronavirus. Il avait été très affecté par la perte de son épouse, Marie Rose, décédée en 2018. Le couple avait trois fils et des petits-enfants.
Reçu premier au CAPES d’histoire-géographie et à l’agrégation d’histoire en 1952, pensionnaire à la fondation Thiers jusqu’en 1956, il avait alors obtenu un poste d’assistant en histoire moderne et contemporaine à Strasbourg puis de chargé d’enseignement en histoire médiévale à Nancy, de 1961 à son retour à Strasbourg cinq ans plus tard. Il avait succédé à Philippe Dollinger en tant que professeur en 1974. Sa passion pour l’histoire médiévale s’était affirmée dès 1949, à travers un diplôme d’études supérieures consacré aux châteaux-forts alsaciens. Elle s’était rapidement orientée vers l’histoire de l’Église, à laquelle il avait consacré l’un des grands manuels de la « Nouvelle Clio », L’Eglise et la vie religieuse en Occident à la fin du Moyen Âge, Paris, 1971, réédité à plusieurs reprises, et son doctorat d’État, soutenu en 1972 et paru l’année suivante sous le titre Réformes et réformation à Strasbourg. Eglise et société dans le diocèse de Strasbourg (1450-1525). Préparée sous le parrainage de Robert Folz et de Jean Schneider, cette thèse porte sur les efforts infructueux menés par l’Église pour réformer ses pratiques et ses institutions face aux attentes toujours plus fortes des fidèles : c’est un jalon essentiel dans la compréhension de la Réforme.
Ses publications ultérieures se sont principalement focalisées sur la chrétienté médiévale, sur les pays germaniques et sur l’Alsace. La trilogie formée par Les origines médiévales de l'Allemagne moderne. De Charles IV à Charles Quint (1346-1519) (Aubier, 1989), Le Saint Empire romain germanique. D’Otton le Grand à Charles Quint (Tallandier, 2001) et Maximilien d’Autriche (Tallandier, 2007) n’avait pas d’équivalent en langue française. Elle peut être complétée pas sa belle synthèse sur l’Église au temps des crises, Christentum IV : Zwischen Mittelalter und Neuzeit (1378-1552), (Kohlhammer, 2006), directement rédigée en allemand. Tout en s’adressant à un large public, ces ouvrages constituent des références incontournables qui associent l’érudition la plus sûre à une qualité d’écriture remarquable.
Brillant chercheur doublé d’un pédagogue hors pair, reconnu aussi bien pour son autorité scientifique que pour sa personnalité chaleureuse, Francis Rapp a profondément marqué le milieu des spécialistes de la période médiévale, mais n’a jamais hésité à en franchir les limites chronologiques. (…)
D’innombrables articles lui ont permis de partager ses analyses sur des sujets aussi divers que la mystique rhénane, les chevaliers-brigands, les insurrections paysannes ou la Première Guerre mondiale, dans les revues les plus prestigieuses aussi bien que dans des publications locales.
Jusqu’à ces derniers mois, son rayonnement est venu illustrer ce que Marc Bloch, son prédécesseur, avait appelé le « service en ville » : porter la connaissance au plus grand nombre, par des conférences et par une présence sur le terrain au sein des sociétés savantes. (…)
Né à Strasbourg le 27 juin 1926 dans une famille catholique bien enracinée dans le vignoble de Moyenne Alsace, grandi à l’école du scoutisme, il avait connu l’épreuve, terrible, de l’annexion nazie, aux antipodes de la vocation militaire qui lui faisait rêver de Saint-Cyr. Vocation définitivement contrariée en 1944, après s’être rendu malade pour se soustraire à l’incorporation de force des garçons de sa génération. L’Université y a gagné un maître et l’Alsace, un médiateur fidèle et bienveillant, au carrefour d’une Allemagne redevenue, à ses yeux, celle des "Dichter und Denker", des poètes et des penseurs, et non celle des "Richter und Hencker", des juges et des bourreaux qu’il avait côtoyée, et de la France de Jeanne d’Arc et de Marc Bloch dont il se réclamait.
Historien de l’Église, Francis Rapp se reconnaissait aussi dans les figures tutélaires de François d’Assise et du prédicateur Jean Geiler de Kaysersberg : il tenait du premier la foi des Fioretti, l’humilité et le goût de la paix ; du second, la puissance des images et des mots, le sens de l’engagement et même, parfois, de la provocation, et des deux, celui de l’humanité.

La bibliographie des travaux de Francis Rapp publiée dans le n°122 de la Revue d’Alsace sera complétée dans le volume à paraître en 2020.