une première phase, lente, de « rigidification » (XVIe – XXe siècle). Le sens profond des rites sacrés se perd, mais les autorités ecclésiastiques, pratiquant ainsi une forme « d’acharnement thérapeutique », maintiennent extérieurement les rites par ce que l’on pourrait appeler la « politique du corset »: c’est l’œuvre réformatrice de saint-Pie V qui, à la suite du Concile de Trente et souhaitant réagir aux erreurs protestantes, codifie le rite de la Messe à l’aide de rubriques décrivant chaque geste en détail. Certes, cette politique rend possible la survivance au cours des siècles qui suivirent de quelque chose de cet « ethos » liturgique traditionnel; mais sa faiblesse tient dans le fait que cet ethos ne survit qu’extérieurement; déjà, le rite, dont le sens profond n’est plus compris à la lumière de la théologie mystique, n’apparaît plus que comme un ritualisme purement formel, mécanique, et qui donc n’est plus vécût que comme une pénible contrainte; c’est dans ce contexte rituel appauvri et spirituellement anémié que va se développer une religiosité qui se réduit bien souvent à un pur conformisme social, puritain et moralisant, qui se satisfait de l’observance extérieure de rituels accomplit pour eux-mêmes et non pour les vérités mystiques auxquels ils donnent théoriquement accès; on a là toutes les caractéristiques de ce « catholicisme bourgeois », conservateur sans réellement être traditionnel, si typique du XIXe et du début du XXe siècle. C’est hélas trop souvent ce type de catholicisme que l’on trouve aujourd’hui encore dans certains milieux dits « conservateurs » ou « traditionalistes ».
le rite, dont le sens profond n’est plus compris à la lumière de la théologie mystique, n’apparaît plus que comme un ritualisme purement formel, mécanique, et qui donc n’est plus vécût que comme une pénible contrainte; c’est dans ce contexte rituel appauvri et spirituellement anémié que va se développer une religiosité qui se réduit bien souvent à un pur conformisme social, puritain et moralisant, qui se satisfait de l’observance extérieure de rituels accomplit pour eux-mêmes et non pour les vérités mystiques auxquels ils donnent théoriquement accès; on a là toutes les caractéristiques de ce « catholicisme bourgeois », conservateur sans réellement être traditionnel, si typique du XIXe et du début du XXe siècle. C’est hélas trop souvent ce type de catholicisme que l’on trouve aujourd’hui encore dans certains milieux dits « conservateurs » ou « traditionalistes ».
Georges Alswiller, de Pro Liturgia
... tout est bon pour ne jamais se remettre en cause. Ils sont le camp des purs. Ils ont toujours raison. Ils sont parfaits.
Et surtout, surtout, ne parlons pas du fond.
Ça pourrait être gênant.
le rite, dont le sens profond n’est plus compris à la lumière de la théologie mystique, n’apparaît plus que comme un ritualisme purement formel, mécanique, et qui donc n’est plus vécu [faute corrigée] que comme une pénible contrainte
Dès lors, il apparaît qu’il ne reste plus à l’Eglise que deux alternatives : laisser la Liturgie dépérir en poursuivant son démantèlement, allant dans le sens d’un appauvrissement toujours plus grand des rites et donc de la spiritualité qu’ils portent, ce qui ne pourra que rendre l’Eglise toujours plus anémiée et infidèle à sa nature profonde; ou bien, restaurer de manière intégrale toute la riche signification théologique et mystique des rites sacrés légués par la Tradition, condition indispensable à une « revivification » spirituelle de l’Eglise de l’intérieur, revivification sans laquelle aucun renouveau réel du christianisme ne sera possible, tant en Europe occidentale que dans le reste de l’univers catholique.

C’est à ce « désencombrement », à ce délicat nettoyage, que souhaitait aboutir le mouvement liturgique et le concile de Vatican II. Malheureusement, il faut reconnaître que Vatican II s’est ouvert avant que le nettoyage ait pu être poursuivi avec intelligence, compétence et prudence.
(…) les « anti-traditionalistes » se sont attelés à faire un travail de démolition digne des plus grands béotiens en matière de liturgie, sans prendre en considération les décisions conciliaires qui étaient fondées mais qu’aucun évêque [n']était capable d’expliquer (!!)
Immédiatement après Vatican II, tous les responsables - évêques et curés en tête - ont démoli systématiquement les structures (...) touchant à tout ce qui constituait des repères sûrs pour les fidèles : liturgies dominicales et catéchèse essentiellement.
ceux qui, de bonne foi mais à tort, se considéraient comme les véritables "traditionalistes" n’ont fait que s’attacher à la chose « non grattée », au stuc baroque ou sulpicien qui recouvrait la fresque.
Paradoxalement, face à ce phénomène de conformisme de masse largement développé dans les paroisses, la véritable « originalité » se trouvera chez celui qui demande à pouvoir participer à une liturgie célébrée par un prêtre soucieux de mettre le Missel romain en œuvre sans y ajouter, retrancher ou modifier quoi que ce soit.
Ici
c’est l’œuvre réformatrice de saint-Pie V qui, à la suite du Concile de Trente et souhaitant réagir aux erreurs protestantes, codifie le rite de la Messe à l’aide de rubriques décrivant chaque geste en détail
c’est dans ce contexte rituel appauvri et spirituellement anémié que va se développer une religiosité qui se réduit bien souvent à un pur conformisme social, puritain et moralisant, qui se satisfait de l’observance extérieure de rituels accomplit pour eux-mêmes et non pour les vérités mystiques auxquels ils donnent théoriquement accès;