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La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange par ami de la Miséricorde (2020-02-25 23:16:51)
[en réponse à 888561]
QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE
CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE
Des différentes manières de s'abandonner à la Providence selon la nature des événements
L'inclination naturelle, qui nous vient de Dieu et nous fait désirer le bonheur, n'est pas désordonnée, car elle nous porte déjà à aimer Dieu, souverain bien, plus que nous-mêmes. Saint Thomas[60] l'a montré : Ainsi, dit-il, dans notre organisme la main est naturellement inclinée à aimer le tout plus qu'elle-même, à se sacrifier pour lui, s'il le faut. Ainsi encore la poule par instinct rassemble ses petits sous les ailes, comme dit Notre-Seigneur, et se sacrifie s'il le faut pour les préserver contre le milan ; parce qu'elle aime inconsciemment le bien de son espèce, plus qu'elle-même.
Cette inclination naturelle existe, sous une forme supérieure, chez l'homme. Et en aimant bien la partie supérieure de lui-même, l'homme aime plus encore son Créateur ; cesser de vouloir notre perfection et notre salut serait nous détourner de Dieu[61]. Il ne saurait donc être question de sacrifier, sous prétexte de haute perfection, le désir de notre salut ou de notre béatitude éternelle, comme l'ont pensé les quiétistes.
Loin de là, l'abandon à Dieu est l'exercice excellent des trois vertus théologales, de foi, d'espérance et de charité, pour ainsi dire fondues ensemble[62].
Mais il est vrai de dire que Dieu purifie notre désir du salut de l'amour-propre qui s'y mêle, par les incertitudes qu'il permet en nous à ce sujet, et qui nous obligent à l'aimer plus purement pour luimême[63].
Il faut s'abandonner à Dieu en esprit de foi, en croyant que, comme le dit saint Paul (Rom., VIII, 28) : tout concourt au bien dans la vie de ceux qui aiment Dieu et qui persévèrent dans son amour. Cet acte de foi est celui que fit le saint homme Job, lorsque, privé de ses biens et de ses enfants, il resta soumis à Dieu, en disant : Le Seigneur a donné, le Seigneur a enlevé, que le nom du Seigneur soit béni ! » (Job, I, 21).
C'est ainsi qu'Abraham s'apprêta à obéir à Dieu qui lui demandait l'immolation de son fils, et qu'avec une très grande foi il s'abandonna pour l'avenir de sa race à la volonté divine de bon plaisir. Saint Paul le rappelle en nous disant dans l'Épître aux Hébreux, XI, 17 : « C'est par la foi qu'Abraham, mis à l'épreuve, offrit Isaac en sacrifice. Ainsi celui qui avait reçu les promesses et à qui il avait été dit : « C'est d'Isaac que naîtra ta postérité », offrit ce fils unique, estimant que Dieu est assez puissant pour ressusciter les morts ».
Certes nos épreuves sont beaucoup moins grandes, bien qu'elles nous paraissent parfois bien lourdes à cause de notre faiblesse.
Du moins, à l'exemple des saints, croyons que le Seigneur fait bien tout ce qu'il fait, quand il nous envoie l'humiliation et la sécheresse, comme lorsqu'il nous comble d'honneurs et de consolations.
Comme le remarque le Père Piny[64], il n'y a pas de plus grande et de plus vive foi que de croire que Dieu dispose tout pour notre bien spirituel, lorsqu'il semble nous détruire, renverser nos meilleurs desseins, lorsqu'il permet la calomnie contre nous, l'altération irrémédiable de notre santé ou des choses plus douloureuses encore[65]. C'est là une grande foi, car c'est croire ce qui parait le moins croyable : que Dieu nous élève en nous abaissant, et c'est le croire non seulement d'une façon théorique et abstraite, mais d'une façon pratique et vécue.
C'est vivre vraiment de la parole de l'Évangile : « Quiconque s'élève (comme le pharisien) sera abaissé, et quiconque s'abaisse (comme le publicain) sera élevé » (Luc, XVIII, 14). C'est vivre la parole du Magnificat : « Deposuit potentes de sede, et exaltavit humiles ; esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes : Le Seigneur a abaissé ceux qui s'enorgueillissaient, et il a élevé les petits ; il a comblé de biens les affamés, et les riches, il les a renvoyés les mains vides » (Luc, I, 52). Tous nous devons être de ces petits par l'humilité, et de ces affamés, par le vif désir de la vérité divine, qui est le vrai pain de l'âme.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

( 888595 )
Oui !... et de plus... par Sacerdos simplex (2020-02-26 19:46:40)
[en réponse à 888578]
Le carême rénové contient implicitement diverses voies de garage :
1) Le vrai jeûne, c'est d'ouvrir les prisons, de briser les jougs injustes etc. etc.
Bref, le fidèle moyen se dit que c'est super, mais que ce n'est pas lui qui est concerné, car il n'a personne emprisonné pour dettes au fond de sa cave.
2) Toute cette période est phagocytée par l'humanitaire, l'humain. Aider son prochain, c'est bien, mais on a dans les églises d'immenses affiches pour le CCFD - Terre solidaire sur le thème : découvrir l'agro-écologie...
(au passage au début, ça s'appelait le Comité Catholique contre la faim et pour le développement. Puis c'est devenu CCFD. Puis CCFD-Terre solidaire. Et maintenant CCFD en tout petit, et Terre solidaire en plus gros...)
Au point que le 1° dimanche de la Passion est appelé dans les paroisses "le dimanche du CCFD". Lequel CCFD vous proposait l'année dernière une affiche encore plus immense avec tout un programme "spirituel" à la sauce solidaire, avec des autocollants à coller chaque dimanche sur la grande affiche...
L'humain : au lieu d'élever les âmes vers Dieu, vers le Ciel, on les oriente vers la terre ("plus juste et plus solidaire" peut-être, mais vers la terre quand même)
3) Les oraisons actuelles reviennent sans cesse sur notre préparation à célébrer... la résurrection ! Laquelle est mentionnée très souvent, peut-être bien chaque jour. On va donc tourner en rond en se répétant qu'il faut se préparer à la résurrection. La méditation de la Passion et de nos fautes est de fait passée à la trappe.
Bref, bon carême, dans la prière (nourrie aussi par de pieuses lectures), les oeuvres de miséricorde (corporelles et spirituelles), le jeûne et les pénitences (dans la limite des forces de chacun), la confession...