Le Forum Catholique

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images/icones/1a.gif  ( 888194 )Fêter une chaise ? Ils sont fous ces cathos ... par Glycéra (2020-02-22 12:55:51) 


Provoc, mais exprès !

Nous fêtons la CHAIRE de St Pierre, et non son occupant Ni passé, ni actuel, ni à venir !

Lumière soudain, un jour du mois dernier, en y songeant. Devant les disputes encenseuses ou enfumeuses autour des faits, des dites et des éternuements d'un pape quand on en a un sous la main et dans le viseur des caméras.

Pourquoi fêter une chaire, si ce n'est que ce symbole est celui du Trône du Seigneur ?

Que le Seigneur est notre Roi, notre Agneau aussi, et nul ne pourra choisir un seul des aspects.

Alors, que vous dit de fêter la chaire ?

Sûrement des textes vont remonter.
Je remercie d'avance les liseurs qui vont nous aider à grandir dans cette fête, si catholique, qu'elle est exclusive : nulle autre religion n'a cela.

Avec mes espoirs de beau contenu.
Et déjà mes remrciements aux rédacteurs-trouveurs de sens

Glycéra

* les orthodoxes sont inclus dans l'Eglise, n'est-ce pas. Le débat n'est pas celui-ci ici, mais du sens, pour l'Eglise de fêter la chaire

images/icones/mitre4.png  ( 888245 )Une réflexion sur le ministère pétrinien par Signo (2020-02-22 23:57:09) 
[en réponse à 888194]

Il me semble que cette fête vient nous rappeler que le ministère pétrinien est un charisme de nature prophétique donné par le Christ à Pierre et à ses successeurs. Il s'agit d'un ministère d'enseignement au service de la communion ecclésiale qui dépasse largement et ne se confond pas exactement avec la personne individuelle de l'homme qui, quel qu'il soit, occupe la fonction. Il consiste tout simplement à garder la «saine doctrine» et la Tradition, et à trancher certaines questions dogmatiques encore en suspend.

Ce "charisme", comme tous les charismes, l'homme qui occupe la fonction de pape peut refuser de l'exercer et trahir ainsi sa mission. La grâce n'annule jamais la liberté humaine.

Je pense par ailleurs qu'il sera à l'avenir nécessaire de revenir sur la centralisation à outrance autour de Rome qui caractérise l'Eglise catholique depuis deux ou trois siècles. Si le pontificat actuel a un mérite, c'est bien de nous guérir de cette hyperprésence de la figure du pape dans la vie de l'Eglise, qui va jusqu'à éclipser la vie propre des Eglises locales (diocèses autour de l'évêque). Remettre en cause cette centralisation (ce que Benoit XVI avait déjà envisagé) ne signifie pas remettre en cause la juridiction de l'évêque de Rome sur l'ensemble de l'Eglise universelle.

Il y a différentes manières d'exercer la juridiction, allant du jacobinisme ultramontain (cadre actuel) à un modèle très décentralisé comme ça a pu être le cas à certaines époques. Par exemple la reine d'Angleterre règne théoriquement sur l'Australie, mais concrètement...


Dans l'absolu, on pourrait envisager des regroupements de diocèses sous l'autorité de patriarches ayant une plus ou moins grande juridiction sur certaines régions du monde. Par exemple les évêques du Portugal sous l'autorité du Patriarche de Lisbonne, les évêques de France sous l'autorité du Primat des Gaules. En revanche on est pas obligé de créer des Eglises nationales, bien entendu. On pourrait créer un ou plusieurs patriarcats africains, asiatiques, etc, avec des patriarches élus par les évêques qui lui sont subordonnés, comme c'est je crois el cas pour certaines Eglises orientales. Rome pourrait ainsi se décharger de certaines prérogatives (notamment dans le domaine liturgique: il ne me paraît pas très sain que le milliard de catholiques, répartis sur des continents et dans des cultures très diverses, soient tous contraints d'utiliser le rite romain. C'est l'éternel problème de l'inculturation...) tout en conservant ses prérogatives essentielles: trancher les questions doctrinales pour conserver l'unité de la foi pour toute l'Eglise universelle, notamment.

Bien évidemment, une telle autonomie suppose que l'ensemble de l'épiscopat est pénétré de la doctrine apostolique et parfaitement orthodoxe, ce qui est loin d'être le cas. Tant que cette condition ne sera pas remplie, la centralisation actuelle demeurera nécessaire.
images/icones/vatican.gif  ( 888247 )Sur la chaire de Pierre par Jean-Paul PARFU (2020-02-23 08:02:46) 
[en réponse à 888245]

L'abbé Don Mauro Tranquillo dans un article du "Courrier de Rome" de 2018 annexé à un article présenté par La Porte Latine:

"Le dogme de l’infaillibilité défini par Vatican I, logiquement, ne contredit ni ne dépasse ces anciennes déterminations canoniques, et il ne rend pas le Pape exempt de péché, ne serait-ce que dans un seul domaine (la foi). Il garantit simplement que, quand il confirme l’Église dans la foi avec l’intention d’enseigner, le Pape ne peut pas errer, c’est-à-dire que certains de ses actes spécifiques et volontaires sont revêtus d’infaillibilité.

Je dis « certains » non parce qu’ils sont rares ou nombreux : ce sont exactement les actes que le Pape veut comme tels, c’est-à-dire comme enseignement formel destiné à l’Église tout entière. L’existence d’actes accomplis par le Pontife en dehors de son autorité et en tant que tels sujets au jugement humain, et éventuellement acceptables ou dénonçables comme scandale, ne devrait poser aucune difficulté. Les enseignements des Docteurs et les exemples des Saints en ce sens n’ont pas manqué, et ils ont souvent été cités.

Le problème réel, nous le verrons, se posera au moment de déterminer quels actes (dans l’abstraction ou la pratique), spécialement dans la situation actuelle, peuvent se dire investis d’autorité ou non (et donc passibles ou non de jugement selon ce qui a déjà été défini).

Seule une conception de l’infaillibilité comme Providence ou impeccabilité peut s’opposer à ces simples principes, ou une théologie hégélienne de l’histoire, pour laquelle tout acte du Pontife serait une manifestation du divin. Cela réduirait la structure juridique de l’Église à un prophétisme mal dissimulé, complètement étranger à la notion des Saintes Clefs.

Nous le répétons : qu’il y ait des actes de la personne du Pape que chacun peut évaluer (non au sens juridique mais moral) comme bons ou mauvais, parce que non revêtus de l’infaillibilité, est un fait manifeste et indiscuté (ou cela devrait l’être) ; la discussion portera sur comment déterminer l’usage de l’autorité." ici
images/icones/heho.gif  ( 888387 )Vous répondez infaillibilité, par Glycéra (2020-02-24 15:25:20) 
[en réponse à 888247]


et vous répondez en séparant les actes infaillibles - donc relevant de la chaire en tant que telle - et les actes ordinaires de tout humain, fut-il dignitaire choisi parmi les hommes.

Mais, la fête de la chaire de St Pierre se résoud-elle au fait de l'infaillibilité ? Sûrement non.

Je parlais bien de la fête de la Chaire.
Glycéra
images/icones/hein.gif  ( 888324 )Est-ce fêter la fonction (de Pierre et es successeurs) ?? par Glycéra (2020-02-23 22:27:46) 
[en réponse à 888245]



Voilà ce que je demande.

Les fêtes sont celles d'entrée au Ciel de saints, nos modèles ou nos intercesseurs puissants, ou bien celle d'évènements de la vie de Dieu même, ou de ses grands apôtres, voire les faits relatifs au culte (dédicace d'une église).

Cette fête de la Chaire me semble différente.

Mais je ne trouve pas d'étude qui l'explique.

Est-ce fêter l'instauration de la Papauté ? Dans ce cas à rapprocher de la Fête-Dieu honorant le Saint Sacrement ?

Voilà ma recherche.

Glycéra
images/icones/hein.gif  ( 888388 )Vous répondez hiérachie ecclésiale ... par Glycéra (2020-02-24 15:29:48) 
[en réponse à 888245]


Merci Sieur Signo, des données que vous listez.

- ministère prophétique donné par Jésus à St Pierre

- charisme spirituel donné, à assumer en liberté intérieure d'adhérer aux demandes de Dieu

- centralisation hiérarchique des autres évêques, combiné à une liberté de chacun dans son territoire

- distinction entre découpages civiles et territoires ecclésiaux.

et vous concluez sur la centralistion qui pourrait ne plus être nécesaire...

J'avoue ne pas comprendre comment cela rentre dans "fêter la Chaire". Ai-je mal compris ?

Glycéra